CONCLUSION
qu’en l’état actuel des voies de communication, certaines de ces entreprises sont possibles dès maintenant et que d’autres ne pourront y être établies avec succès que lorsque l’outillage économique sera plus développé.
En ce qui concerne le commerce, l’exploitation des forêts et des mines, nous avons constaté que plusieurs tentatives avaient déjà été faites, (l’est là une indication précieuse qui montre dans quelle voie peuvent s’engager dès maintenant les colons isolés ou les sociétés qui désireraient employer leurs capitaux dans notre nouvelle possession. Ces affaires, en effet, rapportent presque dès le début, et, pratiquées sur des points judicieusement choisis, elles peuvent à la rigueur s’accommoder des voies de communication et des moyens de transport existants. Quant aux capitaux indispensables pour se livrer au commerce, à l’industrie minière ou forestière, il est difficile de les indiquer d’une façon précise, car ces entreprises peuvent, suivant les régions ou les conditions spéciales du terrain, en exiger de plus ou moins importants.
L’élevage du bétail pourrait aussi être tenté : les bœufs se vendent au Cambodge et en Cochinchine le double de leur valeur dans leur pays d’origine. Nous avons indiqué précédemment quelques-uns des points qui conviendraient plus particulièrement aux essais de ce genre.
Aucun essai sérieux n’ayant encore été fait au Laos, il est difficile de parler des entreprises agricoles que les Européens pourraient tenter. Il ne faut pas se dissimuler aussi que des affaires de ce genre nécessitent une mise de fonds relativement considérable et des connaissances professionnelles longues à acquérir. C’est d'ailleurs à l’administration à donner la première impulsion ; elle a les moyens, l’outillage et le personnel nécessaires. Quand des plantations auront réussi, elle trouvera facilement des
colons pour continuer l’œuvre commencée ; les capitaux prendront alors le chemin du Laos.
Quant à nous, nous sommes persuadé que ce pays s’ouvrira bientôt à la colonisation. On ne connaît de l’Indochine que la côte ; le jour où l’on aura prouvé que la montagne, elle aussi, peut être productive, la fortune du Laos sera assurée. C’est une page blanche sur laquelle il nous appartient, en profitant des tâtonnements et des erreurs du passé, de tracer les principes de la véritable colonisation, qui donne le bien-être aux populations et crée des débouchés pour notre industrie et notre commerce.
Enfin, ce qu’il faut surtout, c’est que la colonie soit dotée de l’outillage indispensable à son développement, c’est-àdire que non seulement la navigation sur le Mékong soit améliorée, mais encore que des pistes soient établies convenablement à travers le pays, que des ponts grands et petits facilitent le passage de tous les cours d’eau, et surtout qu’un chemin de fer permette la pénétration de la colonie et la possibilité de relations vers la mer. Toutes ces voies fluviales et terrestres doivent se compléter et non se faire concurrence ; nous ne doutons pas que, lorsque le Laos aura enfin des moyens de transport puissants et pratiques, les richesses latentes qu’il renferme ne sortent avec abondance et ne fournissent un contingent appréciable à l’expansion économique de l’Indochine, ainsi qu’au développement du commerce français.