MONNAIES DE LA CHINE
Argent :
Observation. — Le cours du taël est variable.
bO MONNAIES LAOTIENNES
a) Monna.ies de cuivre.
Le « Lat », valant 1/200 à 1/400 de piastre (1). Cette monnaie est en forme de pirogue.
b) Monnaies de fer.
Le « Duong » petite barre de fer, apalatie en biseau aux deux extrémités, pesant environ 120 grammes et valant, suivant l’abondance, de quatre à cinq cents de piastre. Monnaie très courante chez les Khas du Sud, où elle est très recherchée. Fabriquée au Cambodge, à Kompong- Soaï. On la nomme aussi « Leklin ».
c) Monnaies de coquillages.
Un chapelet ou « Vene » de ces coquillages appelés « Bia » vaut 2 Atts. Comme il y a 100 coquillages dans chaque chapelet, chacun d’eux vaut donc 0 piastre 0002. En usage seulement dans le Luang-Prahang (2).
d) Monnaies diverses.
La barre d’argent pur, du poids de 482 grammes, vaut, suivant le cours, de 15 à 16 piastres.
La barre ancienne, en argent, aux extrémités arrondies. Elle est rare et sert seulement dans les cérémonies comme pièce de mariage.
La monnaie d’or n’existe pas au Laos ni, d ailleurs,
(1) Les cours varient ainsi :
128 au Tical à Bassac,
80 au Tical à Kham-ïhong-Niaï,
24 au Tical à Ban-Phone.
Le «lat», importé par des Chinois d’Oubône et de Rorat, est constitué par un bas alliage de cuivre et de zinc.
(2) Le Laos français, op. c.
dans les autres pays d’Extrême-Orient, sauf au Japon qui a adopté le bimétallisme, en créant un étalon d’or pour ses monnaies, le « Yen-or ».
. Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer ici que les peuples du Laos n’ont aucune estime pour les monnaies d’or européennes, à cause de leur alliage de cuivre. Dans ce pays, comme dans tout l’Extrême-Orient, en général, on considère que l’or, métal noble par excellence, est pollué et amoindri par l’alliage du cuivre, indigne de lui, et qu’il ne peut souffrir que celui de l’argent.
Les seules espèces « or » qui soient en usage, et très peu couramment d’ailleurs, dans le Laos septentrional, sont des cahiers d’or en feuilles, de l’épaisseur du clinquant ; ils viennent de Chine et portent l’estampille des banques du pays qui les mettent en circulation au même titre de « marchandises » que les barres d’argent.
VI. Instruments de pesée. — Les instruments de pesée employés au Laos sont : le « Ta-Dieng » ou « Sing », romaine chinoise en bois, à trois rangées de graduations ; elle est à crochet ou à plateau unique, et sert pour les pesées depuis 1 « Sang » (1 kilogr. 238.490) jusqu’à plusieurs piculs.
Pour les pesées inférieures au « Sang », on se sert de la même romaine chinoise, à crochet ou à plateau, mais de forme plus petite, en ivoire ou en os.
Une petite balance à fléau et à plateaux en coupelles, nommée « Sing-Dieng » est surtout en usage pour les pesées de métaux précieux et de gemmes.
Il existe pour les balances plusieurs séries de poids de formes les plus diverses, représentant des éléphants, des oiseaux fantastiques, des hexagones, des pentagones, des cônes, des pyramides, etc,, en bronze, enfer et en cuivre.
I. L’iadustrie au Laos. — II. Tissage. — III. Orfèvrerie et Bijouterie. — IV. Ferronnerie. — V. Poterie. — VI. Fonderie de cuivre.
— VII. Moulage des statues. — VIII. Moulage d’ustensiles divers.
— IX. Vannerie. — X. Papier. — XI. Sculpture sur bois et ivoire. — XII. Peinture à fresque. — XIII. Charpentiers en pirogues. — XIV. Charronnage. — XV. Chaux. — XVI. Alcool. — XVII. Fabrication de la poudre. — XVIII. Montgolfières. —
I. LTndustrie au Laos. — Les industries et les métiers du Laos n’ont pour but que de satisfaire aux besoins locaux. On ne peut, en effet, considérer comme une exportation, la vente de quelques tissus de soie ou de coton de provenance laotienne dans les régions voisines.
Nous avons d’abord à mentionner ce que nous appellerons les produits de l’industrie familiale. Il n’existe pas, à de rares exceptions près, d’ouvriers spéciaux exerçant un métier déterminé en ce qui concerne la construction des maisons, la confection des ustensiles divers, des engins de chasse et de pêche, aussi bien que la filature, la teinture et le tissage des étoffes, en un mot pour tout ce qui a rapport à l’habitation, à Tameublement, au
vêtement, aux articles de ménage, etc. Tout le monde hommes, femmes, enfants même, est apte à fabriquer les objets indispensables à l’aide de procédés très simples et d’un outillage primitif. Aussi peut-on dire que chaque maison, chaque famille représente une société en miniature.
Les seules industries qui méritent vraiment ce nom sont : la broderie sur étoffes, l’orfèvrerie, la bijouterie en or et en argent, la ferronnerie, la fonderie de cuivre, la poterie, la vannerie, la confection de certains objets laqués, la fabrication du papier, la sculpture sur bois et sur ivoire, la peinture à fresque, l’orpaillage et surtout la construction des pirogues, pour laquelle les indigènes sont d’une adresse remarquable.
II. Tissage. — Le tissage de certaines étoffes de soie de nuances diverses, souvent lamées d’or, de même que la broderie sur tissus, est pratiqué par un certain nombre de femmes dans chaque localité de quelque importance.
Les métiers employés pour le tissage sont d’une extrême simplicité ; on fabrique cependant des étoffes brochées dont les dessins sont obtenus, comme avant l’invention des jacquarts, par isolement ou soulèvement alternatifs de certains fils de trame à l’aide de lamelles de bambou.
Quant aux teintures employées, elles sont végétales, c’est-à-dire qu’elles sont produites par des arbres ou des plantes du pays. Les procédés de teinture sont simples et, malgré cela, les couleurs durent longtemps, grâce à l’emploi d’un mordant composé d’alun ou de jus de citron. Les couleurs fondamentales sont le bleu (indigo), le rouge, le jaune, le noir. A l’aide de ces teintes les femmes parviennent, soit par des mélanges convenablement dosés.
soit par des juxtapositions diverses sur les üls ou le tissu, à obtenir une grande variété.
Depuis une quinzaine d’années on emploie également des poudres tinctoriales à base d’aniline, d’origine allemande. Mais ces teintures sont loin d’avoir la fixité de celles du pays; elles se fondent moins bien, et on n’obtient plus avec elles les tons harmonieux que donnent aux étoffes et aux fils les colorants indigènes.
Pour les tissus lamés et les broderies, le fil d’or le plus employé au Laos est celui de fabrication chinoise ; il est constitué par un brin de coton sur lequel est enroulée en spirale une bande de papier doré à l’or fin de quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur. L’introduction d’un article similaire de provenance européenne a été tenté ; mais celui-ci n’a pas obtenu la faveur des spécialistes qui lui ont préféré le fil chinois.
III. Orfèvrerie et bijouterie. — Dans presque tous les grands centres on trouve des orfèvres-bijoutiers. Ils travaillent soit pour leur propre compte, en confectionnant des objets qu’ils vendent ensuite, ou bien encore à façon, pour des particuliers qui désirent faire transformer en pièces d’orfèvrerie ou en bijoux de l’argent en espèces économisé dans ce but, ou de l’or natif provenant d’orpaillages ou d’achat.
L’outillage des argentiers et bijoutiers du Laos est des plus restreints. Une soufflerie, un creuset, quelques pinces, filières, matoirs, burins et marteaux leur suffisent pour travailler l’or et l’argent.
Les différentes phases de cette fabrication sont : la fonte du métal avec ou sans alliage (1), le laminage au mar-
(1) Les alliages sont d’étain et de cuivre pour l’ai’gent, et toujours d’argent pour l’or.
teau et l’étirage, au marteau et à la filière, l’emboutissage, le repoussage, le guillochage, la brasure des appliques en filigranes ou en globules, le patinage de l’ensemble et le brunissage de certaines parties.
Le patinage de l’argent s’obtient par décapage au jus de citron et une trempe à chaud dans de l’eau fortement alunée.
Les bijoux d’or sont ordinairement rendus d’une teinte rougeâtre très chaude, qui s’obtient au trempé dans de l’eau bouillante contenant en poids : 2 parties de salpêtre, 3 parties de sel, 1 partie d’alun, q.s. de soufre.
Tous les artistes travaillent d’après des modèles uniformes ; les motifs de décoration sont empruntés aux traditions brahmaniques, avec quelques modifications provenant de l’introduction de certains éléments dérivés de l’art chinois.
Cependant les Laotiens sont capables d’innover. Certains même, sinon tous les bijoutiers, peuvent reproduire des dessins de formes, d’allures et de style différents des types communs qui se transmettent de père en fils, ou de maître à élève.
Les objets d’orfèvrerie usités sont : des services à bétel, des vases, des coupes, des boîtes, des manches de couteau et des poignées de sabre. Ces ouvrages sont généralement en argent, quelquefois en or. La bijouterie comprend des bracelets, des colliers, des bagues, des cbaînes-sautoirs et des chaînes de chignon, des épingles de tête, des plaques d’agrafe, des boutons et pendants d’oreilles, en or ou en argent.
Le titre des métaux employés est très variable. Le plus souvent, il est laissé au choix de l’acheteur.
Dans certains cas, l’or est employé brut ; d’autres fois, il y enti’e le quart d’argent, et même davantage.
L’argent tiré des pièces de monnaie reste au titre qui leur est propre, ou bien ce dernier est diminué par un excédent d’alliage cuivre et d’étain.
Les pierres employées en joaillerie sont des saphirs, des rubis, des quartz, des cristaux, des onyx, du verre et même des basaltes. La taille à facettes est inconnue au Laos et on n’y pratique que celle « en cabochons » plus ou moins réguliers.
IV. Ferronnerie. — Les forgerons du Laos sont assez adroits. Leur outillage est sommaire ; néanmoins ils parviennent, en y mettant le temps, à forger, soit à l’aide de barrettes de fer doux, d’importation européenne, de masselottes, et de « Duong » provenant des hauts-fourneaux primitifs du pays des Kouïs, divers outils ou ustensiles tels que coupe-coupe, sabres, couteaux, ciseaux, bêches, mors, entraves d’éléphants, crochets de cornacs, etc.
Le matériel des forgerons se compose d’une soufflerie à double effet, d’une ou deux paires de tenailles, de deux ou trois marteaux, d’une tranche à chaud et d’une petite enclume : ils n’emploient que du charbon de bois.
Chacun a sa spécialité. La routine aidant, ces artisans arrivent, par la répétition constante des mêmes formes, à acquérir une réelle habileté et à tirer parti du moindre morceau de ferraille. Il faut dire aussi que le fer est très cher ; il vaut au Laos de 30 à 70 francs, parfois jusqu’à 90 et même 110 francs les 100 kilos.
Un certain nombre d’objets, tels que les socs de charrue, les fers de bêche, les haches, etc., sont importés delà Chine et du Siam.
V. Poterie. — L’industrie de la poterie est très active ; en effet, malgré les importations de marmites en fer battu
OU émaillé, en fonte ou en cuivre, on y fabrique encore un nombre considérable de pots et de vases de formes variées, destinés à des usages divers.
Les potiers du Laos produisent des jarres vernissées, récipients pour l’alcool ou l’eau, des ustensiles de ménage, des matériaux de construction surtout destinés à la consommation locale ; certains trouvent aussi leur écoulement dans les pays limitrophes.
Les procédés et l’outillage des potiers ne diffèrent pas de ceux généralement usités partout.
La cuisson se pratique, suivant le genre des objets, dans des fours creusés à même l’argile du sol, près des berges les cours d’eau, ou sous des meules de paille de riz. Pour le chauffage des fours ou emploie le bois ou la paille de ?iz.
Dans certaines régions, on donne aux objets une 3atine noire brillante, rappelant la plombagine, en leur aisant subir une seconde cuisson dans de la bâle de Daddy.
VI. Fonderie de cuivre. — 11 suffit de parcourir les lagodes du Laos pour se rendre compte que la fonte du îuivre y fut jadis en honneur. On trouve en effet des staues religieuses, parfois d’un grand poids, le plus soumnt d’un joli travail, en tenant compte bien entendu de la açon toute spéciale dont est comprise l’esthétique.
Bien que, depuis de longues années, les creusets n’aient ioint flambé pour la fonte de pièces aussi importantes, industrie du fondeur en cuivre est toujours exercée par ne certain nombre de spécialistes qui se bornent à prouire des statuettes religieuses, des nécessaires à bétel, es clochettes pour éléphants et bestiaux, des vases ivers, des crachoirs, etc.
Cette industrie est très ancienne dans le pays. Elle y était certainement pratiquée à l’âge du bronze, ainsi que l’attestent les pointes de lances, poignards, grattoirs, hachettes et hallebardes trouvés dans le Laos septentrional, exposés aujourd’hui au musée de Saint-Germain.
Il est intéressant de noter que les habitants de ce pays attribuent aux objets de l’âge de bronze, comme d’ailleurs à ceux de la pierre polie, une origine météorique. Ils les croient produits par la foudre et tombés du ciel quand le tonnerre gronde.
Le moulage est toujours en cire perdue. Nous allons ! examiner quelques-uns des procédés en usage.
VII. Moulage des statues. — Sur une première ü maquette d’argile grossière, l’artiste applique une couche de même substance, mais plus fine, grasse et bien malaxée qu’il modèle avec soin. Ensuite, après avoir recouvert la statue, déjà plus qu’ébauchée, d’une couche de cire i d’abeilles d’une épaisseur convenable, il achève sur cette'l matière le modelage en y mettant les détails et les i ornements qu’elle comporte. Polissant ici, ciselant là, en- ; castrant entre les paupières des pierres précieuses ou sim-i! plement du verre pour figurer les yeux, insérant deslèvres d’or à l’emplacement de la bouche, il donne au modèle l’aspect qu’il aura quand il sera fondu. i
Sur cette surface de cire, on projette d’abord uneji couche très mince d’argile finement triturée, bien délayée jl dans l’eau, et assez semblable comme aspect et comme ii consistance au kaolin avec lequel on moule les ustensiles |l de porcelaine mince. Lorsque cette première couche est jf sèche on en applique une seconde formée de même subs-:|i tance mais plus commune, puis une troisième de plus en plus épaisse. Enfin, l’ensemble n’étant plus qu’une masse
ayant vaguement la silhouette du modèle primitif, on pose à la main une bonne épaisseur de terre réfractaire mélangée, avec de la paille hachée, de la bouse de buffle et de la bâle de paddy. Le moule est prêt pour la coulée dès que l’application extérieure est sèche.
En certains points choisis dans les parties peu apparentes du modèle et avec une inclination suffisante, on a inséré dans les différentes couches d’argile des boudins de cire qui arrivent à en toucher la surface. Les uns seront des évents destinés à donner passage aux vapeurs qui se dégagent au moment de la coulée ; les autres sont les jets où le métal en fusion sera versé à l’aide de creusets.
Le moule a été préparé dans une excavation pratiquée dans le sol et dont la profondeur égale la hauteur du sujet. Quand tout est terminé, ce creux est comblé avec du sable sec bien foulé. Enfin les creusets sont disposés en plus ou moins grand nombre, suivant les dimensions de l’objet à fondre, tout autour du moule, ayant chacun une soufflerie, et quelquefois même deux pour parer aux accidents, activer la fusion et obtenir une égalité parfaite de fluidité et de chaleur du métal dans tous les creusets.
Le moment venu, la matière est coulée dans tous les jets à la fois, et, si le moule n’éclate pas par excès d’humidité, le bronze a bientôt remplacé la cire. On laisse refroidir, puis on démoule et si l’opération a bien réussi, la statue apparaît lisse et pure, absolument semblable au modèle en cire. Seuls les points de jonction des jets et des évents ont besoin de quelques retouches; mais les parties principales sont le plus souvent admirablement venues.