‹ Le langage des fleursChapitre 43 sur 95 · DATURA · texte numérisé non relu

DATURA

Charmes trompeurs.

Souvent, arrêtée par la mollesse, une indolente beauté languit tout le jour et se cache aux rayons du soleil. La nuit, brillante de coquetterie, elle se montre à ses amants. La lumière incertaine des bougies, complice de ses artifices, lui prête un éclat trompeur; elle séduit, elle enchante. Cependant son cœur ne connaît plus l’amour, il lui faut des esclaves, des victimes. Jeune homme imprudent, fuyez à l’approche de cette enchanteresse ; pour aimer et pour plaire, la nature suffit, l’art est inutile. Celle qui l’emploie est toujours perfide et dangereuse.

Les fleurs du datura, semblables à ces beautés nocturnes, languissent sous un feuillage sombre et fané, tant que le soleil nous éclaire. Mais, à l’entrée de la nuit, elles se raniment, déploient leurs charmes et étalent ces cloches immenses que la nature a revêtues de pourpre doublée d’ivoire, et auxquelles elle a confié un parfum qui attire, qui enivre, mais qui est si dangereux, qu’il

asphyxie, même en plein air, ceux qui le respirent.

ts.

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