‹ Le Larousse pour tousChapitre 264 sur 979 · NAN · texte numérisé non relu

NAN

NangiS [ji], ch.-l. de c. (Seine-et-Marne), arr. et à 22 kil. de Provins; 3.180 h. Ch. do f. E. Sucrerie, scierie; carrière de sable. Patrie de Guillaume de Nangis. — Le cant. a 18 comm. et 10 000 h.

NangiS [ji] (Louis-Armand de Brichanteau, marquis de), maréchal de France, né en 1C82, m. à Versailles en 1742; célèbre surtout par ses bonnes fortunes, « la fleur des pois », dit de lui Saint-Simon.

Nanine ou le Préjugé vaincu, comédie de Voltaire, dans le genre des pièces « larmoyantes » du temps (1749). La versification est brillant'', un peu négligée toutefois, à en juger par le vers f'àtr.eux :

Non, d n'est rien que Nanine n'honore.

naniser [zé] v. a. Soumettre (une plante) à des procédés qui la rendent naine.

nanisme [nis-me\ n. m. Ensemble des caractères que présentent les nains.

nankin n. m. Tissu de coton, couleur jaune chamois, qui se fabriquait originairement à Nankin (Chine) : pantalon de nankin.

Nankin, v. de la Chine orientale, capit. de la prov. de Kiang-Sou. Port sur le Yang-tsé-Kiang ; 261.000 h. Evêché catholique, nombreuses écoles; tissus de coton jaune dits nankins. C'est là que se trouve la fameuse tour de porcelaine. La ville fut prise d'assaut et pillée par les Taï-Pings en 1853 et reprise par les Impériaux en 1864.

nankinette [ni-te] n. f. Toile de coton plus légère que le nankin, mais tissée comme lui et de même couleur.

Nan-ning-fou, ch.-l. de départ, de la Chine (prov. de Kouang-Si), sur le You-Kiang; 35.000 h. Port fluvial.

nanocéphale adj. (du gr. nanos, nain, et kephalè, tête). Qui a la tète extrêmement petite.

nanocéphalie [li] n. f. Extrême petitesse de la tête.

Nansen [sèn] (Fridtjof), explorateur, naturaliste et homme politique norvégien, né à Christiania en 1S61 Il a exploré le Groenland et les mers arctiques et écrit de remarquables mémoires d'histoire naturelle nanSOUk ou nanZOUkn. m. Tissu de coton un peu plus fin que le jaconas, employé pour la confection des objets de lingerie, pour les applications de broderie, etc.

NanSOUty (Etienne-Marie-Antoine Champion, comte de), un des meilleurs généraux de Napoléon I", né ù. Bordeaux (1768-1815). — Son neveu, Charles-Marie-Etienne, né à Dijon, m. à Dax (1815- 1895), général de cavalerie, a organisé l'observatoire du pic du Midi de Bigorre.

nant, nans ou nan. Mot d'origine celtique signif. ruisseau, rivière, et qui entre dans la composition de nombreux noms géographiques (Jura, Savoie).

Nant, ch.-l. de c. de l'Aveyron, arr. et à 34 kil. de Millau, au-dessus de laDourbie; 1.980 h. Lignite, chaux. — Le cant. a 6 comm., et 6.070 h.

Nanterre, comm. de la Seine, arr. de Saint- Denis; 17.430 h. {Nanterrois). Ch. de f. O. Maison de répression et dépôt de mendicité pour condamnés, vagabonds ou vieillards impotents. Patrie de sainte Geneviève, de Henriot.

Nantes, [te] ch.-l. du dép. de la Loire-Inférieure, sur la Loire et l'Erdre ; ch. de f. O. et Et. ; à 397 kil. de Paris; 161.910 h.

{Nantais). Evêché; construction de navires ; industrie et commerce très actifs : savonneries, filatures, conserves alimentaires.

Patrie des saints Donatien et Rogatien, d'Anne de Bretagne, de Lamoricière, Cassard, Monselet. Cathédrale gothique; château des ducs de Bretagne.— L'arrond. a 17 cant., 71 comm., 301.540 h. ; le 1" canton a 1 comm. et 27.840 h. ; le 2«, 1 comm. et 28.600 h. ; le 3«, 1 comm. et 13.470 h. ; le 4«, 2 comm. et 28.390 h.; le 5e, 1 comm. et 19.470 h.; le 6e, 4 comm. et 46.210 h.

Nantes {édit de), édit rendu par Henri IV le 13 avril 1598 en faveur des protestants et pour régler la condition légale dans l'Etat de la religion réformée. Il autorisait l'exercice du culte calviniste, sauf à la cour et à Paris ; il était accordé aux protestants quatre universités ou académies, des chambres mi-parties dans les parlements, et un certain nombre de places de sûreté, etc. L'exécution de l'édit ne fut jamais complète. Sous Louis XIV, les droits consentis furent sup^ primés un à un ; le roi suivit une politique de rigueur (v. dragonnades), et l'édit fut révoqué le 17 octobre 1685. Cette révocation amena l'expatriation d'un j^g grand nombre de protestants W\'Ç parmi les plus actifs et les 'jjjfi.plus travailleurs de la nation J* /!.

française.

Nantes à Brest

(canal de), voie navigable des départ, de la Loire-Inférieure, de l'IUe-et/Vilaine, du Morbihan et du Finistère. Ce canal, ouvert en 1838, traverse Redon, Chàteaulin.

Nanteuil (Robert), graveur Reims, m. à Paris (1623-1678).

Ses portraits, où il a représenté tous les personnages les plus connus de son temps, valent par leur vérité et leur vie. Il faut citer, parmi les plus remarquables, ceux de Louis XIV, Colbert , lurenne, Anne d'Autriche.

Nanteuil (Célestin), peintre, dessinateur et lithographe français, né à Rome, m. à Marlotte (1813-1873). Citons, parmi ses peintures : la Source, Tentation, Séduction, Ivresse.

etc. Ses illustrations, ses lithographies sont charmantes de fantaisie et de grâce.

Nanteuil, comm. des Deux-Sèvres, arr et è 20 kil. de Niort; 1.260 h.

Armes de Nantes-

Nanteuil.

français , né à

sur le lac de Nan-

Armes de Nantua.

NAN Nanteuil-le-Haudouin, ch.-i. de c. (Oise),

arr. et à 20 kil. de Senlis, sur la Nonette, affl. de l'Oise; 1.450 h. Ch. de f. N. Marbre. — Le cant. a 19 comm., et 8.220 h.

Nailteuil-lès-MeaUX, comm. de Seine-et- Marne, arr. et à 4 kil. de Meaux , près de la Marne; 1.580 h. Plâtre.

Nantiat [li-a], ch.-l. de c. (Haute-Vienne), arr. et à 19 kil. de Bellac, au-dessus du Vineou; 1.830 h. Ch. de f. Orl. — Le cant. a 11 comm., et 11.510 h.

Nailtichilde ou Nantilde, reine de France, femme de Dagobert 1" et mère de Clotaire II; m. en 542.

nantir v. a. (orig. germ.). Donner des gages pour garantir une dette, un prêt : prêteur que l'on nantit par une hypothèque. Par ext. Munir, pourvoir : nantir de provisions. Se nantir v. pr. Se pourvoir par précaution : se nantir d'argent.

nantissement [ti-se-man] n. m. Action de nantir. Contrat par lequel un débiteur remet une chose à son créancier pour sûreté de la dette. Objet remis en garantie : le nantissement d'un objet mobilier s'appelle gage.

— Encycl. Dr. Le nantissement est une sûreté réelle. Lorsqu'il porte sur une valeur mobilière, il prend le nom de gage, et quand il a pour objet une valeur immobilière, on le désigne sous le nom d'antichrèse. V, antichrèse, gage.

NantOUillet, comm. de Seine-et-Marne, arr. de Meaux ; 249 h. Château (xvi» s.) du chancelier Duprat.

Nantua, ch.-l. d'arr. (Ain), tua; ch. de f. P.-L.-M.; à 45 kil.

de Bourg; 2.890 h. Patrie de Baudin. Tulles, soieries, tabletterie. — L'arrond. a G cant., 74 comm., 48. 850 h. Le cant. a 12 comm. et 7.800 h. Le lac de Nantua, dans les monts de l'Ain (2 kil. 500 sur 400 à 700 m), reçoit la Doye et le Merloz.

naos [oss] n. m. (m. gr.).

Antiq. gr. Temple. Partie intérieure et principale d'un temple.

napée [pé] n. f. (du gr.

navr, vallée). Nymphe des pYairies et des bocages. IMytk.)

napée \j>è) n. f. Genre de malvacées, comprenant deux espèces de plantes vivaces de l'Amérique septentrionale. (Les tiges des napées fournissent des fibres textiles, dont certaines sont assez fines pour servir à la fabrication de la dentelle.)

napel [pU] n. m. Nom spécifique de l'aconit de montagne. (Ce nom [aconitum ?iapellus] lui vient de la forme de sa racine, qui rappelle un petit navet [napellus].)

naphtadil [naf-ta] ou neftgil [nlft] n. m. Cire fossile de la Caspienne.

naphtaline [naf-ta] n. f. Carbure retiré du goudron de houille.

— Encycl. La naphtaline fut découverte en 1820 par Garuen dans le goudron de houille. On l'extrait aujourd'hui des goudrons abandonnés dans les gazomètres. C'est un solide blanc, d'odeur goudronneuse, de densité 1,158, fusible à 78»,2, se sublimant vers 100» ; elle brille avec une flamme fuligineuse. La napthaline est soluble dans l'alcool bouillant, l'éther et les essences ; fondue, elle dissout le phosphore, le soufre. Elle a pour formule C,0H». La naphtaline sert à la fabrication des noirs de fumée; ses dérivés nitrés entrent dans la composition des explosifs de sûreté Favier ; elle est utilisée dans la fabrication des naphtols, des naphtylamines et des nombreuses couleurs qui en dérivent. Ses propriétés antiseptiques la font utiliser pour la conservation des collections, des vêtements, contre les mites et, en tannerie, pour conserver les peaux. Sous le nom d'albo-carbon, on s'en sert quelquefois pour carburer le gaz d'éclairage. En médecine, elle a été préconisée contre les affections des bronches et contre les maladies de peau.

naphtaméine [naf-ta] n. f. Matière colorante violette, résultant de l'oxydation des sels de naphtylamine.

napïlte [naf-te] n. m. (gr. naphtha; du chaldéen néphet, bitume). Corps liquide, résultant du mélange de divers hydrocarbures.

— Encycl. Dans l'industrie, le nom de naphte est appliqué a tous les pétroles liquides, à toutes les huiles minérales qui se rencontrent en divers points du globe : Pensylvanie, Russie, etc. (V. pétrole.) Commercialement, on désigne sous le nom de naphte le produit distillé des pétroles, de densité 0,67 à 0,72, compris entre les gazolines et les benzines : l'essence minérale, bouillant entre 80» et 110», la linnrolne, dissolvant employé en pharmacie, de densité 0,73, bouillant de 80» à 120», sont des variétés de ce naphte commercial. Les usages de ce naphte sont nombreux : carburation du gaz d'éclairage, chauffage, éclairage par lampes à éponge, force motrice, dissolution des vernis, du caoutchouc, dégraissage, etc.

Certains produits de la distillation du goudron de houille appelés naphte d'os (ou huile minérale de Dippel), naphte de charbon (ou huile de houille) ont acquis une grande importance comme matière première des phénols, carbures aromatiques, parfums, couleurs, etc.

naphtéine n. f. Cire fossile.

naphtol [naf-tol] n. m. Nom donné aux phénols dérivés de la naphtaline, et qui sont des antiseptiques intestinaux.

— Encycl. Il existe deux naphtols isomères C'»Hi(OH), que l'on désigne à laide des lettres <* et ,3; ils prennent naissance lorsqu'on traite par les alcalis à 300» le sel sodique de l'acide naphtylsulfureux. Ils sont surtout employés comme générateurs de nombreuses matières colorantes. La médecine utilise le S-naphtol à la dose de 0 gr. 5 à 2 gr. pour combattre les fermentations anormales du tube digestif, et aux mêmes doses le benzonaphtolbétol ou benzoate de 9-naphtol, le salol ou salicylate de B-naphtol, etc. La parfumerie utilise le mèthylben- zonaphtol sous le nom de yara-yara ou néroline.

naphtoquinone [naf-to-ki] n. f. Quinone dérivée de la naphtaline.

Armes de Naples.

naphtUlmine [naf-tu] n. f Colorant bleu, obtenu par oxydation de la naphtylamine.

n aphty lamine [naf-ti] n. f. Aminé dérivée de la naphtaline.

naphtyle [naf-li-le] n. m. Radical hypothétique, C'° H', monoatomique, contenu dans les dérivés de la naphtaline.

naphtylique [naf-ti] adj. Se dit des dérivés de la naphtaline : composés naphlyliques.

Napier (Jean). V. Neper.

Napier (sir Charles James',, général anglais, qui, de 1841 à 1845, soumit le Héloutchistan (I782-I8o3j.

Napier (sir Charles), cousin du précédent, amiral anglais, né à Merchiston Hall (1786-1800). Il commanda la flotte de la Baltique, pendant la guerre de 1854-1855.

Napier de Magdala (Robcrt-Cornélis, baron de), général anglais, né à Ceylan, m. à Londres (1810-1890). Il se couvrit de gloire, à la prise de Lucknow (1857).

napiforme adj. (du lat. napus, navet, et de forme). Qui a la forme d un navet. (Se dit en parlant de certaines racines.)

Naples (royaume de), anc. division de l'Italie, comprenant, la partie sud de l'Italie et la Sicile. C'est l'ancien royaume des Deux-Siciles, fondé au xn» siècle par Roger II. V. Deux-Siciles.

Naples, v. du royaume d'Itnlie, capit. de l'anc. royaume de Naples ; ch— 1. de la prov. de Naples ; dans un site admirable sur le golfe de Naples, formé par la mer Tyrrbénienne, et non loin du Vésuve ; 495.000 h. (Napolitains). Archevêché , bibliothèque, musées et collections d'œuvres d'art d'un grand prix , belles églises, palais, etc. ; grand commerce. Fonderies de canons, soieries, pâtes alimentaires. Port très actif. Cette ville fut prise par Charles VIII (14951, Championnet (1799) et.Garihaldi (1860), qui en chassa les Bourbons. Patrie de Staee, Velleius Paterculus, Vico. Sannazar, Salvator Rosa, D. Caraccioli, etc. — La prov. a 1.187.000 h.

Naples (mal de), ancien nom de la syphilis, que les Françaisprétendirentavoir rapportée deNaples après l'expédition d'Italie qui eut lieu sous Charles VIII. NaplOUSe, v. de la Turquie d'Asie (prov. de Damas), sur des collines entre le Jourdain et la mer ; 25.000 h. C'est la Sichem des Ecritures.

napoléon n. m. Pièce de 20 francs, à l'effigie de Napoléon. (On dit un napoléon comme on dit un louis.)

Napoléon Ier (Bonaparte), empereur des Français, second fils d'un avocat, Charles Bonaparte, et de Laetitia Ramolino, né à Ajaccio, m. à i.ongwood (Sainte-Hélène) [1769-1821]. 11 fit son éducation militaire à l'Ecole de Brienne, puis à l'Ecole supérieure militaire de Paris, servit comme lieutenant d'artillerie, et, pendant la Révolution, se distingua comme chef de bataillon commandant l'artillerie au siège de Toulon (1793), comme général de brigade dans la campagne de 1794 en Italie, temba en disgrâce après le 9-Thermidor, mais, après avoir réprimé l'émeute du 13-Vendémiaire,et épousé Joséphine Tascher de La Pagerie. obtint de remplacer Schererà la tête de l'armée d'Italie, en 1796. Il dirigea cette campagne mémorable signalée par les victoires de Montenotie, de Millesimo, de Mondovi, Castiglione, Lodi, Arcole, Rivoli, etc., et signa avec l'empereur d'Autriche les préliminaires de Leoben. Revenu à Paris et objet de l'admiration générale, Bonaparte, dont l'ambition croissait avec les succès, résolut de se rendre indispensable. « Pour que Bonaparte fût maître de la France, a-t-il dit dans ses Mémoires, il fallait que le Directoire éprouvât des revers en son absence, et que son retour ramenât la victoire sous nos drapeaux. » Telle fut la vraie raison de l'expédition d'Egypte (1798-1799), marquée par la bataille des Pyramides, pendant laquelle le Directoire s'aliéna l'opinion et l'armée par les premiers revers de la campagne de 1799, la loi de la conscription et l'emprunt forcé progressif. Le moment parut opportun à Bonaparte, revenu en hâte d'Egypte, pour accomplir le coup d'Etat qu'il méditait (18-Brumaire [9 nov.

1799]). D'abord premier consul, il réussit à se faire nommer consul à vie (1802), après sa triomphante deuxième campagne d'Italie (1800), terminée à la journée de Marengo, et la conclusion des traités de Lunéville et d'Amiens. A côté de mesures despotiques et antilibérales, telles que le rétablissement de l'esclavage aux colonies, l'exécution du duc d'Enghien, le procès du général Moreau, la déportation en masse des royalistes après l'explosion de la machine infernale, etc., il en prit d'autres tout à fait louables : code civil, nouveau système financier, Banque de France. Université, Légion d'honneur. Il fit ênergiquement régner l'ordre dans les départements, et introduisit au conseil d'Etat, sans distinction d'origine, les esprits les plus distingués de tous les partis. Par le Concordat, signé avec Pie Vil, il rattacha l'Eglise catholique à l'Etat, de manière à avoir le clergé sous sa dépendance. Enfin, le 18 mai 1804, les pouvoirs publics lui décernèrent la dignité impériale. Carnot au Tribunat, Grégoire au Sénat, protestèrent seuls contre cette confiscation de la liberté. Le souverain s'entoura d'une cour calquée sur celle des Bourbons

Napoléon !•'•

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