‹ Le langage des fleursChapitre 48 sur 81 · IM MORTALITÉ · texte numérisé non relu

IM MORTALITÉ

L'amarante est le dernier présent de l'automne. Les anciens avaient associé celte fleur aux honneurs suprêmes, en en parant le front des dieux. Quelquefois les poètes ont mêlé son éclat au triste et noir cyprès, voulant exprimer ainsi que leurs regrets étaient attachés à d’immortels souvenirs. Homère dit qu’aux funérailles d’Achille, les Thessaliens se présentèrent la tête couronnée d’amarantes. Malherbe, comme si sa propre gloire appartenait au héros qu’il célèbre, dit à Henri IV :

Ta louange dans mes vers.

D’amarante couronnée,

N’aura sa fin terminée Qu’en celle de l’univers.

L’amour et l’amitié se sont aussi parés d amarantes. Dans la guirlande de Julie, on trouve ce quatrain :

Je suis la fleur d’amour qu’amarante on appelle,

Et qui viens de Julie adorer les beaux yeux.

Roses, retirez-vous, j’ai le nom d’immortelle,

Il n’appartient qu’à moi de couronner les dieux.

Dans une idylle charmante, M. Constant Dubos a chanté cette fleur dont l’aspect nous console des ri tueurs de l’hiver. Après avoir regretté la fuite rapide des fleurs et du printemps, il dit :

Je t’aperçois, belle et noble amarante!

Tu viens m’offrir, pour charmer mes douleurs,

De ton velours la richesse éclatante;

Ainsi la main de l’amitié constante,'

Quand tout nous fuit, vient essuyer nos pleurs.

Ton doux aspect de ma lyre plaintive A ranimé les accords languissants;

Dernier tribut de Flore fugitive,

Elle nous lègue, avec la fleur tardive,

Le souvenir de ses premiers présents.

La reine Christine de Suède, qui voulut s’immortaliser en renonçant au trône pour cultiver les lettres et la philosophie, institua l’ordre des chevaliers de l’Amarante La décoration de cet ordre est une médaille d’or enrichie d’une fleur d’amarante, en émail, avec ces mots : Dolce nella memoria (en sa douce mémoire).

Dans les Jeux floraux, à Toulouse, le prix des plus beaux chants lyriques est une amarante d’or. Clémence Isaure en avait fait l’emblème de l’immortalité.

bES FLEURS.

|Jcr@U.

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