‹ Le langage des fleursChapitre 23 sur 81 · AMOUR, VOLUPTÉ · texte numérisé non relu

AMOUR, VOLUPTÉ

En voyant la rose mousseuse avec ses épines, sans aiguillons, et son calice environné d’une molle et douce verdure, on dirait que la volupté a voulu disputer cette belle fleur à l’amour. Madame de Genlis assure qu’à son retour d’Angleterre, ce fut chez elle que tout Paris vint admirer le premier rosier de cette espèce. Alors, madame de Genlis était déjà célèbre, et le rosier n’était sans doute que le prétexte de la foule qui se pressait autour d’elle : la modestie put seule l’induire en erreur; car ce rosier, qui est originaire de Provence, nous est connu depuis plusieurs siècles.

IKne îüoee blanche et une ttosc rouge.

Le poêle Bonnefons envoya à l’objet de ses amours deux roses ; l’une blanche, et l’autre du plus vif incarnat : la blanche, pour imiter la pâleur de son teint ; et l’incarnate, pour peindre les feux de son cœur : il avait joint à son bouquet ces quatre vers :

Pour toi, Daphné, ces fleurs viennent d’éclore :

Vois, l’une est blanche, et l’autre se colore D’un vif éclat : l’une peint ma pâleur,

L'autre mes feux : toutes deux mon malheur.

DES FLEURS. 6S

Uln ftooier au milieu b’iine touffe i>e (ftazon.

Page 1