ORE
rer l'oreille, céder avec peine. Echauffer les oreilles, irriter. Frotter les oreilles à quelqu'un, le battre. Avoir l'oreille basse, être humilié. Laisser passer le bout de l'oreille, laisser deviner son vrai caractère, ses véritables projets. Prov. : Ventre affamé n'a point d'oreilles, quoiqu'un qui a faim n'écoute rien. Amis. hist. : L'oreille de Denys, endroit des Latomies de Syracuse, où se repercutaient tous les bruits, et où Denys le tyran se cachait, dit-on, pour surprendre les secrets des prisonniers qu'il avait enfermés dans ces carrières. Oreilles de Midas, v. Miijas. Ai.i.us. i.itt. : Les oreilles du lièvre, titre d'une fable de La Fontaine (V. 4). Le lion, blessé par un animal cornu, bannit toute bête portant corne. Le lièvre craint que ses longues oreilles ne soient prises pour des cornes et s'expatrie. On rappelle les oreilles du lièvre à propos des précautions exagérées que l'on prend pour ne pas porter ombrage à une autorité soupçonneuse. V. Midas.
— Encycl. Anat. L'oreille est l'ensemble des organes qui nous font percevoir les sons avec leurs caractères variables. Elle comprend une portion externe en rapport avec l'atmosphère (oreille externe), une portion interne qui contient les terminaisons du nerf auditif (oreille interne) et, entre les deux, une portion co n st it u é e principalement par des ossel ets (oreille moyenne).
Ij'oreille ert e me est con s tituée par le pavillon de l'oreil- Coupe de l'oreille: A, pavillon : B. conduit le et le COn- auriculaire ou auditif; C, membraoe du tymduit auditif Pan ■ ^' chaîne d'osselets; E, trompe d'Eus-
externe . Le llche : H' ore,"<: """"«•
pavillon de l'oreille, en forme de conque, présente des replis et des éminences divers Le conduit auditif externe se termine par la paroi externe du tympan.
L oreille moyenne est une cavité remplie d'air. Elle se compose de la caisse du tympan, sorte de tambour, dont les deux bases sont légèrement déprimées, qui communique par la trompe d Eustache avec le pharynx. Dans l'intérieur de cette caisse se trouve la chaîne des osselets : marteau, enclume et étrier.
Voreille interne est la partie essentielle de l'ouïe. Elle est située dans le rocher et est constituée par une série de cavités osseuses, dans lesquelles se trouvent des cavités membraneuses. C'est le labyrinthe, où aboutit le nerf auditif en une infinité de terminaisons.
— Physiol. Les vibrations sonores recueillies par le pavillon de l'oreille, qui les renforce, arrivent au tympan, qui entre à son tour en vibration. La chaîne des osselets transmet ces derniers au labyrinthe et aux terminaisons du nerf auditif.
— Anat. comp. L'appareil auditif existe chez les invertébrés ; il porte le nom d'otocyste. Certains insectes possèdent un tympan. Les otocystes des mollusques contiennent une petite concrétion dure, dite otolilhe. Les poissons ont une oreille réduite au labyrinthe ; les oiseaux n'ont pas de pavillon; celui-ci est l'apanage des mammifères.
— Pathol. Les inflammations de l'oreille s'appellent otites. La perforation du tympan diminue l'acuité de l'ouïe sans l'abolir. Ce sont généralement les lésions de l'oreille interne qui aboutissent à la surdité.
Oreille-de-SOUriS [rê, II mil., e, ri] n. f. Nom vulgaire du myosotis. PI. des oreilles-de-souris.
oreille-d'OUrs [rè, // mil., e, dourss] n. f. Espèce de primevère odorante. PI. des oreilles-d'ours.
Oreille, e [rè, II mil.] adj- Hist. nul. Qui porte des appendices en forme d'oreilles. Blas. Se dit du coq quand il a les oreillons d'un émail particulier, du dauphin dont les ouïes sont d'un émail différent du reste du corps, des coquilles dont les oreillettes sont d'un émail spécial.
Oreiller [rê, II mil., é] n. m. Coussfn qui sert à soutenir la tête quand on est couché : oreiller de plume. Fig. Ce qui don- -^rtc^KUtSSf
ne le repos : une cons- CXmi cience pure est un bon oreiller. Prendre conseil de son oreiller, prendre une nuit pour réfléchir.
Coussin de toile rembourré, placé en avant de la meule d'un rémouleur et contre lequel l'ouvrier appuie sa poitrine. Mar. Pièce de bois qui croise les varangues à leur talon, afin de les fortifier. Allus. litt. : L'oreiller de Montaigne. Montaigne a dit ; « Le doute est un mol oreiller pour une tête bien faite. » Dans l'application, l'oreiller de Montaigne n'est pas le doute systématique, mais celui qui résulte de la paresse et de l'insouciance.
oreillère [ri, Il mil.] n. f. Archéol. Syn. de oreillon. Entom. Perce-oreille.
oreillette [rè, II mil., ë-te] n. f. Chacune des deux cavités de la partie supérieure du cœur : oreillette droite, gauche. Petit linge que l'on met derrière une oreille malade. Bot. Champignon. Asaret. Mâche. (On dit aussi orillette.) Expansion du sommet des valves, chez certains mollusques lamellibranches.
oreillon [rè, II mil., oh] n- m. Partie mobile qui, dans les anciens casques non clos, protégeait les oreilles et les joues. Ailes des cubitières et des genouillères des anciennes armures. Support des ensouples. Rognures de cuir ou de peau dont on fait de la colle forte. Saillie de l'oreille des chauves-souris. N. m. pi. Gonflement, inflammation de la glande parotide.
— Encycl- Pathol. Les oreillons sont déterminés par l'inflammation des deux glandes parotides. Ils constituent une maladie épidémique, très contagieuse et probablement microbienne Les oreillons atteignent surtout les enfants et les jeunes gens ; ils éclatent après une incubation de deux à trois semaines. L'invasion se manifeste par de la fièvre, une
Oreiller.