‹ Le Larousse pour tousChapitre 271 sur 979 · ÉTRANGER, FRANÇAIS · texte numérisé non relu

ÉTRANGER, FRANÇAIS

nativement [man] adv. De nature. Par sa nature. Primitivement.

nativisme [vis-me] n. m. (de natif). Théorie psychologique, d'après laquelle la représentation de l'étendue est donnée immédiatement avec la sensation visuelle ou tactile, et non acquise par l'expérience.

nativiSte [vis-te] adj. Qui se rapporte au nativisme : théorie nathnste.

nativité n. f. (lat. nativitas). Terme consacré pour désigner la fête de la naissance de Jésus- Christ, de la sainte Vierge et de quelques saints. Anniversaire où l'on célèbre un de ces événements. Absolum. (avec une majuscule), la naissance de Jésus, la fête de Noël. Représentation artistique de la nativité du Christ. Astral. Thème de la nativité. détermination de la situation des astres au moment de la naissance d'une personne dont on veut tirer l'horoscope.

Nativité (la), tableau de Jules Romain, au Louvre ;

NAT

peintre et graveur

Natoire.

la

Nativité de Jésus-Christ, d'après Varallo Scsi», composition savante, une des meilleures de l'auteur ; de Varallo Sesia, à Bologne; d'Albert DUrer, au musée de Naples.

Natoire (Charles-Joseph), français, né à Nimes, m. à Castel-Gandolfo (1700-1777), élève de Lemoine. C'est un maniériste académique, plus soucieux du joli que dubeau. Citons de lui : Vénus demandant à Vulcain des armes pour Enëe.

Junon, les Trois Grâces, etc.

natrium [tri-om'] n. m.

Chim. Ancien nom du sodium.

natromètre n. m. Instrument servant à mesurer la teneur en soude ou en potasse des produits commerciaux.

natron ou natru m

[trom'\ n. m. (ar. Hatroun).

Carbonate hydraté naturel

de soude : le natron servait aux Egyptiens d

conservation des momies.

Natron (lacs de) ou Ouadi-el-Natroun,

groupe de lacs de la basse Egypte, où le natrou

existe à l'état

de dissolu- =^^r-srT^u=^Ji

tionetd'efflo-

rescenee.

nattage

[na-ta-je] n.

m. Action de natter. Etat de ce qui est natté.

nattaire

[7ia-té-re]adj.

et n. m. Solitaire , moine qui n'avait pour lit

!}„ :,.„„ Nattes : 1. De litière (A, litière : B, natte] ;

UL joue. 2 De lollr de poteau ; 3. De plancher.

natte

[na-te] n. f. (lat. matta). Tissu de paille ou de jonc, fait de brins entrelacés. Objet quelconque (fil,

Natte.

Nalfier.

soie, or, etc.), fait de brins tressés comme ceux d'une natte. Cheveux tressés en natte. Petit pain formé de trois brins de pâte nattés ensemble.

natter [na-té] v. a Tresser en natte : natter de la paille. Couvrir de nattes : natter une chambre. A.m . Dénatter.

nattier [na-tt-é], ère n. Qui .

fait ou vend des nattes de jonc, de paille.

Nattier [na-ti-é] (Jean-Marc), célèbre peintre portraitiste fiançais, né et m. à Paris (1685-1766), 11 a représenté avec infiniment de grâce et de distinction beaucoup de femmes célèbres du X via* siècle : Mûrie Leczinska, etc. Atteint d'hydropisie, il connut toutes lesamertuuies de la décrépitude.

natu-majorité n. t.

Dr. Qualité d'aîné. (Peu us.)

naturalisation [za-si-

on] n. f. Acte par lequel un étranger devient citoyen d'un Etat qui n'est point le sien :

obtenir des lettres de naturalisation. Grande naturalisation. I celle qui, autrefois, conférait à la fois les droits civils et les droits politiques. Acclimatation des plantes ou des animaux sur un sol qui leur est étranger. Action de transporter une locution d'une langue dans une autre. Action de donner â un animal, à une plante morte, l'apparence de la vie.

— Encycl. Dr. L'étranger qui veut obtenir l'autorisation de fixer son domicile en France adresse au ministre de la justice une demande (sur papier timbré) accompagnée : 1» de son acte de naissanee et de celui de son père (avec la traduction s'ils sont en langue étrangère); 2" d'un extrait du casier judiciaire français. Le demandeur s'engage à acquitter les droits de sceau (175 fr. iii). L'étranger autorisé par décret à fixer son domicile en France y jouit de tous les droits civils ; l'effet de l'autorisation cessé à l'expiration de cinq années , si l'étranger ne demande pas la naturalisation ou si la demande est rejetée. En cas de décès avant la naturalisation, l'autorisation et le temps de stage qui a suivi profitent â la femme et aux enfants mineurs.

Peuvent être naturalisés : 1» les étrangers qui depuis trois ans ont été autorisés â fixer leur domicile en France; 2° les étrangers qui peuvent justifier d'une résidence non interrompue pendant dix années : le séjour en pays étranger pour l'exercice d'une fonction conférée par le gouvernement français est assimilé à la résidence en France; 3° les étrangers admis à fixer leur domicile en France, après un an, s'iis ont rendu des services importants à la France, s'ils y ont apporté des talents distingués, s'ils y ont introduit une industrie ou des inventions utiles, s'ils ont créé soit des établissements industriels ou agricoles, s'ils ont été attachés au service militaire dans les colonies et les pays de protectorat français ; 4« l'étranger qui a épouse une Française, après une année de domicile autorisé. Il est statué par décret en conseil d'Etat sur la demande de naturalisation, après une enquête sur la moralité de l'étranger.

La femme mariée à un étranger qui se fait naturaliser Français et les enfants majeurs de l'étranger naturalisé peuvent, s'ils le demandent, obtenir la qualité de Français, sans condition de stage, soit par le décret qui confère cette qualité au mari ou au père ou à la mère, soit comme conséquence d'une déclaration qui sera enregistrée au ministère de la justice. Les enfants mineurs d'un père ou d'une mère survivants qui se sont fait naturaliser deviennent F'rançais et gardent cette qualité, à moins que, dans l'année qui suivra leur majorité, ils n'y renoncent par une déclaration.

La demande de naturalisation, comme celle d'admission à domicile ou de réintégration dans la qualité de Français, est adressée au préfet du département de la résidence, qui la fait parvenir au ministre de la justice.

La demande tendant à obtenir la naturalisation doit être rédigée sur papier timbré et accompagnée des pièces suivantes : 1° acte de naissance; 2° acte de mariage des père et mère et leurs actes de naissance si l'acte de mariage n'indique pas les noms, prénoms, dates et lieux de naissance des conjoints; 3° extrait du casier judiciaire français du demandeur; 4° acte de mariage du demandeur et les actes de naissance de ses enfants mineurs (avec traduction si ces actes sont en lansrue étrangère). Le demandeur s'engage à payer les droits de sceau '175 fr. 25).

Si l'étranger demandeur a épousé une Française, il doit produire l'acte de naissance de sa femme et l'acte de naissance du père de celle-ci ; s'il résidait en France depuis dix ans. il joint â sa demande telles pièces que de droit (baux, par exemple) établissant la réalité de cette résidence.

La remise partielle des droits n'est accordée qu'aux demandeurs qui justifient de l'impossibilité de les acquitter intégralement ; la remise totale est accordée eu égard à des services publics : actes de courage, par exemple. Dans tous les cas où la qualité de Français est acquise, on ne pourra s'en prévaloir que pour les droits ouverts depuis l'accomplissement complet des formalités.

Quant aux droits politiques, l'étranger naturalisé jouit bien de tous ceux qui sont attachés & la qualité de citoyen français; toutefois il n'est éligible aux assemblées législatives que dix ans après le décret de naturalisation, à moins qu'une loi spéciale n'abrège ce délai.

naturalisé [se], e adj. et n. Se dit des personnes élevées au rang des citoyens nés d'un Etat : les personnes naturalisées (ou les naturalisés) jouissent des mêmes droits que les nationaux.

naturaliser [zé] v. a. Donner à un étranger les droits dont jouissent les citoyens d'un Etat: se faire naturaliser Français. Acclimater un animal ou une plante, au point qu'ils se comportent entièrement dans le pays d'adoption comme dans le pays d'origine. Empaillerun animal, préparer une plante de manière à leur conserver leur aspect naturel. Naturaliser in mot, te transporter d'une langue dans une autre.

NAT

naturalisme [lis-mc] n. m. Caractère de ce

3 ni est naturel : le naturalisme d'un prétendu proige. Bx-arls. Réalisme, imitation naïve de la nature': le naturalisme d'Albert Durer. PUilus. Système de ceux qui attribuent tout à la nature comme premier principe. Religion de la nature. Litt. Ecole littéraire qui s'est proposé de reproduire la nature, la réalité, aussi exactement que possible : Zula fut le chef du naturalisme.

— Encycl. Philos. Le naturalisme ne représente pas, dans l'histoire de la philosophie, une doctrine bien définie. Il est parfois synonyme presque rigoureux de matérialisme. Cependant, on peut dire que le matérialisme s'occupe surtout de l'essence des êtres et nie l'existence d'une substance spirituelle et que le naturaliste s'occupe surtout de la cause des êtres et nie l'existence d'une cause en dehors de la nature.

naturaliste [lis-te] n. m. Celui qui se livre à l'étude des plantes, des minéraux, des animaux : Aristote, Pline et Bu/fon furent de grandi naturalistes. Celui qui prépare des animaux pour être conservés dans des collections. Qui pratique le naturalisme en littérature et en art. Partisan du naturalisme en philosophie. Adj. Fondé sur la nature : la première religion des Romains fut un panthéisme naturaliste.

naturalité n. f. Etat de celui qui est né dans le pays qu'il habite, ou qui s'y est fait naturaliser. Naturalisation: lettres de naturalité. (Vx.)

naturam expelles furoa, tamen usque recurret, mots lat. signif. : Chassez la nature arec une fourche, elle reviendra toujours en courant. Vers d'Horace (Epitres, I, 10, 24), que Destouches, dans son Glorieux (III, 5), a traduit par le. vers célèbre :

Chassez le naturel, il revient au (galop.

natura non facit saltus, mots lat. signif. : La nature ne fait pas de sauts. C'est-à-dire : La nature ne erée ni espèces ni genres absolument tranchés ; il y a toujours entre eux quelque intermédiaire qui les relie l'un à l'autre. Aphorisme scientifique énoncé par Leibniz (Nouveaux Essais, IV, 16).

naturante adj. f. (lat. naturans). Se dit. dans la philosophie de Spinoza, de la nature considérée comme cause de ses phénomènes, par opposition à la nature naturée, qui représente l'ensemble de ses manifestations, c'est-à-dire la nature à l'état passif.

nature n. f. (lat. natura). Ensemble des choses qui existent réellement : les trois règnes de la nature. Puissance, active et soumise à certaines lois, de cet ensemble : les lois de la nature. Ce qui est naturel, sans art : ne pas farder la nature. Essence d'un être : nature divine, humaine. Organisation de chaque animal : la nature du poisson est de vivre dans Veau. Tempérament : nature bilieuse. Inclination de l'âme : nature perverse. Personne considérée au point de vue de ses qualités naturelles : les natures ambitieuses. Parties qui servent à la génération, surtout chez les femelles. Affection du sang : le cri de la nature. Valeur propre, objets naturels, par opposition à l'argent monnayé : payer en nature. Modèles naturels qu'un artiste a sous les yeux : peindre d'après nature. Nature morte, objets inanimés, fleurs, fruits, animaux morts. Sorte : objets de différente nature. De nature, que l'on tient de la nature, inné. Etat de nature, état de l'homme antérieurement à toute civilisation. Contre nature, contre l'honnêteté naturelle ou contre le vœu de la nature. Crime contre nature, sodomie. Homme de la nature. homme tel que la nature l'a fait, eu dehors de toute éducation. Etat de nature, état de l'homme tel qu'on le suppose antérieurement à toute civilisation, nudité complète. Dons de la nature, avantages que nous apportons en naissant. Forcer la nature, vouloir faire plus qu'on ne peut. Payer le tribut d la nature, mourir. Adjectiv. Fam. Naturel : un portrait bien nature. Cuit sans apprêt ou servi sans accompagnement: un bœuf nature. Adverbial. D'une manière naturelle, exacte : peindre nature. Allus. uttér. V. frère. Loc. prov. : Nourriture passe nature, l'éducation a plus de pouvoir sur nous que la nature même. Nature ne peut mentir, on ne peut agir contrairement à ses instincts naturels.

Nature (Système de la), traité de philosophie matérialiste de d'Holbach, où il tente une explication exclusivement matérialiste de l'univers. (1770)

Nature des choses (De la) [De natura rerum], poème philosophique en six chants, par Lucrèce, exposition complète, admirablement éloquente, du système d'Epicure (56 av. J.-C). Lucrèce y explique le système des atomes, réfute le paganisme en montrant la sottise et la cruauté des légendes de la mythologie (épisode d'Iphigénie); il chante l'homme physique, les sens, l'amour, raconte les premiers âges du monde et décrit les phénomènes naturels. Le style est plein de vigueur, de logique, et aussi de passion et d'éclat.

Nature des dieux (De la). V. dieux.

naturée adj- f. (lat. naturata). V. naturante.

naturel, elle [rèl, é-le] adj. Conforme à l'ordre de la nature : loi naturelle. Qu'on apporte en naissant : bonté naturelle. Conforme à la raison, à l'usage : il est naturel de... Qui s'offre naturellement à l'esprit : sens naturel d'un mot. Exempt de recherche, d'affectation : langage naturel. Facile, sans contrainte : esprit, air naturel. Qui n'est point falsifié : vin naturel. Qui est né hors du mariage : enfant naturel. Théol. Qui appartient à l'homme déchu (par opposition à l'ordre de la grâce). Mort naturelle, qui résulte de la maladie ou de l'âge. Musig. Ton naturel, qui n'est modifié par aucun signe. Sciences naturelles, sciences qui traitent de la nature et de ses productions. Histoire naturelle, science qui a pour objet la description et la classification des êtres vivants. Enfant naturel, v. enfant. N. m. Propriété inhérente à la nature d'un être : le naturel île l'homme est d'"tre sociable. Caractère, inclination, humeur : heureux naturel. Qualité de ce qui est facile et sans contrainte ; absence d'affectation : ce tableau mangue de naturel. Au naturel loc. adv. Avec vérité : représenter, peindre quelqu'un nu naturel. Sans apprêts : bœuf au naturel. PI. Les naturels d'un pays, ses habitants originaires. Ali.us. littér. :

Chassez le naturel, il revient au galop,

vers de Destouches, dans le Glorieux (III, 5). V. naturam expelles, etc.

naturellement Wè-le-man] adv. Par une impulsion naturelle : le lion est naturellement courageux. Par le seul secours de la nature : cela se fait

naturellement. D'une manière naturelle, aisée : écrire naturellement. Facilemeut, simplement : cela s'explique naturellement.

naturisme [ris-me] n. m. Syn. de naturalisme. Méd. Système de ceux qui attendent tout des seules forces de la nature.

naturiste [ris-te] n. et adj. Partisan du naturisme.

Naucelle [nô-St-le], ch.-I. de c. (Aveyron), arr. et à 24 kil. de Rodez, au-dessus de l'Escudelle; 1.620 h. (Naucellois). Clouterie. — Le cant. a 8 comm. et 9.670 h.

NaUCk (Auguste), philologue allemand, né à Auerstsedt, m. à Terijoki (1822-1890). Il a donné d'excellentes éditions d'Homère et des tragiques grecs.

nauclée [nô-klé] n. f. Genre de rubiacées des tropiques, dont l'écorce est-fébrifuge.

nauclère [no] n. m. Genre d'oiseaux rapaces du groupe des milans, comprenant deux espèces de l'Afrique et de l'Amérique.

naucore [no] n. f. Genre d'insectes hémiptères, comprenant des punaises d'eau, de l'ancien continent.

NaUC-ratlS, v. d'Egypte fnomede Sais), colonisée par les Grecs.

Elle s'appelait d'abord Pamarait.

Naudé [no] (Gabriel), littérateur et bibliophile français, né et m. à Paris (1600-1033). Il fut le bibliothécaire de Richelieu et de Mazarin.

Naudet [nô-dè] (Joseph), historien français, né et m. à Paris Naucore. (1786-1878). Auteur d'une histoire des Goths d'Italie.

Naudin (Charles- Victor), botaniste français, né à Autun, m. à Antibes (1815-1899) ; auteur de remarquables travaux de physiologie végétale.

naufrage [ni] n. m. (lat. naufragium; de navis, vaisseau, et frangere, briser). Perte d'un vaisseau sur mer : faire naufrage. Fig. Ruine complète: assister au naufrage de sa fortune. Faire naufrage au port, voir tous ses projets ruinés au moment où l'on était sur le point de réussir.

— Encycl. Dr. Le commandant d'un navire naufragé doit faire immédiatement, s'il le peut, un procèsverbal, prendre les papiers de bord, quitter le navire le dernier, et, s'il est officier de marine de guerre, il est livré au conseil de guerre, qui examine sa conduite.

Le naufrage proprement dit s'opère par un fait de force majeure ; s'il est occasionné par une faute volontaire, il n'y a plus naufrage, mais baraterie-

11 existait anciennement sur toutes les côtes un droit de naufrage, en vertu duquel on s'emparait des effets de ceux qui avaient le malheur de faire naufrage.

Cet usage a été aboli, mais divers textes ont accordé des droits aux personnes qui opèrent le sauvetage.

Le code pénal édicté une amende contre toute personne qui, le pouvant, a refusé ou négligé, lors d'un naufrage, de prêter le secours dont elle était requise. V. sauvetage.

Naufrage, tableau de Joseph Vernet (1763, Louvre). Belle composition, l'une des plus célèbres de l'auteur.

naufragé, e [nô] adj. et n. Qui a fait naufrage : vaisseau naufragé ; secourir des naufragés.

naufrager [nô-fra-jé] v. n. (Prend un e muet après le g devant a et o : il naufragea, nous naufrageons.) Faire naufrage. (Vx.)

naufrageur, ëuse [nv, eu-ze] adj. et n. Habitant des côtes qui. par de faux signaux, provoquait des naufrages, pour s'emparer des épaves.

naulage [no] n. m. Syn. de fret.

naumachie [nô-ma-chi] n. f. (lat. et gr. naumachia). Spectacle d'un combat naval, chez les Ro-

Page 1