AMITIÉ
'amour fidèle retient avec une branche de lierre les roses passagères qui couronnent son front. L’amitié a choisi pour devise un lierre qui entoure de verdure un arbre renversé, avec ces mots : Rien ne peut m’en détacher. En Grèce, l’autel de l'hyménée était entouré d’un lierre, et on en preaeîîuiu une tige aux nouveaux époux, comme lè symbole d’un lien indissoluble. Les Bacchantes, le vieux Silène, et Bacchus lui-même, étaient couronnés de lierre. La verdure éternelle de feuilles de lierre était, pour cette cour joyeuse, l’emblème d’une constante ivresse. On a.quelquefois représenté l’ingratitude sous la forme d’un lierre qui étouffe son soutien : l’auteur des Éludes de la nature a repoussé cette calomnie ; le lierre lui paraît » modèle des amis. « Rien, dit-il, ne peut le séparer de l’arbre, qu’il embrasse une fois ; il le pare de son feuillage dans la saison cruelle où ces branches noircies ne soutiennent plus que des frimas; compagnon de ses destinées, il tombe quand on le renverse ; la mort même ne l’en détache
AUTOMNE
pas, et il décore de sa constante verdure le tronc tout desséché de 1 appui qu’il adopta. » Ces idées, aussi touchantes que gracieuses, ont encore le mérite d’être vraies; le lierre tient à la terre par ses propres racines, et ne tire point sa subsistance des corps qu’il environne ; protecteur des ruines, il est l’ornement des vieux murs, qu’il soutient. Il n’accepte point tous les appuis ; mais, ami constant, il meurt où il s’attache;