JE MEURS SI ON ME NÉGLIGE
Ce joli arbuste qui nous vient d’Espagne, fait l’ornement des bosquets d’hiver ; il se montre tout éclatant de verdure et de fleurs au temps où les autres fleurs en sont dépouillées.
Ni le souffle brûlant de l’été, ni la froide bise de l’hiver ne lui dérobent ses charmes ; cependant, pour le conserver, il faut lui accorder des soins assidus. Symbole d’une amitié constante et délicate, on dirait qu’il cherche toujours à plaire, mais il meurt si on le néglige.
‘ Anacréon, traduction de Saint-Victor.
laurier franc
gloire
J ai vu en Italie, dans VIsola bella, des lauriers grands comme des chênes. Sur l’écorce d’un de ces lauriers, on lisait : Marengo. Ce mot avait été tracé par Bonaparte, un soir, son passage lorsqu’il allait rejoindre son armée Personne alors n’eût deviné que l’illustre guerrier marquait ainsi d avance le champ de sa victoire. Sous ce laurier, Bonaparte rêva i empire du monde. Oh! grandeur! oh! misère! Le mot avait duré plus que cet empire, plus que ce héros. On le décnirrajt encore en 1816, mais il allait bientôt disparaître en grandissant, comme le héros qui l’avait tracé, et qui ne fut jamais plus grand qu’à Sainte-Hélène !
Les Grecs et les Romains consacrèrent des couronnes de launer à tous les genres de gloire. Ils en ornèrent le front des guerriers et des poètes, des orateurs et des philosophes des vestales et des empereurs. Ce bel arbuste croît en abondance dans l’ile de Delphes, sur les bords du ileuve Pénée. Là, ses rameaux aromatiques et toujours verts s’élancent à la hauteur des plus grands arbres, et on prétend que, par une vertu secrète, ils éloignenUa foudre des rives qu’ils enchantent. La belle Daphné était la fille du Ileuve Pénée ; elle fut aimée po on mais, préférant la vertu à l’amour du plus éloquent des dieux, dans la crainte d être séduite en l’écoutant, e e s en ui , Apollon la poursuivit; et, comme il allait l’ateindre, la nymphe invoqua son père, et fut changée en launer Son amant ne pressant plus dans ses bras qu’une insensible écorce, fit entendre cette plainte :
Puisque du ciel la volupté jalouse he permet pas que tu sois mon épouse,
Sois mon arbre, du moins; que ton feuillage heureux Enlace mon carquois, mon arc et mes cheveux:
ux murs du Capitole, à ces brillantes fêtes Ou Rome etalera ses nombreuses conquêtes, lu seras des vainqueurs l’ornement et le prix.
Tes rameaux respectés, des foudres ennemis.
HIVER
Du palais des Césars protégeront l’entrée;
Et, comme de mon front la jeunesse sacrée N’éprouvera jamais les injures du temps,
Que ta feuille conserve un éternel printemps 1