‹ Le langage des fleursChapitre 66 sur 95 · PERSIL · texte numérisé non relu

PERSIL

Festin,

Le persil était en grande réputation chez les Grecs. Dans les banquets, ils couronnaient leurs fronts de ses légers rameaux, qu’ils croyaient propres à exciter la gaieté et l’appétit. A Rome, dans les jeux Isthmiques, les vainqueurs étaient couronnés de persil. On croyait cette plante originaire de la Sardaigne, parce que cette province est représentée sur les médailles anciennes sous la forme d’une femme auprès de la laquelle est un vase d’où sort un bouquet de persil ; mais cette plante est naturelle à tous les lieux frais et ombragés de la Grèce, et même à nos provinces du Midi. Guy de la Brosse prétend qu’elle croît aussi près de Paris, sur le mont Valérien ; mais il est présumable que la plante qu’il désigne sous ce nom n’est pas le véritable persil, puisqu’on attribue à Rabelais son introduction en France, et que, s’il faut en croire les érudits, il le rapporta de Rome avec la laitue romaine ; si cela est, ce bel esprit aurait bien fait d’attacher son nom à ces modestes présents. Le Rabelais, comme la reine-Claude, eût été célébré par les gourmands de tous les âges. Quoi qu’il en soit, la belle verdure de cette plante relève la propreté et l’élégance des mets qu’elle environne : elle est le luxe du pot-au-feu ; elle contribue à l’agrément des plus beaux dîners. Une branhe de laurier et une cou-

AUTOMNE

ronne de persil sont les attributs qui conviendraient chez nous au dieu des festins. Ces plantes, le laurier surtout, ont servi à de plus nobles usages; mais, dans le siècle des gastronomes, il ne faut pas rappeler ce qui se faisait au siècle des héros.

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