‹ Le langage des fleursChapitre 35 sur 95 · GUIMAUVE · texte numérisé non relu

GUIMAUVE

Bienfaisance.

Emblème de la bienfaisance, la guimauve est l’amie du pauvre. Elle croît naturellement le long du ruisseau qui le désaltère, et autour de la cabane qu’il habite; mais elle se prête à la culture, et on voit quelquefois ses tiges modestes se mêler aux fleurs de nos jardins. Elle n’a ni amertume ni rudesse, son aspect est agréable et doux; ses fleurs, d’un rose charmant, s’harmonisent avec ses feuilles et ses tiges, qui, commes elles, sont recouvertes d’un duvet argenté et soyeux. Elle flatte également par sa douceur et l’œil qui la regarde et la main qui la touche. Ses fleurs, ses tiges, ses feuilles et sa racine, tout en elle est bienfaisant. On compose de ses différents sucs des sirops, des pastilles et des pâtes aussi excellents au goût que favorables à la santé. Le voyageur égaré a quelquefois trouvé dans sa racine un aliment sain et substantiel. Il ne faut que regarder à ses pieds pour trouver dans toute la nature des preuves d’amour et de prévoyance. Mais cette tendre mère a souvent caché, dans les plantes comme dans les hommes, les plus grandes vertus sous la plus modeste apparence.

ADONIDE

Douloureux souvenirs.

Je n’ai jamais chan'.é que l’ombrage des bois,

Flore, Écho, les zéphyrs et leurs molles haleines,

Le vert tapis des prés et l’argent des fontaines. C’est parmi les forêts qu’a vécu mon héros;

C’est dans les bois c;u’Amour a troublé son repos Ma muse en sa faveur de myrte s’est parée :

J’ai voulu célébrer l’amant de Cythérée,

Adonis, dont la vie eut des termes si courts,

Qui fut pleuré des Ris, qui fut plaint des Amours t

Adonis fut tué par un sanglier. Vénus, qui avait quitté pour lui les délices de Gythère, versa des larmes sur son sort; elles ne furent point perdues : la terre les reçut et produisit aussitôt une plante légère qui se couvrait de fleurs semblables à des gouttes de sang. Fleurs brillantes et passagères, trop fidèles emblèmes des plaisirs de la vie, vous fûtes consacrées par la beauté même aux douloureux souvenirs !

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