V. Cueillette. — VI. Cultures. — VII. Mines
I. Faune. — La faune du Laos ne se distingue guère | de celle de ITnde ; elle est, toutes proportions gardées, aussi variée et abondante. !
La faune domestique se compose de Téléphant, du cheval, du buffle, du bœuf, du porc, de la chèvre, de gallinacés (poules et paons), de tourterelles, de chiens et de chats (les uns à queue droite ou tordue, les autres à queue courte et terminée en boule, d’autres encore sans queue, qui sont d’origine siamoise). ]
La faune sauvage comprend l’éléphant, le rhinocéros (variété de l’Inde et de Sumatra, c’est-à-dire unicorne ou bicorne), le buffle, le bœuf, le cerf, l’élan, le daim, la gazelle, l’agouti, le sanglier, la loutre, une très grande i variété de singes (lémuriens, paresseux, dormeurs, macaques, gibbons), le pangolin, la mangouste (cténomis), la genette, la civette, la musaraigne, le putois, l’écureuil ;
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ordinaire et l’écureil volant (Polatouche assapanick), le rat musqué, le rat d’eau, le rat palmiste, le mulot, la souris, la chauve-souris, la roussette, etc.
On retrouve d’ailleurs dans les forêts des animaux domestiques qui retournent à l’état sauvage, tels que chèvres, boucs, chiens, chats, et la plupart des gallinacés.
Les carnassiers sont représentés par le tigre, le jaguar, l’ocelot, la panthère, le chat-tigre, le chat sauvage, l’ours grimpeur et l’ours des cavernes, etc., etc.
Le Laos est habité par un certain nombre de reptiles. Parmi les sauriens : le caïman, l’iguane, le caméléon, le dragon volant, le lézard (plusieurs variétés), le margouillat, le gecko ou tokkai, etc.
Les chéloniens sont représentés par plusieurs variétés de tortues de terre et de tortues d’eau à long cou. Il existe également un insecte du genre scarabée qui ressemble à une tortue et dont la carapace est comme dorée (Ghélimorphe pythophage).
Comme batraciens il y a le crapaud et plusieurs espèces de grenouilles, toutes comestibles, dont une, dite « mugissante » ou « grenouille-taureau », produit, avec un corps relativement petit, un mugissement rappelant celui du boeuf.
On peut compter une vingtaine d’espèces de gros poissons dont la taille et le poids varient entre 2 m. 70 et 0 m. 45, et 200 kilos (la Beûk) et 1 kilo. Il existe en outre une quantité de petits poissons qui sont désignés généralement par le qualificatif de « Pa-Noï ».
Chasse. — La chasse est pour les habitants du Laos une grande source de profits facile, puisqu’elle leur procure sans efforts considérables les animaux vivants ou leurs dépouilles.
Pour le Laotien, le temps ne compte pas ; il fait lui-
même sa poudre et ses engins de chasse, sauf les armes à feu ; pourtant, à l’aide de ces éléments très imparfaits, il parvient à s’emparer d’éléphants vivants, à se procurer 1 ivoire et les dépouilles de ceux qu’il tue, ainsi que la peau, les griffes, les os et les cornes d’une multitude d autres bêtes ; tous ces produits seront pour lui autant d articles d échange. La chair de tous ces animaux constitue en outre un sérieux appoint à l’alimentation du chasseur laotien : c’est un régal pour lui, pour sa famille et pour son entourage.
Les indigènes connaissent parfaitement les habitudes et les moeurs de tous les représentants de la faune locale. Patients, adroits, doués d’une ouïe et d’une vue excellentes, développées et affinées encore par l’habitude, ils ne craignent point, malgré leurs armes rudimentaires, de s’attaquer aux tigres et aux fauves.
Tapi pendant des heures entières, immobile et silencieux, s abstenant de fumer, le chasseur guette sa victime sans se départir de son sang-froid. Quand elle s’est approchée à quelques mètres de lui, son coup d’œil sûr et son bras qui ne tremble pas lui permettent de la foudroyer d une balle ou de 1 abattre d’une flèche empoisonnée, lancée par une puissante arbalète.
Il y a lieu d être frappé des résultats obtenus avec des armes aussi rudimentaires par leur construction que par leur vétusté et qui font souvent craindre plus pour la vie du chasseur que pour celle du fauve. On admire ces hommes qui, réputés cependant comme pusillanimes, bravent le danger avec un piètre armement, et forcent les animaux sauvages jusque dans leur repaire, pour les tuer presque à bout portant, à tel point que, souvent, la bourre du fusil roussit le poil de la bête ou la flèche la traverse de part en part.
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Les armes à feu employées par les Laotiens sont des fusils à pierre ou à piston, les uns de fabrication siamoise ou birmane, les autres, de pacotille ou de traite, importés d’Europe. Ils emploient également d’anciens fusils de munition, anglais et autres, principalement ceux qui portent l’image d’un coq et le mot « Tower » poinçonné sur la platine ou sur le tonnerre.
Le Laotien, comme nous l’avons dit précédemment, fait sa poudre lui-même ; il coule également ses balles qui ne sont le plus souvent que des lingots informes de plomb ou de fer ; et il n’y a rien d’étonnant, dès lors, qu’avec des projectiles semblables, il ne puisse obtenir de ses armes une portée même moyenne. 11 est donc astreint à tirer à très courte distance, souvent à moins de 5 mètres, s’il veut atteindre sa proie, la frapper au bon endroit pour l’abattre sur le coup, et ne point risquer de devenir la victime du fauve blessé.
Le fusil et l’arbalète ne sont employés que pour chasser les grands fauves ; la capture de l’éléphant se fait par des moyens spéciaux.
Ce pachyderme vivait jadis en troupes nombreuses dans toutes les parties du Laos offrant des plaines herbeuses, des vallées et des plateaux élevés où croissent de préférence certains bambous, des bananiers sauvages et des graminées de son goût. Actuellement, par suite de la chasse à outrance qui a été faite à cet animal, à cause de la valeur de l’ivoire, il a disparu de certaines régions. Il ne se rencontre plus guère que dans les vallées de la Sésane, de la Sé-Ia-Drang, du Srépok et dans le muong de Maha-Say, au Bas-Laos, dans le Vien- Tiane, le Tran-Ninh, les Hua-Pahn, les Sib-Song-Ghau- Thaï, etc., au Haut-Laos.
Depuis une dizaine d’années, l’exploitation des forêts
de teck des territoires siamois et shans du bassin de la Haute-Ménam (1) a nécessité l’emploi d’un nombre toujours croissant de ces pachydermes, parmi lesquels l’excès de travail et les accidents font de nombreuses victimes. Aussi, pour combler les vides, doit-on demander des éléphants là où il s’en trouve, et c’est justement au Laos français, sur la rive gauche du Mékong, qu’il en existe encore quelques troupes vivant à l’état sauvage.
Les acheteurs ne manquant pas, les chasseurs ont intérêt à capturer tous les ans le plus grand nombre possible de ces précieux animaux et à les dresser en vue de la vente.
En outre, le commerce des éléphants étant libre depuis le commencement de l’année 1905(2), le Laos est complètement dépeuplé au profit du Siam.
Les prix de vente de ces animaux varient selon les régions, leur taille, leur sexe, leur âge, suivant qu’ils possèdent ou non des défenses et en raison de la qualité ou du volume de ces dernières.
A Outhaï-Thani (Luang-Prabang), un éléphant vaut de 1.500 à 3.000 francs; c’est aussi à peu près sa valeur à Vien-Tiane. Dans le Bas-Laos, le prix varie de 750 à 1.200 francs.
Cet animal, lorsqu’il est mort, fournit encore des dépouilles dont une surtout, l’ivoire, est des plus appréciées.
L’ivoire se vend 1.800 francs les 100 kilogrammes, à
(1) Les éléphants servent au Siam à charrier les billes de teck des points d’abatage aux cours d’eau voisins.
(2) Avant le 1" janvier 1905 les acheteurs devaient acquitter, au moment de la sortie de l’éléphant du Laos, un droit égal à la moitié du prix d’achat. Ce droit de sortie est remplacé aujourd’hui par un droit d’immatriculation de dix piastres et par une taxe annuelle de capitation fixée à cinq piastres.
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Outhaï-Thani (Luang-Prabang), de 935 à 1.770 francs à Nong-Khay, de 750 à 1.250 francs au Song-Khône, de 750 à 1.670 francs à Saravane, de 1.000 à 1.670 francs à Bassac, de 1.500 à 1.670 francs à Khong, Stung-Treng et Attopeu. Il vaut, en moyenne, à Gholon (Gochinchine) 2.500 francs les 100 kilos.
Les prix des os d'éléphants est généralement de 12 fr. 50 à 15 francs les 100 kilos.
Les peaux valent de 60 à 70 francs les 100 kilos.
Les dépouilles des autres animaux fournissent aux marchés du Laos les produits suivants : cornes et peaux de rhinocéros, cornes et peaux de buffles et de bœufs, cornes et peaux de tous les cervidés, peaux, griffes et os des félins, peaux d’ours et de loutres, écailles de pangolins, de tortues, de caïmans, etc., etc., auxquels il faut ajouter le fiel de serpent, le fiel d’ours et les cornes molles de cerfs qui sont considérés comme des remèdes spécifiques contre certaines maladies.
Voici les prix de quelques-uns de ces produits :
Cornes de rhinocéros ....
137 fr.
le kilo.
Peaux de rhinocéros ....
70 fr.
les 100 kilos.
Cornes molles de cerfs. . . .