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CHAPITRE VIII

Numération. — Poids et Mesures. — Monnaies.

I. Numération. — II. Poids et mesures de capacité. — III. Mesures de longueur. — IV. Mesures de superficie. — V. Monnaies et mesures de poids pour l’or et l’argent. — VI. Instruments de pesée.

La numération, les poids, les mesures et les monnaies servant de base à toute transaction et à toute évaluation commerciale, nous donnons ici un résumé du Système en vigueur au Laos.

I. Numération. — La numération laotienne est décimale et s’étend jusqu’aux dizaines de milliards (1).

Les nombres s’écrivent, comme chez nous, par tranches de trois chiffres.

Exemple.

Nung 1

Song 2

Sam 3

Si 4

(1) Comme tous les peuples primitifs, les Laotiens n’ont aucune idée de nombres aussi élevés. Les lettrés, mandarins et bonzes seuls connaissent ces expressions.

Ha 5

Hok 0

Tièt 7

Pèt 8

Kao 9

Soune (san s valeur à la gauche d’un chiffre) 0

2® Exemple.

Nung I

Sib 10

Roï (Hoï ou Loï) 100

Piiane 1.000

Mune 10.000

Sèn 100.000

Lane 1.000.000

Kot 10.000.000

Tu ou Pa-Kot 100.000.000

Ha-Song-Khaï 1.000.000.000

Sib-Khaï 10.000.000.000

5® Exemple.

Sib-Et, etc H

Sib-Song, etc 12

Sao (ou Di- Sib), etc . . 20

Sam-Sib, etc 30

Si-Sib, etc 40

Song-Roï (Hoï ou Loï), etc 200

Song-Phane, etc 2.000

Ha-Mune, etc 50.000

Hok-Sèn, etc 600.000

Song-Lane, etc 2.000.000

Song-Tu, etc 200.000.000

Sam-Ha-Song-Khaï, etc. . . 3.000.000.000

Ha-Sib-Khaï, etc 50.000.000.000

II. Poids et mesures de capacité. — Les mesures de poids ont pour base initiale le « Bak » ou « Salung », qui se subdivise en trois « Fone » ou « Fine » et en trente « Li ».

Kilogr.

1 Bak ou Salung = 3 Fone ou 30 Li = 0,003.753 1 Fone ou 10 Li = 0,001.251 1 Li = 0,000.125.1

Les multiples du « Bak » ou « Salung » sont :

Le Taël = 10 Bak (10 Salung) ou 30 Fone = 0 kilogr.

Le Sang (ou Gattie ou Hoï) = 33 Bak (33 Salung) ou 99 Fone = 1 kilogr. 238.490 ;

Le Mune (ou 10 Hoï) = 330 Bak (330 Salung) ou 990 Fone = 12 kilogr. 384.900.

Les multiples du « Mune » sont :

Le Sèn = 10 Mune = 123 kilogr. 849;

Le Lane = 10 Sèn = 100 Mune = 1.238 kilogr. 490; Le Kot = 10 Lane = 100 Sèn = 1.000 Mune = 12.384 kilogr. 900;

Le Tû = 10 Kot = 100 Lane = 1.000 Sèn = 10.000 Mune = 123.849 kilogrammes.

Le picul (Hap, en laotien) est de 61 kilogr. 924 en théorie, mais il est compté couramment pour 60 kilogrammes ou encore 60 kilogr. 400 pour le trafic entre Européens et Chinois.

Les sous-multiples du picul sont :

Le Mune = 12 kilogr. 384.900 soit 1/5 du picul ;

Le Sang (ou Gattie ou Hoï) == 1 kilogr. 238.490, soit 1/50 du picul.

Le Nane = 0 kilogr. 619.245, soit 1/100 du picul.

Les multiples du picul sont :

Le Sèn . . . . = 2 piculs ou 10 Mune.

Le Lane. . . . = 20 — ou 100

Le Kot , . , . = 200 — ou 1,000

Le Tu 2.000 — ou 10.000 —

Le Ha-Song-Khaï. = 20.000 — ou 100.000

Mesures de capacité et de poids pour les grains et les liquides (1).

Tamlung-Si-Bate . . .

Khanane-Lao (ration journalière)

Khanane-Khao. , . .

Boung-Koîte (ou Mune) .

Bok-Noï

Bok-Niaï (charge d’un

Kilogr.

1/1000 de picul ou 0,061.924

1/100 de picul ou 0,619.240 1/ 10 de picul ou 6,192.450 2/10 de picul ou 12,384.900 3/10 de picul ou 18,587.300

homme) 4/10 de picul ou 24^769.800

Le système des poids et mesures que nous venons d’indiquer est en usage dans la plus grande partie du Laos.

Dans certaines régions, on remarque quelques différences; voici les principales :

1° Poids.

Grammes.

Le Tchi-Mu (Salung, 10 Houn). . . = 3 753

Le Lêoung, Hong ou Taël (10 Salung). = 37 53Q

Le Hang (barre d’argent 10 Taëls). = 375 300

Le Tchoï (44 Taëls) 1.651,320

2° Autre série de poids.

Le Tèp (poids d une Roupie) = 3 Salung =11 gp. 259

(1) Ces mesures sont représentées par des calebasses, des demi-noix de coco, des bambous ou des paniers soigneusement calibrés.

Le Bâte (poids d’un Tical siamois) = 4 Salung. = 15 gr. 012.

Le Tamlung-Niaï (1) (poids de 4 Ticaux) = 16 Salung = 60 gr. 048.

Le Ha-Hoï (poids de 10 Tamlung) = 160 Salung = 600 gr. 480.

Le Pane, Cattie ou Tchang (poids de 80 Ticaux = 320 Salung = 1.200 gr. 960.

3" Mesures de capac^^é.

Tchaï-Mu (ce qui peut tenir dans la paume de la main) = 200 grains de riz environ.

Kham (une poignée) = 4 Tchaï-Mu.

Faï (ce qui peut tenir dans la main ouverte, les doigts réunis) = 4 Kham.

Kob (ce qui peut tenir dans les deux mains ouvertes et réunies) = 4 Faï.

Khanane (capacité d’une noix de coco) = 4 Kob.

Bok (tube de bambou contenant environ 3 kilogr. 500 de riz décortiqué) = 4 Khanane.

Thong-Thang (boisseau de 17 kilogrammes 500 de riz blanc) = 5 Bok.

Thang (double boisseau de 35 kilogrammes de riz blanc) = 10 Bok.

Sèn (volume de 350 kilogr. de riz blanc) = 10 Thang.

Lane (volume de 3.500 kilogr. de riz blanc) = 10 Sèn.

III. Mesures de longueur. — Mesures de longueur ■pour les tissus, les bois, etc,

1 Niou (travers de doigt) ou 1/96 de Brasse = 0m. 01895.

(1) Ainsi nommé par opposition au « Tamlung Noï », qui vaut 2 Ticaux et demi ou 10 Salung et qui s’identifie avec le Tael chinois.

1 Kam (poing fermé), ou 6 Niou, ou 1/16 de Brasse = Om. 11375.

1 Kheup (empan), ou 12 Niou, ou 1/8 de Brasse = 0 m. 2275;

1 Sok (coudée), ou 2 Kheup, ou 1/4 de Brasse = 0 m. 4550;

1 Wa, ou 4 Sok, ou 8 Kheup, ou 1 Brasse = 1 m. 82.

1 Sok Luong (coudée royale), ou 1/4 de Brasse royale = 0 m. 50 ;

1 La Luong (mesure de 1 yard et quelques centimètres ou environ 1/2 Brasse royale = 1 mètre ;

1 Wa-Luong ou 1 Brasse royale = 2 mètres.

Mesures linéaires pour les distances.

1 Wa = 1 m. 82;

1 Sèn ou 20 Wa = 36 m. 40;

1 Yot ou 400 Sèn ou 8.000 Wa = 14 km. 560.

IV. Mesures de superficie. — Il n’existe pas de mesures spéciales pour les surfaces. Les Laotiens, ignO"" rant la géométrie, expriment les dimensions des surfaces en énonçant la longueur de chacun des côtés de la figure qu’il représentent.

1° La surface d’un carré s’exprime en donnant la longueur de l’un des côtés en mesure linéaire et en disant que les quatre côtés sont semblables.

2° La surface d’un rectangle se mesure en énonçant la longueur d’un grand côté et celle d’un petit en mesures linéaires ; tant de long sur tant de large.

3° La surface d’un triangle ou celle d’un polygone s’exprime en additionnant la longueur de chacun de leurs côtés.

4° Pour les surfaces circulaires planes, on énonce la

longueur de la demi-circonférence en mesure linéaire. Pour obtenir cette demi-circonférence, on opère ainsi : on entoure le cercle, plan, ou le cylindre (tronc d’arbre par exemple) d’une corde ou d’un rotin ; on plie en deux et l’on mesure.

5“ Les volumes (cylindres) s’expriment en énonçant la demi-circonférence et la longueur ou hauteur : Exemple ; tant de « Kam Vong » (circonférence), et tant de « Wa » (brasse), de « Luong-Niaï » (longueur), ou de « Soung » (hauteur).

V. Mesures de poids pour l’or et l’argent. Monnaies. — Mesures de poids pour V argent.

1“ Sous-multiples du Bak (ou Salung) 1 Fuang =

0 kilogr. 001.876.

2® Multiples du Bak (ou Salung) 1 Bak ou 2 Fuang =

0 kilogr. 003.753 ;

Tèp (Roupie) ou 3 Bak = 0 kilogr. 011.259 ;

Bâte (Tical) ou 4 Bak = 0 kilogr. 015.012 ; I

Piastres (Mane ou Kib) ou 7 Bak = 0 kilogr. 026.271; | Taël (Bia) ou 10 Bak = 0 kilogr. 037.530;

Barre (Rang ou Khane) ou 10 Bia ou 100 Bak =

0 kilogr. 375.300 ;

Sang ou Cattie (Livre d’argent), ou 33 Bia, ou 330 Bak = 1 kilogr. 238.490.

Poids en usage pour peser la poudre d’or dans la i région de Bassac et dans celle d’Attopeu.

1® Mèt-Khao (poids d’un grain de riz non décortiqué) i = 0 gr. 037.54.

2® Signe-Nung (poids chinois, ou 48 grains de riz) =

1 kilogr. 801.92;

3° Bak-Nung (poids de 96 grains de riz) = 3 gr. 603.84. Monnaies. — Les anciennes monnaies laotiennes d’ar-

gent et de cuivre, en forme de pirogue, jadis en usage dans les principautés de Vien-Tiane et de Luang-Prabang, ne se trouvent plus aujourd’hui et sont devenues des raretés. A la suite des incursions siamoises, ce sont les monnaies du Siam et de l’Inde (Tical et Roupie) qui remplacèrent les pièces indigènes. Enfin, depuis que le Laos est devenu possession française, la seule monnaie officiellement reconnue est la piastre française de commerce (1) et ses subdivisions.

Cependant, à côté de cette monnaie officielle, les espèces siamoises et hindoues circulent toujours ; elles sont en effet indispensables pour les transactions, leur poids étant en relation directe avec le système en vigueur dans le pays (2).

Au Laos, l’argent, qu’il paraisse sous forme de pièces de monnaie, de barres ou de lingots, de bijoux coupés, etc., est considéré comme une marchandise que l’on reçoit et que l’on donne pour son poids, sans tenir compte de l’agio qui fait hausser ou baisser le cours du change. Gela tient à ce que les Laotiens, n’ayant pas encore directement de relations de commerce ou de banque avec les pays limitrophes, n’ont point de remises à faire sur les places où l’agio se fait sentir, et en ignorent les effets sur la valeur conventionnelle des espèces monétaires.

Mais, depuis quelques années, les intermédiaires du commerce au Laos, Chinois et Birmans, qui, eux, sont en relations directes avec les places où sévit l’agio, en res-

(1) Ainsi que les piastres mexicaines de Hong-Kong, de Singapore et le Yen japonais.

(2) La concordance entre les mesures de poids et les monnaies est basée sur l’étalon du « Salung » ou dixième du « Taël » de Hong-Kong^ qui est de 37 gr. 53. Ce Taël est reconnu comme officiel pour les pesées d’opium. Néanmoins on pourrait prendre tout aussi bien pour base le dixième du Taël de Shanghaï, qui est de 38 gr. 88, ce qui donnerait au picul un poids théorique de 62 kilogr. 222 au lieu de 61 kilogr. 924.

sentent les effets; ceux-ci se répercutent sur la masse des producteurs du Laos par l’augmentation progressive du prix des marchandises d’importation.

Dans certaines régions, l’absence de monnaie divisionnaire oblige les gens à couper en fragments les pièces d’argent, les bijoux, bracelets et colliers, ou à fondre, sous forme de masselottes hémisphériques, l’argent provenant de pièces ou de bijoux en y ajoutant une proportion d’alliage de cuivre qui, par suite des refontes successives, peut atteindre jusqu’à 50 pour 100 du poids total.

On coupe les pièces et les bijoux dans les Hua-Pahn, le nord de Luang-Prabang et le Tran-Ninh. La fonte de l’argent de toutes provenances avec alliage de cuivre s’effectue dans les Muong-Hou, à Vien-Poukha et à Xieng- Khong, où les habitants sont en relation avec les pays shans et youns. Notre administration fait des efforts très louables pour empêcher ces pratiques, en n’acceptant dans ses caisses que des espèces monétaires en cours, entières et de bon aloi. Mais il faut constater que l’absence d’une monnaie française basée sur le « Salung » comme unité de poids est un obstacle des plus sérieux à leur disparition complète.

Il apparaît en effet, à première vue, que la piastre du commerce, qui représente sept « Salung » en poids et en valeur, est un signe monétaire trop lourd comme monnaie divisionnaire, et trop léger au contraire comme monnaie de compte, si on la compare à la « Barre » et au « Taël » chinois. Elle ne se prête pas aisément à toutes les opérations de détail : ses subdivisions en 50, 20 et 10 centièmes, c’est-à-dire établies suivant notre système décimal, ne concordent pas avec les poids et mesures du pays. La piastre correspond bien en valeur et en poids à sept

« Salung », mais ses subdivisions décimales n’ont aucune concordance ni avec les multiples ni avec les sous-multiples du « Salung ». Il s’ensuit, en somme, des pertes au change et une gêne très réelle dans beaucoup de transactions.

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