IH. HONGRO- ALLEMAND ET RÉCIPROQUEMENT
— l'' Borêsé «pleines», une fois. Le fr. «plein» se traduit en al. voll, lequel signifie aussi «ivre», et ce dernier sens a suggéré la traduction en mg., soit boros « ivre » ou borisza « ivrogne » ; l'homophonie est pres- ^que absolue. Cf. le suivant.
' (264) 2** Châmi «parfum», une fois, dans la même phrase que le précédent. L'ai. a scAmec/?en «sentir» [à l'odorat] et geschmack «goût»; mais je crois que, pour expliquer la voyelle insérée entre s et m, il est presque indispensable de faire intervenir le mg. samat « bouquet du vin » ; d'autant que le radical de borisjsa est bor «vin». Il devient évident, dès lors, que le concept de «vin» se jouait dans l'arrière-pensée de M^^« Smith lorsqu'elle a prononcé cette phrase.
(265) 3^ Grini «soulever», une fois, FI. 23. L'idée de «soulever» évoque celle de «sol», qui se traduit en al. grand et en mg. gerend, celui-ci plus proche par le vocalisme, celui-là par la double consonne initiale. Ce mot est d'ailleurs tout à fait négligeable, parce qi^e la traduction en est des plus équivoques : d'abord la phrase « le miza va soulever » n'est pas française, il faudrait «se soulever»; puis, dans la vision qui la suit,
Tobjet ne se soulève pas, mais « prend un mouvement de balancement qui fait un bruit de tic-tac, puis glisse comme un train sur des rails».
(266) 4P Uzénir « attendra » , 2 fois. Le mot « attendre» se traduit en dX.warten, qui signifie aussi «s'occuper de, prendre soin de»; sa traduction dans ce dernier sens est mg. ûgyelni. Pour la concordance mg. gy > mt. :Sj voir n'*^ 173 et 174.
(267) IV. Francq-hongro- ALLEMAND. — VIvraïni (( aujourd'hui », une fois, FI. 27. Vraïnï «désir» (FI. 14, cf. n® 225) est chronologiquement antérieur à tvratni, en sorte que rien ne s'oppose à la filière assez complexe que je vais restituer. La finale de «aujourd'/i^n) ou simplement son sens amène Tal. heute, dont le phonétisme suggère très facilement le mg.ohajtds « désir » ; celui-ci, à son tour, suggère son équivalent mtvratni; et, comme une sorte de doigt indicateur qui nous guide dans ce dédale, l'initiale de ohajtds demeure encore figée en tète de ivraïni, sous le bénéfice de la mutation o > t, qui nous est déjà connue, cf. n*» 36, 6^
(268) 2^ Valini « visage », une fois. Tout d'abord, les idées très voisines « visage, aspect, regard » se sont évoquées l'une l'autre; puis, regard traduit en al. a donné blick, dont la traduction mg. exacte serait pillanat. Mais blick signifie aussi « reflet lumineux », et dans ce cas sa traduction mg., peu différente, est vtllanat, avec le verbe villanni « lancer des éclairs »,
etc. Il n'échappera à personne que valini en est la métathèse rigoureuse. Cette cascade de doubles sens est douteuse cependant, parce qu'il n'est pas probable que M"® Smith connaisse tous, ces mots et toutes leurs nuances; mais peut-être, précisément parce qu'elle ignore les nuances, elle emploie les mots un peu à tort et à travers.
(269) V. Autres contaminations. — 1° A miche « mains » et éméche « main », une fois chacun. Que le vocabulaire oriental puisse intervenir dans les contaminations, c'est ce que démontrera l'exemple suivant; mais celle que je vais analyser est au premier abord si invraisemblable, que je n'aurais jamais osé l'imprimer, si la vraisemblance était un critérium applicable à un rêve. Si, ainsi que nous l'avons constamment supposé. M"® Smith a feuilleté quelque roman pseudooriental, il est difficile qu'elle n'y ait pas rencontré le nom des « Ameshaspands », ces demi- dieux tutélaires en grande vénération dans la religion persane : il n'importe que le mot ait été retenu ; il suffit qu'il ait été vu, pour que la mémoire subliminale puisse l'utiliser sous l'influence de quelque excitation accidentelle. Revenons à présent au fr. « main »: l'équivalent est al. ou anglais hand^ dont la consonnance évoque la finale de ameàaspand, et celle-ci le mot tout entier; enfin, les deux premières syllabes détachées fournissent un radical amis-, ou émés-y où l'alternance vocalique ellemême semble trahir une origine exotique et bizarre, un mot non familier au sujet, et par conséquent mal retenu. Tout cela me semble à peine douteux.
(270) 2** AtêVy « être, êtres », 7 fois: contamination évidente de l'initiale d!attanâ avec le radical mt. du verbe « être » ; cf. n°« 37 et 236.
{Éméche « main » : voir u9 269.)