ORA
la couleur jaune et que dans la gravure on représente par un pointillé- (V. la planche blason.) Couleur de l'or, couleur jaune brillante : l'or des moissons, b'or, doré ; couvert d'une couche d'or ou d'un métal qui imite l'or : peindre sur un fond d'or. Marche, affaire d'or, très avantageux. Mine d'or, mine d'où l'on extrait l'or, et fig.. source de grands bénéfices. Pont d'or, facilités qu'on ménage il son ennemi pour qu'il se retire ; avantages que l'on fait à quelqu'un pour le décider a quitter son emploi. Or eu barre, lingots d'or pur. Fit/. Objet qui a une valeur certaine et facilement réalisable: toi immeuble à Paris, c'est de l'or en barre. Ce qu'il y a de plus précieux : l'or de Virgile. Objet précieux : le génie est l'or dans la. mine. Pour tout l'or du monde, à aucun prix, pour aucune raison. Ni pour or ni /iow argent, a quelque prix que ce soit. Or rouge, alliage d'or et de cuivre. Or jaune, ■ d'or dont la teinte est jaune pâle. Or anglais, alliage d'or, d'argent et de cuivre pour la bijouterie. Or vierge, celui qui n'a subi aucune opération métallurgique. Or fin. or pur de tout alliage. Or au titre, Celui qui est à un des trois titres spécifiés par la loi. Or battu, or réduit en feuille pour la dorure. Eau d'or, liqueur d'or, eau-de-vie de Dantzig qui est un ratafia où l'on a mis quelques paillettes d'or. Cœur d'or, excellent cœur. Etre cousu d'or, très riche. Payer an jioids de l'or, très cher. Valoir son pesant d'or, avoir un grand prix. Parler dur, dire ce qu'il y a de mieux a dire. Alias, hist. V. auri sacra famés, plomb et rameau. Prov. et loc. l'iiov. : Adorer le veau d'or, avoir le culte de la richesse, des gens riches. V. briller
— Encycl. L'or, de formule chimique Au, est un métal jaune très brillant, très tenace; c'est le plus malléable des métaux; on peut obtenir des feuilles ,1 or de I 10.0CO de millimètre. Son poids spécifique est 19.3. Il fond h 1.03b» et commence à se volatii rs . ». Il conduit bien la chaleur et l'électricité et ne s'oxyde ni dans l'eau, ni dans l'air, ni dans les acides ; son dissolvant est le chlore, fourni par un mélange d'acide chlorhydrique et d'acide nitrique constituant l'eau régale.
L'or se rencontre dans la nature à l'état de sulfure, cl'antimoniure et surtout de tellurure; il forme aussi des alliages naturels avec l'argent (électrum. argentaK le palladium, etc. On l'exploite surtout à l'état natif, le plus souvent en paillettes ou en grains, dans certains filons quartzeux ou dans les placers (dépôts formés de débris de roches, sables, galets, arrachés par les eaux aux entrailles des montagnes i.
Minerais. Les principaux gisements sont en Amérique, dans la Californie, le Klondyke. le Pérou, le Chili, le Brésil, etc.; en Asie, dans ia Sibérie, l'Inde, la Chine, le Japon; le Natal, le Transvaal, etc : en Europe, dans les monts Ourals, la Transylvanie, le Piémont et dans un certain nombre de fleuves qui roulent du sable contenant des paillettes ; en France, on trouve des paillettes dans la Garonne, l'Ariège, l'Ardèche, l'Hérault, etc. ; ces paillettes sont tellement petites qu'il en faut 17 à 22 pour 1 million e.
Extraction. Les procédés d'extraction sont variables avec la nature des gisements,
lo Extraction mécanique. Lavage. Ceprocédé, bien que primitif, est encore très employé; on commence, s'il y a lieu, par désagréger la matière qui contient le métal au moyen du bocard ou pilon américain, puis on verse peu à peu cette matière dans des laveurs formés de canaux en planches (sluices), dont le fond est rugueux : l'eau qui coule dans ces laveurs entraîne la matière, et l'or, plus lourd, tombe au fond des rugosités.
2» Dissolution dans d'autres métaux. Ce procédé est souvent combiné avec le lavage ; on traite la matière divisée par le mercure (amalgamation); de l'amalgame obtenu on sépare le mercure par distillation ; on peut encore effectuer la fusion avec des minerais de plomb pour obtenir un plomb aurifère, que l'on traite ensuite pour obtenir 1 or pur (coupella'ion).
3o Dissolution et précipitation. On fait agir le chlore (ihloruration), puis on précipite l'or dissous par le sulfure de calcium ou par filtrage sur du poussierde charbon de bois. On peut aussi faire agir le cyanure de potassium, et on précipite par le zinc on l'aluminium ou par électrolyse.
Affinage. L'or que l'on obtient par un des procédés indiqués ci dessus est rarement pur; il contient presque toujours de l'argent, du plomb, du cuivre, etc. On affinait autrefois par coupellation. (V. essai.) On opère aujourd'hui soit par un procédé chimique (action du chlore, de l'acide sulfurique, etc.), soit par le procédé électrolytique.
Production et usage de l'or. L'or que l'on extrait représente aujourd'hui chaque année une valeur supérieure à deux milliards de francs. L'or est utilise rarement pur; son alliage avec le cuivre le rend plus dur et plus résistant à l'usure; ces alliages d'or et de cuivre sont utilisés dans la bijouterie et pour la fabrication des monnaies (V. monnaie;. L'or Monnayé titre 0.900 ; les objets d'or ne peuvent être mis en vente sans avoir été présentés à un bureau de garantie et essayés; les fabricants ne peuvent d'ailleurs faire usage que de titres bien déterminés- V. TITRE.
Les feuilles d'or d'une très faible épaisseur que l'on obtient par le battage sont employées par les doreurs; le chlorure d'or est employé en photographie et en médecine.
L'usage des monnaies d'or produit une usure, le frai, que l'on estime à plus de GO millions de francs par an pour tout l'univers.
Ce métal a été de tout temps pour l'homme le signe représentatif de la richesse et de la jouissance. Les alchimistes lui attribuaient des propriétés surnaturelles, et ont fait de longues, mais vaines recherches, pour transmuer les autres métaux en or.
Or du Rhin II'), opéra de Wagner. V. Rheinoold.
or (du lat. hora, heure), conj. qui sert à lier une proposition à une autre, la mineure d'un syllogisme à la majeure, etc. S'emploie ainsi pour exciter, inviter à quelque chose : or sus, à cheval! Or dune, s'emploie abusiv. pour or.
oracle n. m. (lat. oraeulum). Réponse que. dans la croyance des païens, les dieux faisaient aux questions qui leur étaient adressées : les oracles étaient
!" 'il rédigés en termes ambigus. La divinité ellemême, ou son interprète : consulter l'oracle. Volonté de Dieu, annoncée par les prophètes. Décisions émanant de personnes d'une grande autorité, d un
LAR. P. TOUS. — II
grand savoir : les oracles de l'Académie. Ces personnes elles-mêmes : être l'oracle de son parti. Parler comme un oracle, parler très pertinemment. Ton d'oracle, ton décisif. Style d'oracle, manière obscure. Allus. litt. V. CalcuÀs.
— Encycl. Par le mot oracle, on entend plus particulièrement les réponses que, dans la croyance des païens, les dieux faisaient aux questions qui leur étaient adressées. Tous les peuples d'Orient ont eu leurs devins. Mais les oracles les mieux connus sont ceux de la Grèce. Le plus célèbre de tous, était celui d'Apollon à Delphes; le dieu parlait par la bouche d'une prêtresse appelée pythie, pythonisse ou sgbille , et ses réponses jouissaient d'une grande autorité- Pour rendre ses oracles, la pythie, après un jeune de trois jours, mâchait des feuilles de laurier, et, en proie à une exaltation aidée sans doute par le suc de cette plante, elle montait sur un trépied placé au-dessus d'une ouverture d'où sortaient des vapeurs méphitiques. Tout son corps alors frémissait, ses cheveux se dressaient et sa bouche écumante et convulsive répondait aux questions qui lui étaient adressées. Après l'oracle de Delphes, les plus célèbres de l'antiquité furent, chez les Grecs, ceux de Jupiter, à Dodone ; d'Apollon, à Délos ; d'Esculape à Epidaure, etc. A côté des oracles publies régulièrement constitués dans les temples, pullulaient les oracles privés, industrie de charlatans, prophéties de prêtres mendiants dTsis ou de Cybèle, etc. Les réponses des oracles étaient ordinairement rédigées en vers et en termes ambigus. En Italie, on cite en premier lieu la sybille de dîmes. Chez les Gaulois, il y avait aussi des prêtresses qui rendaient des oracles.
Oradour- Saint -Genest, comm. de la
Haute-Vienne, arr. et à 17 kil. de Bellac, près de la Brame; 1.290 h.
Oradour-Sur-Glane, comm. de la Haute- Vienne, arr.'età 25 kil. de Rochechouart ; 1.970 h.
Oradour-Sur-Vayres, ch.-l. de c. (Haute- Vienne), arr. et à 12 kil. de Rochechouart; 3.320 h. Ch. de f. Orl. Conserves de champignons. — Lecant. a 5 comm. et 9.240 h.
orage n. m. (lat. pop. auratirum ; de aura, vent, air) . Grosse pluie de peu de durée, accompa gnée de vent, d'éclairs et de tonnerre: les oragessont fréquents en été. Pluie d'orage, ondée violente, rapide, abondante, comme il en tombe pendant les orages. Fig. Grands troubles, lutte tumultueuse : les orages de la Révolution. Agitation du cœur humain : les orages des passions. Calamités, revers : les orages de la vie. Poétiq. Volée impétueuse : un orage de flèches. Fam. : orage de coups.
— Encycl. L'orage est caractérisé par la grêle et des manifestations électriques. Les orages n'éclatent jamais que lorsque la pression est moyenne, très voisine de 7G centimètres. Tous les orages ne sont pas accompagnés de grêle ; le sol, très bon conducteur d'électricité, est chargé d'électricité négative ; l'air, au contraire, mauvais conducteur, est chargé d'électricité positive. Or, les nuages électrisés sont en mouvement constant ; des condensations brusques rendent conducteurs des milieux qui ne l'étaient pas et amènent à proximité des milieux qui sont à des potentiels différents et qui tendent à s'équilibrer : de là l'éclair. Puis l'orage voyage, crée de l'électricité par influence et continue à produire des éclairs comme une machine électrique par influence qui est amorcée. Dans les climats marins de haute latitude, il y a peu d'orages, et ils seront de préférence en hiver, saison des dépressions. Aux latitudes moyennes et sur les continents, la proportion augmente, et les orages se produisent en été.
Orage (l'). De nombreux tableaux portent ce titre : citons ceux de Ruysdaël, de Salvator Rosa, de J. Vernet, de Fragonard. de Th. Gudin, d'Em. Breton, de Cot, etc.
orageu-
sement
[z.e-man adv.
D'une manière or ageuse.
geux, eu-
S6 [jeu, euse]adj.Où les orages sont fréquent s :
merorageuse.
Qui menace d'orage:
tem.ps orageux. Fig.
Agité : vie orageuse. Tum u 1 1 u e u x :
discuss io n orageuse.
oraire
[rè-re] n. m.
(du lat. orare,
prier). Etole.
(Peu us.)
oraison
[rè-zon] n. f.
(lat. oratio ; de orare, parler). Discours, ouvrage d'éloquence : les oraisons de Démosthène. (Vx.) Oraison funèbre, discours public, et, en particulier, discours religieux prononcé en l'honneur d'un mort illustre. Fam. Menteur comme une oraison funèbre, très menteur. Discours; assemblage de mots offrant un sens complet et construit selon les régies de la grammaire. Invocation adressée à Dieu et aux saints, prière. Etre en oraison, être en prière. Oraison dominicale, le Pater. Oraison mentale, prière que l'on fait sans prononcer aucune parole. Faire oraison, méditer sur la doctrine chrétienne et nos devoirs. Les dix parties d'oraison, les dix parties du discours.
Oraison, comm. des Basses-Alpes, arr. et à 32 kil. de Digne, sur la Kancure, altl. de la Durance; 2.150 h. Fabrique de papier d'emballage.
Oraisons iunébres et panégyriques de Grégoire de Nysse, remarquables par l'élégance et la facilité du style [iv« s.).
Oraisons funèbres de Bossuet, admirables panégyriques, chefs-d'œuvre de l'éloquence de la chaire. Bossuet a fait de l'oraison funèbre un ma-
L'Orage, d'après Cot.
gmfique sermon, où il idéalise la vie du héros pour la faire servir à l'édification des fidèles. Il aime à y montrer le néant de l'homme : il suspend en quelque sorte l'éternité sur son auditoire, et & sa voix prophétique s'écroulent successivement et les grandeurs de la terre et les puissances d'un jour. Portraits, tableaux d'histoire, développements de morale et de politique s'y entremêlent avec un art profond. Les plus admirées des oraisons funèbres sont celles de Henriette de France, reine d'Angleterre, de Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, de la reine Marie-Thérèse et du grand Condé. La péroraison de cette dernière est le chef-d'œuvre du genre, et l'on rappelle surtout les nobles et touchantes paroles qui la terminent : « Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant, je veux apprendre de vous â rendre la mienne sainte. Heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint! » La littérature s'est également enrichie de ce sublime mouvement d'éloquence dans l'oraison funèbre de Henriette d'Angleterre : « Madame se meurt ! Madame est morte ! » mots qui rendent avec une saisissante énergie le passage subit de la vie à la mort. On cite encore dans ce même chef-d'œuvre es mots célèbres : « Un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune tangue », par lesquels le grand orateur exprime les ravages physiques de la mort.
Oraisons funèbres de Mascaron, au nombre de cinq ; celle de Turenne est par endroits d'une réelle beauté.
Oraisons funèbres de Fléchier, discours fleuris et harmonieux, parmi lesquels on distingue l'éloge de Montausier, celui de Marie-Thérèse, et surtout la belle oraison funèbre de Turenne, dont l'cxorde est un des chefs-d'œuvre du genre (1072-1710).
oral, 6, aux adj. (du lat. os, oris, bouche). Qui appartient à la bouche : cavité orale. Transmis de bouche en bouche : tradition orale. Fait de vive voix : déposition orale. N. m. Fam. Examen qui se fait de vive voix : reçu à l'écrit, échouer à l'oral.
Oralement [man] adv. De bouche, en paroles.
Oran (i>ép. n'), une des trois divisions administratives de l'Algérie, appelée aussi Oraaie; préf. Oran ; sous-préf. : Mascara, Mostaganem, Sidi-bel- Abbès, Tlemcen; S arr., 1.122 540 h. L'agriculture (orangers, oliviers, vignobles), l'élevage sur les hauts plateaux et l'exploitation de l'alfa en sont les principales ressources.
Oran, v. maritime et pi. forte d'Algérie, ch.-l. du dép. d'Oran. Port sur la Méditerranée ; a 121 kil. S.-O. d'Alger par ch.de fer; 101.000 h. (Orahais.) Commerce important de vins, alfa. Cette ville fut prise par les Français en 1831. — L'arrond. a 40 comm., 243.000 h.
Orange n. f. (ar. narandj). Oranger. (Vx.) Fruit comestible de l'oranger. Orange amere, bigarade. N. m. Couleur de l'orange : un bel orange. Adjectiv. : des étoffes orange. Eau'de fleurs d'orange ou d'oranger, liqueur obtenue par la distillation des fleurs de l'oranger.
— Encycl. Bot. L'orange est une baie sphérique, dont l'écorce vésiculaire (zeste), d'une couleur jaunâtre (couleur orangée) à l'extérieur et blanche à l'intérieur, est plus ou moins épaisse suivant les espèces. Cette enveloppe recouvre une pulpe (l'endocarpe) d'un blanc jaunâtre, parfois tachée de rouge, succulente et divisée en loges (tranches) qui contiennent chacune une oudeux graines (pépins).
On distingue plusieurs variétés d'oranges, suivant la prov enance :
oranges de Malte, des
Baléares, d'Espagne (celles-ci communément désignées à Paris sous le nom de valence). d'Algérie, de Provence (ou du Var), mandarine. Il existe aussi des oranges amères (bigarades) employées pour l'assaisonnement de certains mets, la préparation de confitures, de liqueurs (curaçao), de parfums (essence de Portugal).
L'orange est un fruit très sain, que l'on consomme au naturel ou bien sous forme de « salade d'orange >■ (les fruits, coupés en tranches, sont saupoudrés de sucre et arrosés de vin blanc ou de kirsch, de rhum, etc); on en confectionne aussi des gelées, compotes, beignets, une boisson rafraîchissante (orangeade), des sirops, des glaces, etc.
Orange, ch.-l. d'arr. (Vaucluse), près l'Eygues ; 13.000 h. (Orangeois.) Ch. tle f.
P.-L.-M., à 21' kil. d'Avignon.
Briqueteries . mosaïques , filatures de soie. Ruines d'un théâtre et d'un amphithéâtre romains ; bel arc de triomphe élevé en l'honneur d'Auguste. Patrie de Gasparin. Elle eut beaucoup à souffrir des guerres de religion. — L'arr. a 7 cant. , 48 comm. et G2.000 h. Le cant.
Est a 1 comm., et 11.610 h.; le cant. Ouest a 4 comm. et 11.030 h.
Orange (principauté n'),
ancienne seigneurie du midi de la France,
Orange : a, coupe d'une orange.
Armas d'Orange.
. enclavée dans le comtat Venaissin, qui appartint successivement aux maisons de Giraud-Adémar, des Baux, d'Absalon, et, à partir de 1530, à la maison de Nassau. En 1673, Louis XIV la confisqua sur Guillaume III d'Orange, stathouder de Hollande et depuis roi d'Angleterre.
Orange (Philibert se ChAlon, prince d'), homme de guerre, né àNozeroy (Franche-Comté), m. devant Florence (1502-1530). Il se distingua au service de Charles-Quint.
Orange (Guillaume d';. V. Guillaume.
Orange ou Gariep, il. de l'Afrique australe,
coulant de l'E. à l'O., très variable dans le régime de ses eaux, et tributaire de l'Atlantique; 2.018 kil.
ancienne répu-
Armoirieii «le lu république d'Orange.
Ordre d'Orange-Nassau.