‹ Le langage martien; étude analytique de la genèse d'une langue dans un cas de glossolalie somnambuliqueChapitre 33 sur 58 · PRONOMS PERSONNELS ET POSSESSIFS · texte numérisé non relu

PRONOMS PERSONNELS ET POSSESSIFS

(32) Nulle part plus qu'en ce domaine ne règne dans la grammaire de nos langues un beau désordre appa=4 rent. Le radical de chaque pronom varie au hasard: Je, moi, mon, notre; tl, le, son, leur', etc. ; sans qu’au-=« cune loi semble régir ces caprices. Mi Smith ne manque pas de transporter ce chaos dans la planète Mars, et même de l’y compliquer.

1° personne. — Cas-sujet: cé « Je », 16 fois. — Cas, régime, sans distinction, non plus qu’en français, entre | l’accusatif et le datif: st « moi », 6 fois; lé &« me »w 8 fois. — Pluriel, sans distinction, non plus qu'en français, entre sujet et régime, nint « nous », 6 fois — Possessifs : ézi «mon », 14 fois ; ézé « ma », 8 fois éginé « mes » 4 fois; viche, une fois, et iche, 6 fois, « notre ». — Le fr. je zézayé a suggéré 26, qui apparait à l’état pur dans le possessif, mais s’estm

LME ES

assourdi en sé (écrit cé) dans le pronom, ainsi que le prouverait au besoin, de surcroît, l’élision de la voyelle dans saliné F1. 11, qu'il faut lire s’aliné « j'oublie ». L'initiale de nous se reconnait sans peine dans ntnx. Ea forme /é semble tirée de me par simple substitution à la consonne de la consonne immédiatement précédente dans l’alphabet (cf. n° 13, 5°). Les autres types sont peu clairs : tche rappelle l’al. ich par la forme et l’al. uns par le sens; son doublet viche est “considéré par M. Flournoy comme un simple lapsus ; quant à st, il se rattache sans doute à sé — cé « je ». 2° personne. — Cas-sujet: dé « tu », 10 fois. — Cas-régime, comme plus haut: vw «toi », 14 fois; di «te », 19 fois. — Pluriel: sént « vous », une fois. Possessif : ché « ton», 13 fois; chée « ta »,5 fois; Chi « tes », une fois; « votre » est inconnu. — Le changement de dentale dans dé et di a été suggéré, Soit par l’al. du et dich, soit aussi et principalement par la métathèse de sonoreet sourde qui s’est produite dans la juxtaposition fr. de te (FI. 7) devenue mt. & dt. La forme vi emprunte assez étrangement son initale au fr. vous, de politesse sans doute, tandis que int parait être l’al. ste « vous » de politesse, affublé Pune finale venue de rint. La chuintante du possessif st apparue tout au début du martien, à une époque jù Mi Smith manifestait une prédilection marquée Jour cette consonne, et elle n’a probablement pas l'autre raison d’être (n°5 16 et 17, 1°).

“3° personne. — Sujet : hed Qil » et «ils », 7 fois; | féminin n'apparaît pas. — Régime : sé «le », 4 fois;

OO ES ptit lui », une fois; le féminin n’apparait pas. — Pos sessif : bi « son », 2 fois; bé « sa », et bée « ses », chacun une fois:— Ici le désordre est à son comble : la rareté en martien de la consonne À accentue le carac= | tère énigmatique de la forme hed, qui ne rappelle que. l'anglais Le,alors pourtant que l’auteur du martien ne parait pas savoir l'anglais; la labiale, sourde dans pi, sonore dans bé, etc., n’est pas moins déconcertantes|

en somme, il n'y a de clair que sé « le », reproduction

pure et simple de l’article défini, comme en français,

49 Réfléchi : r'ès «se », 3 fois. — La première fois que le mot est apparu, c’est dans la juxtaposition rés. pazé F1. 23, traduite «se retire » : l’initiale de dernier groupe est ser, dont la métathèse (n° 14) est res. Une fois ce monosyllabe admis au sens de « se» il à été reproduit tel quel deux fois ailleurs. Cf. n° 118

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