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dh : « Ah I ma fille pâte I ». Cela provoqua un éclat de rire. » (i).
Nous le croyons sans peine, et nous n'insisterons pas davantage sur ce malheureux lapsus, dont fut coupable, ou plutôt victime, notre Du Périer, car c'était lui — nos registres en font foi — qui jouait Géronte, et M^^® Clavel, Lucinde (^). La suite de notre récit se chargera de Texcuser, en montrant qu'il avait déjà à cette
(i) IMtres de laprincesse Palatine^ édition Branet, 2 vol. in-i8, Charpentier.
(2) Lundi 7 mars 1701, dixième voj^e à Versailles: la Mort de Pompée et le MÉDEcm MALGRÉ LUI. (MM. Rosélis, Dufey, Le Comte, Beaubour, Champmeslé, La Thorilliére, Baron, Du Périer et Guérin; M"" Beauval, Clavel, Champvallon et Grandval).
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époque d'autres « affaires » en tête que ses rôles, et que sa mémoire pouvait bien fourcher au milieu de ses nombreuses entreprises et de ses occupations multiples.
Déjà son zélé s'est ralenti pour la Comédie : il obtient de fréquents congés, et quitte définitivement la scène en juillet 1705.
Le 19 octobre, il obtient sa retraite au bout de vingt ans de service, avec la pension de mille livres, et ses rôles sont donnés à l'excellent Dangeville.
Telle est, rapidement esquissée, la carrière du comédien.
Rien jusqu'ici n'établit ce mérite c( dans les affaires et dans les méchaniques » que vantait le critique du biographe de 1705.
C'est SOUS ce double aspect que nous allons maintenant examiner du Périer.
MADELAiNE Jantiequio était morte le 27 novembre 1690, laissant Du Périer veuf avec sept enfants, dont Taîné, Pierre, avait 19 ans et la plus jeune, Henriette, environ 3 ans.
Il habitait alors, en face de son théâtre, les trois derniers étages d*une maison de la rue des Fossés Saint-
52 LE LAaUAIS DE MOLIÊKE
Germain-des-Prés <^), dont François, Procope était le principal locataire.
L'inventaire dressé deux ans après la mort de sa femme nous introduit dans un ménage des plus modestes :
les habits se réduisent au strict nécessaire; la garde-robe de théâtre n'est pas estimée 350 livres, et Tactif se compose, outre la part de sociétaire à la Comédie, d'une rente de 500 livres sur les aides et gabelles constituée moyennant 5,400 livres payées comptant le 25 juin 1691.
Le passif s'élève à onze mille quatre cent vingt-deux livres 5 sous.
Il s'agit de sortir d'embarras, de faire vivra les siens et de les élever;
(i) Aujourd'hui rue de rAncienne-Comédie.
la vue de ses enfants double son énergie: son esprit inventif le lance dans les affaires, qu'il va brasser avec une activité fiévreuse et assez de bonheur pour pouvoir, quelques années plus tard, donner 25,000 livres en mariage à l'une de ses filles.
Le 25 juin 1699, c'est-à-dire six ans avant sa retraite du théâtre , un certain B. Roland transporte à Du Périer,par-devant notaires, une portion dans les jaugeages et courtages des élections d'Angers, Laval, Mayenne et Château-Gontier.
En 1701, il est en procès avec Denis Aubry, intéressé dans les fermes du Roi:, un compromis du 17 mars termine le litige.
Le i6 mai 1703,1! cautionne, avec Procope et H. Bourgeois, son fils Pierre, caissier des intéressés au 6« denier d'Auvergne et de ceux au traité des amortissements de Bretagne; le 25, le même, comme caissier des intéressés au 6® denier de Montauban et de ceux au traité d'amortissemens de Toulouse ;
le 18 août, il s'associe au bail de la ferme des aides et droits y joints, jauges et courtages de la ville et élection d'Angers ;
le 18 décembre, au bail de la ferme des domaines du Roy et droits y joints de la généralité de Tours, des gabelles, aides, cinq grosses fermes et autres fermes munies de France pour le terme de trois années.
En 1704, société au recouvrement de la finance de la vente des offices de trésoriers de fabriques, et société concernant les domaines de Bretagne (20 février); société au bail de la ferme des droits sur le vin appartenant à l'hôpital général d'Angers et à rUniversité sur les vins vendus au détail (20 novembre); société pour la vente des offices de courtiers de change de banque et de^marchandises, et de courtiers de vins et autres (ler décembre).
En 1706, société au traité de la vente des offices des maîtres voituriers par eau de Rouen à Paris et de Paris à Rouen et autres (29 avril).
En 1707, continuation pour six années de la société du 18 décembre
1703 (21 janvier), et société pour les inspecteurs des bâtiments (17 février).
En 1708, société de la sous-fermc des aides d'Alençon (10 janvier); société au traité de recouvrement de la finance de la vente des officesdes gardes desarchivesdansl'étendue du royaume (30 janvier); le lendemain, société sur le traité des courtiers et jaugeurs des généralités de Tours et Ghâlons, et société à l'adjudication des droits attribués aux offices de courtiers commissionnaires de vins dans les lieux y déclarés (31 janvier); société au traité général pour le recouvrement de la finance des offices de greffiers des insinuations ecclésiastiques et autres (10 mars); société de Tafiaire
des courtiers jaugeurs des 5 sols par augmentation dans la généralité de Tours (15 mars); société des courtiers de Soissons (16 juin); société pour le recouvrement de la finance des offices des maréchaussées créées en Bretagne {1^^ août).
Enfin, le 5 décembre 1 71 1, seconde société de la sous-ferme des aides d*Alençon.
Cette longue et aride nomenclature ne représente qu'une partie des nombreuses afiiaires que Du Périer menait de fi-ont.
Nous le trouvons encore actionnaire de la Compagnie des Indes, intéressé dans la ferme de Montreuil-
j8 LE LAQUAIS DB MOUÈU
Bellay ('), etprocureur d'ungrand nombre de parents ou de camarades, comédiens en province ou àTétranger.
Mais, la plus importante de toutes ses « affaires », celle qui mérite vraiment que son nom soit tiré de l'oubli, est son entreprise des pompes à incendie, qui va justifier ce a mérite dans les méchaniques », dont parlait le critique anonyme de lyos.
(i) 8 octobre 1705, société entre Du Périer père, Pierre et Léon, ses fils, dans le bail de la ferme de la terre et baronnie de Montreuil-Belliy fait par M. le duc de Brissac pour 6 années à commencer au i^"" janvier 1705 moyennant 16,500 livres par an à Pierre Dupré.
POUR bien apprécier l'étendue des services rendus par Du Périer, il faut rappeler qu'avant lui on ignorait en France l'usage de la pompe portative, et que les maîtres maçons, charpentiers et couvreurs, assistés de quelques capucins, cordeliers et soldats, ne se servaient pour combattre les incendies que de pioches, de crocs
6o LE LAaUAIS DE MOLIÈRE
et d'échelles, quelquefois de grosses seringues <^),le plus souvent de seaux remplis à la chaîne, outils rudimentaires et presque toujours impuissants.
Non seulement Du Périer introduisit chez nous la pompe à incendie, il organisa le corps des gardes-pompes, et l'on peut dire que cet obscur comédien fut le premier pompier de France, plus d'un siècle avant la création du corps des sapeurs-pompiers par le décret du i8 septembre 1811.
(i) En 167 1, le Conseil de la ville de Castres, en Languedoc, vote l'acquisition de «r 8 grosses seringues » pour le service des incendies, organisé dés 1669 avec l'aide des charpentiers et maçons (Intermédiaire des Chercheurs et des CurieuXyXiiy 590).
LE LAdUAIS DE MOLIÈRE 6l
En efiet, Du Périer qui, dans sa vie nomade, avait vu fonctionner des pompes en Hollande, en Flandres, à Landau, à Strasbourg, demanda au Roi le privilège de « faire construire » et fabriquer une pompe propre à » éteindre le feu, pour par luy ou » par ceux qui auront droit de luy, >^ vendre, débiter ou louer ladite » machine dans toutes les villes, » bourgs et autres lieux du Royaume » que bon luy semblera à l'exclusion » de tous autres, pendant le tems et » espace de 30 années entières et » consécutives. »
Ce privilège lui fut accordé le 12 octobre 1699 P^'' lettres patentes, enregistrées au parlement le i^^ février 1700.
62 LB LAQ.UAIS DE MOLIÈRE
A peine établies, ces pompes rendirent les plus grands services, notamment dans une circonstance qui mérite d'être spécialement mentionnée ici, puisqu'il s'agit d'un incendie de théâtre, dans les dépendances de la Salle des machines^ au palais des Tuileries.
La lettre suivante a été publiée par M. A. de Boislisle dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de Vile de France (0 :
(i) 1 1« année, 1884, pages 29 et }0, et Correspondanct des contrôleurs généraux des finances avec les intendants^ par M. A. de Boîslisle, n» 589. — L'original se trouve dans les papiers du contrôle général, aux Archives nationales (G^, 432)»
A Paris, ce 26 mars 1704.
Monseigneur,
rai été averti sur les huit heures du matin que le feu estait au palais des Tuileries, dans un lieu tout proche la salle des ballets et des machines^ j'y suis allé et j'y ay trouvé M. le maréchal de Vauban qui donnait les ordres pour éteitidre le feu:
fay tâché de le secourir de mon mieux, et nous avons envoie chercher Dupérier, comédien, avec ses pompes. M. d'Argenson est ensuite arrivé j et, depuis, M. Mansart ; et par les bons ordres qui ont esté donnés et surtout par le moien des pompes de ce comédien, le feu a esté éteint, et au témoignage de
((4 LB LAaUAIS DB MOLIÈRB
M. Mansart CO, il ne contera pas cinq cents écus pour réparer le plancher et autres batimens ruinés par le Jeu ou que Von a esté obligé de démolir pour empescher la suite du feu. L'endroit où le feu a pris est une chambre basse qui nestoit point habitée et qui estoit pleine de coffres remplis d^habits de ceux qui dansoieni aux ballets; la chambre au-dessus est le laboratoire des ouvriers du sieur Vuterfielj qui travailloit à des globes pour le Roy : je ne puis dire si ce sont ces ouvriers qui par quelque ouverture du plancher ont laissé couler du feu dans la chambre basse qui y a em-
(i) Jules Mardouin Mansart, le célèbre architecte (1646-1708), petit-neveu de François Mansart.
brasé les coffreSy les habits et ensuite le plancher, mais certainement cest dans la chambre basse que le feu a pris, les pierres des murailles estant brûlées et calcinées du feUy et celles de la chambre haute estant entières. y zy vu en cette occasion comme en plusieurs autres les effets salutaires de ces pompes, qui dardent Teau partout où Dupérier veut, et cette machine est admirable pour éteindre les incendies. Il seroit très avantageux qu'il y en eût dans tous les quartiers de Paris, avec des hommes préposés pour faire agir ces machines, et aucune dépense, soit qu'elle fût faite par le Roy ou par la Ville, ne seroit plus avantageuse pour la conservation de la ville de Taris.
Je suis avec respect, Monseigneur, votre
66 LB LAdOAIS DB MOLIÈRE
très humble et très cbéissant serviteur.
Robert (0.
Ce témoignage en haut lieu ne devait pas tarder à porter ses fruits.
Uannée suivante, Du Périer est officiellement chargé d'établir, de garder et d'entretenir les pompes du Roi, auxquelles le produit de la Loterie de Saint-Roch, tirée à Paris le lo novembre 1705, fut en grande partie affecté (^). Faute de fonds, Du Périer
(i) Claude Robert, an des meilleurs collaborateurs de d' Argenson à la Police, était procureur du Roi au Châtelçt de Paris {Note de Af . de Boislisle),
(2) 12 janvier 1705, ordonnance du Roy prescrivant l'achat, au moyen d'une loterie, de 12 pompes que Ton déposera dans plusieurs cou-
L£ LAQUAIS DE MOLIÈRE Sj
cessa en 1708 d'être chargé des pompes, qui furent dés lors très négligées.
Le 23 février 1716, une ordonnance du Roy assure à perpétuité l'entretien des pompes, en assignant un fonds annuel de 6,000 livres qui sera pris au Trésor Royal et remis au sieur Du Pérîer, nommé directeur général (0.
vents. — Vo\xVAlmanachillustrépourijo6:\xnàts médaillons représente les premières pompes à incendie. — M. DuPérier, rue des Petits-Champs, proche la place des Victoires, est l'un des « préposés pour la recette » de la loterie de 400,000 livres, qui devait être tirée le i«' août 1705.
(i) Ordonnance du Roy pour le renouvellement et entretien des pompes^ avec les indications certaines des lieux où elles se trouveront pour empêcher les incendies. — A Paris, chez Jean delà Caille, 171 6, in-40.
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Seize pompes devaient être réparties entre quatre différents quartiers. Chacune était servie par un gardien et un sous-gardien, et le budget de 6,000 livres était affecté tant à leur fourniture et entretien, qu'à la solde des 32 gardes et sous- gardespompes <^), lesquels devaient porter un bonnet particulier et être exercés au maniement par le sifflet.
Le terrible incendie du Petit-Pont, qui éclata dans la nuit du 27 au 28 avril 1718, vint justifier Futilité et à la fois l'insuffisance de ces mesures, et délivrer à Du Périer, alors âgé de 68 ans, un brevet public de dévoue-
(i) Chaque gardien touchait 100 livres par an^ chaque sous-gardien 50 livres.
ment et de courage qu'il faut précieusement inscrire au livre d'or de la Comédie Française :
€ AU premier bruit du feu et du tocsin, dit le Mercure, on envoya chercher les pompes de la Ville dont le sieur Dupèriw est directeur-général, qui s'y rendit avec sa
compagnie Mais Tincendie avait été si
rapide et le mal était si grande que l'on jugea comme impossible d'arrêter l'embrasement qui était universel à onze heures sur le Petit- Pont.... L'Hôtel-Dieu était un objet trop important pour qu'on n'y employât pas tous les moyens imaginables afin de préserver ce vaste édifice contre les torrents de flanunes et gerbes de feu qui se rabattaient sur les toits... Afin de détourner ce malheur public, on n'oublia aucune précaution pour le conserver. Outre que les pompes furent (Tune très grande utilité dans cette occasion^ on plaça des
gens zélés sur le comble de la grande salle qui règne le long de Teau; et, quoique investis de toutes parts de flammes^ de charbons, ils s'en rendirent les maîtres à force d'eau (i).
».... D'un autre côté, quoique le Châtelet servit de digue au feu, on ne laissait pas d'appréhender infiniment pour la rue de la Huchette et la rue Saint- Jacques. M. le procureur général en reconnut si bien la conséquence, qu'il fit appeler le sieur Du- PERIER, et, ayant examiné une petite maison qui donne sur l'eau, et qui tient au Châtelet, le feu s'y manifesta tout à coup et allait prendre aux Boucheries qui sont au-dessous ; ce qui aurait fait périr le quartier. Ijs pompes firent tout T effet qu^on en attendait en cette occasion^ et éteignirent très promptement le feu.
(i) Le Nouveau Mercure^ avril 1718, p. 199 et suiv.
LE (AaUAIS DE MOLIÈRE JI
».... Le 29, on ne discontinua pas de baigner tous les endroits où Ton voyait encore la -fumée s'élever, et de faire agir les pompes dans toutes les maisons où on découvrait encore du feu; c'est en cela qvi^elles furent iune très grande utilité^ au lieu que, la nuit du 27 au 28, elles servirent de peu à cause que, quand elles arrivèrent sur les dix heures, l'incendie était Total, et qu'il aurait fallu faire passer dessus une rivière pour l'amortir (i).
»... Le sieur Dupërier^ qui est fart actif et fort entendu dans toutes les occasions oA il y a du Jeu, en donnant ses ordres pour mettre en
(i) C'est ce qui explique que Saint-Simon et Dangeau aient écrit que les pompes n'avaient pas dans cet incendie acquis beaucoup d'honneur et rendu les services qu'on en espérait, tandis que les troupes, les capucins et les cordeliers (dont plusieurs périrent) s'y signalèrent.
place une de ses pompes, fut atteint à la cuisse d'un chevron lancé du haut d'une maison; et, quoiqu'il fût obligé de*se faire sai^ gncTy il revint courageusement 4 ou j heures apriSy et agit comme auparavant. »
Le^ercurede mai (^ revient encore sur le terrible incendie :
« M. le premier Président, informé que Ton aurait pu secourir plus efficacement et plus promptement les maisons brûlées, si Ton n'avait pas manqué d'une infinité de choses nécessaires pour arrêter la violence du feu, a ordonné qu'on lui dressât des mémoires instructifs qui pussent fournir des moyens convenables pour se parer à l'avenir de ces sortes de malheurs publics: c'est ce qui a déterminé un particulier à présenter à M. le premier Président le mémoire suivant :
(l) P. III à 124.
Reglemens de Police
que Fan propose pour prévenir les incendies dans la ville de Taris.
5° Les premiers officiers de Ville qui seront informés du feu, envoyeront avertir d'abord les gardes-pompes du quartier le plus proche, de même que le sieiu* Du PÈRiERy leur directeur; et feront faire cependant, avant que les pompes arrivent, des retenues ou bâtards d'eau ; ils obligeront tous les voisins d'en tirer en droit soi, à peine d'une grosse amande; ils feront poser des tonneaux vuides à une distance raisonnable de l'édifice brûlant; ils les feront remplir, afin que les pompes venues, on les fasse jouer dans le moment : ce qu'elles ne purent faire (faute d'eau) que cinq quarts d'heure après avoir été placées devant l'Hôtel-Dieu, pour arrêter les flammes qui cherchoient à le dévorer le 27 du mois dernier.
6^ Enfin, le cas arrivant que, pour le bien public, Too se crût forcé d'abattre le lieu qui brûle, et même les maisons joignantes, jamds on ne prendra cette funeste résolution, sans demander l'avis du Directeur des incendies, qui sçait bien mieux qu'aucun autre, ce qu'en telle occurrence peut ou ne peut pas le secours de ces pompes. Le sentiment de cet officier, dont r expérience est consommée par plus de cinquante maisons quHl a sauvées (i) ne sçauroit
(i) Un Mémoire de mars 171 5, retrouvé aux Archives nationales par M. A. de Boislislç qui nous Ta généreusement communiqué, rappelle que Du Périer avait sauvé du feu « le palais des » Tuileries en 1704, l'église du Petit Saint* » Antoine en 1705, l'ancien hôpital de Saint- » Denis qui aurait pu brûler la maison de MM. Da- » guesseau, trois maisons aux Halles prés le pilori, » une maison de M. d'Ormesson dans la rue » Saint-Dominique, prés l'hôtel de Matignon, » vingt autres maisons particulières qu'il serait
LE LAaUAIS DE MOLIÈRE 7)
estre que bon et nullement suspect : au lieu que ' les architectes et charpentiers que Ton consulte seuls d'ordinaire sur ce fait, aveuglez par l'espoir du gain^ parlent autrement qu'ils ne pensent, au grand préjudice du malhûreux propriétaire qui voit saccager et anéantir sa maison, sans procurer aucune utilité pour le soulagement des autres.
Je n'oserais affirmer que Du Périer ait été tout à fait étranger à la rédaction de ce mémoire, dont le trait final n'est pas sans malice.
» ennuyeux de citer (notamment le 1 3 mai 1714, » rue de la Barillerie, enfin au mois de février » (1715) celle du sieur Andry, épicier dans la » rue de la Harpe, et que c'est ledit Du Périer » avec ses pompes qui a arrêté tous ces embraie semens. »
jé LE LAaUAIS DE MOLIÈHE
Quoi qu'il en soit, se sentant vieux et désirant assurer à son œuvre une existence durable, il fit Tannée suivante recevoir son fils aîné (du second lit), qui malgré son jeune âge le secondait comme lieutenant dans sa compagnie, en survivance à son emploi:
par brevet du 9 septembre 171 9, François -Nicolas Du Mouriez Du Périer, âgé de 14 ans, était appelé à succédera son père comme Directeurgénéral des pompes pour empêcher (sic) les incendies.
Le 10 mars 1722, un arrêt du Conseil d'Etat, reconnaissant a le succès que le service des pompes a eu dans les incendies qui sont arrivés depuis leur rétablissement », ordonne que Du Périer, suivant sa soumission
LE LAaUAIS DE MOLIÈKE ^^
du 25 décembre précédent, sera tenu de fournir incessamment 17 pompes nouvelles qui, avec 13 des anciennes, formeront un total de 30, placées sous les ordres du lieutenant-général de police, et servies par 60 gardiens recevant chacun un salaire de 100 livres (^).
Pour mettre Du Périer en état de fournir les pompes et de les entretenir avec les 60 hommes et les outils
(i) Une de ces pompes devait être placée à la Comédie-Française, une à l'Opéra, une autre à l'Hôtel de Bourgogne. (Archives nationales, AD125A).
Outre ces 30 pompes, la Ville en possédait plusieurs placées sous les ordres directs du prévôt des marchands. Des affiches, renouvelées tous les six mois, indiquaient les lieux où elles étaient j^posées et la demeure des 60 gardiens.
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nécessaires, le Roi lui accorda, par lettres patentes du 17 avril 1722, enregistrées le 25 au Parlement, une somme de 40,000 lîves une fois payée et 20,000 livres par an pendant la durée de son pivilége.
Les gardiens portaient une sorte de bonnet ou casquette de feutre, recouverte d'un tissu de fil de fer; la visière était relevée; l'habit uniforme était court et de couleur bleu foncé, les boutons blancs, les parements et le col jaunes.
Ils devaient être instruits au maniement des pompes et inspectés tous les mois.
La direction des pompes fut placée chez Du Périer, rue Mazarine, en face de
la porte des Quatre-Natîons ('); sur l'entrée, une plaque de marbre portait ces mots : a Pompes publiques du Roi pour remédier aux incendies sans qu^on soit tenu de rien payer ^^\
(i) Cette maison, qui appartenait à sa seconde femme, Anne Vaugé « épouse non commune en biens », était située vers l'extrémité de la rue Mazarine, non loin du jeu de Paume des Mestayers où Molière avait ouvert son Illustre-Théâtre en 1643 •
En 1784-86, le secrétaire-souffleur de la Comédie-Française, Delaporte, habitait rue Mazarine, la a maison à M. Dumouriez (à Tancien Hôtel des Pompes) » qui portait alors le n° 41.
(2) A la mort de Du Péricr, on inventoria, dans le magasin de la cour, trois cuvettes de pompe de cuivre rouge, dont une non achevée.
Les autres pompes ne sont pas comprises dans l'inventaire, comme a appartenant au Roy. »
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CETTE fois. Du Périer pouvait dire sa tâche accomplie: il songea au repos, et fit son testament, que je donne en entier parce qu'il complète et résume la vie agitée du pauvre Provençal :
Au nom du Pire^ du Filsj et du S^-Esprit, Amen.
8^ LE LàaUAIS DB MOLIÈIE
Je^ François du Mouries^ Du PMer, considérant la nécessité de mourir ^ et Fincertitude de Fheurey et désirant avant que partir de ce monde disposer tandis que je suis en santé de corps et d'esprit, du peu de bien que mes travaux ont amassé pendant une pénible et tris longue vie dont il a plû à la Divine bonté me favoriser, fay fait ce mien et présent Testament, et dernière volonté, comme il suit.
Premièrement
Je recommande mon ame à Dieu, lors qu^il luy plaira la séparer de mon corpSy a la glorieuse Vierge Marie, et a tous les Saints et Saintes de Paradis.
Faisant choix de la sépulture de mondit corps du cimetière de S^-Sulpice ma Varroisse, ou ma première femme a aussi été enterrée. Ordonnant pour le repos de mon âme quUl me soit fait dans la susdite Eglise un service à peu de frais, ne voulant pas que mondit service et tous les frais funéraires montent à plus de trois cens cinquante livres une fois paye:^.
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Item je donne et lègue pour le Bastitnent de ladite Eglise de Saint-Sulpiu la somme de deux cens cinquante livres pour participer aux prières desfiddlesqu^on y fait joumelement.
Item je donneet lègue aussi une fois payée la somme de mil livres pour le soulagement de Phos-^ pital des enfans trouva^ de cette ville de Paris.
Item je lègue au nommé Joly habitué au Capfrançois, isle et caste Saint-Domingue^ une fois payé la somme de deux cens livres^ si lors de mon deceds ce jeune homme est encore en vie^ et rien à ceux qui se présenteraient cotnme ses héritiers.
f institue mes légataires universels mes enfans cy après nomme:^ sçavoir, François Nicolas; Antoine François; Marie Anne; Anne Gêner vieve; Marie Françoise; et Joseph Antoine Du Perier : et pour exécuteur de u mien Testament je nomme leur mère mon Epœ^e, damoiselle Anne Faugé.
lUnonçant, révoquant j et annullant tous autres Testamens que je pourrais avoir cy devant fais y le
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aMh— ^M^— 11-11 « —^^■^1—— I I I fcM^^^^M^^M^—
sml présent demeurant vallabk, Payant écrit et signé de ma propre main à Paris avant niid% dans ma chambre^ en la maison ou je demeutt rue Mazarine susdite Parroisse le premier juillet mil sept cens vingt deux.
François dumouriez Du Pèrier. /^
Moins d'un an plus tard, Tancien laquais de Molière mourait, le 21 juin 1723, un demi-siècle après son maître.
Pénétrons dans son cabinet: une surprise nous est réservée. Deux armoires en bibliothèque, plaquées de bois d*ébéne, à deux battants fermant à clef, garnies de fil de laiton et en dedans de petits rideaux de taffetas vert, contiennent une centaine de volumes et des cartes. Une autre
petite armoire [i trois guichets renferme les papiers.
Sur un bureau d'ébène à sept tiroirs couvert de cuir noir, deux petites écritoires également couvertes de cuir noir> et une autre en portefeuille.
Cinq chaises de bois de nô^èir garnies de crin et couvertes de cai* mande rayée complètent le modeste ameublement de cette pièce, à ufié seule fenêtre garnie d*un vieui rideau de toile de coton.
Sur deux petites tablettes de bôîS noirci, des mouchettes et le porter mouchetteâ en cuivre argenté, et quelques brochures.
Enûn, accrochées aux murs^ deux petites épées, une paire de pistolets
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d'arçon, avec les tableaux et fes estampes:
a Trois tableaux peints sur toîlle, représentans des paysages dans leur bordure carrée de bois doré. Un autre aussy peint sur toille, représentant LE sieur de Molière dans sa bordure ovale de bois doré; dtxxi autres petits tableaux aussy peints sur toille représentant deux portraits dans leur bordure ovale de bois doré; un autre petit peint sur cuivre représentant des Flamands; deux autres peints sur bois et quatre estampes représentant dififérents sujets dans leur bordure debois doré et rougy. » (')
(i) Inventaire du 13 juillet 1723.
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Le tout prisé ensemble 40 livres!
On donnerait aujourd'hui cent fois cette somme du seul portrait de Mo* lière, qui doit exister encore quelque part, mais qu'il sera bien difficile d'identifier, le rédacteur de Tinventaire n'ayant pas eu soin d'en donner les dimensions.
Rappelons toutefois, afin de circonscrire le champ des recherches, que les portraits connus peints sur toile et de forme ovale sont: le Molière de Chantilly, que Mfi^ le duc d'Aumale vient si royalement de donner à Tlnstitut, parmi tant de merveilles ; celui du musée de Versailles; celui qu'attribuait à Lebmn le catalogue de la vente Despinoy ; enfin le petit portrait par Mignard, provenant de la suc-
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cession de Tévéque de Winchester, acquis par M. Emile Perrin pour la Comédie Française et conservé aujourd'hui dans la salle du comité-
Il serait intéressant de savoir lequd de ces portraits a appartenu à l'ancien laquais de Molière ; cette provenance ne serait-elle pas comme un brevet de ressemblance authentique?
illC«l«M#lEtf «ItfiKtf «ItftItflEtf lEtf 1E
DU Périer, nous Tavons dît, avait perdu sa femme, Madelaine Jannequîn, le 27 novembre 1690 (0.
H en avait eu nombre d'enfants, dont neuf seulement nous sont connus :
Pierre^ né en 1671, était en 170$
(x) Ole poimdt «voir enwoû 37 ans.
90 LE lAQJOAJS DE MOUÊIB
intéressé dans les a^res du Roi. Il mourut le 24 décembre 1707, rue du Jour.
PierrC'FrançoiSy né le 25 septembre 1673, ingénieur, était en 1699 lieutenant au régiment de Picardie. H mourut peu de temps après.
Jean-BaptisU, né le 25 octobre 1674, à Rouen, était en 1723 conseiller au Conseil souverain du Cap français, ile et côte de Saint-Domingue.
Liorij né en 1676, joua de petits rôles d'enfant à la Comédie Française, de 1688 à 1692 Qz Coquette, VHomm à bonnes fortunes, la Comtesse d^Escarhagnas, le petit clerc du Bon Soldat, etc.) <'). Il était en 1705 intéressé
(i) a On a résolu de £iire fidre un habit an
dans les fermes du Roy, et en 1723 munitioimaire général des vivres de la marine. Il se faisait appeler sieur de Saint-Léon, et avait épousé Françoise-Anne-Julie Hindret <0.
Anne-Antoinette, née en 1680, épousa le 6 mai 1705 Thomas Fossart, sieur de Rozeville, fils de messire Thomas Fossart, ci-devant secrétaire des commandements de M"^® la duchesse de Nemours, et de défunte damoiselle Marguerite de Beauvais.Le futur venait
petit Du Périer, pour jouer dans Régulus et que la dépense sera de dix louis d'or au plus, si faire se peut, ce qui sera exécuté par les quinzainiers ». Délibération du 7 juin 1688.
(i) Son beau-frére, N. Hindret, sieur de Frenneval, était directeur général des fermes à Langres.
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d'obtenir un des cent offices de coifrmissaire-inspecteitr dans toutes les halles etmarchésdelavilleetfaubourgs de Paris, créés par Tédit d'août 1 704 ; fl était en 1 723 trésorier delà marine <*^,
Anne-EdouardCy née en 1685, assistait en 1705 au contrat de sa sœur.
Jean-FrançoiSy baptisé le 30 janviâr léSj, fut tenu par le comédien Jean Le Comte, un camarade de son péit»
et la veuve de Brécourt, Edennette Desurlis, sa grand'tante maternelle <^; mort en bas âge.
Marie-Henriette-Charlotte, née à la fin de 1687 ou au commencement
(i) C'est en kveor de ce oiaiiage que Du P^er donna 25,000 livres à Anne-Antoinette« (2) Jal, p. 954.
dk 1688, fut mise en nourrice à Bruxelles et revint àParis après la mort de sa mère. Elle 'mourut le 21 juin 1718, rue Royale, paroisse S^Roch,
Jeanne-Maddetncy baptisée le 13 mai 1689 <^), eut pour parrain Jean-Baptiste Raisin (le cadet) et mourut en bas âge.
Devenu veuf, Du Périer épousa en secondes noces (le contrat est du 24 novembre 1707) Anne Vaugé, qui lui donna aussi beaucoup d'enfants, dont six étaient vivants à la mort de leur père:
François-Nicolas^ né en 1706 (pro-
(i) Jal, p. 954.
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bablement â>^nt mariage), lieutenant dans la compagnie des gardes*pompes, il obtint la survivance de son père par brevet du 9 septembre 17 19 et lui succéda, quatre ans plus tard, comme directeur-général des pompes.
Par brevet et lettres patentes du 15 août 1760, Pierre Morat fut « commis » pour faire le même service, au lieu » et place de Dumouriez fils », qui se retira avec 5,000 livres de pension viagère. Dix ans après, François- Nicolas était conseiller du Roi, président trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Montauban. 11 mourut avant I785»
Antoine-François, né en 1708, après avoir servi au régiment de Picardie,
LE LAQUAIS DB MOUÈftB ^J
devînt commissaire des guerres et mourut en avril 1769.
ïMarie-Anne, née en 1710, épousa en premières noces François-Etienne 4e Fontenay, dont elle eut un fils, mort officier dinfanterie, et deux filles, dont l'aînée épousa le marquis de Perry de Saint-Auvant, lieutenantcolonel du régiment de Noailles-cavalerie; la cadette, son cousin-germain Charles-François Dumouriez, Marie- An ne, remariée à messire Jean-Jacques Léonor Le Grix de la Potterie, lieutenant général civil et criminel au bailliage de Pont-Audemer ('>, habita cette ville de 1 762 à 1774 : elle mourut en 1792.
(i) Voir aux Pièces justificatives.
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Anne-Gencvièvej née en 17 12.
Marie-Françoise, née en 1 7 1 3 .
Enfin, Joseph-Antoine, né en 171 5, était en 1755 premier commis des bureaux du duc de la Vriiliére, à Versailles ; il fut plus tard premier commis de M. de Saint-Florentin, et ajoutait à son nom celui de la Geneste.
Ce ne sont là que quinze des trentedeux enfants de Du Périer, qui aurait eu, de ses deux lits, 24 garçons et 8 filles (0,
Nous venons de donner les noms de 7 de ces dernières.
Il nous resterait à trouver la 8® et
(i) Mémoires de Dumourieiy éd., F. Barrière, Paris, Didot, 1848, in-x8.
i6 garçons, si le chîffi-e 32 est exact.
Or, il suffit, pour qu'il le soit, que IDu Périer ait eu un enfant chaque année, de 1671 à 1690, et de 1705 à 1716, ce qui est douteux, mais non pas impossible.
DE tous ces enfants, l'un surtout mérite de fixer notre attention ; c'est Antoine-François, né à Paris le 3 janvier 1708.
Après avoir commencé à servir dans le régiment de Picardie ce où ils étaient sept frères à la fois (?), » il obtint en 1732 une charge de commissaire des guerres et épousa l'année
lOd us L^aiIAlS DE MOLIÈRE
suivante Sophie-Eléonore-Ernestine Pâtissier de Châteauneuf, fille, petitefille et sœur de comédiens de campagne, et cousine du futur lieutenantgénéral Bussy (ï).
Il avait un goût très vif pour la peinture, la musique et en général pour tous les beaux-arts, fit quelques traductions de comédies italiennes, espagnoles et anglaises, un recueil de
(i) Charles-Joseph Pâtissier, marquis de Bussy- Castelnau, fik de Philibert et de Sophie-Ernestine Passerat, né à Bucy-le-Long, prés Soissons, en 1718, mourut à Pondichéry, en janvier 1785, commandant de l'armée française aux Indes.
Nous n'avons pu retrouver son acte de naissance, les archives de Bucy et celles de Soissons ayant été en partie détruites lors de l'invasion de 1814.
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Poésies fugitives, un opéra, Griselidisy une tragédie, Démétrius, sujet déjà traité par Métastase et par Corneille dans don Sanche d'Aragon. .
En 1759, pendant la guerre de sept ans, il était chargé de l'intendance de l'armée du maréchal de Broglie, ce qui ne l'empêcha pas de travailler à son poème de Richardet, imitation et réduction heureuse du Ricciardetto de Forteguerri; cette publication, commencée en 1 762, valut à Dumouriez les suffrages de Voltaire.
11 avait acheté une petite terre prés de Saint-Germain-en-Laye, et il travaillait dans la retraite à un ouvrage sur Y Administration des armées lorsqull mourut en 1769, commissaire-ordonnateur au département de Paris, chc-
valier de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis <^l
Ses fonctions l'avaient attaché plus de douze ans à Cambrai. C'est dans cette ville que, le 26 janvier 1739,
lui naquit un fils, Charles-François (^),
(i) Il demeurait alors rue Pavée, paroisse S*-Eustache, au 2« étage, à Tencoignure de la rue des Deux-Portes S*-Sauveur.
(2) De ses deux filles, nées de 1734 à 1738, Tune, Nicole-Amélie, mourut abbesse de Fervacques, à Saint-Quentin ; l'autre, Anne-Charlotte, épousa en 1767 le baron Jean-Ferdinand- Cézar de Schonberg, un saxon, brigadier des années du Roy, mort lieutenant-général au service de la France. Leur fils, comte Xavier de Schonberg, colonel de dragons, défendit le Roi aux Tuileries le 10 août, et quitta la France après l'emprisonnement de Louis XVL II était à Dresde en 1794.
qui fut plus tard le général Dumouriez.
On trouvera le curieux récit de son enfance et de sa jeunesse en tête des Mémoires qui ont paru sous son nom.
Qu'il nous suffise de rappeler ici qu'il n'avait que six ans lorsqu'il perdit sa mère ('), que son père se consacra d'abord à son éducation et l'envoya ensuite au collège Louisle-Grand, d'où il sortit après sa rhétorique, en 1753, qu'enfin il fit un mariage d'amour en épousant sa cousine-germaine, Marie-Marguerite de Broissy, à Pont-Audemer (13 septembre 1774).
(i) S.-E.-E. Pâtissier de Châteauneuf, décédée à Cambrai, paroisse de la Magdeleine, le 9 septembre 1745 (état civil de Cambrai).
. Insistons surtout sur ce points inconnu jusqu'ici, que le vainqueur de Jemmapes, le héros de Valmy se trouve avoir eu pour grands-pères deux comédiens, Châteauneuf et Du Périen
Le général, dans ses Mémoires, s'est bien gardé de les nommer.
Peut-être devait-il au moins un souvenir au père de son père, à ce fils de ses œuvres, qui fut un homme de travail et d'énergie, qui lutta courageux sèment toute sa vie, rendit de vrais services, et, parti de si bas, s'éleva peu à peu et fit souche dlionnétes gens.
N'est-ce pas un peu au oc bonhomme Du Périer » que le futur ministre dût d'avoir l'enfance douce, et l'instructioa
facile et précoce? Et, plus tard, deà 70,000 livres qui lui revinrent dans k succession de son père, il y avait bien quelques écus des premières économies de Provençal, quelques pistoles de la part et de la pension du comédien du Roi, quelques louis des gains de l'homme d*affaires. Enfin — plus précieux héritage ! — les partisans de l'atavisme n'auront pas de peine â reconnaître dans le petit-fils Tesprît actif, entreprenant, aventureux, l'adresse, le courage et la persévérante volonté du grand-père.
En un temps où Ton prodigue volontiers le marbre et le bronze, serait-il ambitieux de réclamer pour la mémoire d'un homme utile, sinon
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son buste dans la cour de TEtat-major des sapeurs-pompiers de Paris (il n'existe pas de portrait de Du Périer), du moins une modeste inscription sur la façade de l'ancien Hôtel des Pompes, qu'il habita jusqu'à sa mort?
Si ma proposition agrée au Comité dont j'ai l'honneur de faire partie, François Du Mouriez Du Périer aura, lui aussi, réalisé ce rêve de son petitfils, de ne pas mourir tout entier M.
(i) Non omnis moriarl c'est, comme on sait, l'épigraphe des Mémoires du général Du Mouriez.
2 décembre 1673.
Fut nommé Pierre-François y fils de François DU Perier et de Madelaine de Ro- CHEFORT, comédiens, de présent dans cette paroisse, né le 25* de septembre dernier, par Pierre Pageot, dit Des Forges (i), et par Mag-
(i) Pierre Pajot était à Lyon le 29 février 166^
delaine Mousson (i), auquel furent conférées les cérémonies du baptême^ ayant été baptisé à cause du péril de mort.
Et ont signé :
P. Pajot. Du Pereer. / (2).