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PISSENLIT, OU DENT-DE-LION

Oracle.

Portez-vous vos pas dans la plaine, sur la pente des collines, ou sur le haut des montagnes, regardez à vos pieds, vous ne tarderez pas à y découvrir des rosaces de lverdure toutes couvertes de fleurs dorées ou de sphères égères et transparentes. Déjà vous reconnaissez cet ami de votre enfance ; c’est le pissenlit, c’est l’oracle des champs ; partout on peut le consulter. Les pissenlits, comme les enfants des hommes, sont généralement répandus sur le globe ; on les trouve dans les quatre parties du monde, sous le pôle et sous l’équateur, aux bords des eaux et sur les rochers arides ; partout ils se présentent à la main qui veut les cueillir, ou à l’œil qui veut les consulter ; leurs fleurs, qui seferment et qui s’ouvrent à certaines heures, servent d’horloge au berger solitaire ; et ses houppes emplumées lui prédisent le calme ou l’orage :

* Éludes de la nature, t. I, p. 69.

11 lit au sein des fleurs, il voit sur leur feuillage Les desseins de l’autan, l’approche de l’oruge.

Mais ces boules légères servent encore à de plus doux usages. Vit-on loin de l’objet de sa tendresse, on en détacheavecpi écaution une de ces petites sphères transparentes ; on charge chacun des petits volants qui la composent d’une tendre pensée ; puis on se tourne vers les lieux habités par la Lien-aimée, on souffle, et tous ces petits voyageurs, messagers fidèles, portent à ses pieds vos secrets hommages. Désire-t-on savoir si cet objet cher s’occupe de nous comme nous nous occupons de lui, on souffle encore ; et s’il reste une seule aigrette, c’est la preuve qu’il ne nous oublie pas ; mais cette seconde épreuve, il faut la faire avec précaution : on doit souffler bien doucement, car, à aucun âge, pas même à l’âge brillant des amours, il ne faut souffler trop fort suites douces illusions qui embellissent la vio.

AUTOMNE

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