SI
Innocence, Petite-Marguerite , page 112.
Inutilité, Spirée ulmaire. On accuse la Spirée ulmaire, appelée aussi Reine des prés, d'être une belle inutile, parce que la médecine ne lui reconnaît aucune vertu, et que les animaux n’en font pas leur pâture. Mais n’est-ce donc rien d’être belle ?
Ironie, Sardonie. Cette plante a quelque ressemblance avec le Persil ; elle renferme un poison dont l’effet est de contracter la bouche d’une manière si singulière, que le malade semble rire en expirant. On a appelé ce rire affreux rire sardonique ; c’est celui ue l’on voit errer souvent sur les lèvres de la satire et sur celles e la froide ironie. .
Inspiration, Angélique. Cette belle plante, qui croît dans les contrées les plus reculées du Nord, sert de couronne aux poètes lapons, qui se croient inspirés par sa douce odeur.
Ivresse, Vigne. Anacharsis disait que la Vigne portait trois sortes de fruits, l’ivresse, la volupté et le repentir, et que celui qui est sobre en parlant, en mangeantet en s’amusant, a le caractère d’un homme parfait.
amais je n’importune, une Feuille de rose, page 38.
Je brûle, Raquette. Cette plante singulière, originaire de l’Amérique équatoriale, semble reverdir sous les rayons du plus ardent soleil. Ses feuilles, larges et épaisses, sont couvertes de faisceaux d’epines très-piquantes qui semblent brûler la main qui les touche.
Je m’attache à vous, Ipomée écarlate, Jasmin rouge de l’Inde. Comme les faibles liserons, l’Ipomée écarlate a besoin d’un appui pour soutenir ses tiges iégères, qui, sans fatiguer leur appui, les environnent de verdure et de fleurs.
Je meurs si on me néglige, Viorne-Laurier-Tin, page 105.
Je ne vous survivrai pas, Mûrier à fruit noir. Tout le monde a lu dans La Fontaine la touchante histoire de Pyrame et Thisbé. Pyrame, croyant que sa chère Thisbé avait été dévorée par une lionne en fureur, se tua de désespoir. Thisbé, éloignée par la crainte, revient et voit expirer son cher Pyrame ; elle ne peut lui survivre, et le même poignard réunit les deux amants.
Elle tombe, et, tombant, range ses vêtements:
Dernier trait de pudeur, même aux derniers moments.
Les nymphes d’alentour lui donnèrent des larmes;
Et du sang des amants teignirent, par des charmes,
Le fruit d’un mûrier proche, et blanc jusqu’à ce jour,
Éternel monument d’un si parfait amour.
Je partage vos sentiments, Petite-Marguerite double. Il paraît qu’il y a bien longtemps que la culture a doublé la jolie Pâquerette de nos prés. Quand la maîtresse d’un ancien chevalier lui
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permettait de faire graver cette fleur sur ses armes, c’était un aveu public qu’elle partageait ses sentiments.
Je sens vos bienfaits, Lin. I.e Lin nous environne tellement de ses bientaits qu’il est comme impossible de lever les yeux sans les voir briller de toutes parts. Nous lui devons nos toiles, nos papiers et nos dentelles.
Je surmonte tout, Gui commun, page 95.
Je vous aime, Héliotrope, page 73.
Jeu, Hyacinthe. Ce fut en jouant au palet sur les bords du fleuve Amphrise qu’Apollon tua le beau Hyacinthe. Ne pouvant le rappeler à la vie, le dieu le métamorphosa en la fleur qui porte son nom.
Jeune fille, Bouton de rose. Une jeune fille est une rose encore en bouton.
Jeunesse, Lilas blanc. Par la pureté et par le peu de durée de ses beaux thyrses, le lilas blanc est le symbole de la jeunesse, de ce bien rapide et charmant que tous les trésors du monde ne sauraient racheter.
Je vous déclare la guerre. Belvédère. Le Belvédère est l’Ansérine à balais : cette plante ressemble au cyprès pyramidal. Dans quelques contrées d’Italie, on en présente les tiges à ceux qu’on veut insulter.
Joie, Oxalis. L’Oxalis alléluia, vulgairement appelé Pain de coucou, fleurit au temps de Pâques. Cette jolie plante chaque soir ferme et incline ses feuilles, replie ses corolles et laisse pendre ses fleurs; elles semblent céder au sommeil; mais, aux premiers feux du jour, on la dirait saisie de joie, car elle déploie ses feuilles, elle épanouit ses fleurs, et c’est pour cela sans doute que les gens de la campagne disent qu’elle loue le Seigneur.
J’y songerai, Marguerite des prés. Au temps de la chevalerie, lorsqu'une dame ne voulait ni accepter ni rejeter les vœux d un requérant d 'amoureuse merci , elle ornait son front d une couronne de blanches Marguerites : cela voulait dire : J'y songerai.
égèreté, Pied-cTAlouette. La fleur du Pied-d’Alouette est une pa pilionacée jaune et brillante; elle doit son nom à la forme singulière de ses gousses, sur lesquelles on distingue les articulations et les phalanges d'un pied d'oiseau.
Liens d’Amour, Chèvrefeuille, page 26.
Luxe, Marronnier d'Inde, ps^e 19.
DU LANGAGE des fleurs.
ajesté, Lis commun , page 53.
Maladie, Anémone des prés. Dana quelques provinces on s’imagine que la fleur de l’Anémome des près est si pernicieuse qu’elle empoisonne le vent, et que ceux qui en respirent les émanations sont sujets aux plus affreuses maladies.
Méfiance, Lavande - Aspic. On croyait autrefois que l’Aspic, espèce de vipère très-dangereuse, se tenait habituellement sous la Lavande; c’est pourquoi on ne s’approchait de cette plante qu’avec méfiance. Cependant les anciens en faisaient une grande consommation dans leurs bains, d’où lui est venu son nom, du verbe latin lavare, dont nous avons fait Lavande.
Mélancolie, Saule de Babylone, page 9.
Mélancolie, Tristesse, Feuilles mortes , page 121
Mensonge, Buglosse, page 23.
Mérite caché, Coriandre. La Coriandre fraîche a une odeur insupportable ; c’est ce qu’exprime son nom, Koris, punaise ; cependant ses graines parfumées sont recherchées des confiseurs, fort estimées des médecins et même des cuisiniers, qui en assaisonnent plusieurs ragoûts.
Mes beaux jours sont passés, Colchique, page 79.
Mes regrets vous suivent au tombeau, Asphodèle. On plantait anciennement l’Asphodèle auprès des tombeaux, et on croyait qu’audelà de l’Achéron les ombres se promenaient dans une vaste prairie d’Asphodèles, en buvant les eaux du fleuve d’Oubli.
Message, Iris. On compte plus de trente espèces d’iris, tant à bulbes qu’à racines; leurs couleurs, éclatantes et variées comme celles de l'arc-en-cid, ont mérité à ces fleurs le nom de la messagère des dieux. On sa«t que la belle Iris n’était jamais porteuse que de bonnes nouvelles.
Misanthropie, Chardon à foulon. Les fleurs de la Coudère des bois sont hérissées de paillettes longues et piquantes; toute la plante a un air sevère. Cependant elle est utile et belle. Les drapiers l’emploient à peigner leurs étoffes ; c’est ce qui lui a valu le nom vulgaire de Chardon à foulon.
Modestie, Violette , page 115.
Mœurs, Rue saurage. On croit que le Moly, que Mercure donna à Ulysse pour empêcher l'effet des breuvages de Circé, était une racine de Rue sauvage.
Musique, Roseaux. Pan, qui aimait la belle Syrinx, la poursuivit un jour sur les bords du fleuve Ladon, en Arcadie; la nymphe implora le secours de ce fleuve, qui la reçut dans ses ondes, et la
DICTION N AIRE
métamorphosa en roseau. Pan coupa plusieurs tiges de ces roseaux de différentes grandeurs, et en fit, dit-on, la première flûte des bergers.
'abusez pas, Safran. Une légère infusion de Safran porte à la gaieté ; mais ceux qui abusent de cette liqueur de viennent fous ; il en est de même de son odeur ; si on la respire légèrement, elle ranime les esprits ; si on en abuse, elle tue.
Naissance, Bictame de Crète. Quand Junon présidait à la naissance des enfants sous le nom de Lucine, elle portait une couronne de Dictame; la bonne odeur oe cet arbuste et tes vertus médicinales qui l’avaient rendu si célèbre chez les anciens nous le font encore estimer ; il est originaire de l’île de Crète.
Naïveté, Argentine. C’est le Myosotis des jardiniers; rien n’est plus doux et plus naïf que la blancheur de cette jolie petite plante : on en fait des bordures d’un charmant effet et qui contrastent admirablement avec la verdure des gazons que souvent elles environnent.
Ne m’oubliez pas, Myosotis , page 69.
Nœuds, Lianes. Lianes, nom commun à toutes les plantes sarmenteuses des quatre parties du monde ; ces plantes effectivement enlacent de leurs nœuds tout ce qui les environne.
Noirceur, Ebcnier. Pluton, dieu des enfers, était assis sur un trône d’ébène. On dit d’un méchant : « Il a le cœur noir comme ébène. » Ce proverbe vient sans doute de ce que l’aubier del’ébénier était blanc, son feuillage doux et argenté, ses fleurs belles et éclatantes; cet arbre n’a vraiment que le cœur de noir.
Nous mourrons ensemble. Un monceau de fleurs et de fruits, page 92.
Nuit, Convolvulus de nuit. Il y a plusieurs espèces de beaux liserons qui ne s’ouvrent que la nuit ; ils sont originaires des pays chauds.
bstacle, Bugrane, page 25.
On vous rendra justice, Tusssilage
odorant , page 82.
Oracle, Pissenlit , page 65.
Ornement, Charme. Sous le nom de Charmille, le Charme faisait autrefois le principal ornement de^ nos grands jardins ; on l'employait à former de longs rideaux de verdure, des portiques, des obélisques, des pyramides,
fles colonnades. Le père Rapin, dans son poème des Jardins, fait un tres-bel éloge de cet arbre. On peut encore voir à Versailles comment le fameux Le Nôtre savait le faire entrer dans ses belles et nobles compositions.
Oubli, Oublie. L’Oublie est la même plante que la grande Luname, qu on appelle aussi Monnaie du Pape , Médaille de Judas, la Nacree , la Satinée, etc. Cette plante doit ses noms variés.-non à sa graine, comme on le pense communément, mais à la cloison qui partage ses sihques plates, larges, orbiculaires comme la lune. Lette cloison, dégagée de ses valves, reste brillante et ressemble a des médaillés ou à des oublies. René, duc de Bar et de Lorraine ayant ete fait prisonnier à la bataille de Thoulongean, peignit de sa propre main une branche d’Oublie, et 1 envoya à ses gens pour leur reprocher leur peu de diligence à le délivrer.
aix, Olivier. La paix, la sagesse, la concorde, la douleur, la clémence, la joie et les grâces se couronnent de feuilles d’Olivier. La colombe envoyée par Noé rapporta dans l'arche une branche d’Olivier, le symbole de la paix que le ciel venait d’accorder à la terre.
Paix , Réconciliation , Coudrier , page 114.
Patience, Patience. La médecine fait un fréquent usage de la racine de Patien ce, qui est tort amère. Le nom de la plante est homonyme ; c est dans ce sens que Mue Scudéry a dit : « La Patience n’est pas la Fleur des Français. » Passerat a dit aussi dans son Jardin a Amour :
On peut en ce jardin cueillir la Patience ,
De la prendre en amour je n’ai pas la science.
Peine, Chagrin, Souci, page 59.
Perfidie, Laurier-Amandier, page 80.
Piège, Gouget gobe-mouche. Le Gouet gobe-mouche est un em* bleme bien naïf des pièges grossiers que le vice tend à l'imprudente jeunesse, Les mouches attirées par la mauvaise odeur de cette plante s’engagent dans ses fleurs et n’en peuvent plus sortir.
Plaisanterie, Mélisse citronelle. Cette plante exhale une agréable odeur de citron ; son infusion calme-les nerfs et porte à la gaieté.
Pleurs, Uélénie. Les fleurs de l’Hélénie ressemblent à de petits soleils d’un beau jaune ; elles fleurissent en automne avec les asters ; on dit quelles furent produites par les larmes d’Helène.
Poésie, Églantine. L’Églantine est la fleur des poètes ; dans les Jeux floraux elle est le prix d’une pièce qui doit célébrer les charmes de l’étude et ceux de l’éloquence.
DICTION NAIRE
Préférence, Fleur de pommier. Une fleur charmante qui promet un bon et beau fruit peut être préférée même à la rose.
Préférence, Géranium rosé. On compte plus de cent esp.'jes de Géraniums ; il y en a de tristes, de brillants, de parlumés, d inodores. Celui à odeur de rose se distingue par la douceur de ses feuilles, sa suave odeur et la beauté de ses fleurs purpurines.
Présage, Souci pluviatile. Le Souci pluviatile s ouvre constamment à sept heures, et reste ouvert jusqu’à quatre, si le temps doit être sec ; s’il ne s’ouvre point, ou s’il ferme avant son heure, on peut être sûr qu'il pleuvra dans la journée.
Première émotion d’amour, Lilas, page fi.
Première jeunesse, Primevère , page 19.
Présomption, Mufle-de-Veau. L’éclat des fleurs de Mufle-de-Veau est quelquefois si vif qu’on ne saurait les regarder fixement ; on a avec raison transporté cette belle plantedans nos jardins. Mais quelquefois, semblableAux présomptueux, elle se rend si importune en se répandant d’elle-même qu’on est obligé de l’en bannir.
Prétention, Salicaire. Cette belle plante, qui croît sur le bord des eaux, semble prendre plaisir à se mirer dans leur cristal. C est pourquoi on la compare à une femme à prétentions, éprise de ses propres charmes.
Prévoyance, Houx, page 107.
Privation, Myroholan. Le Myrobolan a le port du prunier, il produit un fruit qui a la couleur et l’apparence d’une très-belle cerise, qui ne contient qu’une eau fade et dégoûtante. Les oiseaux eux-mêmes rebutent cette proie qu’on leur abandonne.
Profit, Chou. Autrefois, à Rome, les campagnes étaient ccmvertes de choux; ceux qui se livraient à cette culture en retiraient des profits immenses; c’est peut-être de là que nous est venue cette façon proverbiale de nous exprimer quand nous disons qu’un homme fait ses choux gras, pour faire entendre qu’il gère bien ses affaires et que tout tourne à son profit.
Promptitude, Giroflée de Mahon. Aussitôt que l’on a confié la graine de cette plante à la terre, elle germe, et quarante jours après on a des massifs ou des bordures couvertes de fleurs. Mais, comme ces fleurs passent vite, pour en jouir longtemps, on doit en semer depuis le mois de mars jusqu’au mois d’août. Rien n est plus frais, plus varié, que les jolies nuances lilas, rose et blanc de ces fleurs qui répandent une odeur charmante.
Prospérité, Hêtre. Le Hêtre peut être regardé comme le rival du Chêne par la beauté de son port et l’utilité de son bois; il croit partout et s’élève si promptement qu'on dit en proverbe qu’on le voit prospérer à vue d’œil.
Propreté, Genêt. Il y a dans le genre des Genêts plusieurs espèces utiles. Quelques-unes sont employées en médecine, d’autres servent à faire des balais, d’autres fournissent des teintures ; toutes croissent naturellement. Le Genêt d Espagne est le seul cultivé pour la beauté et le parfum de ses fleurs.
Prudence, Cormier , page 9a.
Pudeur, Acacia pudique, Sensitive. La Sensitive, Mimosa pudica, semble fuir sous la main qui veut la toucher. A la moindre secousse, ses folioles s’appliquent les unes sur les autres et se recouvrent par leur surface supérieure. Ensuite, le pétiole commun s’abaisse et va, si la plante est basse, s’appliquer sur la terre. Un nuage qui passe' devant le soleil suffit pour changer la situation des feuilles et l’aspect de la plante. Les anciens avaient observé ce phénomène. Pline en parle ; mais ni Pline ni les botanistes modernes n’ont pu l’expliquer.
Puissance, Impériale. Les fleurs de l’ïmpériale ressemblent à des Tulipes renversées; elles sont disposées en couronne à un ou deux rangs sur le haut de la tige, que termine un faisceau de feuilles d’un beau vert. Chacune de ces fleurs contient plusieurs gouttes qui restent attachées au fond de la corolle jusqu’à ce qu’elle soit fanée. Alors les pédicules des fleurs se relèvent pour mûrir leurs graines. Le jeu des six étamines est aussi fort curieux : toutes sont écartées du pistil; trois viennent d’abord offrir leur hommage, les trois autres viennent à leur tour lorsque cellesci sont retirées.
Pureté, Épi de lu Vierge, Ornithogale pyramidal. Rien n’est plus doux, plus pur, plus agréable que l’aspect de cette belle plante, qui élève au mois de juin une longue grappe de fleurs étoilées, blanches comme du lait.
areté, Mandragore. Les anciens attribuaient de grandes vertus à la Mandragore ; mais, comme ils ne nous ont laissé aucune description juste de cette plante, nous ignorons à quelle espèce ils donnaient ce nom.
Nos charlatans, habiles à profiter de toutes les erreurs, savent, par un artifice assez grossier, faire prendre la forme d’un petit homme à différentes racines, qu’ils montrent aux crédules en leur racontant que ces racines merveilleuses sont de véritables Mandragores, qui ne se trouvent que dans un petit canton de la Chine presque inaccessible. Us ajoutent que ces Mandragores poussent des cris lamentables lorsqu’on les arrache, et que celui qui les arrache meurt bientôt après. Pour se procurer cette racine, on doit la découvrir avec précaution, en bêchant la terre, passer alentour une corde attachée à un chien, qui port» seul alors la peine d’une action impie. On ferait un volume triste et curieux de toutes les idées bizarres, absurdes et superstitieuses qu’ont fait naître quelques anciennes erreurs sur les vertus opposées d’une plante qm n’a peut-être jamais existé.
Raison, Galega. La médecine fait usage du suc »,e ce.te plante pour apaiser les transi orts du cerveau et rappeler U raison qui s’égare.
DICTIONNAIRE
Récompense de la vertu, une Couronne de Roses, page 39. Voyez aussi Couronnes, page 98. J
Réconciliation, Paix, Coudrier, page 114.
Reconnaissance, Agrimoine, ou Religieuse des champs. L’Agrirnoine est cette jolie Campanule dont les fleurs, du lilas le plus tendre, sont suspendues sur la tige en forme de clochettes.
de Chasteney dit dans son Calendrier de Flore : « On soupçonne que le nom d’Agrimoine a été donné à cette plante par la ressemblance de ses calices dépouillés de fleurs avec les petites clochettes des ermites. Pour moi, je pense que la reconnaissance a lait donner le nom de Religieuse des champs à cette Campanule jolie, salutaire et bienfaisante, en l’honneur de quelque bonne, douce et complaisante hospitalière. »
Reconnaissance (Ma) surpasse vos soins, Dahlia, page 57.
Refroidissement, Laitue. Vénus, après la mort d’Adonis, se coucha sur un lit de Laitues, afin d’éteindre les feux d’un inutile amour.
Rendez-moi justice, Châlaigjiier. Les Châtaignes sont renfermées par deux, trois et quatre, dans un calice commun, qui devient une coque verte et hérissée de piquants nombreux. Ceux qui ne connaissent pas cet arbre négligent ses fruits sur cette rude apparence.
Rendez-vous, Mouron Anagallis. Dioscoride nous apprend que 1 espece de Mouron la plus commune était employée à faire sortir les lers de flèche qui étaient engagés dans les blessures, ce qui lui a lait donner son nom, dérivé du grec, anago, attirer.
Réserve, Érable. On a fait de 1 Érable l’émblème de la réserve parce que ses fleurs tardent à s'ouvrir et tombent avec une extrême lenteur.
Résistance, Tremelle Nostoc. La Tremelle est une plante gélatineuse qui a beaucoup occupé les savants, et qui, jusqu’ici, a échappé a leurs recherches. Elle est fort célèbre chez les alchimistes qui s en servaient pour préparer la pierre philosophale et la panacée universelle comme cl une émanation des astres. D’autres savants n ont voulu voir dans cette gélatine que la déjection des hérons qui ont mangé des grenouilles; d’autres y ont vu un véritable animal. Mais il semble que, pour échapper a toute recherche, cette plante se transforme en plusieurs plantes analogues, qui toutes se transforment les unes dans les autres. On la trouve dans les allées des jardins, dans les prairies. Je l’ai quelquefois vue, après des nuits fraîches et pluvieuses, couvrir entièrement le sol des bosquets des luilenes; mais quelques heures de sommeil la faisaient disparaître. Enfin, on ne sait encore rien de bien positif sur la Tremelle - Ç est un secret de la nature qui répond au tout est dit des ignorants.
Retour du bonheur, Muguet, page 28.
Rêverie, Osmonde. Mathiole attribue à cette jolie fougère, qui phét' SUI ' r0C ^ ers humides, vertu d'inspirer les songes pro-
Richesse, Blé, page 56.
Rigueurs, Camara piquant. Le Camat-a nous vient d’Amérique; on le voit en tout temps couvert de fleurs d'un blanc de neige et dune odeur suave; mais les épines courtes et courbées qui défendent sa tige et ses rameaux font sentir leurs rigueurs à qui veut y porter la main.
Rudesse, Grateron. L’âpre et rude Grateron, qui ne présente ni beauté ni utilité, est sans cesse banni de nos champs, dans lesquels il revient sans cesse.
Rupture, Po/émoinc. Pline assure que plusieurs rois se sont disputé l’honneur d’avoir trouvé la Polémoine : ce qui fit donner à cette plante le nom de Polémos, qui signifie Guerre.
Rupture, une Paille brisée , page 91.
agesse, Mûrier blanc. Les anciens ont appelé le Mûrier blanc le plus sage des arbres, parce qu’il tarde longtemps à développer ses feuilles. On dit par opposition : Fol Amandier, sage Mûrier, parce que l’Amandier est toujours le premier à fleurir. Une branche d’Amandier unie à une branche de Mûrier exprime que la sagesse doit tempérer l’activité.
Secours, Asile, Genévrier , page 110.
Séparation, Jasmin de Virginie , page 63.
Silence, Rose blanche. Le dieu du Silence était représenté sous la forme d’un jeune homme demi-nu, tenant un doigt sur la bouche, et ayant une Rose blanche dans l’autre main; on dit que l’Amour lui avait donné cette rose pour lui être favorable. Les anciens sculptaient une Rose sur la porte de la salle des festins pour prévenir les convives qu’ils ne devaient rien répéter de tout ce qui s’y disait.
Simplicité, Rose simple. La simplicité embellit la beauté même et sert de voile à la laideur. Clémence Isaure, qui institua les Jeux floraux, voulut que le prix de l’éloquence fût une Rose simple.
Sincérité, Fougère. La Fougère prête des sièges aux amants et des verres aux buveurs, et tout le monde sait que l’amour et le vin rendent sincère.
Solitude, Bruyère, page 29.
Sommeil du cœur, Pavot blanc. On exprime de la graine du Pavot blanc une huile sans saveur qui calme les sens et provoque le sommeil.
Sortilège, Circé. Comme l’indique son nom, cette plante est célèbre dans les évocations magiques. Sa fleur en épi est rose veiné de pourpre. On la trouve dans les lieux humides et ombragés; elle aime surtout à croître sur les ruines et sur les débris des tombeaux.
DICTIONNAIRE
Sottise, Géranium écarlate, page 83.
Souffrances d’amour, une Rose blanche et une rouge, page 40.
Soupçon, Champignon. On connaît plusieurs espèces de Champignons qui sont des poisons mortels. Les Ostiaks, peuples de Sibérie, font avec trois Agaricus muscarius une préparation qui donne la mort en douze heures à l’homme le plus robuste. Plusieurs Champignons de nos climats sont aussi dangereux; il en est qui renferment une liqueur si âcre qu'une seule goutte mise sur la langue produit une escarre. Cependant les Russes, durant leurs longs carêmes, se nourrissent presque entièrement de Champignons, et, nous-mêmes, nous regardons ceux de couches comme un mets très-friand ; pourtant ils doivent toujours inspirer des soupçons, et il faut, avant de s’en servir, les exposer à la chaleur de l’eau bouillante ; cette précaution leur enlève leur âcreté et leur ôte tout leur parfum, s’ils ne sont pas d’une bonne espèce.
Souvenez-vous de moi, Myosotis, page 69.
Soyez mon appui, Taminier, Le Taminier, vulgairement Racine vierge, ou Sceau de Notre-Dame, se trouve par toute l’Europe ; ses faibles tiges demandent un soutien et font un effet charmant partout où elles s’appuient.
Stoïcisme, Buis. Le Buis aime l’ombre; il supporte sans changer sa verdure le froid et le chaud ; il n’exige aucun soin, et dure des siècles.
Sûreté, Cistre. Le Cistre ressemble aux pois chiches; on le cultive rarement. Aristote assure que cette plante préserve des esprits et des fantômes ceux qui la tiennent à la main.
Surprise, Truffe. Ce végétal singulier est un éternel objet de surprise pour l’observateur; il n’a ni tige, ni racines, ni feuilles. La Truffe naît sous terre et y reste tout le temps de son existence.
Sympathie, Toquet ou Slaticé maritime. Le nom de cette plante vient du mot grec Statikos, qui exprime tout ce qui a la propriété d’arrêter, d'unir, de retenir. Les fleurs de cette plante sont petites, nombreuses, tournées vers le ciel, et forment des épis d'un joli bleu. On les cultive pour leurs agréments; mais la plante est naturelle aux lieux marécageux, et surtout aux rivages de la mer, dont elle lie les sables par ses nombreuses racines.
emps, Peuplier blanc. Le Peupliei blanc est un arbre indigène qui élève à plus de quatre-vingt-dix pieds une tête superbe sur un tronc droit, couvert d'une ecurce argentée. Les anciens l’avaient consacré au temps, parce que les feuilles de ce bel arbre sont dans une agitation continuelle, et que, brunes d’un côté et blanches de l’autre, elles peignent l’alternative des jours et des nuits.
Tenez vos promesses, Prunier. Tous les ans, les Pruniers se couvrent d’une multitude de fleurs; mais, si la main d'un habile jardinier ne retranche une partie de ce luxe inutile, ces arbres ne rapportent guère qu’une fois en trois ans.
Timidité, Belle-de-nuit , page 85.
Trahison, Myrtile. Œnomaüs, père de la belle Hippodamie, avait pour écuyer le jeune Myrtile, fils de Mercure. Fier de cet avantage, il exigeait que tous ceux qui prétendaient à la main de sa fille entrassent en lice et lui disputassent le prix de la course des chariots. Pélops, qui voulait obtenir Hippodamie, promit à Myrtile une grande récompense s’il voulait ôter la clavette qui tenait les roues du char de son maître : Myrtile se laissa séduire : le char versa, et Œnomaüs fut tué; mais en expirant il supplia PéloD» de le venger, ce qu’il fit en jetant le traître à la mer. Les eaux ayant rapporté son corps sur. le rivage, Mercure le changea en l’arbuste qui porte son nom : cet arbuste ressemble à un petit Myrte. C’est Y Airelle anguleuse. Elle croît aux bords de la mer, dans les lieux couverts et frais. A ses jolies fleurs en grelots succèdent des baies d’un bleu foncé, d’une saveur piquante et agréable.
Tranquillité, Aligsse des rochers. Les anciens croyaient que l’Alysse des rochers, que nous appelons vulgairement Corbeille d’or, était propre à guérir de la rage; on s’en sert encore contre cette affreuse maladie.
Tristesse, If, page 111.
Tristesse,Mélancolie, Feuilles mortes, page 93.
DICTIONNAIRE
ariété, Reine-Marguerite, page 70.
Vérité, Morelie douce-amère. Les an* ciens pensaient que la Vérité était mère de la Vertu, fille du Temps et reine du monde. Nous disons, nous, que cette divinité se cache au fond d’un puits, qti’elle mêle toujours quelque amertume à ses oienfaits, et nous lui donnons pour emblème une plante inutile, qui, comme elle, aime l’ombre et reverdit sans cesse. La Morelie douce-amère est, je crois, la seule plante de nos climats qui perde et reproduise seg feuilles deux fois dans la même année.
Vice, Ivraie, page 50.
Vie, Luzerne , page 72.
Vivre sans aimer, Agnus-castus, page 109.
Volupté, Tubéreuse, page 171.
Vos charmes sont tracés dans mon cœur, Fusain. Le Fusain, ainsi nommé parce que son bois sert à faire des fuseaux, sert aussi à préparer des crayons. Les sculpteurs l’estiment, les tourneurs le recherchent. Si ce bois est précieux aux arts, l’arbuste qui le produit doit lefre aux cultivateurs. Les haies qui en sont formées paraissent, en automne, chargées de fruits roses du plus joli effet.
Vos qualités surpassent vos charmes, Réséda, page 60.
Vos yeux me glacent, Ficoïde cristalline. Les feuilles de cette plante singulière sont couvertes de vésicules transparentes et pleines d eau. Quand la plante est à l’ombre, on la dirait couverte de rosée; exposée au plus ardent soleil, elle paraît parsemée de cristaux glacés qui jettent un grand éclat; c’est ce qui la fait vulgairement appeler Glaciale.
Votre présence me ranime, Romarin, L’eau delà reine de Hongrie est laite avec le Romarin ; cette eau ranime les esprits et dissipe les vertiges et les défaillances.
Vous êtes brillante d’attraits, Renoncule asiatique. C’est au commencement du printemps qu’on voit l’éblouissante Renoncule développer dans nos jardins ses fleurs variées, lustrées, éclatantes ue mille couleurs, brillantes de mille attraits. Aucune autre plante n offre aux amateurs des variétés aussi piquantes et un aussi riche coup d'œil.
Vous êtes froide, Hortensia. Nous ne possédons l’Hortensia que depuis peu d années. Quoique ses corymbes de fleurs soient alternativement répandus de blanc, de pourpre et de violet, que son ensemble ait de l’éclat et qu’elle se plaise dans l’appartement, on se lasse vite de sa froide beauté, image d’une coquetterie qui,
sans grâce et sans esprit, voudrait plaire uniquement par sa toilette.
Vous êtes ma divinité, Gyroselle. La tige élégante et d’un seul jet de cette plante s’élève du centre d’une rosette de feuilles grandes et couchées à terre ; en avril elle se couronne de douze jolies fleurs roses renversées. Linné a donné à cette plante le nom de Dodéccithéoïi , qui signifie douze divinités. Ce nom est peut-être un peu fastueux pour,, une petite plante assez modeste: mais les botanistes, et surtout les amants, n’y regardent pas de si près.
Vous êtes parfaite, Ancnicis. Le fruit de l’Ananas, environné de ses belles feuilles, et surmonté d’une couronne qui sert à le reproduire, ressemble, à une pomme de pin sculptée dans une masse d or pâle; il est si beau qu’il semble fait pour le plaisir des jeux, si .délicieux qu il réunit les saveurs variées de nos meilleurs fruits, et si odorant qu’on le cultiverait pour ses seuls parfums.
Vous êtes sans prétention, Coquelourde. La Coquelourde, qu’on appelle aussi fleur de Jupiter, ou Couronne des Champs, est une plante duveteuse, molle et blanchâtre dans toutes ses parties ■ elle se couvre durant tout l’été d’un nombre infini de jolies fleurs pourprées qui ressemblent à de petits Œillets; elle 'aime l’ombre et ne demande aucun soin ; souvent elle se sème d’elleméme.
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