Le Laos, et le protectorat français
Notre grande colonie d'Indo-Chine s'est accrue, -en 1893, des immenses territoires laotiens de la rive gauche du Mékong-, Presque toutes les provinces devenues, à cette époque, possessions françaises avaient été , pendant de long-ues années , tributaires de l'Annam, et même certaines d'entre elles, telles que le Cam Mon et le Cam Keut, étaient considérées comme faisant partie intégrante de cet empire.
Pendant les guerres que l'Annam soutint contre nous, et les insurrections qui furent la conséquence de notre occupation de ce royaume, le Siam, dont le gouvernement guettait depuis longtemps l'occasion de s'emparer des territoires laotiens, y pénétra peu à peu, et poussa ses postes militaires jusqu'au faîte de la ligne des montagnes placées entre l'Annam et le Laos, c'est-à-dire à quelques kilomètres, à peine, des postes français.
La France était résolue à ne pas tolérer cet état de choses ; devenue protectrice de l'empire d'Annam, «lie avait le droit, et même le devoir, de repousser
AVANT-PUOPOS
les envahissements siamois. C'est dans ce but qu'un résident français, M. le capitaine Luce, fut envoyé dans le Cam Mon, au commencement de iSgSjpour traiter de l'évacuation du pays; déjà les mesures que nous réclamions recevaient un commencement d'exécution, quand, à l'improviste, deux attentats commis par les Siamois vinrent brusquer les événements; l'assassinat de notre inspecteur de milice, Grosgurin,dans le Cam Mon même, et le blocus par les troupes de Bang-kok de notre garnison de Khône, dans le bas Mékong*.
Notre flottille, placée sous les ordres de l'amiral Humann, se rendit devant Bangkok, forçant glorieusement les passes de PakNam; un ultimatum fut accepté par le Siam, et, le 3 octobre, un traité onclu avec cette puissance nous livra toute la partie du Laos située sur la rive g-auche du Mékong-.
Les territoires remis ainsi entre nos mains reçurent une organisation provisoire, et différents muongs, ou provinces laotiennes, furent groupés ensemble pour former des provinces confiées à des administrateurs français. C'est ainsi que les muongs de Cam Mon, Cam Keut, Mahasay, et les parties des muongs d'Outhène et de Lakhone situées sur la rive gauche du Mékong, formèrent la province à laquelle fut donné le nom de Cam Mon.
Cette province de Cam Mon, et la province de Song Khône, qui la borde du côté du sud, furent reliées administrativement à l'empire d'Annam, et