CHAPITRE XIII
CONSIDÉRATIONS RELATIVES AU DIAGNOSTIC DES DIFFÉRENTES FORMES DE L'APHASIE
Nous n'avons pas l'intention , sous prétexte de diagnostic différentiel, de dresser ici la liste des erreurs possibles ou hypothétiques que le clinicien est exposé à commettre , en présence d'un cas donné d'aphasie. Notre but est tout autre : nous nous proposons de tracer une sorte de programme des questions qu'il est nécessaire d'élucider, si l'on veut recueillir et classer les observations avec exactitude et méthode.
Nous avons montré que du groupe complexe des aphasies se dégagent quelques formes simples, dès maintenant bien caractérisées ; que d'autres résultent de la réunion , chez le même sujet , de plusieurs de ces formes simples; que quelques-unes, enfin, dont la systématisation et la synthèse ne peuvent être faites encore, méritent de trouver place dans un chapitre d'attente.
Le devoir qui dès lors s'impose , lorsqu'on se trouve en présence d'un aphasique, est de déterminer avec le plus de précision possible, abstraction faite de toute vue théorique , les troubles élémentaires du langage réalisés dans le cas particulier, et de dresser la nomenclature de ces troubles. C'est en comparant les faits ainsi recueillis, suivant \me mtove \xrè\Wte et dans un
môme esprit, qu'on arrivera à cataloguer les formes de l'aphasie telles qu'elles résultent des multiples combinaisons des altérations du langage.
Pour ce faire, il est nécessaire d'avoir constamment présente à la mémoire , lorsqu'on pratique l'interrogatoire d'un aphasique, la liste des troubles divers qu'on aura à rechercher. On retiendra d'autant mieux cette
liste, qu'on s'aidera cTun schéma quel qu'il soit. Le suivant dont nous nous servons d'habitude, et qui est une simplification de celui de M. Gharcot, n'est pas, comme ce dernier, un schéma explicatif, c'est simplement un schéma mnémonique. 11 nous a paru commode.
Ce schéma se comprend assez aisément au premier coup d'œil pour qu'il ne soit pas nécessaire de l'expliquer longuement : I représente le centre intellectuel; A et V, les deux opérations centripètes ou de réception, c'est-à-dire la faculté de comprendre les mots parlés (A) et celle d'interpréter les mots écrits (V) ; P et E correspondent aux deux opérations centrifuges ou de transmission; P à la parole, E à J'écriture. Cela çosé^ies
ififi LE LANGAGE INTÉRIEUR ET L* APHASIE
opérations du langage que nous avons trouvées altérées ou intactes , dans les divers types d'aphasie précédemment envisagés, se réduisent à huit. Gomme on peut le remarquer, sur notre schéma, chacune de ces dernières est représentée par une ligne et un chiffre.
Ces opérations sont les suivantes :