INTRODUCTION XV
tir les éclaircissements que la clinique apporte à l'étude de la fonction du langage, rechercher surtout les interprétations des diverses formes de l'aphasie, telles que les rend aujourd'hui possibles l'analyse psychologique, tel est, si nous ne nous trompons, l'effort qu'on attend de nous.
Ce n'est pas une histoire détaillée, documentaire, de l'aphasie que nous nous proposons de tracer. Cette histoire a été faite, et bien faite ; il n'y aurait nul intérêt à la répéter *. Le titre de ce travail indique assez que le mécanisme de la faculté du langage et la pathogénie de ses altérations en doivent être le sujet exclusif. Il nous importera peu de savoir si tel ou tel trouble de la parole ou de l'écriture est produit par une tumeur, un foyer de ramollissement, un agent toxique, etc. L'étiologie, en effet, peut modifier la marche, l'évolution, la gravité de l'aphasie , elle n'en modifie pas la forme. « Les roues d'une montre, a dit Buzzard 2 , peuvent être aussi bien arrêtées par un cheveu que par un grain de sable, et le désordre qui surgit alors reste toujours le même, quelle que soit la cause qui l'ait produit. » Nous allons essayer de faire, pour le langage et l'aphasie, ce que ferait un horloger, qui, désireux d'étudier le mécanisme
1. Voir notamment à cet égard, la récente thèse de D. Bernard, De l'aphasie et de ses diverses formes, Paris, 1885, qui reflète, en y ajoutant plusieurs documents originaux, renseignement de M. Ghargot.
2. Buzzard, Clinical aspects of syphilitic nervous affections. Loudon, 1874, cité par A. Fournibr, in Leçons sur le tabès spécifique.