‹ Le Larousse pour tousChapitre 265 sur 979 · NAP · texte numérisé non relu

NAP

et organisa de toutes pièces une noblesse impériale, abondamment pourvue de mojorats. Il fut sacré par le pape le 2 décembre 1804. mais posa lui-même la couronne impériale sur sa tête, puis une autre couronne sur la tète de l'impératrice.

Bonaparte, devenu Napoléon I", ne pouvait donner â la France la paix dont, après quinze ans de troubles civils et de guerre étrangère, elle avait le plus pressant besoin. Arrivé au pouvoir grâce à ses victoires, c'est par des victoires nouvelles qu'il lui fallait s'y maintenir.

Brouillé en 1803 avec l'Angleterre, l'Autriche et la Prusse (ligue du Rhin), il forma contre les Anglais le camp de Boulogne, mais dut bientôt porter ses efforts sur le continent (campagne d'Autriche, victoire d'Austerlitz, traité de l'resbourg). L'Allemagne ne se résignant pas à nos succès, il abattit la Prusse à Iéna et à Auerstsedt, et. maître de Berlin, ilrépondit au blocus maritime des Anglais par le Blocus continental, puis marcha contré les Russes, qu'il battit à Eylau et à Friedland.

Au traité de Tilsit, il partageait l'Europe entre les deux influences française et russe. Mais bientôt commencentles excès de la politique napoléonienne, et aussi les revers : l'expédition d'Espagne, la réunion à l'Empire de la Hollande, d'une partie de l'Italie, etc., la campagne de 1809, qui maîtrise l'Autriche sans la dompter, et à la suite de laquelle Napoléon épouse l'archiduchesse Marie-Louise ; enfin, la désastreuse campagne de Russie, après laquelle l'Empereur, regagnant la France avec les débris de la Grande Armée, trouve toute l'Allemagne soulevée contre lui. Après les batailles de Lut/.en, de Bautzen, Napoléon aurait peut être pu signer une paix honorable ; mais il repoussa les conditions qu'on lui offrit au congrès de Prague et fut vaincu à Leipzig (1813), par les Alliés, qui envahirent la France et entrèrent à Paris, malgré les efforts admirables de l'Empereur (campagne de France de 1814). Napoléon, déclaré déchu par le Sénat, obligé d'abdiquer à Fontainebleau, se retira à l'île d'Elbe (20 avril 1814- . Quelques mois après, le 26 février 1815, devant l'impopularité et les imprudences du gouvernement de la Restauration, il quitta cette retraite, débarqua dans le golfe Jouan, entra le M mars à Paris, que Louis XVIII avait quitté la nuit précédente, et, pour satisfaire les libéraux, donna un Acte additionnel aux constitutions impériales. Mais l'Europe coalisée, victorieuse à Waterloo, envahit de nouveau la France : cette fois, l'Empereur, qui s'étaiteonfié àl'Angleterre, dut s'embarquer pour Sainte-Hélène, où il mourut en 1821, après une captivité rendue plus cruelle encore par la dureté de ses gardiens. — Marié en premières noces à Joséphine Tascher de La Pagerie, veuve du général Beauharnais, il divorça en 1809 et épousa Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, dont il eut un fils, Napoléon II. Peu d'hommes ont exercé sur leur temps une influence aussi profonde, aussi durable que Napoléon. Il fut le plus grand capitaine du monde et l'homme le plus éminent par la variété de son génie et de ses aptitudes, par sa puissance incroyable de travail et d'assimilation. Mais son ambition le perdit et ruina la France avec lui On a publié de Napoléon I" le Mémorial de Sainte- Hélène, et des Mémoires, dictés par lui et d'un immense intérêt.

Napoléon (Mémoires pour serrit- à l'histoire de France sous), écrits à Sainte-Hélène par les géné-

Le Sacre de Napoléon I" (d'après David) [partie centrale].

raux qui ont partagé la captivité de l'Empereur. Ils ont été publiés pour la première fois en 1S23 par Las Cases et Gourgaud. C'est un exposé politique et militaire des idées napoléoniennes.

Napoléon I,r (Correspondance de), collection des lettres, bulletins et proclamations du vainqueur d'Austerlitz, document historique de premier ordre.

Napoléon (le Couronnement ou le Sacre de), chefd'œuvre de David (musée du Louvre), vaste composition, très simple, quoique très solennelle (1810).

Napoléon (Histoire de), par Lanfrey (1867), savante étude philosophique, où Napoléon est sévèrement et parfois assez injustement jugé.

Page 1