‹ Le langage des fleurs (volume 2)Chapitre 61 sur 192 · DISCRÉTION · texte numérisé non relu

DISCRÉTION

Jusqu’à ce jour, les botanistes ont en vain étudié cette plante, qui semble dérober à leurs savantes recherches le secret de ses fleurs et celui de ses fruits; elle ne confie qu’au zéphyr les germes invisibles de sa jeune famille. Ce dieu choisit seul le berceau de ses enfants ; il se plaît quelquefois à former, de leurs ondoyantes chevelures, le sombre voile qui dérobe aux regards l’antre où dort, depuis le commencement des siècles, la naïade solitaire ; d’autres fois, il les porte sur ses ailes, et les fait rayonner en étoiles de verdure au sommet des tours d’un vieux château, ou bien il les dispose en légers festons, et en décore les lieux frais et ombreux aimés des bergers. Ainsi la fougère met en défaut la science, elle cache sa secrète origine aux yeux les plus pénétrants, mais elle s’empresse de répondre, par des bienfaits, à la main qui l’interroge.

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