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PRÉVOYANCE

La prévoyance de la nature se montre d’une manière bien admirable dans cette belle plante. Les grands houx qui croissent en abondance dans la forêt de Needwood, portent une ceinture de feuilles hérissées d’épines, qui s’élève à huit ou dix pieds de hauteur; à cette hauteur ces feuilles cessent d’être une défense, elles deviennent douces et unies : la plante n’a plus besoin de s’armer contre des ennemis qui ne peuvent plus l’atteindre. Cet arbre, du vert le plus éclatant, est la dernière parure de nos forêts dépouillées par les hivers : ses baies servent de nourriture aux petits oiseaux qui ne quittent pas nos climats ; il leur prête aussi son feuillage, qui est comme un toit hospitalier préparé dans la mauvaise saison pour les recevoir. Les daims, et les cerfs meme, viennent y chercher un abri : ils se cachent derrière les neiges qui s’amoncellent autour de lui, en glissant sur ses feuilles, disposées comme les tuiles d’un pavillon chinois, dont cet arbre affecte la forme élégante et pyramidale.

Ne semble-t-il pas que la nature, par une tendre prévoyance, ait pris soin de conserver toute l’année la

iTauréolc femelle, ou üîote gentil.

La tige de la Iauréole femelle, ou bois gentil, est recouverte d’une écorce sèche qui lui donne l’apparence du bois mort La nature, pour cacher sa difformité, a environné chacun de ses rameaux d’une guirlande de fleurs purpurines, qui se déroule en spirale, et se termine par une petite touffe de feuilles qui affecte la forme d’une pomme de pin.

Un parfum indéfinissable, exquis et dangereux, s’échappe de ces tiges légères, qui souvent fleurissent vers la fin de janvier.

Cette plante apparaît au sein des neiges revêtue de sa charmante parure; on dirait une nymphe imprudente et coquette, qui, à demi transie, se pare, au milieu de l’hiver, de sa robe de printemps.

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