‹ Le Larousse pour tousChapitre 627 sur 979 · V. VADE RETRO · texte numérisé non relu

V. VADE RETRO

rétro (du lat. rétro, en arrière) , préfixe qui exprime le mouvement d'avant en arrière.

rétro n. m. invar, (abrév. de rétrogradé], Fam- Au billard, effet rétrograde (v. rétrograde) : faire un, des rétro.

rétroactif [ak-tif], ive adj. (préf. rétro, et actif). Qui agit sur le passé : les lois n'ont pas, en principe, d'effet rétroactif.

rétroaction [ak-si-on] n. f. Effet de ce qui est rétroactif.

rétroactivement [ak-ti-ve-man] adv. D'une

manière rétroactive.

rétroactivité [alc-ti] n. f. Qualité de ce qui est rétroactif: la rétroactn ité des ma urs.

— Encvcl. Dr. La loi ne dispose que pour l'avenir; elle n'a point d'effrt rétroactif, car il n'y aurait aucune sécurité si un droit régulièrement exercé a

RÉT

REV

on moment donné était, par l'effet d'une loi postérieure, considéré comme un acte d'usurpation. Donc, un acte régulièrement fait reste valable, bien qu'une elle loi exige de nouvelles conditions, mais la loi nouvelle s'applique aux effets nouveaux que l'on voudra tirer d'un droit acquis avant la promulgation de cette loi : un propriétaire ne pourra user de sa propriété qu'en observant les lois actuellement en vigueur.

En matière pénale, une personne qui a accompli un acte licite ne peut être poursuivie si une loi postérieure déclare ce fait punissable. Mais, si une loi nouvelle vient déclarer licite un fait auparavant délictueux, on suivra la loi nouvelle parce que, celle-ci étant jugée suffisante pour assurer la sécurité publique, il serait injuste de prononcer une peine inutile.

En matière de procédure, la loi nouvelle s'applique immédiatement aux procès en cours, car elle doit être de nature à mieux faire découvrir la vérité, niais la procédure déjà faite reste valable.

rétroagir v. n. Agir avec une force rétroactive.

rétrocédant [dan], e n. Qui fait une rétrocession.

rétrocéder [dé] v. a. (préf. rétro, et céder. — Se conj. comme accélérer.) Céder ce qui nous a été cédé auparavant. Céder une chose achetée pour «oi-mème.

rétrocessif [sè-st/], ive adj. Qui fait une rétrocession : acte rétrocessif.

rétrocession [sè-si-on] n. f. Acte par lequel on rétrocède un droit acquis : faire rétrocession d'une terre.

rétrocessionnaire [sc-si-o-ne-re] n. a qui

l'on rétrocède.

rétrofléchi, e adj. Qui a subi une rétroflexion.

rétroflexion [fl'ek-si-on] n. f. Inflexion en arrière.

rétrOgradateUT n. m. Celui qui rétrograde.

rétrogradation [si-on] n. f. (lat. retrogradatio). Action de rétrograder : une ère de rétrogradation. Mesure disciplinaire, par suite de laquelle un sous-officier redescend au grade de caporal ou brigadier, ou bien à un emploi inférieur du grade de sous-officier : encourir la rétrogradation. Astr. Mouvement des planètes dans le sens rétrograde : la rétrogradation de Mars, de Jupiter. Mouvement des équinoxes dans le sens rétrograde.

rétrograde adj. (lat. retrogradus). Qui va, qui se fait en arrière : marche rétrograde. Fig. Qui est opposé au progrès : esprit rétrograde. Astron. Qui marche ou paraît marcher contre l'ordre des signes : le mouvement rétrograde des planètes. Sens rétrograde, sens du mouvement diurne de la sphère céleste. Jeu. Effet rétrograde, au billard, mouvement d'une bille qui, après en avoir frappé une autre, revient en arrière soit directement, soit obliquement. I.ittér. Vers rétrogrades, vers latins ou grecs qui peuvent être lus à rebours. (Syn. palindrome.) Rimes rétrogrades, vers français qu'on pouvait lire en renversant l'ordre des mots. Substantiv. Personne ennemie du progrès : les rétrogrades s'attachent au passé.

rétrograder [dé] v. n. (du lat. retrogradare). Revenir en arrière : l'armée a rétrogradé. Fig. Marcher en sens inverse du progrès. Astr. Se mouvoir dans un sens rétrograde. Milit. Etre soumis à la rétrogradation.

rétrogressif [gré-sif], ive adj. Qui opère une rétrogression.

rétrogreSSion [gre-si-on] n. f. (de rétro, et du lat. gressus, marche). Mouvement en arrière.

rétroïtion [si-on] n. f. Déplacement des dents en arrière par d'autres dents.

retromper [tron-pé] v. a. Tromper de nouveau.

rétropédalage n. m. Action de rétropédaler, c'est-à-dire de faire marcher à l'envers les pédales d'une bicyclette.

rétropédaler [lé] v. n. (du lat. rétro, en arrière, et de pédaler). Pédaler à l'envers. Pédaler sur une bicyclette conduite de telle sorte que le mouvement de translation en avant soit obtenu par un pédalage à l'envers.

retropenné [pèn-né], e adj. Se dit d'une feuille pennée, dont chaque foliole se prolonge audessous de son point d'intersection sur le pétiole.

rétroposition [zi-si-on] n. f. Déplacement de l'utérus en arrière.

retropulsion n. f. (du préf. rétro, et du lat. pulsio, action de chasser). Tendance observée surtout dans l'atrophie musculaire progressive et la maladie de Parnmann. et qui consiste en l'accélération de la marche en arrière des malades, quand ils ont commencé à reculer.

retroquer [ké] v. a. Troquer de nouveau.

rétro, Satana! (Arrière, Satan.'). V. Vade rétro.

rétrospectif [spèk-tif], ive adj. (de rétro, et du lat, asjncere, regarder). Qui regarde en arrière, qui se rapporte au passé : revue rétrospective.

rétrospection [sptk-si-on] n. f. (du préf. rétro, et lat. spectio). Action de regarder en arrière.

rétrospectivement [spek-ti-ve-man] adv.

D'une manière rétrospective.

rétrostation [stasi-on] n. f. Position des dents en dedans ou en arrière.

rétrosternal, e, aux [tros-ter] adj. Qui est

derrière le sternum.

retrotter [tro-té] v. n. Trotter de nouveau.

retroubler [4/^] v. a. Troubler de nouveau.

retrouer [trou-é] v. a. Trouer de nouveau.

retroussage [trou-sa-je] n.m. Quatrième façon donnée à la vigne, un peu avant la vendange. Grav. Procédé d'impression des planches gravées à l'eauforte, qui consiste à passer légèrement sur le cuivre un tampon de mousseline, de façon à étaler l'encre des tailles profondes et à produire des teintes larges et veloutées.

retroussé, e adj. Relevé : nez retroussé.

retrOUSSement [trou-se-man] n. m. Action d i retrousser, de se retrousser.

retrousser [trou-sé] v. a. Relever en haut par le bas : retrousser ses cheveux. Reprendre à la pelle des terres jetées sur le bord d'une tranchée pour les rejeter au-dessus du talus. Raviver à la pioche la forme en sable d'une chaussée avant de repaver. Se

retrousser v. pr. Relever son vêtement, sa jupe, pour éviter de les salir dans la poussière ou la boue.

retTOUSSiS \trou-si] n. m. Partie du bord d'un chapeau retroussée à l'ancienne mode. Partie d'un vêtement qui est retroussée : habit bleu avec des retroussis jaunes. Revers de botte. liot. Revers, dessous des feuilles.

rétro-Utérin, e adj. Qui est situé en arrière de l'utérus.

retrOUVable adj. Que l'on peut retrouver.

retrouver [vé] v. a. Trouver de nouveau. Trouver une chose perdue, oubliée : retrouver une clef égarée. Retourner vers quelqu'un : j'irai vous retrouver. Fig. Reconnaître : on ne retrouve plus cet auteur dans ses derniers écrits. Se dit en parlant d'une personne ou d'une chose qui tient lieu d'une autre, qui dédommage de sa perte. Se retrouver v. pr. Se trouver de nouveau après une absence. Reconnaître son chemin après s'être égaré.

rétroversion [vèr-si-on] n. f. (de rétro, et du lat. versum, supin de vertere, tourner). Action de se renverser.

rets [ré] n- m. (lat. retes, plur. de retis). Nom générique d'un très grand nombre de filets pour prendre des poissons. Par ext., filets pour capturer des oiseaux et des petits quadrupèdes. Réseau. Fig. Ruse, piège, embûche : se laisser ]>rendre dans les rets d'une coquette.

rétudier [di-é] v. a. (Se conj. comme prier.) Etudier de nouveau.

retuer [tu-é] v. a. Continuer de tuer : tuer et retuer du gibier. Par exagér. Tuer de nouveau.

retUS, e [tu,u-ze] adj. (lat. retusus). Bot. Se dit d'une feuille qui est terminée par un sinus peu profond.

rétUVer [vé] v. a. Etuver plusieurs fois une plaie. (Vx.)

RétV, comm. du Pas-de-Calais, arr. et à 17 kil. de Boulogne, sur la Slack; 1.400 hab. Phosphates.

RetZ (Gilles de) ou de Rais, maréchal de France (1401-1410). Il avait été un des fidèles compagnons de Jeanne d'Arc. Plus tard, il s'entoura de sorciers et se livra aux pratiques les plus immondes, allant jusquà sacrifier de nombreux enfants aux démons. Il fut arrêté, jugé et exécuté à Nantes, en 1440. On a dit que ses crimes inspirèrent à Perrault le conte de Barbe Bleue, mais l'origine de ce conte pourrait bien être dans la légende du roi breton Comor (vi« s.).

Retz (Jean-François-Paul de Gondi, cardinal de), homme politique et écrivain français, néàMontmirail (Seine-et-Marne), m. à Paris (1613-1679). Il eut saint Vincent de Paul pour précepteur, mais se fit de bonne heure remarquer par son caractère inquiet et turbulent. Devenu ooadjuteurde l'archevêque de Paris, il joua un rôle important daus les troubles de la Fronde, organisa la journée des Barricades et fut l'âme de la résistance contre la cour réfugiée à Saint-Germain ; Mazarin le fit enfermer à la Bastille, et il dut, en 1662, échanger son archevêché contre l'abbaye de Saint-Denis. Il a laissé un récit de la conjuration de Fiesque et d'intéressants Mémoires. (V. Mémoires). Les uns voient en lui un spirituel intrigant, un factieux frivole, capable de soulever une émeute, mais incapable de faire une révolution : les autres le tiennent pour un grand politique, pour un Mirabeau, à qui il n'a manqué que les circonstances.

ReUClllin (Jean), humaniste allemand, un des initiateurs de la science hébraïque, né à Pforzheim, m. à Stuttgart (1455-1622). Il est l'auteur d'un célèbre traité De arte cabalistica. Compromis pour avoir combattu le projet de confiscation des livres juifs, il fut défendu par l'auteur dos Epistolse obscurorum virorum.

reuchlinien, enne [kii-ni-in, è-né] adj. Se

dit, par opposition à érasmien, du système de prononciation du grec préconisé par le philologue Reuchlin, et qui représente la prononciation du grec moderne.

Reugny, comm. d'Indre-et-Loire, arr. et à 23 kil. de Tours; 1.280 h. Ch. de f. Et.

Reuilly, comm. de l'Indre, arr. et à 16 kil. d'Issoudun, sur l'Arnou; 2.540 h.

reun ou reum n. m. Capacité d'un navire. (Vx.)

réuni, e adj. Droits réunis, nom donné, sous le premier Empire, aux contributions indirectes, réunies en une seule administration : les droits réunis furent très impopulaires. Ant. Dispersé.

réunion n. f. Action de réunir: réunion de la Bourgogne à la France. Rapprochement de parties désunies : réunion des lèvres d'une plaie. Groupement: réunio7i des partis politiques. Assemblée de personnes: réunion nombreuse. Réunion publique, assemblée ouverte où l'on discute quelque question d'intérêt public ou local. Bisl. Chambres de réunion, assemblées siégeant à Besançon, Metz, Brisach et Courtrai, et qui, de 1679 à 1685, annexèrent à la France plusieurs territoires par interprétation des traités de Westphalie et de Nimègue. Ant. Dispersion.

— Encvcl. Dr. Réunions privées. Elles sont libres, et l'autorité municipale n'a ni à les autoriser, ni à les surveiller.

Réunions publiques. Les réunions publiques sont libres. Elles peuvent avoir lieu sans autorisation préalable et même sans déclaration.

Aux réunions publiques électorales, pendant la période électorale, ne peuvent assister que les électeurs de la circonscription, les candidats, les membres des deux Chambres et le mandataire de chacun des candidats. Les réunions ne peuvent être tenues sur la voie publique, ni ne peuvent se prolonger au delà de onze heures du soir ; toutefois, dans les communes où la fermeture des établissements publics est autorisée à une heure plus tardive, elles peuvent se prolonger jusqu'à l'heure de la fermeture.

Chaque réunion doit avoir un bureau composé de trois personnes au moins élues par l'assemblée, chargé de maintenir l'ordre, d'empêcher toute infraction aux lois, de conserver à la réunion le caractère qui lui a été donné par la déclaration; d'inter-

C de Retz.

Armoiries des principauté»

de Heuss.

dire tout discours contraire à l'ordre public et aux bonnes moeurs, ou contenant provocation à un acte qualifié crime ou délit.

Un fonctionnaire de l'ordre administratif ou judiciaire peut être délégué par le préfet de police, à Paris, et dans les départements par le préfet, le sous-préfet ou le maire pour assister à la réunion. Le droit de dissolution ne doit être exercé par le représentant de l'autorité que s'il en est requis par le bureau, ou s'il se produit des collisions ou voies de fait.

Toutes les infractions aux dispositions de la loi sur les réunions publiques sont punies de peines de simple police, sans préjudice des poursuites, selon le droit commun pour crimes et délits commis dans les réunions.

Réunion (île de la), autrefois île Bourbon, à l'E. de l'Afrique, colonie française; 180.000 h. Terre volcanique (culmen, le massif des Salazes), mais fertile: bois précieux, café, sucre, vanille, tabac, quinquina. Française depuis 1642. Ch.-l. Saint-Denis. L'ile fut découverte par Mascarenhas en 1528.

réunir v. a. (préf. re, et unir). Rapprocher, rejoindre ce qui était séparé : réunir les deux bouts d'unecorde. Unir, faire communiquer une chose avec une autre : cette galerie réunit les deux pavillons. Assembler ce qui était épars : réunir les rayons du soleil au moyen d'une lentille. Fig. Grouper, avoir, présenter : réunir des preuves. Fig. Réconcilier r l'intérêt réunit les hommes. Se réunir v. pr. Se rassembler : se réunir dans un bois. Fig- Concourir : tout se réunit pour m'accabler. S'accorder : adversaires qui se rapprochent, mais ne peuvent se réunir. A.nt. Disperser, éparpiller.

réunissage [ni-sa-je] n. m. Action de réunir des fils de coton dans les filatures.

réunisseuse [ui-seu-ze] n. f. Machine qui, dans les filatures de laine peignée et de coton, réunit les rubans pour en former des bobines. (On dit également

DOUBLEUSE.)

Reus, v. d'Espagne (prov. de Barcelone); 30.000 h. Excellent,:; vins.

Grande industrie.

Reuss (la), riv. de Suisse, qui arrose les cint.

d'Uri, de Lucerne, d'Argovie, traverse le lac des Quatre- Cantons et se jette dans l'Aar (r. dr.); 160 kil. Vallée très pittoresque.

ReUSS, nom de deux petites principautés de l'Allemagne du Nord, enclavées dans les duchés de Saxe :

1» Reuss, branche aînée; 68.400 h.

Capit. Greiz ; 2» Reuss, branche cadette ; 139.200 h. Capit. Géra.

Reuss [croix d'honneur civile de), instituée le 1" janvier 1858 et réservée aux sujets des princes de Reuss. Deux classes ; ruban bleu bordé de rouge.

Reuss {croix d'honneur du prince de), instituée en 1885. Quatre classes ; ruban rouge.

ReUSS (Edmond -Guillaume- Eugène), théologien protestant français , né et m. à Strasbourg (1804-189'f) ; auteur d'une traduction nouvelle de la Bible , avec commentaires. — Son fils, Rodolphe- Ernest, historien alsacien, né à Strasbourg en 1841, auteur de l'Alsace au xvin» siècle.

ReUSSbuhl, bourg de Suisse (cant. de Zurich, comm. de Littau), au confluent de la Reuss et de l'Emme ; 2.600 h. Constructions mécaniques. Filatures.

réussi [u-si], 6 adj. Exécuté avec succès : entreprise bien réussie. Fam. Distingué en son genre (se dit souvent par ironie) : un fripon des mieux réussis. Brillant : une soirée réussie.

réussir [u-sir] v. n. (ital. riuscire). Avoir un résultat bon ou mauvais : expédition qui n'a pas réussi. Avoir un bon résultat : l'audace réussit souvent. Avoir du succès : réussir en tout. Parvenir à : j'ai enfin réussi à lui parler. S'acclimater : la vigne ne réussit pas dans les sols humides. Réussir à, avoir du succès dans : arriver à, parvenir à. V. a. Faire avec succès : peintre qui réussit bien le portrait, Ant. Echouer.

réussite [u-si-te] n. f. (ital. riuscita). Résultat quelconque : mauvaise réussite d'une affaire. Heureux succès : la réussite d'une entreprise. Combinaison de cartes, de pur hasard, pour connaître le succès ou l'insuccès d'une entreprise : faire une réussite. Ant. Echouer.

Reuter [ter] (Fritz), romancier allemand, né à Stavenhagen, m. à Eisenach (1810-1874). On lui doit un grand nombre de romans en bas allemand, pour la plupart autobiographiques : Fritz Triddelfitz, llavermann, Briisig.

Reutlingen, v. de Wurtemberg, sur l'Echaz, affluent du Neckar; 23.850 h. Papeteries; vignobles.

revaccination [vak-si-na-si-on] n. f. Action de revacciner.

revacciner [vak-si-né] v. a. Vacciner de nouveau : revacciner un enfant.

revalenta n. f. Syn. anc. de revalesciére.

revalescière [lés-sî] n. f. (du lat. revalescere, reprendre des forces). Substance alimentaire, formée de diverses farines.

revalidation [si-on] n. f. Action de revalider.

revalider [dé] v. a. Donner une nouvelle validité à un acte de procédure.

revaloir v. a. (Se conj. comme valoir.) Rendre la pareille : je vous revaudrai cela.

revanche n. f. (subst. verb. de revancher). Action par laquelle on rend ce que l'on a reçu, le plus souvent en mal : prendre une bonne revanche. Seconde partie qu'on joue pour chercher à se racquitter d'une première qu'on a perdue. A charge de revanche, à condition de la pareille. En revanche loc. adv. Eu compensation.

Croix d'honneur civile de Reuas.

Croix d'honneur du prince de Reuss-

REV

revailCher [ché] v. a. (du préf. re, et du lat. vindicare, venger). Défendre, secourir quelqu'un qui est attaqué : revancher un camarade- (Vi.) Se revanchor v. pr. Rendre la pareille.

revancheur, euse [eu-ze] n. Personne qui revanche.

rêvasser [va-sé] v. n. Faire des rêves dans un sommeil agité : j'ai rêvassé toute la nuit. Fiy. et fam. Se livrer à des rêveries incohérentes.

rêvasserie [ua-se-rf] n. f. Fam. Action de rêvasser. Rêve incohérent. Chimère, utopie.

rêvasseur, euse [va -seur, eu-ze] n. Fam.

Qui rêvasse.

revautrer [vfi-tré] v. a. Vautrer de nouveau.

rêve n. m. (Je rêver). Songe, ensemble d'idées et d'images qui se présentent à l'esprit durant le sommeil : la croyance à la signification prophétique des rêves a été pendant longtemps générale. Hallucination produite par un état morbide : les rêves d'un fiévreux. Fig. Imagination sans fondement, idées chimériques : les rêves <Fun idéologue. Idée que l'on poursuit avec passion : des rêves de fortune. Il a fait un beau rêve, il a bénéficié d'un avantage inespéré. Fam. Cest un rêve! c'est une chose inouïe, que l'on a peine à croire, à se figurer.

— Encycl. Physiol. Les rêves sont constants, et, si souvent on affirme que le sommeil a été sans rêves, c'est que ces rêves ont été oubliés au réveil. On ne se souvient généralement que des rêves pénibles ou de ceux qui précèdent le réveil. La plupart du temps, les rêves évoluent dans le cercle des faits familiers.

Rêve (le), tableau d'E. Détaille (musée du Luxembourg) [1888], page d'un beau patriotisme, où le peintre a représenté des soldats dormant dans leurs couvertures, tandis que dans l'air passe une foule confuse de soldats fantômes en costumes de la République et de l'Empire.

Rêve (le), roman de Zola (1888), qui tranche par la pureté et la fraîcheur du sujet sur les autres volumes de la série des Rougon-Macquart. C'est le récit des amours chastes et malheureuses d'Angélique, fille d'un brodeur de chasubles, et du peintre verrier Félicien de Hautecour, fils d'un évèque entré tardivement dans les ordres. — Louis Gallet en a tiré un livret de drame lyrique en quatre actes et sept tab leaux, musique d'Alfred Bruneau (1891).

revêche adj. Apre au goût : vin revèche. Rude : étoffe revèche. Fig. Peu traitable, rébarbatif humeur revèche. Ant. Doux, aimable.

revêche n. f. Etoffe de laine, d'origine anglaise, frisée et à longs poils.

rêve-CreUX n. m. S'est dit pour songe-creux.

réveil [vè, / mil.] n. m. (de réveiller). Passage de l'état de sommeil a l'état de veille. Fig. Retour à l'activité : le printemps marque le réveil' de la na-

Prtslo

Réveil {le), pièce en trois actes, de Paul Hervieu (1905), sorte de tragédie moderne où se déroule le conflit de la. passion et du devoir. Thérèse de Mégée va devenir la maîtresse du prince Jean de Sylvanie. Mais le père du jeune homme, le prince détrôné de Sylvanie, Grégoire, veut que son fils parte immédiatement pour reconquérir le trône de Sylvanie qu'il lui abandonne : il fait saisir Jean dans la maison même où il attend M" de Mégée et laisse croire à Thérèse que le jeune homme a été assassiné. Le soir même, Thérèse est obligée de paraître à un dîner. Au moment où elle va sortir, toute parée, elle voit Jean devant elle. Désormais, ils sentent que leur amour sera empoisonné, et ils se séparent pour toujours.

réveillable [vi. Il mil.] adj. Qui peut être réveillé.

réveillée [vè. Il mil., S] n. f. Dans les fours de glacerie, temps pendant lequel on travaille sans interruption.

réveille -matin [vi, U

mil., e] n. m. invar. Horloge dont le carillon sert à réveiller à l'heure sur laquelle on a mis une aiguille spéciale en se couchant.

( V. réveil. ) Bruit matinal qui éveille les gens. Nom vulgaire d'une variété d'euphorbe.

réveillement [vè, il mil.,

e-mau] n. m. Action de réveiller.

réveiller [vi, u mil., é]

v. a. (du préf. re, et éveiller). Tirer du sommeil : réveiller un malade. Faire sortir d'un état de tor-

Réveille-matio.

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Le réveil (trompette).

ture. Action d'être désabusé. Batterie de tambour, sonnerie de clairon, pour éveiller : battre, sonner le réveil. Abréviation pour réveille-matin. Ilist. relig. Nom donné en Angleterre et aux Etats-Unis à certaines assemblées religieuses tenues pour la conversion ou le réveil des pécheurs.

— Encycl. Physiol. Le réveil est le passage de l'état de sommeil à l'état de veille. Il se produit naturellement après l'élimination des déchets de fonctionnement dont l'accumulation avait provoqué le sommeil. En tout cas, alors, le plus léger bruit, un rayon de soleil, l'habitude suffisent à provoquer le réveil. Anormalement, le réveil peut être provoqué par une excitation extérieure très forte (bruit, cauchemar).

Réveil 'le), tableau de Raffet (1818), représentant un tambour de la garde battant le rappel de la revue suprême; autour de lui les morts s'éveillent.

Le Rêve, d'après Détaille

peur : réveiller une personne évanouie. Fig. Exciter de nouveau, renouveler : réveiller le courage; réveiller des souvenirs. Ant. Endormir.

réveilleur [vè, II mil., eur] n. m. Religieux chargé de réveiller les autres au cours de la nuit. Garde de nuit, qui parcourait les rues en annonçant les heures.

réveillon [vè, II mil., on] n. m. Repas fait au milieu de la nuit, surtout dans la nuit de Noël : faire un joyeux réveillon. Peint. Artifice qui a pour but de rompre la. monotonie du coloris par la scintillation de quelque point brillant de lumière et de couleur.

Réveillon, marchand de papiers peints, à Paris (xvme s.). Il s'était enrichi dans le commerce et avait excité l'animosité de l'abbé Roy, ancien secrétaire du comte d'Artois, qui lui devait de l'argent. L'abbé, profitant du mouvement libéral qui commençait à se former, dénonça Réveillon comme soutien de la cour. Le 28 avril 1789 des bandes de vagabonds pillèrent et brûlèrent les magasins de papiers. Le duc d'Orléans ayant été accusé d'avoir fomenté l'émeute, Louis XVI indemnisa Réveillon.

réveillonner [vè, II mil., o-né] v. n. Fam. Faire le réveillon.

Revel ou Reval, v. forte de la Russie d'Europe (Esthonie), sur le golfe de Finlande; 65.000 h. Port militaire et de commerce. Constructions navales, fonderies.

Revel, ch.-l. de c. (Haute-Garonne), arr. et à 30 kil. de Villefranche, dans la riche vallée du Sor ; 5.550 h. Ch. de f. M. Volailles, grains. — Le cant. a 13 comm. et 10.470 h.

Revel (Paul Toutain, connu sous le pseudonyme de Jean), littérateur français, né à Conteville (Bure) en 1848; auteur de romans à préoccupations philosophiques, où il a peint la vie et la campagne normande : auteur de Multiple vie, Rustres, Contes normands, etc.

révélantisme [ti&mé] n. m. Nom donné par Damiron à l'école philosophique de Joseph de Maistre et de Bonald. qui cherche dans la révélation chrétienne, interprétée par l'Eglise catholique, la solution des questions métaphysiques et morales.

revélantiste [tis-te] n. m. Partisan du révélantisme.

révélateur, trice n. Qui fait des révélations. Adj. : circonstance révélatrice. N. m. Photogr. Bain destiné au développement de l'image latente. V. développement, photographie. Révélateur de fuites, syn. de indique-fuite.

révélatif, ive adj. Qui est de nature à révéler.

révélation [si-on] n. f. (lat. revelatio). Action de révéler: révélation d'un secret. Chose qui, venant à être connue, en fait découvrir beaucoup d'autres ; la chute d'une pomme fut pour Newton

REV

une révélation. Inspiration par laquelle Dieu a fait connaître, dans certaines circonstances, ses mystères, ses volontés, etc. Par anal. Inspiration. Choses révélées : les révélations de suint Jean. La religion révélée : croire à la révilutiun.

— - Encycl. Relig. La nécessité et l'existence d'une révélation, faite surnaturellement à l'humanité, forment la doctrine fondamentale du christianisme. La révélation est nécessaire pour la connaissance de la vérité religieuse complète. En effet, tous les éléments de l'ordre surnaturel ècjiappcnt, par définition, à la compétence de la raison humaine. Même, en dehors de l'ordre surnaturel, l'homme ne saurait non plus se suffire en ce qui concerne les connaissances religieuses et morales qui lui sont indispensables.

D'après l'enseignement de l'Eglise catholique, cette révélation a eu lieu, par trois fois, lorsque Dieu créa l'homme (révélation primitive), lorsque Moïse et les prophètes développèrent ce premier enseignement (révélation mosaïque), enfin, lorsque, par la bouche du Messie, elle reçut sa perfection (révélation chrétienne).

révélé, 6 adj. Communiqué par révélation divine : dogme révélé; religion révélée.

révéler [lé] v. a. (lat. revelare ; du préf. re, et de vélum, voile. — Se conj. comme accélérer.) Découvrir, faire connaître ce qui était inconnu et secret: révéler une conspiration. Plwtogr. Faire apparaître l'image latente sur la plaque photographique : révéler un cliché. Faire connaître, être la marque de : roman qui révèle un grand talent. Faire connaître par une révélation divine : le dogme est une vérité que Dieu a révélé. Se révéler v. pr. Se manifester : son génie se révêla tout à coup.

revenant [nan], e adj. Qui revient, qui plaît : physionomie revenante. N. m. Esprit, âme d'un mort qu'on suppose revenir de l'autre monde : le peuple a longtemps cru aux revenants. Fam. Personne qii reparaît après une longue absence.

revenant-bon n. m. Profit éventuel. Argent qui reste entre les mains d'un comptable après qu'il a rendu ses comptes. Boni. PI. des revenants-bons.

revendage [van] n. m. Métier, profession de revendeur. (Peu us.)

revendanger [van-dan-jé] v. a. (Prend un e après le g devant a et o : il revendangea, nous revendangeons.) Vendanger une seconde fois.

revendeur, euse [van, eu-ze] n. Qui achète pour revendre. Revendeuse ou marchande à la toilette, femme dont le métier est d'acheter, pour les revendre, des objets de toilette féminine.

revendicable [van] adj. Qui peut être revendiqué.

revendicateur [van] n. m. Celui qui revendique.

revendication [van, si-on] n. f. (du lat. jurid. rei vindicatio, réclamation de la chose). Action d'une personne qui réclame la possession d'une chose dont elle est légalement propriétaire. Par ext. Réclamation d'un droit politique ou social.

— Encycl. Dr. La revendication existe en matière mobilière et en matière immobilière. En matière mobilière, elle est d'un emploi limité à raison du principe « En fait de meubles, possession vaut titre », qui protège tout acquéreur de bonne foi d'un meuble, pourvu qu'il ne s'agisse pas d'un meuble perdu ou volé, revendiqué par son propriétaire dans les trois ans, ou d'un titre au porteur perdu ou volé, acquis depuis l'indication du num Sro au Bulletin des oppositions. (V. prescription.) Cette action est jugée par le juge du domicile du défendeur.

En matière immobilière, la revendication doit être jugée parle juge de la situation de l'immeuble; elle peut servir toutes les fois qu'on réclame un droit réel : propriété, servitude, possession; mais il faut prouver que l'on est propriétaire. Le seul mode de preuve absolu est la prescription.

revendiquer [van-di-ké] v. a. (préf. re, et lat. vindicare, réclamer). Réclamer une chose qui nous appartient, et qui se trouve entre les mains d'un autre : revendiquer un droit. Assumer, prendre sur soi : revendiquer une responsabilité. Dr. Revendiquer une cause, une affaire, s'en attribuer la connaissance, le jugement.

revendre [van-dré] v. a. Vendre ce qu'on a acheté : revendre une chose plus cher qu'elle n'a coûté. Vendre de nouveau : revendre plusieurs fois le même objet. Fig. Avoir d'une chose à revendre, en avoir au delà du nécessaire. En revendre à quelqu'un, être plus fin que lui. Ant. Racheter.

revenez-y [né-zi] n. m. invar. Retour vers le passé, vers les anciennes habitudes : des revenez-y de jeunesse. Façon, chose à laquelle on aime à revenir : plat qui a un goût de revenez-y. Action de recommencer : il m'a dupé une fois, je l'attends au revenez-y.

revenger [van-jê] (Se) v. pr. (Prend un c après le g devant a et o : il se revengea, nous nous revengeons.) Prendre sa revanche.

revenir v. n. (Se conj. comme venir.) Venir de nouveau, ou venir une autre fois ; faire retour : je reriens de Paris. Reparaître : question qui revient sur Veau. Se produire de nouveau : le temps passé ne revient plus. Aboutir de nouveau : tout part de l'unité pour revenir à l'unité. Repousser : ses cheveux reviennent. En parlant des morts, apparaître: il revient îles esprits dans cette maison. Se représenter à l'esprit par le souvenir : son nom ne me revient pas. S'attacher, se livrer de nouveau à : revenir à ses études. Ramener le discours : orateur qui revient à son point de départ. Produire des retours de goût désagréables : le boudin revient. Résulter comme profit, comme avantage : quel profit revientil au contribuable de ce changement d'impôts ? Appartenir en vertu d'un droit : que chacun prenne ce qui lui revient. Fig. Manifester l'intention de s'apaiser, de se réconcilier: une fois fâché, il ne revient plus. Plaire, inspirer confiance : sa figure me revient. Se désabuser : revenir d'une erreur. Se corriger : revenir de ses égarements. Coûter : cet habit me revient à tant. En revenir, guérir d'une maladie. En revenir à, parler de nouveau de. Revenir à la charge, recommencer ses tentatives. Revenir à soi, reprendre ses sens après un évanouissement. Revenir d ses moutons, à son sujet principal après une digression (allusion à la farce de Maître frthelin). Revenir de droit, appartenir légitimement. Revenir sur une matière, en par 1er de nouveau. Revenir sur ce qu'on a dit, changer

REV

REV

d'opinion. Revenir sur le compte de quelqu'un, changer d'opinion à son égard. Revenir sur l'eau, rétablir sa fortune ; faire de nouveau le sujet des conversa- Mans ce sens on dit encore : revenir sur le ta- I cla revient au même, c'est la même chose. Je n'm reviens pas, j'en suis très surpris. Jl m'est retenu que, j'ai appris que. Revenir de loin, échapper à un grand danger. Jl n'en reviendra pas, il n en guérira pas. Cuis. Faire revenir de la viande, la faire rôtir superficiellement. S'en revenir v. pr. Revenir de quelque lieu.

revenoir n. m. Outil d'horloger qui s'en sert pour recuire l'acier et le bleuir.

revente [van-té] n. f. Seconde vente. De revente, d'occasion. (Vx.)

reventer [van-té] v. a. Mar. Faire porter le vent sur. (On dit aussi réventer.)

reventier [van-ti-è] n. m. Commis des salines qui revendait le sel au détail.

revenu, e adj. Désabusé : l'homme mûr est revenu de bien des choies.

revenu n. m. Ce que rapporte un fonds, un capital : revenu foncier. Kecuit jusqu'à la coloration bleue persistante de l'acier. Fig. Avantage, profit : la considération est, en principe, te revenu de l'honnêteté. Revenus publics ou de l'Etat, ce que l'Etat retire soit des contributions, soit de son domaine.

— Encyci.. Le revenu est le loyer d'une somme d'argent, d'un titre, d'un immeuble, etc. On distingue :

lo Les revenus fixes, provenant des placements en fonds d'Etats français et étrangers et en obligations ;

2» Les revenus variables, provenant des placements en actions de sociétés de crédit, de chemins de fer, d'entreprises commerciales et industrielles ;

3» Les revenus fixes avec lots, provenant d'obligations à lots (Crédit foncier de France, Ville de Paris, etc.) ;

4" Les revenus temporaires, provenant de bons du Trésor, des dépôts aux caisses d'épargne et dans les banques, des reports en Bourse, etc.

Impôt sur le revenu. Les revenus sont frappés d'une taxe, exception faite pour la rente française. Cette taxe atteint, en outre, « les arrérages et intérêts annuels des emprunts et obligations des départements, communes et établissements publics, ainsi que des sociétés et entreprises quelconques », et aussi les lots et primes de remboursement. V. valeurs mobilières.

Théoriquement, l'impôt sur le revenu peut frapper les revenus totalisés de chaque contribuable : il est alors global et personnel; s'il distingue au contraire les revenus du contribuable selon leur origine, foncière, mobilière ou commerciale, etc., et les taxe séparément, il est plutôt réel et est dit cédulaire. Il peut être à la fois cédulaire et global. Il est progressif si le taux s'élève en raison de l'importance des revenus ; proportionnel, si le taux reste uniforme ; dégressif, si le taux s'abaisse en dessous d'un certain chiffre de revenus ; différentiel, si le taux varie suivant que les revenus proviennent du travail, du capital, du travail et du capital associés [discrimination).

L'impôt sur le revenu existe en Angleterre, en Norvège, dans plusieurs Etats allemands et cantons suisses. La chambre des députés française a voté son' établissement (1909).

revenue [nû] n. f. Action de revenir. Jeune bois qui revient sur une coupe. Véner. Action des bêtes qui sortent du bois pour pâturer.

revenure n. f. Nouvelle pousse de la vigne après qu'elle a été gelée. (Peu us.)

rêver [vê] v. n. (anc. resver). Songer, faire des rêves : rêver de combats. Etre en délire : on rêve dans la fièvre. Dire des choses déraisonnables : vous rêvez, je crois. Méditer profondément : Archimède rêvait à un problème, quand il fut tué par un soldat romain. Rêver tout éveillé, faire des projets irréalisables, caresser des chimères. V. a. Voir en rêve : rêver un incendie. Imaginer : rêver un poème. Fig. Désirer vivement : rêver le pouvoir, les grandeurs.

réverbérant [vir-bé-ran], e adj. Qui a la propriété de réverbérer.

réverbération [vèr, si-on) n. f. Réflexion de la lumière ou de la chaleur : la réverbération de l'incendie éclairait au loin.

réverbère [vèr] n. m. (de réverbérer). Miroir réflecteur adapté à une lampe pour faire converger la lumière sur un seul point. Lanterne de verre qui contient une lampe munie d'un ou de plusieurs réflecteurs, pour éclairer les rues pendant la nuit. Four à réverbère, four à métaux dans lequel on utilise le calorique réfléchi.

réverbérer \vèr-bé-rè] v. a (du lat. reverberar'e, frapper en retour. — Se conj. comme accélérer ) Réfléchir, renvoyer la lumière : plaque qui réverbère la chaleur d'un foyer.

revercher [vèr-ché] v. a. Boucher les trous d'une pièce de poterie d'étain avec le fer à souder.

reverdie [v'er-di] n. f. Nom des grandes marées de la nouvelle et de la pleine lune, dans l'Ouest. Litter. Nom donné, au xii" et au xm« siècles, aux chansons où était célébré le retour du printemps.

reverdir [re>\] v. a. (de re, et verdir). Peindre en vert une seconde fois: reverdir des contrevents. Laisser une peau à tanner plus ou moins longtemps dans le bain. Rendre sa verdure à : le printemvs reverdit les champs. V. n. Redevenir vert : les arbres reverdissent. Fia. Rajeunir, redevenir plus fort : ce vieillard reverdit. Planter là quelqu'un pour >, -verdir, laisser une personne en quelque endroit sans la venir reprendre, comme on le lui avait promis.

reverdissage [vér-ii-sa-je] n. m- Chez les tanneurs, action de reverdir les peaux.

reverdissant, e [vèr-di-san] adj. Qui redevient vert.

reverdissement [vér-di-se-man\ n. m. Action de reverdir Fig. Nouvel éclat.

reverdoir [ver} n. m. Réservoir placé daDS les brasseries sous la cuve matière.

rèvéremment [ra-man] adv. Avec respect.

révérence [ran-se] n. f. (lat. reverentia). Respect, vénération : traiter la vieillesse avec révérence. Mouvement du corps pour saluer, soit en s'inclinant, soit en pliant les genoux : faire la révérence. Titre d'honneur donné autrefois aux religieux qui étaient prêtres (en ce sens prend une majuscule). Tirer sa révérence, saluer en s'en allant ; s'en aller; fam. Se dit par forme de refus. Pop. Sauf révérence, révérence parler, en parlant par révérence, se dit quand on craint de blesser par ses paroles. Ant. Irrévérence.

révérenciel, elle [ran-si-èl, i-le] adj. Inspiré par la révérence : respect révérenciel, crainte révérencielle.

révérencier [ran-si-é] v. n. (Se conj. comme prier.) Faire la révérence- (Vx.)

ré Vér encieusement [ran-si-eu-ze-man] adv. Avec respect. Ant. Irrévérencieusement.

révérencieux, euse [ran-si-eu, eu-ze] adj. Qui fait trop de révérences. Humble et cérémonieux. Ant. Irrévérencieux.

révérend [ran], e adj. et n. (du lat. reverendus, digne de vénération). Titre d'honneur donné aux religieux et aux religieuses : mon révérend, ma révérende. Titre des pasteurs, dans l'Eglise anglicane.

révérendissime [ran-di-si-me] adj. (superlat. de révérend). Titre d'honneur donné aux archevêques, aux généraux d'ordres religieux.

révérer [ré] v. a. (lat. revereri. — Se conj. comme accélérer.) Honorer, respecter, en parlant des personnes, des choses saintes.

rêverie [rt] n. f. Etat de l'esprit occupé d'imaginations vagues : s'abandonner h la rêverie. Idée vaine, chimérique : les rêveries des astrologues.

Rêveries du promeneur solitaire ((es), ouvrage posthume de J.-J. Rousseau (Genève, 1782). Ecrit pendant la dernière partie de sa vie, où l'auteur était plus sauvage et plus misanthrope que jamais, le livre contient pourtant d'admirables pages, où s'épanouit le plus juste et le plus vif sentiment de la nature. Rousseau y raconte ses souvenirs les plus chers du passé, qu'il entremêle de longues réflexions morales.

revemir [vèwtir] v. a. Vernir de nouveau.

revemissage [vèr-ni-sa-je] n. m. Action de revernir.

reverquier n. m. Syn. de revertier.

revers [vèr] n. m. (du lat. reversus, retourné). Côté d'une chose opposé à celui qui se présente d'abord ou au côté principal : le revers de la main. Le côté d'une médaille, d'une pièce, opposé à celui où est l'empreinte de la figure principale. Partie rcpliée d'un habit où l'étoffe, repliée au dehors, laisse voir le dessous du vêtement.

Repli au haut d'une botte d'une autre couleur que la tige. Fig.

Revers : 1, 2. D'uniformes ;

Disgrâce, acciden t fâcheux : éprouver des revers de fortune. Coup de revers ou simpl. revers, coup frappé soit avec le revers de la main, soit avec un instrument ou une arme quelconque dont on se sert comme si l'on frappait avec le dos de la main. Revers de la médaille, mauvais côté d'une chose. Revers de la main, le dos de la main, surface opposée à la paume. Prendre, battre à revers une position, l'attaquer ou la canonner à la fois par un de ses flancs et sur ses derrières. Syn. de reverseau, en construction. Ant. Avers, face, succès.

reversai, e, aux [vèr] adj. (du lat. reversus, retourné). S'est dit d'un acte d'assurance donné à l'appui d'un engagement précédent. Lettres reversâtes ou substantiv. reversâtes, lettres par lesquelles on fait une concession en échange d'une autre.

reverseau [vêr-sS] n. m. Pente ménagée vers l'extérieur, au bas d'un châssis, pour empêcher que l'eau n'entre dans la feuillure d'une porte, d'une fenêtre. ( On dit aussi jet d'eau, rejeteau, revers d'eau.)

reversement [vèr-se-man] n. m. Mar. Transbordement. Changement qui survient dans la direction des courants de la marée ou de la mousson. Syn. renversement.

reverser [vèr-sê] v. a. Verser de nouveau : reverser à boire. Verser dans le vase d'où l'on avait versé : reverser du vin dans la bouteille- Transporter, reporter: reverser un titre de propriété sur la tête de ses enfants. Faire retomber : reverser le blâme sur d'autres.

reversi ou reversis [vèr-si] n. m. (ital. rovescino). Sorte de jeu de cartes, où celui qui fait le moins de levées gagne le plus.

— Encycl. Le reversi se joue à quatre avec un jeu complet, les dix enlevés. Par ordre, la valeur des cartes est : as, 4 points ; roi, 3 ; dame, 2 ; valet, 1. Les autres cartes sont nulles. Sur la table sont 4 paniers de couleurs différentes et une corbeille ronde. Chaque panier contient 5 jetons valant chacun 5 fiches, 10 contrats valant chacun 10 jetons, plus 20 fiches, soit par panier 545 fiches. La corbeille reçoit les payements ou remises. Les places et la donne tirées au sort, chaque joueur prend un des paniers et met 2 jetons dans la corbeille. Le donneur en met 3. Ce fond de mises est renouvelé chaque fois que la corbeille est vide. Le donneur distribue 11 cartes en 3 fois à chaque joueur et 12 à lui-même, il en reste 3 au talon. Chacun est libre d'écarter une de ses 11 cartes contre une du talon; le donneur écarte une des siennes mais n'en prend pas d'autre. La partie se joue comme à l'ordinaire et celui qui a le plus de points dans ses levées perd et paye à celui qui en a le moins. S'il y a égalité de points, c'est le joueur le plus près du donneur qui gagne. Si l'un des joueurs fait toutes les levées, le coup du reversi, il reçoit outre la remise, 32 fiches du joueur vis a vis de lui et 16 de chacun des deux autres. Il y a deux chances, le quinola, ou valet d» cœur, la plus forte carte du jeu et l'espagnolette, réunion du quinola et de 3 as ou 4 as. Celui qui a le quinola gagne la remise s'il parvient à s'en

débarrasser; s'il le joue sur du cœur, il paye la remise. Celui qui a l 'espagnolette a le droit de renoncer à toutes les couleurs pendant les 9 premières levées, sauf aux deux dernières ; s'il fait une seule de ces deux levées, il perd et paye tous les frais de la partie. Il peut aussi jouer son jeu comme à l'ordinaire.

réversibilité [vèr-si] n. f. Qualité de ce qui est réversible : la réversibilité d'un mouvement. Théol, Réversibilité des mérites, application à tous les fidèles de la communion des saints, en vertu de laquelle les bonnes œuvres de chaque juste profitent à toutes les âmes en état de grâce.

réversible [vèr-si-ble] adj. (du lat. reversus). Physiq. Se dit d'une transformation physique, chimique, etc., capable de changer de sens, à un moment donné, sous l'influence d'un changement Infinitésimal dans les conditions du phénomène. Dr. Se dit des biens qui doivent, en certains cas, retourner au propriétaire qui en a disposé ou d'une pension dont les arrérages passent à d'autres personnes à la mort du titulaire.

réversif [vèr-si f], ive adj. Qui concerne la réversion.

réversion [vèr-si-on] n. f. (lat. reversio). Dr. Droit de retour en vertu duquel les biens dont une personne a disposé en faveur d'une autre lui reviennent quand celle-ci meurt sans enfant. Biol. Retour vers un type primitif, en parlant d'un organisme quelconque. Litt. Syn. de régression.

reversiS [vèr-si] n. m. V. reversi.

reversoir [vèr] n. m. Barrage par-dessus lequel l'eau s'écoule en nappe.

revertier [vir-ti-ê] n. m. Variété de trictrac, dans lequel les dames doivent faire le tour du tablier et revenir à leur point de départ. (On dit aussi reverquier.)

Rêves, comm. de Belgique (Hainaut, arr. de Charleroi); 1.590 h.

revestiaire [vès-ti-é-re] n.m. Endroit attenant à l'église, où le bas clergé revêt l'habit de chœur. (Vx.) Somme allouée à certains religieux pour leur vêtement.

revêtement [man] n. m. Ouvrage en pierre, en brique, en fascinages, etc., qui sert à retenir les terres d'un fossé, d'un bastion, d'une terrasse. Sorte de placage de pierre, plâtre, bois, etc., que l'on a fait

Revêtements : 1. Avec gabions et fascines ; 2. En fascines.

à une construction pour la consolider ou l'orner: beaucoup de temples anciens avaient souvent un revêtement de marbre. Mar. Bordé dont on recouvre la coque pour appliquer la cuirasse ou doubler la caréné. (On dit aussi revêtissement.)

revêtir v. a. (préf. re, et vêtir. — Se conj. comme vêtir.) Vêtir de nouveau. Dévêtir et revêtir un enfant. Pourvoir de vêtements : revêtir les pauvres. Se couvrir d'un vêtement : revêtir un habit ou se revêtir v. pr. : se revêtir d'un habit. Faire un revêtement sur : revêtir un bastion. Recouvrir, enduire: revêtir de gazon, de plâtre. Fig. Investir d'un emploi: le roi l'a revêtu de la charge de chambellan. Couvrir, décorer : revêtir le mal des apparences du bien. Prendre, s'attribuer : maint égoïste revêt la philanthropie.

revêtissement n. m. Syn. anc. de revêtement.

rêveur, euse [eu-ze] adj. et n. Qui rêve, qui se plaît dans des pensées vagues : jeune fille rêveuse. Distrait. Fig. Qui s'abandonne à ses imaginations, méditatif, pensif : les poètes sont d'incorrigibles rêveurs.

rêveusement [ze-man] adv. En rêvant.

(Peu us.)

revidage n. m. Action de revider. Troc que font entre eux des brocanteurs de ce qu'ils ont acheté dans les ventes publiques.

revider [dé] v. a. Vider de nouveau. Rijout. Agrandir un trou. Faire le revidage : revider des hardes.

revient [li-i'ii] n. m. Prix de revient, ce que les marchandises coûtent au fabricant.

revif n. m. (de re, et vif). Reprise de vie, renaissance. Mouvement de croissance des marées.

Revigny, eh.-l. de c. (Meuse), arr. et à 16 kil. de Bar-le-Duc, sur l'Ornain; 1.720 h. Ch. de f. E- Phosphates. — Le cant. a 17 comm., et 7.120 h.

revigorer [ri] v. a. Donner une nouvelle vigueur à. (Vx).

Réville, comm. de la Manche, arr. et à 23 kil. de Valognes, sur la baie de la Hougue ; 1.370 h.

Réville (Albert), exégète français, pasteur protestant, né à Dieppe, m. à Paris (1826-1906); professeur au Collège de France, auteur de Histoire des religions, Jésus de Nazareth, etc. — Son fils, Jean, né à Rotterdam, m. à Paris (1854-1908); professeur à la faculté de théologie protestante, puis au Collège de France, auteur de la Doctrine du Logos, le Quatrième Evangile.

RévillOUt (Eugène), égyptologue, né à Besançon en 1845, auteur de travaux estimés : le Concile de Nicée, Apocryphes coptes du Nouveau Testament, etc.

Revin, comm. des Ardennes, arr. et à 11 kil. de Rocroy; 5.380 h. Ch. de f. E. Métallurgie.

revirade n. f. Action de se retourner, de revirer. Au trictrac, action d'employer une ou deux dames de cases déjà faites.

revirement [man] n. m. (de revirer). Action de virer de bord a nouveau : le revirement d'un vaisseau. Changement complet : revirement d'opinion. Comm. Manière de s'acquitter envers une personne en lui faisant le transport d'une dette active équivalente à la somme qu'on lui doit.

REV

revirer [ré] v. a. Mar. Virer de nouveau: revirer de bord- Fig. Changer de parti.

révisable ou révisable [za-ble] adj. Qui peut être revisé : jugement révisable.

reviser ou réviser [se-] v. a. (lat. revisere).

Revoir, examiner de nouveau, pour modifier s'il y a lieu : réviser un procès. Typogr. Examiner une épreuve, pour vérifier si les, corrections indiquées sur l'épreuve précédente ont bien été exécutées.

reviseur ou réviseur [ seur] n. m. (lat.

revisor). Qui revoit après un autre : un reviseur de comptes. Celui qui fait la revision des épreuves typographiques.

Reviseur (le) ou l'Inspecteur général, comédie de Gogol, vive satire de la corruption des fonctionnaires. Pris pour le reviseur (ou inspecteur), un voyageur profite impudemment de l'erreur commise et se laisse corrompre par les fonctionnaires, qui ont chacun quelque méfait sur la conscience (1841).

revisibilite ou révisibilité [ai] n. f. Qualité de ce qui peut être revu.

revisible ou révisible^t'-é^adj. Qui peut être revu.

revision ou révision [zi-on] n. f. (lit. revi-

sio). Action de reviser, d'examiner de nouveau : demander la revision d'un procès; la revision de la Constitution. Conseil de revision, chargé d'examiner, dans chaque canton, lors du recrutement, si les conscrits sont propres au service militaire : le conseil de revision est présidé par le préfet. V. conseil. Tribunal qui revise les jugements rendus pâlies conseils de guerre. Typogr. Action de reviser une feuille que l'on va mettre sous presse.

— Kncïcl. Dr. constit. Revision de la Constitution. Les Eiats qui distinguent le gouvernement constituant du pouvoir législatif soumettent la révision de la Constitution à" une procédure spéciale. En France, la revision est précédée de l'agrément de chacune des deux Chambres et effectuée par le vote de leurs membres réunis en Assemblée nationale. En pratique, les deux Chambres se mettent d'accord pour désigner les articles sur lesquels portera la revision.

Révision des procès. En matière correctionnelle, comme en matière criminelle, la revision peut être demandée dans chacun des quatre cas suivants : lo lorsque, après une condamnation pour homicide, des pièces ont été représentées propres à faire naître de suffisants indices sur l'existence de la prétendue victime de l'homicide; 2° lorsque, pour un même fait, deux accusés ou prévenus ont été condamnés par deux arrêts ou jugements différents et inconciliables ; 3» lorsqu'un témoin entendu a été, postérieurement à la condamnation, poursuivi et condamné pour faux témoignage contre l'accusé ou le prévenu; 4° lorsque, après une condamnation, un fait nouveau vient à se produire ou à se révéler, ou lorsque des pièces inconnues lors des débats sont représentées, de nature à établir l'innocence du condamné.

Le droit de demander la revision appartient : au ministre de la justice, au condamné, et, si le condamné est incapable, décédé ou disparu, à ses représentants légaux ou à ses ayants droit.

Le pouvoir de statuer sur les pourvois en revision est attribué à la cour de cassation. Si elle décide que le pourvoi est recevable, elle renvoie le prévenu ou 1 accusé devant un tribunal ou une cour fSutre que celui ou celle qui a primitivement connu de l'affaire), ou bien, lorsque de nouveaux débats contradictoires ne sont plus possibles (par exemple, en cas de mort ou de disparition de l'un ou de plusieurs des condamnés), c'est elle-même qui juge à nouveau le procès.

Le condamné dont, après revision de son procès, l'innocence a été reconnue, peut, sur sa demande, obtenir des dommages-intérêts à raison du préjudice que lui a causé la condamnation. En cas de décès du condamné, le droit à dommages-intérêts appartient, dans les mêmes conditions, au conjoint, aux ascendants et aux descendants du condamné.

reviSionnel, elle [zi-o-nil, é-le] adj. Qui se rapporte à la revision, qui établit un droit de revision.

révisionniste [zi-o-nis-te] n. et adj. Qui effectue une revision, notamment celle de la Constitution. Partisan de cette revision.

revisiter [si-té] v. a. Visiter de nouveau.

revival n. m. (m. angl. signif. retour à la vie). Assemblée religieuse appelée aussi réveil.

revivaliste [lis-te] n.m. Chez les protestants, celui qui prend part à un revival.

revivificateur n. m. Celui qui revivifie.

revivification [si-onj n. f. Action de revivifier, de ranimer : l'humidité amène la revivification de certains infusoires. Chim. Opération qui a pour but de ramener à l'état métallique un métal engagé dans une combinaison. (Se dit surtout du mercure.) Fig. Action de rendre l'énergie, lavitalité.

revivifier [fi-é] v. a. (Se conj. comme prier.) Vivifier de nouveau. Fig. Réveiller, ranimer. Chim. Tirer de sa combinaison et ramener à l'état métallique : revivifier du mercure. Théol. Rendre à la vie spirituelle.

reviviscence [vis-san-se]n. f. (àereviviscent). Propriété que possèdent certains êtres, animaux et végétaux, ayant été naturellement ou artificiellement desséchés, et ayant alors présenté l'apparence d'êtres morts, de reprendre l'activité de la vie manifestée quand on leur rend leur humidité : la reviviscence a été constatée chez certains infusoires.

— Encycl. C'est Leeuwenhoek qui, le premier, découvrit la reviviscence chez les animalcules, notamment les rotateurs et les tardigrades. Depuis, ce phénomène a été observé chez un grand nombre d'animaux et de végétaux.

Les organismes desséchés sont à l'état de vie latente. Il faut y voir une acquisition défensive, pour les organismes exposés, par la nature des milieux où ils vivent, a subir des alternatives de sécheresse et d'humidité.

reviviscent [yis-san], e adj. (du lat. revivisttre, revivre). Se dit des êtres qui jouissent de la propriété de reviviscence.

reviviscible [vis-si-blc] adj. Qui a la propriété de reviviscence.

revivre v. n. (Se conj. comme vivre.) Revenir à la vie : les larmes ne le feront pas revivre. Reprendre ses forces, son énergie. Fig. Etre rappelé

ou représenté : un père qui revit dans son enfant. Se renouveler, se reproduire : empêcher les abus de revivre. Faire revivre une chose, la renouveler, la remettre en honneur, lui rendre son éclat. V. a. Revivre sa vie, repasser en imagination par les diverses phases de son existence.

révocabilité n. f. Etat de ce qui est révocable : la révocabilité des fonctionnaires publics.

révocable adj. (lat. revocabilis). Qui peut être révoqué : procuration révocable. Ant. Irrévocable.

révocation [si-on] n. f. (lat. revocatio). Acte par lequel une personne anéantit les effets d'un acte qu'elle avait fait : donation, mandat, testament, etc. V. ces mots. Acte par lequel on révoque : signer une révocation. Action de destituer : la révocation d'un fonctionnaire.

réVOCatoire adj. Qui produit une révocation: acte révocatoire.

revoici, revoilà prép. Fam. Voici, voilà de nouveau.

RéVOil (Amédée-Joseph-Paul), diplomate français, né à Nîmes en 1856, l'un des plénipotentiaires de la France à la conférence d'Algésiras 190G ; ambassadeur à Berne, puis à Madrid.

revoir v. a. (Se conj. comme voir.) Voir de nouveau : revoir un ancien ami. Revenir dans, vers, auprès de : Ulysse put enfin revoir sa patrie. Examiner de nouveau : revoir un manuscrit. N. m. Action de se revoir : adieu, jusqu'au revoir. Au revoir, souhait de se revoir, qu'on s'adresse en se quittant. Viner. Fumées ou traces qu'un cerf, un chevreuil laisse sur le sol après son passage. (Si le sol est mou et que les voies soient bien imprimés, on dit beau revoir.)

reVOiturer [ré] v. a. Voiturer de nouveau.

revoler [lé] v. a. Voler, dérober de nouveau.

revoler [lé] v. n. Retourner en volant. Fig. Retourner avec rapidité : revoler aux combats.

reVOlin n. m. Mar. Déviation et tournoiement du vent, quand il rencontre un obstacle quelconque.

révoltant [tan], e adj. Qui révolte, choque, indigne : ce procédé est révoltant.

révolte n. f. (de révolter). Rébellion, soulèvement contre l'autorité établie : l'Espagne n'arriva jamais à dompter la révolte des Pays-Bas. Fig. Soulèvement violent : la révolte des passions. Ant. Soumission.

Révolte du Cairef/a), tableau de Girodet-Trioson, ou Bonaparte est représenté faisant grâce aux rebelles (Versailles).

révolté, 6 n. Personne en révolte : il y a partout des révoltés.

révolter [té] v. a. (ital. rivollare). Mettre en révolte : révolter des sujets contre leur souverain. Fig. Indigner, choquer : nécessité qui révolte. Se révolter v. pr. Se soulever, se mettre en révolte. Ant. Apaiser, soumettre.

révolu, e adj. (lat. revolutus). Se dit du cours des astres, lorsque, par leur mouvement périodique, ils sont revenus au point d'où ils étaient partis. Achevé, complet : avoir vingt ans révolus.

réVOlUté, e adj. Qui est roulé en dehors et en dessous.

réVOlutif, ive adj. Relatif à la révolution : mouvement révolutif. Bot. Se dit des feuilles qui se roulent en dehors.

révolutifolié, e adj. Qui a des feuilles roulées sur elles-mêmes.

révolution [si-on] n. f. (lat. revolutio; de revolvere, retourner). Mouvement d'un mobile qui parcourt une courbe fermée : la révolution des aiguilles sur un cadran. Etat d'une chose qui s'enroule : la révolution du fil autour de la bobine. Marche circulaire des corps célestes dans l'espace ; période de temps qu'ils emploient à parcourir leur orbite : la révolution de la terre autour du soleil. Par anal. Succession : la révolution des saisons. Fig. Se dit des modifications successives qui se produisent dans les choses du monde, dans les opinions, et surtout dans le gouvernement des Etats : révolution dans les arts, les esprits; absolum. la Révolution de 1789. Réaction à une impression physique et morale. Mécan. Tour entier d'une roue. Géom. Mouvement supposé d'un plan autour d'un de ses côtés pour engendrer un solide. Sylvie. Nombre d'années déterminé pour l'exploitation d'une forêt. PI. Révolutions du globe, changements que la terre a éprouvés.

— Encycl. Les principales révolutions des temps modernes sont :

La révolution de 1648 en Angleterre, qui fut motivée par l'absolutisme gouvernemental du roi Charles I". Elle commença dès 1642, après l'exécution de Strafford, par la guerre civile entre le roi et les parlementaires, marquée par la bataille de Naseby; elle fut consacrée par l'exécution de Charles I" en 1649 et la proclamation de la république, sous le protectorat de Cromwell, dont le gouvernement fut énergique, mais glorieux. La masse du peuple anglais était restée loyaliste et la restauration des Stuarts eut lieu en 1660. Pourtant, le nouveau souverain, Charles II, montra comme son père, des tendances absolutistes, et blessa le sentiment national en suivant la politique française. Jacques II, lui succédant, aggrava le conflit en accordant certaines libertés aux cultes dissidents et au catholicisme, et en combattant la Hollande protestante. En 1688, le

E rince d'Orange fut appelé au nom de la liberté ritannique, et Jacques II renversé : la révolution orangiste amena au pouvoir Guillaume III, premier roi véritablement constitutionnel de l'Angleterre.

En France, il y a eu quatre révolutions : 1» celle de 1789 (v. plus loin); 2» celle de 1830, qui renversa les Bourbons de la branche aînée et donna le trône à la branche cadette (Louis-Philippe) ; 3» celle du 24 février 1848, qui proclama la république et fut étouffée par le coup d'Etat du 2 décemore 1851 ; 4° celle du 4 septembre 1870, qui renversa le second Empire et rétablit la République pour la troisième fois.

— Révolution française. La Révolution française, qui ouvre en Europe l'ère des gouvernements démocratiques, fut hâtée par les revendications des philosophes et des économistes du xviii» siècle et produite par l'existence d'institutions politiques dont la cause, partant l'utilité, avait depuis longtemps disparu. Les privilèges de l'aristocratie et du clergé

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s'expliquaient, au moyen âge, par le besoin de protection des faibles contre les forts, mais ils n'eurent plus de raison d'être lorsque la royauté eut réuni dans ses mains tous les pouvoirs féodaux. Malheureusement, les rois, au lieu de faire servir leur souveraineté à l'amélioration du sort de leur peuple, laissèrent subsister les abus. En 1789, il y avait une inégalité choquante dans la répartition des charges publiques et une absence complète de contrôle et de liberté. Les ministres de Louis XVI, qui tentèrent de réaliser des réformes impérieusement réclamées par l'opinion, notamment Turggt et Necker, virent leurs efforts se briser contre la résistance tenace du clergé et de la noblesse, et il fallut une révolution pour substituer à une société fondée sur le privilège une société où l'égalité de tous est la loi commune.

Les états généraux, réunis sous la pression des circonstances, furent ouverts à Versailles le 5 mai 1789; nettement réformateurs, ils se transformèrent le 17 juin en Assemblée nationale; trois jours après, les députés du tiers prêtèrent le serment du Jeu de Paume. Le 14 juillet, le peuple prit la Bastille. Le 4 août, les privilèges féodaux furent supprimés par l'Assemblée, qui proclama la Déclaration des droits de l'homme (v. Déclaration), vota la constitution de 1791 et créa l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Dès cette époque, le conflit entre la royauté, devenue impopulaire, et le peuple, exaspéré par la famine, avait pris une forme violente, et l'émigration avait commencé. La Constituante se sépara le 30 septembre 1791 et fut remplacée par l'Assemblée législative. Celle-ci essaya sans succès de gouverner d'accord avec Louis XVI, qu'elle obligea à déclarer la guerre à l'Autriche ; mais le roi lui-même tenta bientôt de s'enfuir à l'étranger. Après la journée du 10-Août, la royauté était abolie. La veille du jour où la Législative se séparait pour faire place à la Convention, nos troupes gagnaient la bataille de Valmy (20 sept. 1792). Le 22, la Convention proclamait la République et sauvait de l'invasion étrangère le territoire national, au prix d'un gouvernement énergique et dictatorial. ( V. Terreur.) Lorsque la dictature de Robespierre eut pris fin au 9-Thermidor , l'action révolutionnaire s'orienta vers un retour â un régime moins avancé et démocratique. (V. Convention.) Sous le Directoire, eurent lieu les campagnes de 1796 en Allemagne et en Italie, de 1798 en Egypte, etc. (V. Directoire.) Mais ces succès extérieurs furent compromis par une banqueroute partielle à l'intérieur. Bonaparte, que ses victoires avaient fait considérer comme un sauveur, fit le coup d'Etat du 18-Brumaire (9 nov. 1799) et devint premier consul (constitution de l'an VIII). Le 2 août 1802, il était nommé consul à vie et, le 18 mai 1804, empereur des Français. Depuis le 18-Brumaire, la Révolution n'était plus qu'un souvenir. Elle n'en laissait pas moins des traces profondes. En Europe, elle avait presque partout provoqué le réveil des consciences nationales. Plus tard, en France même, nulle réaction durable ne fut possible contre les conquêtes civiles et sociales de 1789 (régime représentatif, Code civ.). Les Bourbons durent accepter la Charte et le régime parlementaire, et toutes les tentatives dirigées contre les idées libérales amenèrent des révolutions démocratiques.

Révolution française (Réflexions sur la), pamphlet passionné et injuste de l'orateur anglais Burke. Critique acerbe du gouvernement français, qui contribua à exciter contre nous l'opinion européenne. Il est à noter que Burke fut un des premiers à annoncer que la Révolution aboutirait à un coup d'Etat militaire (1790).

Révolution (Histoire critique et militaire des campagnes de la), par Jomini (1819-1824), exposé savant et critique des campagnes de cette grande époque, y compris les campagnes de Napoléon.

Révolution française (Considérations sur la), ouvrage de 1I»« de Staël, où elle s'applique à dé montrer que la morale doit être la seule règle de conduite des hommes d'Etat. L'ouvrage est écrit dans un style noble et correct, mais un peu trop abstrait (1818).

Révolution française (Histoire de la), parThiers, narration consciencieuse, claire, rapide et dramatique, mais parfois superficielle, bien qu'écrite avec un souci remarquable de la vérité (1823-1827).

Révolution française (Histoire de la), par Mignet; résumé brillant et profond, d'une méthode réellement philosophique, un des meilleurs livres d ce genre (1824).

Révolution française (Histoire de la), par Th. Carlyle ; oeuvre étrange et satirique, en général peu sympathique aux révolutionnaires français, mais puissante et hardie (1837).

Révolution française (Histoire de la), par Michelet, suite de l'Histoire de France du même auteur. Œuvre éloquente; enthousiaste, véritable poème épique dont n le peuple est le héros ». Elle donne l'impression la plus nette, la plus vraie, la plus agitée de la période de la Terreur; mais elle s'arrête au 9-Thermidor (1847 1853).

Révolution française (Histoire de la), par Louis Blanc, ouvrage renfermant des documents curieux et des plaidoyers animés en faveur des principes et des actes de la Révolution. La partie relative aux événements de Bretagne et de Vendée est remarquable (1847-1862).

Révolutions de France et de Brabant (les), journal de Camille Desmoulins, où l'auteur défend les idées républicaines et démocratiques, et raille avec esprit les usages de l'ancienne cour et de l'ancienne noblesse (1789-1792).

Révolutions des globes célestes (Des), ouvrage de Copernic, exposant le système qui porte son nom, et qui a révolutionné l'astronomie [1543]. (V. Copernic)

révolutionnaire [si-o-nè-re] adj. Qui a rapport aux révolutions politiques : principes révolutionnaires. Se dit particulièrement de la révolution de 1789: la période révolutionnaire. N. Partisan des révolutions.

révolutionnairement [si-o-nè-re-man] adv.

Par des moyens révolutionnaires.

révolutionner [si-o-nè] v. a. Mettre un pays en état de révolution : révolutiunwr la région. Fia. Causer du trouble, bouleverser : cette nouvelle ma révolutionné. Ant. Calmer, apaiser.

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