VIII. INTRODUCTION
psychologie, en soustrayant cette science au joug gênant et lourd de la métaphysique. Longtemps arrêtée dans son évolution et embarrassée dans sa marche par les conceptions ontologiques , la psychologie a conquis parmi les sciences la place légitime qui lui revient, le jour où elle s'est isolée avec ses procédés et ses méthodes à elle, rejetant décidément hors de son domaine les spéculations transcendantes et les préoccupations qui l'avaient longtemps dominée, sur « l'âme », ses facultés et son essence. Commencé avec Locke et Condillac, le mouvement s'est, à notre époque, particulièrement accentué, grâce surtout aux travaux des psychologues anglais, de Hartley, de J. Mill, J. Stuart Mill, Herbert Spencer, Bain, Lewes et quelques autres. Aujourd'hui, il se poursuit. La psychologie « expérimentale » ou « physiologique », celle qui, d'après l'expression de M. Ribot, l'un des représentants les plus distingués de la nouvelle école, « se propose l'étude exclusive des phénomènes de l'esprit, suivant la méthode des sciences naturelles, et indépendamment de toute hypothèse métaphysique » ; la psychologie expérimentale, dis-je, a chez nous ses adeptes nombreux *, ses organes * et même sa chaire 3 . Elle a
1. En 1885 a été fondée à Paris la Société de psychologie physiologique sous le patronage de MM. Charcot, P. Janet, Ribot, etc.