LIP
lipogramme [gra-me] n. ni. (du gr. leipein, laisser, et g ranima, lettre). Ouvrage littéraire dans lequel on s'astreint à ne pas faire entrer une ou deux lettres de l'alphabet.
lipoïde adj. (du gr. lipos , graisse, et eidos, forme). Qui ressemble à la graisse,
lipolyse [Jt-se] n. f. (du gr. lipàs, graisse, et lusis, dissolution). Mobilisation ou dissolution de réserves grasses des organismes qui permet leur utilisation énergétique.
lipolytique n. m. Ferment soluble capable d'hydrater et de dédoubler les graisses neutres en acides et alcools,
lipomateux, euse [teû, eu-ze] adj. Qui est de la nature des lipomes.
HpomatOSe [tô-ze] n. f. Etat morbide, caractérisé par un dépôt de graisse considérable dans le tissu cellulaire.
lipome n. m. (du gr. lipos, graisse). Tumeur provenant d'une hypertrophie du tissu graisseux.
lipothymie [utt] n. f. (du gr. leipein, laisser, et tkumos, esprit). Etat dans lequel les mouvements du corps sont suspendus avec conservation de la sensibilité.
lippe [li-pe] n. f. (m. allem. signif. /èurej. Lèvre inférieure trop grosse et trop avancée. Faire la lippe, l'aire la moue. Dans certains ornements de serrurerie, partie saillante renversée.
Lippe (la), riv. d'Allemagne, qui se jette dans le Rhin iriv. or.), près de Wesel ; cours 220 kil.
Lippe ou Lippe-Detmold, principauté d'Allemagne, arrosé par la Lippe et la Werra; 1.215 kil. carr. ; U6.000 Lh. Capit. Detmold. Sol boisé , peu fertile.
lippée [li-pé] n. f. Bouchée. Fam. Franche lippée, bon repas qui ne coûte rien.
lipper [pé] v. n. Pop. Monger et boire.
Lippert (Julien), historien autrichien, né à Braunau en )S.i8, auteur d'une remarquable Histoire sociale de la Bohème avant les hussites.
Lippi (Fra Filippo ou Fra Filippo del
Carminé, ne à t-lorence vers 1406, m. à Spoleto en 1469, auteur d'oeuvres remarquables par la science du dessin et la fraîcheur du coloris vif et frais (Nativité de Jésus-Christ). — Son flls Filippo, dit Filippino, né a Prato, m. à Florence (14-57-1604), se distingua dans les élégantes arabesques appelées grotteschi.
lippitude [li-pi] n. f. (lat. Iqipitudo). Etat chassieux des paupières. (Peu us.)
Lippmann (Gabriel), physicien français, né à Hallerieh (Luxenibourg;, en 18*3, membre de l'Académie des sciences. On lui doit de belles recherches sur l'électricité, la photographie des couleurs, etc.
lippu, 6 [li-pu] adj. (de lippe). Qui a une grosse lèvre inférieure, qui a de grosses lèvres : les nègres son! lippus.
Lipse (Juste), philologue et littérateur belge, né à Oberryssche (Brabant', m. à Louvain, auteur de nombreux ouvrages d'érudition, notamment d'une célèbre édition de Tacite (1547-
lipurie [rt] n. f. (du gr.
lipos , graisse, et ouron , urine). Présence de la graisse dans l'urine.
liquater [kou-a-té] v. a.
Soumettre à la liquation.
liquation [kou-a-si-
on] n. f. (lat. liquatio). Opération au moyen de laquelle on sépare, par une chaleur convenable, un métal très fusible d'un autre moins fusible, auquel il est allié.
liquéfaction [ké-fak-
si-on, n. f. (du lat. liquefacere, liquéfier). Transformation en liquide d'une matière solide ou d'un gaz
— Encycl. La liquéfaction appliquée aux corps solides porte le nom de fusion; appliquée aux vapeurs, elle s'appelle condensation, le mot liquéfaction étant surtout réservé pour la liquéfaction des gaz. C'est à Faraday (1823) que l'on doit les premières recherches systématiques S'ir la liquéfaction des gaz; il liquéfia les anhydrides sulfureux et carboniques, l'hydrogène sulfuré, l'acide chlorhydrique, etc. Thilorier (1834) appliqua en grand, pour le gaz carbonique, le procédé de Faraday et parvint à obtenir non seulement le gaz liquéfié, mais en ouvrant brusquement à l'air libre le récipient qui contient le liquide, il obtint une sorte de neige, qui, par évaporation, donne une température de — 79». Cette neige, utilisée par Faraday en 1845 comme réfrigérant, lui permit de liquéfier l'éthylène, l'hydrogène phosphore, etc. Il restait alors sept gaz appelés gaz permanents, qui avaient résisté à tous les essais de liquéfaction. Andrews montra qu'au-dessus d'une certaine température dite température critique, variable pour chaque corps, les gaz ne peuvent prendre l'état liquide, quelle que soit la pression à laquelle on les soumette. Les recherches se portèrent alors sur les modes de refroidissement : en comprimant un gaz à une très forte pression et en le laissant détendre brusquement, Cailletet obtint des températures suffisamment basses pour liquéfier, en 1877, tous les gaz permanents, sauf l'hydrogène. Pictet arriva au même résultat par une méthode différente. Wroblewski et Olzewski obtinrent ces mêmes gaz à l'état de liquide stable, mais l'hydrogène ne fut liquéfié qu'en 189s par le physicien anglais J. Dewar, qui utilisa la température que l'on peut obtenir avec l'air liquide. C'est en refroidissant 1 hydrogène à — • us la pression de 180 atmosphères, qu'il parvint a obtenir l'hydrogène liquide parfaitement stable.
liquéfiable [ké] adj. Qu'on peut liquéfier : tous les gaz sont liquéfiables.
liquéfiant [ké-fi-an], e adj. Qui est propre à produire la liquéfaction.
liquéfier [ké-fi-é] v. a. (du lat. liquefacere, de
liquere, être liquide , et facere, faire. — Se conj. comme prier.) Rendre liquide. S» liquéfier v. pr. Deveuir liquide.
liquescence [kès-san-se] n. f. (du lat. liquescere, se fondre). Etat do ce qui fond ou parait se fondre.
liquet [kè] n. f. Très petite espèce de poire, dite aussi poire de la vallée.
liquette [kù-te] n. f. Arg. Chemise.
liqueur [keur] n. f. (lat. tiquor; de liquere, être liquide, clair). Substance liquide. Boisson dont la base est l'eaudo-vie ou l'alcool. Mixture pharmaceutique ou industrielle. Vins de liqueur, vins doux et capiteux.
— Encycl. Econ. dom. Les liqueurs sont des boissons alcooliques sucrées ; on les obtient de di-
' verses façons: soit en faisant macérer dos fruits (fruits pulpeux) dans de l'eau-de-vie et en ajoutant après filtrage un sirop simple (élixirs, ratalias), soit en aromatisant de l'alcool avec une essence (menthe, anisette), ou par macération de plantes et en ajoutant finalement le sirop. Ce sont là des procédés employés en économie domestique ; mais l'industrie opère différemment : les plantes (lleurs, fruits, écorces, graines, etc.), sont mises à macérer dans de l'alcool pendant un certain temps, puis on distille la masse ; à l'alcool ainsi obtenu on ajoute le sirop.
— Fin. Les liqueurs supportent le droit général de consommation sur la quantité d'alcool pur qu'elles renferment. Les bouteilles sont imposées d'après leur capacité réelle sans tolérance.
liquidable [ki] adj. Qui peut ou doit être liquidé. liquidambar [ki-ddn] n. m. Genre de saxifragacées.
— Encycl. Les liquidambars sont de grands arbres dont on connaît quatre espèces, des régions chaudes de l'Asie et de l'Amérique. Le liquidambar Orientalis donne une écorce d'où l'on tire le styrax liquide; le liquidambar styracifluur, du Mexique et de l'Amérique du Nord, fournit l'ambre liquide, baume de liquidambar ou copalme. Tous ces produits résineux sont stimulants des voies respiratoires ou urogénitalcs.
liquidateur [ki] n. et adj. m. Qui liquide un compte : le liquidateur d'une société. Liquidateur judiciaire, agent d'administration spécial, qui intervient dans la liquidation judiciaire.
liquidatif, ive [ki] adj. Qui opère la liquidation : un acte liquidatif de société.
liquidation [ki-da-si-on] n. f. Action de liquider. Opération qui a pour objet de régler des comptes. Vente à bas prix des marchandises, en vue d'un écoulement rapide. A la Bourse, règlement des négociations par livraison des titres achetés ou payement des différences : liquidation de quinzaine ; liquidation de fin de mois. Opération par laquelle on règle ce qui était indéterminé en toute espèce de compte. Liquidation judiciaire, réglementation de faveur instituée, à côté de l'état de faillite, au profit du commerçant malheureux et de bonne foi qui doit cesser ses payements.
— Encycl. Dr. Liquidation judiciaire. La faillite est l'état de tout commerçant qui a cessé ses payements par suite de sa négligence, de son imprudence ou de sa faute. Le failli est privé de l'exercice de ses droits civils et civiques, et il se trouve dessaisi de l'administration de ses biens, qui est confiée à un syndic. Lorsque le commerçant qui cesse ses payements est de bonne foi. il peut demander le bénéfice de la liquidation judiciaire, qui a l'avantage d'aboutir toujours à un concordat. (V. ce mot.)
La liquidation judiciaire est subordonnée à deux conditions. Il faut : 1" qu'elle soit réclamée par l'intéressé ou son mandataire dans les quinze jours de la cessation des payements ; 2» qu'aucune fraude ne soit imputable au débiteur.
Le jugement qui statue sur une demande d'admission à la liquidation judiciaire est rendu par le tribunal de commerce du domicile du débiteur.
Si la requête est admise, le jugement nomme un des membres du tribunal juge-commissaire et un ou plusieurs liquidateurs provisoires. Ces derniers arrêtent et signent les livres du débiteur dans les vingt-quatre heures de leur nomination, et procèdent avec celui-ci à l'inventaire.
Le jugement d'ouverture de la liquidation judiciaire entraine divers effets : 1<> le liquidé reste à la tête de ses affaires, mais il agit avec l'assistance des liquidateurs et sous la surveillance du jugecommissaire ; 2° les créanciers ne peuvent plus exercer de poursuites individuelles contre le liquidé ; 3° le liquidé perd ses droits d'éligibilité, mais il reste électeur ; il peut être juré, tuteur, témoin; il n'est pas rayé des cadres de la Légion d'honneur, mais il ne peut contracter aucune nouvelle dette, ni aliéner tout ou partie de son actif.
La liquidation judiciaire n'a qu'une solution possible : le concordat (simple ou par abandon d'actif). La solution rigoureuse de Vunion reste spéciale à la faillite. V. ce mot.
La liquidation judiciaire peut être convertie en faillite par le tribunal de commerce, lorsqu'il est reconnu que la requête à fin de liquidation judiciaire n'a pas été présentée dans les quinze jours de la cessation des payements, ou lorsque le liquidé n'obtient pas de concordat. Cette transformation est obligatoire dans certaines circonstances, qui, toutes, impliquent la faute lourde ou la mauvaise foi du liquidé, par exemple si le liquidé aété condamné pour banqueroute simple ou frauduleuse.
Le liquidateur judiciaire est une sorte de curateur donné au liquidé; mais il remplit aussi, dans l'intérêt des créanciers, une mission de surveillance. A la différence du syndic d'une faillite, il ne représente ni la masse ni le débiteur.
La liquidation est la compensation (à l'échéance) stipulée des opérations à terme. Ceux qui ont opéré ferme livrent les titres ou les lèvent, ou reçoivent ou payent les différences. Ceux qui ont opéré d prime abandonnent leur prime ou déclarent lever les titres. La liquidation se fait, selon les valeurs, une ou deux fois par mois. La liquidation de fin d. dure cinq jours: celle de quinzaine, quatre jours.
On appelle liquidation centrale celle qui s'opère entre les agents de change.
— Milit. Revues de liquidation. On appelle ainsi des états spéciaux établis trimestriellement, au moyen de feuilles de journées, par les fonctionnaires de l'intendance chargés de la surveillance administrative d'un corps de troupes pour régulariser les perceptions, tant en deniers qu'en nature, de ce corps. (Des revues analogues sont iur les officiers sans troupe et les employés militaires.)