SCÈNE V
Les Mémis, M. et M- PARFAIT, ADÈLE.
BILLANCOURT, allant Z Parfaite! lut tendant la main.
F.b ! c’est ce cher notaire I
CÉSARINE, allant vers Adèle.
Adèle!
PARFAIT
Notaire... Je ne le sois plus... depuis hier.
ADÈLE
Mon onele à vendu sa charge.
H*' PARFAIT
Pour se lancer dans l'industrie.
M*' DE SAVENAY
En vérité ?
M*' PARFAIT
Par patriotisme ! Mon mari prétend que tout bon Français doit contribuer a doter son pays de grandes lignes de chemins de fer. En conséquence, il a placé toute sa fortune en actions.
PARFAIT
Bonnes ou mauvaises, peu m'importe. U faut donner l'exemple, je prends tout.
M“* DE SATINAT.
Mais c’est un dévouement....
PARFAIT
Je prends tout.
BILLANCOURT
Sauf à garder les bonnes.
PABFAIT.
Et à partager les autres entre mes concitoyens.
BILLANCOURT
A la bonne heure ! moyennant cent francs de prime ?
PARFAIT
Bien entendu.
Ça s'explique.
MICHEL, a part.
Voilà encore un genre de philantropie.
CËSAIUNE, a Adèle avec laquelle elle cause.
Onl, une affreuse misère à secourir... six enfans, sans pain.
ADÈLE, naïvement
Vraiment ? il y a des gens qui n’en ont pas ?
CÉSARINE
Eb bien! que dis-tu de mon idée ?
ADÈLE
Moi ? j'y applaudis. Commencer le bal par nne bonne action, ce serait charmant.
CÉSARINE
Ah ! si maman le voulait ADÈLE.
Nous allons lui demander.
(Elles se dirigent vers M** de Savenay.) M”’ PARFAIT.
Il parait qu'il y a une seconde soirée dans la maison?
M** DE SAVENAY
En effet.
PARFAIT, pendant que M** de Sevens]’ remonte la scène arec Cèaarloe et Adèle.
Oui. nn bal de jeunes gens. J'ai appris cela d’un homme d’assez triste mine, qui s'est emparé de mon paletot.
BILLANCOURT
Un homme en livrée ! c’est Aristide.
MICHEL
Le domestique de monsieur.
BILLANCOURT
Un joli sujet qui s’est bien farad... (n*t t
Michel.) Quand ce gaillard-là aura concouru pour le prix Monthyon, je me réserve de vous apprendre d’où il vient.
MICHEL
Je crois que je m'en doute.
BILLANCOURT
Cest mon homme de confiance.
«" PARFAIT
Et. en fait de confiance, vous avez en général la main heureuse...
BILLANCOURT
Oui, je ne crois pas avoir été jamais trompé.
M“* PARFAIT
C'est ce que me disait avant-hier M** de Billancourt... nous en avons même bien ri...
BILLANCOURT, Inquiet.
Hein!
M’* PARFAIT
A propos! c'était donc un uoleor?
BILLANCOURT, liant
Oui. (a Michel.) Figurez-vous, Monsieur, un homme qui s'introduit dans une maison, dans la mienne, rue Cassette, en mon absence...
M*' PARFAIT
Une maison habitée.
BILLANCOURT
Ma femme y était.
M"* PARFAIT
F.t comme on venait pour arrêter Monsieur, en vertu d’un jugement du conseil de dicipline..
BILLANCOURT
Il n'a pas d'autre ressource que de se laisser arrêter sous mon nom, à ma place...
M“ # PARFAIT
En plein jour, à cinq heures du matin !
MICHEL, naïvement.
Il était peut-être là depuis la veille?
parfait, à part.
A l’autre 1 (U tousse et bit des signes à Michel qui ne les comprend pas. Billancourt rit aux éclata, M** Partait rit avec lui, Parfait finit par eu faire autant. Michel a’efiorce de rire, mais sans comprendre la cause de cette hilarité.)
CÊSARINE, bas à M - ' de Savenay.
Ah! merci, c'est convenu, nous tâcherons que M, Michel ne se doute de rien.
UN DOMESTIQUE, annonçant.
M. le général d'Orvilliers, M*' de L'Orny, M. Lambert.
(M** de Savenay va recevoir au fond : les salons se garnissent de monde.)
CÊSARINE, bas i Parlait.
U s’agit d’une bonne action, d'une quête,,,
PARFAIT
Ah 1 vraiment (a part.) Diable ! quand les bals commencent comme çà, c'est bien désagréable.
CÊSARINE.
Vous aurez la bonté d'en faire remeltre le produit secrètement roc Mouflctard... Adèle vous expliquera tout cela.
MICHEL
Ah ç* ! je ne vois pas mon petit Léon.
M"* PARFAIT
M. Léon ? en effet, nous ne l'avons pas encore aperçu.
CÊSARINE, i Billancourt.
Tâchez d’occuper M. Michel.
BILLANCOURT, a Michel.
11 est peut-être déjà dans les salons.
{Ils remontent ensemble.) M*’ PARFAIT.
J’espère qu’il n'oublira pas qu'il me doit une revanche.
PARFAIT, bas a sa femme.
Ma chère amie nous arrivons à peioe.
CÊSARINE, bas a Adèle.
Te garderons-nous long-temps ce soir ?
adêle, bas.
Pour peu que ma tante trouve une table de lansquenet nous resterons jusqu'au jour.
CÊSARINE, bas.
Dans )e salon bleu.
ADÈLE, bas a sa tante.
Les tables de jeu sont dans le petit salon.
M** PARFAIT
Voyez comme on arrive. N'est-il pas à propos, de nous montrer un peu, mon ami?
(Elle remonte).