‹ Le Langage intʹerieur et les diverses formes de l'aphasieChapitre 63 sur 68 · Cécité verbale (cécité ou cécité psychique · texte numérisé non relu

Cécité verbale (cécité ou cécité psychique

c. Agraphie (ou rupture de communication entre le centre visuel des mots et le centre moteur graphique).

d. Paralysie de la main.

Il suffira, en présence d'un des huit troubles dont nous venons de faire rénumération, de se reporter à la nomenclature précédente pour avoir immédiatement présentes à l'esprit les interprétations différentes dont ce trouble est susceptible. Quant au choix à faire entre ces diverses interprétations, il ne sera pas toujours exempt de difficultés.

Il sera d'ordinaire commode d'éliminer immédiatement les désordres qui tiennent soit à un défaut d'intelligence, soit à un trouble des organes périphériques (paralysie de la langue ou delà main, cécité ou surdité).

Nous avons d'autre part suffisamment insisté sur les caractères différentiels des surdités corticale, psychique et verbale pour qu'on ne puisse pas confondre les deux premières avec la dernière. Il en sera de même pour les cécités.

Il est donc relativement aisé de distinguer les troubles qui ressortissent bien à la fonction du langage de ceux qui les simulent.

Mais, lorsqu'il s'agit de distinguer ces troubles les uns des autres , quelques difficultés peuvent surgir : l'ensemble symptomatique sera d'un grand secours pour reconnaître, par exemple, si la perte de la parole répétée tient à la surdité verbale ou à l'aphasie motrice, car, dans l'un ou l'autre cas, on aura les autres symptômes propres à chacun des troubles précités. En revanche, il sera à peu près impossible de distinguer la perte de la parole volontaire consécutive à la surdité verbale, de celle qui tient à la lésion de la troisième frontale. La paraphasie serait le symptôme observé dans le premier cas, l'aphasie proprement dite dans le second : ce signe diagnostique, donné par quelques auteurs comme d'une valeur à peu près absolue , ne paraît pas avoir toute l'importance qu'on lui a attribuée. Dans le cas d'aphasie qu'il a publié et qu'il considère comme dû à la rupture des relations entre le centre auditif et le centre moteur d'articulation, M. Déjérine a relevé des symptômes qui étaient identiques à ceux de l'aphasie de Broca. On aura donc souvent grand'peine , si l'on a affaire aux manifestations combinées de la surdité verbale et de l'aphasie ataxique , à déterminer si les symptômes relèvent d'une lésion unique ou double.

Il me reste une dernière remarque à présenter à propos de deux des interprétations dont sont susceptibles quelques-uns des symptômes précédemment énumérés. J'ai indiqué que plusieurs de ces symptômes peuvent être déterminés soit par la lésion d'un centre, soit par la rupture des relations entre ce centre et un autre. La perte de l'écriture sous la dictée, par exemple, peut résulter ou du'ne lésion de la deuxième frontale (agraphie proprement dite), ou de Uvyvx^^v^v^^x^V^v^xv^

entre la deuxième frontale et le centre visuel des mots. Il ne me paraît pas possible de choisir entre les deux interprétations d'après la seule constatation du symptôme. Le tableau que nous avons dressé d'après Lichtheim et où sont mentionnés les désordres comparés des aphasies centrales et de conductibilité pourrait être heureusement utilisé pour ce point de diagnostic

différentiel.

La symptomatologie de l'aphasie sera nettement caractérisée lorsque , après avoir soigneusement recherché l'état des huit fonctions précédemment mentionnées, on en aura dressé le bilan.

Il est à noter cependant que, pour être en possession de tous les éléments nécessaires afin d'arriver à l'exacte appréciation de chaque cas , un renseignement complémentaire serait utile. Il serait instructif de connaître ce que j'ai appelé la formule cérébrale physiologique du malade. Ce dernier appartenait-il avant sa maladie à la catégorie des visuels, des auditifs, des moteurs ou des indifférents? Nous avons assez insisté sur l'importance d'une semblable notion, au point de vue de l'intelligence des troubles du langage, pour qu'on saisisse sans peine l'utilité de premier ordre qu'aurait, dans l'espèce, la connaissance des aptitudes spéciales du malade. Mais c'est là, est-il besoin de le remarquer, une exigence toute platonique que nous formulons, car, sauf cas tout à ifait exceptionnel, on ne peut guère espérer qu'il puisse y être donné satisfaction.

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