IV. — Moyens de transport employés. Comparaison
DES PRIX DE TRANSPORT SUR DIVERSES ROUTES COMMER- CIALES DU Laos a la mer.
1“ Sur voie de terre. — Les moyens de transport employés sur les voies de terre sont : l’homme, l’éléphant,
le cheval, le mulet, le bœuf, la charrette attelée de bœufs.
Homme. — L’homme faisant office de porteur soutient sa charge de trois façons différentes, suivant la race à laquelle il appartient et les routes qu’il doit parcourir, en plaine ou en montagne.
a) Sur le dos. — Cette façon de porter les fardeaux est usitée par tous les montagnards en général, Thaïs, Khas et autres. Les femmes, les enfants aussi Lien que les hommes portent des fardeaux qui sont naturellement proportionnés à leurs forces. Pour les transports, la charge moyenne d’un porteur est de SOkilogs.
h) Avec fléau de bambou, la charge étant répartie aux deux extrémités. — Deux paniers, deux ballots ou deux caisses sont fixés aux extrémités d’un bambou assez gros et léger, de 1 m. 50 de long environ. Le porteur place le milieu du bambou sur l’épaule et maintient la charge en équilibre avec la main. Le poids de la charge portée ainsi varie entre 24 et 30 kilogs. Cette manière de porter est usitée par les Birmans, les Lus, les Youns, les Laotiens du Nord et quelques Khas.
c) Avec fléau de bambou, la charge étant suspendue au milieu. — Ce moyen exige deux hommes, un à chaque extrémité d’un bambou qui a 2 mètres de long environ. Il est difficile de faire porter ainsi plus de 15 à 20 kilogs par homme, soit 30 à 40 kilogs par bambou. Ce mode de transport est usité dans les pays de plaines par les Laotiens, Thaïs et autres habitants des vallées ou plateaux. Le porteur parcourt en moyenne 25 kilomètres par jour en pays non accidenté, et de 15 à 20 en pays de montagne.
Au Laos, le port des charges sur la tête, si en faveur en Afrique, n’est pas usité.
Élépheint. — Suivant son âge, sa taille et son énergie, l’éléphant peut porter des charges variant entre 100 et
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190 kilogs ; mais il est délicat, exige de grands soins et des temps de repos assez fréquents.
Par contre, il peut passer partout, dans les endroits où des chevaux et des hommes même se trouveraient arrêtés. Le pas de l’éléphant est régulier, aussi bien en pays plat qu’en pays accidenté. La moyenne du parcours journalier est de 18 à 25 kilomètres, suivant la nature du terrain et la température.
Chevaux et mulets de bât. — On est étonné de voir le courage, l’entrain et la force de résistance des chevaux et mulets employés dans la partie septentrionale du Laos et au Yunnan pour les transports de marchandises. Ces animaux, de petite taille, mal nourris, à peine soignés, marchent pendant plusieurs mois, sans autres arrêts que deux haltes par vingt-quatre heures, l’une au milieu du jour et l’autre la nuit. Suivant leur taille et leur entraînement, la charge nette qu’ils portent est de 60 kilogs pour les petits et de 90 kilogs pour les grands, sans compter le poids de la sellette, du bât, du harnais et des ustensiles divers appartenant aux muletiers.
Le parcours journalier moyen des chevaux ou mulets de bât varie entre 20 et 28 kilomètres, suivant la nature du terrain. D’une sûreté de pied incomparable, ces bêtes passent partout, aussi bien en montagne qu’en plaine.
Bœufs porteurs. — Les bœufs sont employés comme porteurs dans tout le Laos et dans d’autres pays voisins, tels que la Birmanie, le Siam et le Cambodge. Les charges sont composées de deux paniers plus hauts que larges, traversés par une barre de bois reposant sur le bât qui est placé sur le dos de l’animal. Dans le Laos septentrional et les pays de même latitude, la charge des bœufs est de 50 kilogs environ, tandis que dans les régions plus au sud, elle s’abaisse jusqu’à 35 et même 30 kilogs.
Les bœufs du Nord sont beaucoup plus robustes que ceux du Sud, et ils sont habitués aux routes de montagne ; l’allure des bœufs porteurs est très lente. La distance parcourue dans une journée moyenne, qui se termine généralement à onze heures ou midi, varie entre 10 et 14 kilomètres, suivant que les animaux marchent en terrain plat ou bien en pays de montagne.
Bœufs d’attelage. — On attelle les bœufs à des charrettes et à des chars qui servent pour les transports à grande distance et pour les charrois agricoles. Les charrettes sont couvertes d’une toiture imperméable en rotin tressé, de la forme d’une carapace de tortue. Les chars ont de hautes ridelles, des roues de 1 m. 80, et ne sont pas couverts.
La charrette porte 300 kilogs et le char plus de 900.
Pour les transports agricoles, les chars sont quelquefois attelés de deux buffles.
Les bœufs de trait ont une allure beaucoup plus rapide que les bœufs de bât ; quelques-uns sont même dressés à trotter. On peut compter que le parcours moyen journalier d’un attelage de deux bœufs est de 15 à 20 kilomètres, en terrain plat.
2° Sur voie d'eau. — Indépendamment du flottage naturel ou amélioré à l’aide de soufflages en bambous (employé pour les bois en grume), on utilise au Laos, pour les voyages et les transports, des vapeurs, des pirogues et des radeaux.
Vapeurs. — Les navires à vapeur existant au Laos sont :
La flottille de la résidence supérieure, comprenant V Argus, le Haïphong et le Ham-Luong.
La flottille commerciale de la Compagnie des Messageries fluviales de Cochinchine, composée des navires ;
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Trentinian, Colombert, Garcerie et Vien-Tiane de 150 tonneaux, du Massie de 75 tonneaux et du Pavie de 150 tonneaux.
Pirogues. — Les pirogues sont employées pour les voyages et pour les transports de marchandises, surtout à la montée.
Il en existe, sur le Mékong et sur ses principaux affluents, de dimensions et de tonnages variés. Elles ont de 10 à 25 mètres de long et peuvent transporter de 1 à 6 tonnes de marchandises. Ces pirogues sont montées, suivant leurs dimensions et suivant les difficultés du trajet, par un nombre suffisant d’hommes, allant de 4 à 10.
Elles sont manœuvrées à l’aviron et à la perche en descendant, avec ce dernier moyen et à la cordelle en montant.
Radeaux. — H y a deux sortes de radeaux : les uns formés de deux pirogues accolées, réunies par une plateforme et allégées sur les côtés par des paquets de bambous ; les autres composés uniquement de faisceaux de bambous, solidement assemblés, puis recouverts d’un plancher. Ils ne sont employés qu’à la descente du fleuve. Pour les premiers, au terme du parcours, les bambous sont enlevés et les pirogues disjointes sont prêtes pour remonter séparément. Les radeaux composés uniquement de bambous sont démolis à leur arrivée, et les matériaux qui les constituaient sont vendus pour divers usages, notamment pour la confection des tuiles de bambou écrasé.
Les radeaux formés de deux pirogues ont, suivant leurs dimensions, un équipage de six à douze hommes, qui servent aussi comme piroguiers pour le retour.
Les radeaux de bambous ont un personnel analogue,
quoique leur marche soit nécessairement beaucoup plus lente que celle des précédents.
V. Prix de Transport. — Les prix courants de transport sont généralement les suivants :
Routes terrestres.
A dos d’homme, par 100 kilos et par jour : 1 fr. 90 à 2 fr.
A dos d’éléphant — — î fr. 60 à 1 fr. 80
A dos de cheval — — 1 fr. 90 à 2 fr.
A dos de bœuf — — 0 fr. 70 à 0 fr. 80
En se reportant à ce qui a été dit plus haut, on en déduit, pour chacun de ces modes de transport, le prix moyen suivant par tonne et par kilomètre :
A dos d’homme 0 fr. 76 à 0 fr. 80
A dos d’éléphant 1 fr. 07 à 1 fr. 20
A dos de cheval 0 fr. 76 à 0 fr. 80
A dos de bœuf 0 fr. 70 à 0 fr. 80
Bateliers. — Les bateliers se louent à la journée ou à forfait pour un trajet donné. Les prix courants sont : 0 fr. 375 par homme et par jour sans le riz et 0 fr. 30 avec la nourriture.
Coolies 'porteurs. — Les coolies porteurs se paient généralement 0 fr. 25 par homme et par jour sans nourriture ou 0 fr. 20 avec le riz.
Chefs coolies et chefs piroguiers. — Les chefs coolies et les chefs piroguiers, pilotes, etc., sont toujours payés plus cher que leurs hommes ; cette augmentation varie, suivant les conditions, de 50 à 100 pour 100.
Location des pirogues. — Ordinairement, la location d’une pirogue est du même prix par jour qu’un batelier.
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Ainsi on décomptera les frais de location d’une pirogue et de quatre bateliers en se basant sur cinq unités.
Comparsiison des prix de transport sur diverses routes commerciales du Laos a la mer. — Nous avons pensé qu’il était intéressant de résumer, dans le tableau comparatif ci-après, les parcours et les prix par tonne et par kilomètre des transports sur dix des principales routes commerciales du Laos (1).
Moyens de transport employés.
Distances en kilom.
Nombre de jours
Prix
à la
montée.
à la descente.
global par tonna de