‹ Le LaosChapitre 2 sur 14 · INVITATION A LA LECTURE · texte numérisé non relu

INVITATION A LA LECTURE

Ce livre, tout rempli d'images curieuses et belles, est agréable à feuilleter. L'éditeur vous invite à faire mieux que le regarder: lisez-le. Vous g trouverez plaisir et profit.

Lisez-le pour apprendre mille choses pittoresques, qui enchanteront votre imagination ; et lisez-le pour vous instruire.

Vous ignorez sans doute, comme tout le monde, ce qu'est le Laos, et le lieu exact où se trouve cette colonie, et les conditions dans lesquelles elle est devenue nôtre, et le caractère de ses naïfs et honnêtes habitants, et l'aspect de sa rivière, le Mékong, et le mgstère de sa forêt, et les richesses de sa montagne.

Dans ces pages, comme dans celles que nous consacrerons, dans la même collection, à toutes nos autres colonies, ce qu'on trouvera, dominant tout le reste et donnant sa magnifique unité au monument que nous entendons élever, pierre à pierre, à la gloire de notre empire colonial, c'est un extraordinaire témoignage de l'intelligence et de l'énergie françaises.

Jean Renaud, qui connaît le Laos pour l'avoir souvent et longuement parcouru, pour l'avoir regardé avec des yeux d'amour, évoque, dans une des belles pages de ce livre, la grandeur de la Forêt laotienne, « cette forêt hostile et sournoise, violente et exaspérée »; et il ajoute: « Peu importe! Les Français se sont attachés à la rude mission de lutter contre le Végétal-Roi. Leurs tracés se sont étirés à travers des étendues à peine explorées, et dés tombes de coloniaux, sur lesquelles jamais personne ne viendra prier, les ont jalonnés. •»

Les équipes de ces pionniers tenaces se sont heurtées à la fièvre des bois qui halluciné, à l'indigène dont la flèche tue, aux Esprits dont les sorciers traduisent la colère en préparant des guets-apens consommés sans éclat dans le grand silence de la brousse mangeuse d'hommes, mais les tracés ont € marché leur chemin. » Et si la forêt, abattue, incendiée, n'accepte pas sa défaite et qu'elle renaisse de ses cendres, et que sa brousse, plus vigoureuse, plus drue, plus

insolente, se précipite à l'assaut de la route nouvelle pour l'ensevelir et l'effacer, alors le colonial revient sur ses pas, lutte pied à pied, regagne peu à peu le terrain perdu, reste enfin victorieux.

Notre objet n'est pas seulement de faire connaître nos colonies, mais qu'on les aime. Et c'est pourquoi nous avons demandé à nos collaborateurs de ne point nous présenter seulement des indigènes dans d'admirables pays, de ne point seulement éblouir nos yeux et rassasier notre curiosité, mais de nous dire l'œuvre héroïque des Français de làbas.

Alors les Français du continent se laisseront émouvoir. Et nos colonies, dont il est temps que nous nous occupions un peu, parce qu'elles renferment des trésors dont la Patrie tirera honneur, puissance et profit, prendront à nos yeux, sous le signe de l'amitié, une beauté nouvelle et plus touchante.

C'est par le cœur que nous voudrions faire de vous, lecteurs, des coloniaux fervents et, par là, de meilleurs Français.

2 mai 1930

Dei idolet rentrue» et mutilées dont les yeux fixes gardent au fond de leurs prunelles l'épouvante des pillages sacrilèges.

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