‹ Le Langage intʹerieur et les diverses formes de l'aphasieChapitre 23 sur 68 · Taine, loc. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

Taine, loc. cit., t. I, p

partielles, puis la somme finale, en sorte qu'au fur et à mesure ils revoient intérieurement les diverses lignes de figures blanches qu'ils viennent de tracer. Les enfants prQdiges, qui sont des mathématiciens précoces, rendent sur eux-mêmes le môme témoignage. Le jeune Colborn, qui n'avait jamais été à l'école et ne savait ni écrire ni lire , disait que pour faire ses calculs « il les voyait clairement devant lui ». Un autre déclarait « qu'il voyait les nombres sur lesquels il opérait comme s'ils eussent été écrits sur une ardoise ». M. Galton * a relaté des faits semblables , et l'observation de G. Bidder qu'il rapporte est à rapprocher de celle de Colborn.

A cet auteur revient aussi le mérite d'avoir montré, par des observations recueillies auprès de personnes susceptibles de s'analyser et de rendre bien compte de leurs impressions (membres de la Société royale de Londres , de l'Institut de France , professeurs des collèges anglais), que, chez un certain nombre de sujets, l'image visuelle du mot domine et même efface l'image auditive. « Quelques personnes (un petit nombre), dit M. Galton, voient mentalement comme imprimé chaque mot qu'elles prononcent. Elles se servent de l'équivalent visuel et non de l'équivalent auditif du mot. Et en parlant, elles lisent les mots comme s 9 ils étaient imprimés sur une de ces longues bandes de papier dont on se sert dans la transmission des dépêches télégraphiques. »

Les exemples d'individus exclusivement ou principalement visuels ne sont pas très communs. Nous en connaissons cependant quelques-uns. Prévost (de Genève) 2 , Charma 3 , étaient du nombre. Un malade observé par

t. Fr. Galton, Inquiries into human faculty audits développement. London, 1883, p. 133.

2. Prévost (de Genève), Essais de philosophie, an XIII, t. I, p. 246.

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