V. HARMONIE
IV. Les œuvres musicales ; histoire de la musique. La musique était florissante chez les Grecs et constituait un art honoré à l'égal de tous les autres. La notation était fort développée et permettrait de noter une œuvre musicale moderne. Les Grecs distinguaient la musique de chant, avec accompagnement, de la musique proprement instrumentale. Du système musical des Grecs dérivèrent les modes ecclésiastiques (les toniques, toutefois, différèrent). Saint Ambroise et Grégoire le Grand introduisirent dans l'Eglise le chant des hymnes et des antiennes. Hucbald inventa l'usage des lignes horizontales ; Gui d'Arezzo nomma les notes de l'octave, en même temps qu'il prépara la notation moderne en combinant l'usage des neumes (lignes droites, courbes , brisées , représentant la succession des notes d'une mélodie) avec l'usage des premières lettres de l'alphabet latin (de AàG). Ensuite, vint la période de gestation de l'harmonie. (V. g 3.) Du xiv« au xvf siècle, le contrepoint atteignit son plus haut développement (Dufay, Okeghem, Isaak, Josquin de Près, "Willaërt, Goudimet, Roland de Lassus, en France et dans les Pays-Bas ; les deux Finck, Stolzer et Senti, en Allemagne ; Morales en Espagne , les deux Gabrieli et, au-dessus de tous, Palestrina, en Italie). Au xvic siècle, il y eut une réaction contre l'art trop impersonnel des grands contrapontistes néerlandais. Monieverde introduisit 1' « expression >. dans la musique ; il fut le véritable créateur de l'opéra, ainsi que de l'instrumentation. Citons aussi, à la même époque: Péri, Cavalli, Scarlatti, Lulli, dans l'opéra; Cavalieri, Carissimi et Schûtz, dans l'oratorio. Le xvme siècle fut la grande époque classique de la musique. Toutes les tormes ébauchées auparavant reçoivent leur perfection ; l'orchestre de la symphonie classique est définitivement constitué. Dans l'opéra triomphent ; Rameau, Grétry, Gluck. Au xix« siècle, il semble que l'étroite affinité qu'il était possible de constater entre les différents groupes de musiciens commence à disparaître, tandis que s'accentuent en divers pays des tendances parfois contradictoires, chaque nation tenant à posséder son école.
L'école allemande, d'abord nettement classique, de 1780 à 1830, est caractérisée par son vif souci de la forme, la profondeur et le sérieux de son inspiration, enfin le soin qu'elle donne à la partie orchestrale. Elle triomphe dans la musique de chambre et la symphonie, avec les noms de Bach, Mozart, Haendel, Haydn, Beethoven, Hummel. Après 1830, elle subit profondément l'influence romantique . parfois douloureuse et tourmentée, avec Weber, Mendelssohn, Schubert, Chopin, Schumann, etc. L'œuvre de Richard Wagner résume toute la science harmonique et orchestrale de cette époque.
L'école italienne fut surtout heureuse au théâtre, dans l'opéra bouffe et l'opéra mi-sérieux. Elle est restée, depuis Piccini, l'école de la mélodie. L'orchestre s'efface devant la voix ; la virtuosité prime quelquefois l'émotion. Il faut citer les noms de
Paesiello, Cimarosa, Spontini, Pergolèsc, Mercadante, Bellini, et surtout ceux de Ilossini, Donizetti et de Verdi.
Quant à l'école française, il semble qu'elle ait pris soin de rester à l'écart de tous les excès ; préoccupée surtout de la clarté et de la pureté <h- la forme, de la vérité dans l'expression dramatique. Méhul, Boieldieu, Auber, Adam, llalévy, Herold, Ambroise Thomas, Massé, etc., se rapprochent des musiciens italiens par leur sens très vit de la mélodie claire et colorée, mais les dépassent par le souci de l'orchestration. Les noms de Berlioz, Meyerbeer, Gounod, Bizet, marquent l'apogée de l'école française, qui fut parfaitement à l'aise dans les genres de l'opéra-comiquc et de l'opéra, illustrés en dernier lieu par les œuvres de Reyer, Saint- Saens, Massenet, etc., mais ne se distingua pas moins dans l'opérette avec Offenbach, Lecocq, etc. (V. aux noms de pays, la rubrique Musique, ainsi que les articles sympuonie, opéra, etc.)
musiquer [zi-ké] v. n. Faire de la musique. V. a. Mettre en musique : musiquer vne poésie.
musiquette [zi-kè-te] n. f. Petite musique facile, sans valeur artistique.
mit soir [ zoir] n. m. Pointe d'une digue, d'une jetée. Tête d'écluse.
Musonius
Rufus (Caius), philosophe latin, stoïcien, né à Vulsiniumvers 30apr.
J.-C-, m. sous le règne de Titus.
Son enseignement se rapprochait de celui d'Epictéte.
musopha-
ge[zo]n.,m. Genre -';.' d'oiseaux passe- ~J reaux de l'Afrique occidentale , à plumage violet.
musophagidés [zo, dé] n. m. pi. Famille de passereaux, dont le genre musoplmije est le type. S. un musophagidè.
musqué [mus-ké], e adj. Parfumé avec du musc. Qui rappelle l'odeur du musc ou le goût du muscat : poires musquées. Fig. Affecté, recherché : écrivain, langage musqué.
musquer \mus-ké~\ v. a. Parfumer de musc.
musquinier [mus-ki-ni-é] n. m. Ouvrier tisserand, qui fabrique la batiste, le linon, dans l'Artois.
MuSSChenbroek (Pierre Van), physicien hollandais, né et m. à Leyde (1092-1701). On lui doit l'invention de la bouteille de Leijde.
musse [mu-se] n. f. Cachette. (Vx.)
mussende [mu-san-de] n. f. Genre de rubiacées génipées, comprenant des arbrisseaux des régions tropicales de l'ancien monde, considérées à tort comme fébrifuges.
musse-pot [mu-se-po] (à) loc. adv. V. muchepot (à).
musser [mu-sé] (Se) v. pr. Se cacher. (Vx.)
Musset [mu-se] (Louis-Charles-.4 Ifred de), célèbre poète français, né et m. à Paris (1810-1857). Il eut une existence tourmentée et douloureuse. Sa liaison avec G. Sand fut féconde en incidents orageux et cruels.
Il compromit par les excès les plus beaux dons de son génie. Ses poésies {Contes d'Espagne et d'Italie, Namouna, Mardoche, Rolla, les Nuits, l'Espoir en Dieu, le Souvenir, etc.) révèlent un esprit clair, spirituel, ironique, en même temps qu'une imagination voluptueuse et sombre.
Sa Confession dun enfant du siècle raconte le mal dont il avait souffert. Ses Comédies et Proverbes (Fantasio, les Caprices de Marianne, Il ne faut jurer de rien. On ne badine pas arec l'amour, etc.) sont d'exquises compositions théâtrales, où la grâce de Marivaux se tempère d'un grain de fantaisie shakspearienne. Musset demeure, en France, le plus grand « poète de l'amour", le plus spontané, le plus sincère, le plus émouvant. — Son frère, Paul- Edme de Musset, littérateu r français, né et m. à Paris (1804-1880), a écrit des romans, des nouvelles, des études littéraires ; Extravagants et originaux du xvii« siècle, Lui et Elle, etc.
Mussidan, ch.-l. de c. (Dordogne), arr. et à 20 kil. de Ribérac, sur l'Isle ; 2.350 h. {Mussidanais.) Ch. de f. Orl. — Le cant. a 11 comm. et 8.580 h.
mussif [mu-sif] ou musif, ive adj. (du b. lat. aurum musivum, or de mosaïque). Or mussif, bisulfure d'étain dont l'éclat rappelle celui de l'or et dont on se sert pour bronzer les statuettes et les ornements de plâtre.
MuSSipoutain, e [mu-si-pon-tin, è-ne], originaire ou habitant de Pont-à-Mousson : les Mussipontains. Adjectiv. ; population viussipontaine.
mUSSitation [mu-si-ta-si-on] n. f. (du lat. mussitare, parler à voix basse). Altération, faiblesse de la voix, difficulté d'articuler.
MllSSOll, comm. de Belgique (Luxembourg, arr. de Virton); 1.780 h.
MuSSy-SUr-Seine, ch.-l. de c. (Aube), arr. et à 15 kil. de Bar-sur-Seine ; 1 .410 h. Vins. Ch. de f. E. Patrie de Boursault. — Le cant. a 8 comm.et5.4G0h.
mustang [mus-tan] n. m. Cheval sauvage des pampas de l'Amérique du Sud.
mustapha [mus-ta] n. m. Pop. Petit garçon joufflu.
Mustapha, quartier d'Alger, qui constituait autrefois une commune distincte.
Mustapha I°r, né et m. à Constantinople, fils de Mohammed III, sultan ottoman en 1017, déposé en 10l8etmortétranglé en 1039 par ordre deMouradIV. — Mustapha II, fils de Mohammed IV, sultan de 1095 à 1703. Il vainquit d'abord les Vénitiens, les Impériaux et les Russes, mais ne put empêcher ces derniers de s'emparer d'Azov, fut battu par le
Musset.
prononciades lettres