‹ Le langage des fleursChapitre 41 sur 95 · SOUCI DES JARDINS · texte numérisé non relu

SOUCI DES JARDINS

Peine, chagrin.

J’ai vu dans une riche collection un joli petit tableau de madame Lebrun. Cette aimable artiste avait représenté le chagrin sous la ferme d’un jeune homme pâle, languissant, dont la tête penchée semblait accablée sous le poids d’une guirlande de soucis. Tout le monde connaît cette

fleur dorée, qui est l’emblème des peines de l’âme ; elle offre à l’observateur plusieurs singularités remarquables ; on la voit fleurir toute l’année ; c’est pourquoi les Romains l’appelaient fleur des calendes, c’est-à-dire de tous les mois. Ses fleurs ne sont ouvertes que depuis neuf heures du matin jusqu’à trois heures de l’après-midi ; cependant elles se tournent toujours vers le soleil et suivent son cours d’orient en occident. Pendant les mois de juillet et d’août, ces fleurs laissent échapper, durant la nuit, de petites étincelles lumineuses; elles ont cela de commun avec la fleur de capucine et plusieurs autres de la même couleur.

On peut modifier de cent façons la triste signification du souci. Uni aux roses, il est le symbole des douces peines de l’amour; seul, il exprime l’ennui ; tressé avec diverses fleurs, il représente la chaîne inconstante de la vie, toujours mêlée de biens et de maux; en Orient, un bouquet de soucis et de pavots exprime cette pensée : « Je calmerai vos peines. » C’est surtout par des modifications semblables que le langage des fleurs devient l’interprète de tous nos sentiments.

Marguerite d’Orléans, aïeule maternelle d’Henri IV, avait pour devise un souci tournant son calice vers le soleil, et pour âme :

Je ne veux suivre que lui seul.

Cette vertueuse princesse entendait, par cette devise, que toutes ses pensées, toutes ses affections, se tournaient vers le ciel, comme la fleur du souci vers le soleil.

ÉTÉ

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