‹ Le langage des fleursChapitre 14 sur 95 · LUZERNE · texte numérisé non relu

LUZERNE

Vie,

La luzerne occupe longtemps le même terrain ; mais, quand elle l’abandonne, c’est pour toujours. Voilà sans doute pourquoi on en a fait l’emblème de la vie.

Rien n’est plus charmant qu’un champ de luzerne en fleur ; il se déroule aux yeux comme un long tapis vert glacé de violet. Chérie du cultivateur, cette plante lui prodigue d’abondantes récoltes, sans en exiger aucun soin. On la fauche, elle renaît. A son aspect, la génisse se réjouit ; aimée de la brebis, elle fait les délices de la chèvre et la joie du cheval. Originaire de nos climats, ce doux présent nous vient immédiatement du ciel. Nous le possédons sans efforts, nous en jouissons sans attention, sans reconnaissance. Souvent nous lui préférons une fleur qui n’a d’autre mérite qu’un éclat passager. Ainsi nous quittons trop souvent un bonheur certain pour courir après de vains plaisirs qui fuient et s’envolent aussi.

Paris. — Typ Ch. Utisivger

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