ALOÈS
Douleur, amcrlume.
L’aloès ne tient au sol que par de faibles racines, il aime à croître dans le désert ; sa saveur est très-acerbe. Ainsi la douleur nous éloigne du monde, nous détache de la terre, et remplit nos cœurs d’amertume. Ces plantes vivent presque entièrement d’air, elles affectent des formes singulières et bizarres. Le Vaillant en a trouvé plusieurs espèces très-multipliées dans les déserts de Namaquois ; les unes ont des feuilles de six pieds de longueur, elles sont épaisses et armées d’un long dard : du centre de ces feuilles s’élance une tige légère de la hauteur d’un arbre, toute garnie de fleurs ; d’autres s’élèvent comme des cactus,hérissées d’épines; d’autres encore sont marbrées, et semblables à des ser-
pents qui rampent sur la terre. Brydonea vu l’ancienne ville de Syracuse toute couverte de grands aloès en fleurs ; leurs tiges élégantes donnaient au promontoire qui borde la côte l’aspect d’une forêt enchantée. Ces plantes réussissent très-bien dans nos jardins ; la collection du Muséum de Paris est la plus complète du monde. Ces végétaux magnifiques et monstreux ont été donnés à l’Afrique barbare ; ils croissent dans les rochers, sur un sable aride, au milieu de cette atmosphère embrasée que respirent les tigres et les lions. Bénissons la nature amie qui, dans nos doux climats, élève de tous côtés, sur nos têtes, des berceaux de verdure, et étend sous nos pieds des tapis de safran, de violettes et de gracieuses marguerites.