‹ Le langage des fleursChapitre 60 sur 81 · GLOIRE · texte numérisé non relu

GLOIRE

Les Grecs el les Romains consacrèrent des couronnes de laurier à tous les genres de gloire. Ils en ornèrent le front des guerriers et des poètes, des orateurs et des philosophes, des vestales et des empereurs. Ce bel arbuste croît en abondance auprès de Delphes, et sur les bords du fleuve Pénée. Là, ses rameaux aromatiques et toujours verts s’élancent à la hauteur des plus grands arbres 5 et on prétend que, par une vertu secrète, ils éloignent la foudre des rives qu’ils enchantent.

La belle Daphné était fille du fleuve Pénée; elle fut aimée d’Apollon ; mais, préférant la vertu à l’amour du plus éloquent des dieux, dans la crainte d’être séduite en l’écoutant, elle s’enfuit ; Apollon la poursuivit; et, comme il allait l’atteindre, la nymphe invoqua son père, et fut changée en laurier. Son amant, ne pressant plus dans ses bras qu’une insensible écorce, fit entendre cette triste plainte :

Puisque du ciel la volonté jalouse Ne permet pas que tu sois mon épouse,

Sois mon arbre du moins; que ton feuillage heureux Enlace mon carquois, mon arc et mes cheveux.

DES ELEURS.

Aux murs du Capitole, à ces brillantes fêtes,

Où Rome étalera ses nombreuses conquêtes,

Tu seras des vainqueurs l’ornement et le prix. Tes rameaux respectés des foudres ennemis Du palais des Césars protégeront l’entrée;

Et comme de mon front la jeunesse sacrée N’éprouvera jamais les injures du temps,

Que ta feuille conserve un éternel printemps (1).

(1) Métamorphoses d'Ovide, traduction de Saint-Ange.

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