h. — Le
rougi, 6 adj. Eau rougie, eau dans laquelle on a mis une petite quantité de vin.,
rougir v. a, Rendre rouge : fer rougi au feu. Rougir son eau, y mettre un peu de vin. Rougir ses mains dans le sang, commettre un meurtre. Appliquer sur le cuir tanné une couleur rouge constituée par un mélange de bois du Brésil et de chaux éteinte. V. n. Devenir rouge : l'écrevisse rougit en cuisant. Devenir rouge, prendre un teint coloré : rougir île honte; rougir au moindre compliment. Eprouver de la honte au sujet de : rougir de sa conduite.
rougissant [ji-san], e adj. Qui devient rouge.
rOUgiSSure ' ji-su-re] u. I'. Maladie du fraisier, analogue à la rouille. Couleur de cuivre rouge.
Rougnat, comm. de la Creuse, arr. et a 30 kil. d'Aubusson ; 1.810 h. Filature de laine.
Rougon-Macquart [kar] (/ex), nom donné par Emile Zola à la famille dont il a étudié tous les types en montrant dans le développement de chacun d'eux l'influence puissante de l'hérédité et des tares physiologiques. Cette Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire comprend vingt volumes : la Fortune des Rougon, la Curée, le Ventre de Paris, la Conquête de Plassans. la Faute de l'abbé itouret, Son Excellence Eugène Rougon, l'Assommoir, Une page d'amour, Na7ia, Pot-Bouille, Au bonheur des Dames, la Joie de vivre, Germinal, l'Œuvre, la Terre, le Rêve, la Bête humaine, l'Argent, la Débâcle, le Docteur Pascal (1871-1893). L'auteur a tente d'appliquer au roman les procédés scientifiques, et d'expliquer par les lois de l'hérédité comment se comportent dans des milieux très divers un certain nombre d'individus issus d'une même origine. Il a peint ces milieux avec un relief saisissant, une grande intensité de vie, mais, en dépit de ses prétentions scientifiques, en les déformant par une sorte de poésie sombre et pessimiste.
Routier [('/■] (Eugène), homme d'Etat français, ministre de Napoléon III. né à Riom. m. à Parus 181 1-IS84). II fut ministre d'Etat de 1863 à 1869, puis président du Sénat. Administrateur expérimenté, il avait, comme orateur, une éloquence un peu vulgaire et brutale.
roui n.m. (de rouir). Action de rouir. Sentir le roui, avoir un mauvais goût qui provient de la malpropreté du vase où s'est opéré'', la cuisson.
Rouiba, comm. d'Algérie, arr. et à 25 kil. d'Alger; 3.630 h.
Dans la partie la plus saine de , la Mitidja. Viticulture.
RouillaC [Il mil., fl/i], ch.-l.
de c. (Charente', arr. et à 22 kil.
d'Angoulême, près Je la Nouère cant. a 17 comm. et 10.080 h.
rouille [rou.ll mll.,e]n.f. (lat.pop. rubiculum; de rubigo). Oxyde de fer, d'un rouge foncé, dont se couvre ce métal exposé à l'humidité : la galvanisation du fer prévient la formation de la rouille. Altération du tain dans une glace. Art vétér. Nom donné parfois à la clavelée des moutons. Fig. Cause d'inertie ou de destruction progressive : la rouille de l'oisiveté. Agric. Maladie des végétaux et en particulier des céréales, due à des champignons parasites de la famille des urédinées (puccinie, gymnosyorange), qui développent leur mycélium à l'intérieur des tissus des tiges ou des feuilles, crèvent l'épiderme et provoquent le dépérissement des organes attaqués : les parties atteintes de la rouille sont couvertes de taches noires ou rougeâtres. Rouille blanche, maladie de certaines crucifères due à des champignons de la famille des péronosporées.
— Encycl. Chim. L'action de l'air sur le fer est très complexe ; l'oxygène, la vapeur d'eau et le gaz carbonique sont nécessaires à la formation de la rouille. Pour empêcher le fer de rouiller à l'air, on a recours à divers procédés : tantôt on le recouvre de plusieurs couches de peinture, tantôt on forme sur sa surface un dépôt galvanoplastique de cuivre, tantôt on le recouvre d'un métal peu oxydable {fer nickelé, fer-blanc).
Rouillé, comm. de la Vienne, arr. et à 34 kil. de Poitiers ; 2.630 h. Ch. de f. Et.
Touillée [Il mil., ê] n. f. Phalène de l'aubépine.
rouiller [rou, Il mil., é) v. a. Produire de la rouille sur un corps : l'humidité rouille le fer. Fig. Altérer faute d'exercice : l'oisiveté rouille l'esprit. Produire la rouille des céréales sur : rouiller le blé. V. n. :on recouvre le fer de peinture pour l'empêcher de rouiller. Ant. Dérouiller.
rouiller [Il mil., é] v. a. (lat. pop. rotelliare). Rouler 'les yeux) [Vx.]
rOUllleUX, euse r,rou, II mil., eu, eu-ze] adj. Qui présente la couleur de la rouille.
rouillure [rou. Il mil.] n. f. Effet de la rouille sur le fer, sur les céréales.
rouir v. n. dugerm. roljan. pourrir'l. Pratiquer l'opération du rouissage : rouir du lin. du chanvre. V. n- Etre soumis au rouissage.
rouissage [i-sa-je]n. m. Macératiun prolongée dans l'eau d'une rivière, d'un étang, que l'on fait subir au lin, au chanvre, etc., pour faciliter la séparation de l'écorce filamenteuse d'avec la tige.
— Encycl. Techn. Le rouissage a pour but de détruire la matière gommeuse qui soude les unes aux autres les fibres textiles. Il s'exécute en immergeant les tiges dans de l'eau, ou en les exposant à l'action de la rosée nocturne, ou encore en les soumettant en vase clos à l'action de la chaleur humide.
— Dr. Il est interdit de faire rouir du chanvre ou du lin, ou toutes autres plantes textiles, dans les abreuvoirs et lavoirs publics.
Les routoirs agricoles ne sont pas, comme les routoirs industriels, assujettis :i la législation sur les établissements insalubres; toutefois, le préfet peut ordonner, sur la demande du conseil municipal ou des propriétaires voisins, la suppression de tout rqutoir établi à proximité des habitations et dont l'insalubrité serait constatée.
Le maire peut désigner, par un arrêté, les lieux où les routoirs publics seront établis, ainsi que la distancé à observer dans le choix des emplacements destinés an séchage des plantes textiles après le rouissage. Le préfet détermine la durée du rouissage dans les cours d'eau et l'emplacement où l'opé-
ration peut être pratiquée avec le moins d'inconvénient pour le poisson.
rouisseur [i'-seur] n. m. Celui qui rouit.
rouiSSOir [i-SOtr] n. m. Endroit où l'on met rouir le chanvre, le lin. (On dit aussi routoiu.)
Roujan, ch.-l. de c. [Hérault), arr. et à 22 kil. de Uéziers ; 2.000 h. Ch. de f. M. Houille. Eaux minérales. — Le cant. a 11 comm. et 8.2b0 h.
ROUJOU (Henri), administrateur et littérateur français, né à Paris en 1853. Directeur des beaux-arts, puis secrétaire perpétuel de l'Académie des beauxarts, il a écrit d'intéressants souvenirs littéraires.
roulable adj. Bot. Qui est susceptible de se rouler en cornet, en entonnoir.
roulade n. f. Action de rouler de haut en bas : il a fait une belle roulade. Large tranche de viande que l'on roule en forme de saucisson, après l'avoir garnie intérieurement d'un hachis, et que l'on fait cuire à la broche ou au four. Fam. En T.
de musique, agrément de chant formé par le passage de plusieurs notes sur une même syllabe.
roulage n. m. (de rouler).
Action de rouler : le roulage d>'s voitures. Transport de marchandises sur des voitures traînées par des chevaux : la construction des chemins de fera diminué l'importance du roulage. Entreprise de transport par voiture. Etablissement où l'on se charge de ce transport. Agric. Fait de soumettre la terre labourée à l'action d'un rouleau. (Le roulage a pour but soit d'écraser les mottes, il prend alors le nom d'émottage, soit de recouvrir lessemencesd'un peu de terre, c'est alors un plombage.)
— Encycl. Comm. Le transport des marchandises d'une localité dans une autre, à l'aide de voitures traînées par des chevaux, constitue proprement le roulage.
Le roulage peut être ordinaire ou accéléré. Le roulage ordinaire est généralement pratiqué au moyen de chevaux de labour; sa vitesse moyenne est de 35 à 40 kilomètres par jour. Quant au roulage accéléré, il se sert, généralement, d'un attelage de quatre chevaux, relaye en route et peut faire jusqu'à 80 kilomètres par jour; son prix est à peu près double de celui du premier.
— Dr. La police du roulage détermine les conditions de la circulation des voitures servant au transport des personnes et des marchandises sur les routes et chemins. Le roulage par traction mécanique est l'objet de réglementations spéciales concernant les chemins de fer, les automobiles, etc.
Il ne peut être attelé : 1» aux voitures servant au transport des marchandises, plus de cinq chevaux si elles sont à deux roues ; plus de huit si elles sont à quatre roues, sans qu'il puisse y avoir plus de cinq chevaux de file ; 2» aux voitures servant au transport des personnes, plus de trois chevaux si elles sont à deux roues, plus de six si elles sont à quatre roues. Cependant, lorsqu'il y a lieu de transporter des blocs de pierre ou autres objets d'un poids considérable, l'emploi d'un attelage exceptionnel peut être autorisé par les préfets, et l'emploi des chevaux de renfort est permis dans certains cas.
La largeur du chargement des voitures qui ne servent pas au transport des personnes ne peut, sauf autorisation du préfet, excéder 2k>50. Sont affranchies de toute réglementation de largeur de chargement les voitures d'agriculture, lorsqu'elles sont employées au transport des récoltes de la ferme aux champs, et des champs à la ferme ou au marché.
Dans la traversée des communes, les maires arrêtent les dispositions qu'ils jugent utiles à la sûreté publique et à l'observation spéciale de la police du roulage.
Les procès-verbaux constatant les contraventions doivent être affirmés dans les trois jours, à peine de nullité, devant le juge de paix du canton ou devant le maire de la commune, soit du domicile de l'agent qui a verbalisé, soit du lieu où la contravention a été constatée.
Les contraventions à la police du roulage sont jugées, suivant les cas, par le conseil de préfecture ou par les tribunaux de droit commun (police correctionnelle ou simple police).
roulaison [lè-zon] n. f. Ensemble des travaux qu'exige la fabrication du sucre.
roulance n. f. Bruit fait par les ouvriers typographes d'un atelier en passant vivement leurs composteurs sur les divisions des cassetins pour indiquer qu'une idée émise par l'un d'eux ou la présence d'une personne leur est désagréable.
Roui and (Gustave), magistrat et homme politique français, né à Yvetot, m. à Paris (1806-1878); ministre de l'instruction publique sous le second Empire.
Roulans [lan], ch.-l. de c. (Doubs). arr. et à 12 kil. de Baume-les-Dames ; 410 h. — Le cant. a 25 comm. et 6.180 h.
roulant ilan], e adj. Qui roule aisément : voiture bien roulante. Commode pour le roulement des voitures : chemin roulant. Matériel roulant, ensemble des voitures, wagons, locomotives employés à une exploitation Trottoir roulant, plate-forme mobile sur des galets, propre à transporter les piétons d'un point à un autre. Feu roulant, feu de mousqueterie continu. Fig. Succession vive et ininterrompue : feu roulant d'épigrammes. Arg. Très comique : c'est roulant. N. m. Arg. Bohémien. N. f. Arg. Voiture ; louer Km- roulante. Escalier roulant, tapis roulant, escalier, tapis animé d'un mouvement continu de translation autour de rouleaux actionnés mécaniquement, et servant à gravir un étage.
roule n. in. Sylvie, Partie d'un tronc d'arbre propre à être débitée en planches. Cylindre de bois que les tailleurs de pierres placent sous les blocs pour les faire rouler. Roule de binurd, rouleau en bois traversé par un axe en fer et fixé à l'arriére d'un binard, pour faciliter la mise à terre d'une pierre de taille.
rouleau [16] n. m. (de rouler). Objet formé par une chose roulée en cylindre : rouleau de papier, ou par des objets empilés en cylindres : rouleau de pièces d'or. Serviette en cuir roulée, dans laquelle on met des morceaux de musique. Cylindre de bol . de papier, etc., servant à divers usages. Instrument de culture pour briser les mottes de terre. (V. la planche aciiuculture.) Cylindre de fonte pour écraser le macadam sur une route- Cylindre de fonte pour étendre le verre et le laminer, dans la fabrication des glaces. Bâton cylindrique dont les pâtissiers se servent pour étendre la pâte. Cylindre\de bois dont se servent les carriers, maçons, tailleurs de pierre, pour déplacer de lourdes pièces. (On dit aussi roule) Bâton sur lequel on roule une carte géographique. Jmpr. Cylindre élastique imprégné d'encre qu'on passe sur les formes pour les encrer. Loc. fam. Etre au bout de son rouleau, avoir épuisé tous ses arguments, tous ses moyens.
llouleaux : 1. Pour gazon ; 2. A bâties ; 3. A battre le blé ; 4. Crosttkill ; 5. En lonle.
— Encycl. Agric. Les rouleaux agricoles se divisent en rouleaux émotteurs ou brise-mottes et rouleaux plombeurs ; les premiers sont à battes, cannelés ou dentés ; mais, de ces trois modèles, les rouleaux dentés sont les plus employés; le type en est le rouleau Croskill, formé de disques en fonte dentés à leur périphérie : deux disques consécutifs sont de diamètre différent. L'œil dans lequel est engagé l'arbre est d'ailleurs d'un diamètre supérieur au diamètre de l'arbre lui-même, ce qui permet aux disques de s'élever ou de s'abaisser suivant le relief du sol ou pour se débarrasser de la terre qui les empâte. Les rouleaux plombeurs, autrefois constitués par un cylindre debois, fer, fonte ou pierre, sont composés aujourd'hui de segments, montés sur l'arbre de la même manière que les disques des crosskills, c'est-à-dire qu'ils peuvent jusqu'à un certain point suivre les ondulations du terrain. Brisemottes et rouleaux plombeurs sont montés sur un bâti en fer et bois, avec flèche ou brancards.
roulée [lé] n. f. Pop. Violente décharge de coups : recevoir une roulée de coups de bâton. Filet en natte pour la pèche de la lamproie.
roule-feu n. m. invar. Mai: Cylindre en tôle rempli de braise rouge que l'on promenait le long des batteries pour les sécher.
roulement [man] n. m. (de rouler). Mouvement de ce qui roule : roulement d'un carrosse. Mécanisme permettant à certains appareils de rouler : le roulement d'une bicyclette. Durée de travail d'un fourneau, depuis son allumage jusqu'à son extinction. Batterie militaire de tambour, produite par des coups égaux et pressés. Roulement d'yeux, mouvement d'yeux qui se portent rapidement de côté et d'autre. Bruit causé par un objet qui roule : le roulement des voitures. Bruit semblable à celui d'un corps qui roule ; roulement du tonnerre. Circulation d'espèces : grand roulement de fonds. Action de se remplacer alternativement dans certaines fonctions : le roulement des tribunaux. Fonds de roulement, sommes en caisse, valeurs immédiatement réalisables destinées à faire face aux dépenses courantes.
— Encycl. Gcom. et mécan. On dit qu'une courbe roule sur une autre lorsqu'elle reste constamment tangente à cette autre, le point de contact parcourant pendant le même temps des arcs égaux sur l'une et l'autre. Si le point de contact parcourt dans le même temps des espaces inégaux sur l'une et l'autre des courbes, on dit qu'il y a roulement accompagné de glissement. Si l'une des courbes est fixe, celle qui roule est appelée roulante ; chaque point invariablement lié à la roulante décrit une courbe appelée roulette; le point de contact des deux courbes est à chaque instant le centre instantané de rotation de la figure.
La théorie du roulement est très importante en géométrie, car on démontre que, lorsqu'une figure plane se déplace d'une façon continue dans son plan, son mouvement peut être défini par le roulement d'une courbe mobile sur une courbe fixe. Cette théorie du roulement est la base de la cinématique. (V. cycloïde, épicycloïde.) On définit de même le roulement d'une surface sur une autre.
rouler [lé] v. a. (b. lat. rotulare). Faire avancer une chose en la faisant tourner sur elle-même : rouler un tonneau. Plier en rouleau : rouler une pièce d'étoffe. Cintrer des tôles au moyen de la machine à rouler. Rouler carrosse, avoir un carrosse à soi. Rouler sa bosse, se déplacer fréquemment. Rouler les r, les prononcer en les faisant vibrer fortement. Fig- Conduire, mener : rouler sa vie un peu partout. Former, méditer : rouler un projet dans sa tHe. Fam. Duper, dépouiller : rouler un acheteur. Passer sous le rouleau : rouler un champ. Rouler les yeux, les porter de côté et d'autre avec affectation ou d'un air furieux. V. n. Avancer en tournant sur soi-même : rouler de haut en bas. Errer, voyager : avoir roulé dans tous les pays. Voyager en véhicule roulant : rouler en automobile. Faire entendre des roulements : le tonnerre roule sur nos têtes. Alter-