SCÈNE
LEà Mîmes, MICHEL.
M" DE SAVENAY
Que d'excuses je vous dois! vous étiez là depuis long-temps.
Médît.
Comment donc, Madame la baronne ? c’est ma faute... mais je craignais de me faire attendre.
M"* DE SAVENAY
Ob ! à cet égard, rassurez-vous.
MICHEL
Votre lettre indiquait une soirée, aussi en entrant, ai-je été étonné quand j’ai vu qu'il n’y avait personne, fat rru un moment que tout était fini; que j'arrrviis le dernier. Je m'apperçois au contraire que, dans mon empressemeut, je me suis présenté trop tOt.
Cîsarixe, vivement en Tenant S lui.
Trop tôt? pourquoi donc M. Michel I nous aurons le plaisir de vous garder plus longtemps.
MICHEL, la reconnaissant.
Mademoiselle Cêsariae !... la peü,„ Pardon.
cîsabine.
Oui) la petite Césanne,
MICHEL
Oui venait passer avec moi une heure ou deux.
CÉSANNE.
Toutes les fois que son frère se faisait attendre pour ses leçons.
MICHEL
Ce qui arrivait souvenu
CfcSARINE.
Tous les Jours.
MICHEL
Régulièrement.
CfcSARINE.
Vous souvenez-vous ? nous causions grammaire, déclinaisons...
MICHEL
Participe».
CfcSARINE.
Ça, vous faisait prendre patience.
MICHEL
Et comme vous compreniez!
cé-sarine.
Aussi, vous m’aviez mise au latin.
MICHEL
Mais certainement.... Quel dommage que vous n'ayez pas continué.
M’’ DE SAVENAY
N’est-ce pas?
CfcSARINE.
Vous eussiez fait de moi un bachelier.
MICHEL
ts-lettres.
Art te U
Vous aviez îles moyens uniques !
CésAKtNE.
L’Homond me semblait ravissant !
MICHEL
De ses préceptes méthodiques J’ornais votre esprit, mon enfant,
CÉSAltntE.
J’almals les études classiques ;
De vous j’aurais fait un savant ,
Car vous mordiez très-bien au rudiment.
CÉSAMSS.
Déjl J’étais un très-fort... dls-hulllème,
MICHEL
Comme avec goût elle tournait un thème,
CèsASIVF.
El j’evpllquals aussi bien que vous-mème (bis). Marcus. Titus, Brui us et tuua les us Du-rle Vlris lilusliibus.
Ah ! que mou frère va être content de vous revoir.
MICHEL
Vous croyez?.. Où est-il ce cher Mon?
(A M. de Savenay.) Pardon... je l'appelle Léon, c’est une vieille habitude, je l’aimais connue mon enfant.
CfcSARINE, avec cm|>rcssemenl.
Il va rentrer bientôt
M”' DE SAVENAY, avec peu d’aigreur.
Nous l’espérons du moins, car je ne l'ai pas vu hier soir.
CfcSARINE.
Ah! vous savez qu'il avait aujourd’hui un dîner tl’amis.
M”’ DE SAVENAY
Ce sont précisément ceux-là que je redoute.
MICHEL
Dame ! à son âge, on aime à se réunir entre camarades... on dîne...
M*’ DE SAVENAY
Oui I et après le dîner on joue.
cEsabine.
Ciel!
MICHEL
Aux échecs. Eh ! ch !
M”* DE SAVENAY
Aux caries.
Hein!
MICHEL
M“* DE SAVENAY
Aux cartes. Ah! ça, mon cher M. Michel, d’où venez-vous ?
Je viens de la rue MoulTetard.
M”' DE SAVENAY
C’est donc ça. Vous avez l’air d’arriver de l’antre monde. On joue à compromettre quelquefois sa fortune, plus souvent celle de sa famille, à perdre en deux coups un argent qui suffirait. ...
CfcSARINE, virement.
A soulager bien des malheureux. Certainement, si on y pensait...
MICHEL
Oui, mais, Léon...
m*' de savenay.
Ah ! Léon...
CÉSARINE
En parlant de malheureux , vous avez écrit, je crois, à maman en faveur d’une famille...
M1CUEL.
Fortà plaindre... oui, Mademoiselle. (AM"“dc Savenay.) Comme ça?., après dîner?.
cEsarine.
Une famille que vous connaissez?
Je la connais... mon Dieu!., comme je connais à peu prés tous les pauvres de mou quartier... le père est un habile mécanicien. (Se retournant vers M'“* de Savenay.) Ah! on joue.
CÉSARINE
Et il est mort?
MICHEL
Mort?., oui: laissant une mère âgée, inlirme, cl six enfans, dont l'alné a seize ans.
cEsarine.
C’est horrible.
MICHEL
Mou Dieu, oui, du travail voilà ce que je sollicite pour ces pauvres gens.
CÉSAR1NF,
Du travail?., quel malheur que M. tic Billancourt ne soit pas tics ndlrcs ce soir, maman avait précisément l'intention de lui recommander... mais une circonstance imprévue...
M“* UE SAVENAY
Oui : un accident, une contrariété... domesti que l’empêchera de venir. Je ne crois pas qu'il ait envie de danser.
MICHEL
Et ce monsieur eût pu nous être utile ?
cEsarine.
Lui ? bien facilement.
M" # UE SAVENAY
Il appartient à je ne sais combien de sociétés soi-disant philantropiques.