I,E LANGAGE
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Bu iTartgage îice Couleurs».
Puisque le dieu du jour en ses douze voyages Habite tristement sa maison du Verseau,
Que les monts sont encore assiégés des orages.
Et que nos prés riants sont engloutis sous l’eau;
en un mot, puisque les mois d’hiver nous offrent à peine quelques fleurs décolorées, il faut y suppléer, en rappelant l’usage que nos bons aïeux savaient faire des couleurs.
Dans ces temps heureux de la chevalerie, où la beauté distribuait des couronnes, où toutes les fêtes étaient des jeux guerriers, où tous les jeux étaient un hommage rendu à la gloire et aux dames, on sentit la nécessité de créer un nouveau langage qui pût, en ne parlant qu’aux yeux, rappeler des sentiments que la bouche n’osait exprimer. Telle fut l’origine de cette ingénieuse union des devises et des couleurs qui distinguaient les chevaliers. Qu’un amant désespéré se présentât dans la lice, il prouvait son amour par des prodiges de valeur • mais le gonfalon et l’écharpe, mêlés de rouge et de
DES FLEUBS.
violet, annonçaient le trouble de son âme : que si, après la victoire, la dame de ses pensées était décidée à mettre fin à ses tourments, elle paraissait le lendemain avec le vert de l’épine blanche, liée de rubans incarnats, qui signifiaient l’espérance en amour.
La cotte d’armes, teinte d’un gris roussâtre, indiquait le chevalier que la gloire éloignait de plus doux combats. Le jaune, uni au vert et au violet, témoignait qu’on avait tout obtenu de la beauté aimée, et ne devait jamais se rencontrer chez le guerrier modeste.
Mais nos pères allaient encore plus loin ; et 1 art de faire parler les couleurs avait été porté à un si haut point de perfection qu’on avait été jusqu’à composer un habit moral de l’homme et de la femme, dont nous rappellerons ici quelques traits d’après un livre gothique, aussi curieux que singulier (1).
(1) Le Langage de, couleur, en arme,.livrée, et. ri e8 j se « U«e tr^ u tile et subtil pour .'voir et connaître de chacune couleur propnéU et vertu Onje vend à Lyon, près Notre-Dame de Montfort, cher Olmer Arnoulet. Un pet.t volume in-18, gothique, sans date.