Ch. Bastian, loc. cit., p
136 LE LANGAGE INTÉRIEUR ET l' APHASIE
absolue de récriture, jusqu'à récriture régulière et correcte. On trouvera une curieuse série de ces spécimens dans la thèse de M. Legroux *, qui les a publiés d'après une observation de M. Bourneville. M. Fournier 1 et M. Grasset en ont aussi fait reproduire de fort instructifs 3 .
Les divers troubles de récriture que nous venons de mentionner ont été par quelques auteurs classés sous des dénominations différentes : on a appelé agraphie littérale et agraphie verbale l'agraphie des lettres ou des mots; Kussmaul a proposé d'appeler paragraphie cette forme du trouble dans laquelle le malade peut écrire, mais substitue au mot juste un mot sans signification dans la phrase , ou même , comme dans le cas de H. Jackson, cité plus haut, sans signification aucune. La paragraphie aurait d'ailleurs, d'après quelques auteurs, une signification tout autre que l'agraphie littérale ou verbale; c'est un point sur lequel j'aurai l'occasion de revenir.
L'agraphie constituant une forme d'amnésie, l'amnésie motrice graphique , est soumise aux mômes influences que les autres amnésies : lorsqu'elle n'est pas absolue, une impression venue du centre d'une autre mémoire peut, en surexcitant le centre de la mémoire graphique , raviver momentanément cette dernière. Ainsi s'explique -t- on que des malades incapables d'écrire spontanément puissent écrire sous la dictée ou copier. Le sujet de M. Pitres copiait assez aisément l'écriture cursive, mais il ne pouvait reproduire en caractères ordinaires les mots imprimés, qu'il dessinait pour ainsi dire. Celui de M. Charcot pouvait aussi copier la cursive. Sous la dictée il arrivait, quoique avec
\. Legroux, loc. cil., p. 20.