CLOCHE
— Milit. Des batteries et sonneries régimentaires , beaucoup sont supprimées aujourd'hui ; nous avons néanmoins donné les principales, pour l'intérêt rétrospectif qu'elles présentent
(V. RÉVEIL, APPEL, SOUPE, CHARGE, DRAPEAU, ÉTEN- DARD, ASSEMBLÉE, RETRAITE, etc.).
sonnet [so-nè] n.m. (itaLsonefto).
Pièce de poésie de quatorze vers, distribués en deux quatrains semblables sur deux
rimes et deux tercets suivant des règles fixées (i vant la formule ABBA-ABBA-CCD-EDE, en d gnant la même rime par une lettre donnée) : Ronsard a écrit d'admirables sonnets. Allus. littér. :
Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème,
vers de Boileau (Art poétique, ch. II), qui sert à caractériser une chose simple en apparence, mais en réalité difficile à exécuter.
— Encycl. Littér. Le sonnet est d'origine assez incertaine. Les uns en attribuent l'invention aux troubadours provençaux, d'autres à Pétrarque, qui du moins le mit en honneur en Italie. Cultivée avec ardeur par les poètes de la Renaissance (Mellin de Saint-Gelais, Du Bellay, Ronsard, le sonnet devint, sous Louis XIV, l'objet d'un véritable engouement, qui explique, la haute estime où le tenait Boileau. Au xvm« siècle, il disparut à peu près complètement de la littérature française. Au xix« siècle, le romantisme l'a fait refleurir. Citons, parmi les poètes de cette époque qui l'ont remis en honneur : Sainte-Beuve, A. de Musset, Sully Prudhomme, Joséphin Soulary, de Heredia.
Sonnets de Pétrarque, au nombre de 317, et consacrés presque exclusivement à Laure deNoves. Leur ensemble pêche par la monotonie ; mais, à les considérer dans le détail, ils sont d'une admirable pureté de forme.
Sonnets de Shakspeare, d'une interprétation parfois difficile, d'un art souvent affecté, ils sont néanmoins par la passion qui les anime et la beauté de la forme, dignes d'un grand poète.
Sonnets [Querelle des), échange de sonnets que provoqua la cabale montée contre Racine à l'occasion de Phèdre, par Pradon et les autres ennemis du poète, le duc de Nevcrs, Mm= Deshoulières, etc.
sonnette [so-nè-te' n. f. (de sonner). Petite clochette pour appeler ou pour avertir : sonnette électrique. Grelot. Machine dont on se sert pour soulever le mouton avec lequel on enfonce des pilotis et des pieux. Serpent à sonnettes, nom vulgaire du crotale.
sonnettier [so-nè -ti-é] n.
m. Fabricant ou "marchand de sonnettes.
sonnettiste rso-nt-tis-te] n. m. Auteur de sonnets.
sonneur [so-neur] n. et adj. m. (de sonner). Celui qui sonne les cloches. Ménétrier.
N. m. Techn. Celui qui fait manœuvrer la sonnette à enfoncer les pieux. Erpét. Nom donné parfois au bombinateur. OrnitA. Nom vulgaire d'un passereau dentirostre du Brésil, appelé aussi araponga à trois caroncules ou ckasmorhynque (chasmorhynchus tricarunculatus).
— Encycl. Ornith. Le sonneur est ainsi nommé de son cri, qui ressemble à un tintement de cloche. C'est un bel oiseau de la taille d'un pigeon, et dont le bec est orne de trois longues caroncules : l'une dressée sur la base du bec. les deux autres semblant continuer la commissure des lèvres. (V. les planches
OISEAUX
sonnez [so-nè] n. m. (3« pers. pi. du verbe sonner). Les deux six, aux dés ou au trictrac.
Sonnini (Charles), voyageur naturaliste français, né à Lunéville, m. à Paris (1731-1812,. collaborateur de Buffon. On lui doit, entre autres ouvrages, une Histoire naturelle des reptiles-
Sonoettes : 1. D'appartement; 2. A main.
Sonnino (Sidney, baron), homme politique italien, né à Florence en 1847, ministre des finances dans le ministère Crispi (1893), président du conseil
sonomètre n. m. (du lat.soîiws, son.etdugr.metron, mesure)- Instrument de physique destiné à mesurer et comparer les sons et intervalles harmoniques.
SOnométrie [tri] n.f.Art de trouver à l'aide du sonomètre les rapports des intervalles harmoniques.
SOnométrique adj. Qui concerne le sonomètre et la sonométrie.
Sonora, un des Etats du Mexique, arrosé par le fleuve Sonora; 222.000 h. Capit. Hermosillo ^10 620 h.). Grandes richesses minérales.
SOHOre adj. (lat. sonorus). Propre à rendre des sons : corps sonore. Qui a beaucoup de son : (angage sonore. Emphatique : promesses sonores. Qui renvoie bien le son : amphithéâtre sonore. Consonnes sonores, celles qui sont accompagnées de vibrations pharyngiennes (r, l ; m, n; v, z,j, b, d, g).
SOnorement [man] adv. D'une manière sonore. (Peu us.)
SOnorien, enne [ri-in, è-ne] adj. Se dit d'une famille d'idiomes importants, parlés non seulement dans les Etats de Sonora (Mexique) et de Mexico, mais aussi dans les Etats-Unis, et dont le principal représentant est le nahuatl ou aztèque mexicain.
sonorisation [za-si-on] n. f. Action de sonoriser.
Sonoriser [zé] v. a. Rendre sonore.
sonorité n. f. Qualité de ce qui est sonore : la sonorité d'un timbre.
Sontag (Henriette), cantatrice allemande, née à Coblentz, m. à Mexico (1805-1834). Elle fut à Parts la rivale de la Malibran.
Son-Tay [tè], v. du Tonkin, prise par l'amiral Courbet (1883); 10.000 h. Riz, café.
Sonthonax [naks] (Léger-Félicité) , homme politique français, né à Oyonnax (Ain), m. à Fontainebleau (1763-1813). Il plaida vivement, au début de la Révolution, la cause de la liberté des nègres des Antilles et remplit ensuite dans ces îles, en 1792-1793 et en 1796, deux missions, dans la première desquelles il déploya beaucoup d'énergie.
Sonvilier, comm. de Suisse (cant. de Berne), sur la Suze ; 2.300 h. Fabrique d'horlogerie.
Sonzay, comm. d'Indre-et-Loire, air. et à 29 kil. de Tours; 1.340 h.
SOpeur n. m. V. sopor.
sopha n. m. V. sofa.
Sopha (le), par Crébillon fils (1743), roman licen. cieux, mais agréablement écrit, satire vive du libertinage.
soplli n. m. Relig. musulm. V. soufi.
Sopllie (sainte), veuve chrétienne, martyre à Rome sous Adrien. Fête le 30 septembre.
Sophie (Sainte-), magnifique église byzantine, construite en 532, à Constantinople, sur l'ordre de Justinien, par les architectes Anthémius de Tralles et Isidore de Milet; surmontée d'une énorme coupole et somptueusement décorée à l'intérieur. Elle était dédiée à la Sagesse éternelle (en gr. Sophia). Les Turcs, en 1453, la tranformèrent en mosquée.
Sophie, femme de l'électeur Ernest-Auguste de Hanovre, née à La Haye, m. à Hanovre (1630-1714), fille de l'électeur palatin Frédéric V et d'Elisabeth, tille de Jacques Ier d'Angleterre. Veuve en 1698, elle fut proclamée en 1701 héritière de la couronne d'Angleterre.
Sophie-Charlotte, reine de Prusse, née au château d'Ibourg (Brunswick), m. à Hanovre 1668- 1705). Fille d'Ernest-Auguste, duc de Hanovre, elle passa quelque temps à la cour de Versailles, épousa (1684) l'électeur de Brandebourg Frédéric, protégea Leibniz et contribua à la fondation de l'université de Berlin ; mère de Frédéric-Guillaume Ier, dit le Roi-Sergent.
Sophie-Dorothée, née en 1666, m. à Ahlden en 1726, princesse de Brunswick-Lunebourg et reine d'Angleterre par son mariage avec George 1". Son amant Kœnigsmark ayant été assassiné à l'instigation de la comtesse de Platen, favorite du roi, le divorce fut prononcé, et Sophie-Dorothée fut enfermée jusqu'à sa mort dans la forteresse d'Ahlden.
Sophie-Dorothée, reine de Prusse, née en 1687, m. au château de Monbijou, près de Berlin, en 1757. Fille de George 1er, roi d'Angleterre, et de la précédente, elle épousa Frédéric-Guillaume Ier en 1706.
Sophie-Wilhelmine, margravine de Baireuth, sœur du grand Frédéric, née à Potsdam en 1709, m. en 1758, mère du célèbre marquis d'Anspach.
Sophie, reine de Suède, née à Biebrich en 1836. Fille de Guillaume de Nassau, et de Pauline de Wurtemberg, elle épousa, en 1837, le duc Oscar d'Ostrogothie, qui devint roi de Suède sous le nom d'Oscar II, en 1872.
Sophie (Lettres à) ou Lettres originales écrites du donjon de Vincennes, par Mirabeau (1792). Correspondance amoureuse de Mirabeau et de Sophie de Monnier, où la politique occupe d'ailleurs une place importante.
Sophisme [fis-me] n. m. (gr. sophisma). Faux raisonnement, fait avec l'intention d'induire en erreur : l'école d'Elée a imaginé de nombreux sophisme! pour démontrer la non-existence du mouvement.
— Encycl. Les sophismes sont d'induction ou de déduction. Il y a trois sortes de sophismes d'induction : 1" le dénombrement imparfait (ex. : en débarquant à Calais, j'ai vu une femme dont la chevelure était rousse, donc toutes les Françaises sont rousses) ; 2» l'ignorance de la cause (ex. : cet animal est mort; or, il gelait; donc la gelée est sûrement la cause de sa mort) ; 3° la fausse analogie ; c'est ce sophisme que combat le dicton populaire : l'habit ne fait pas le moine. Les sophismes de déduction sont : l'ignorance du sujet (ex. : cet homme est-il honnête? — Oui, puisque je vous prouve qu'il est riche ); 2° la pétition de principe, qui suppose comme prouvé ce qui est justement en question; 3» le sophisme de l'accident, qui consiste à conclure de l'accident à l'essence, par exemple d'un trait isolé de méchanceté chez une personne, à la méchanceté foncière de cette personne.
Sophiste [fîs-te] n. m. (gr. sophistes). Chez les anciens, philosophe rhéteur : Socrate combattit les sophistes. (Les plus fameux sophistes furent : Thra-
SOP
symaqtte, Critias, Protagoras, Gorgias, Calliclès.) Par ext. Personne qui fait des sophismes. Adjectiv. ; esprit sophiste.
Sophiste (le) ou De l'être, dialogue de Platon, où l'auteur critique vivement les procédés de discussion et d'enseignement des écoles de rhétorique de l'Ionie et de la Grande-Grèce (iv« s. av. J.-C).
SOphiSterie [fis-te-ri] a. f. Emploi de raisonnements sophistiques. (Vx.)
Sophistication [/îs-ii-Aa-si-on] n. f. Action de sophistiquer. Action de trelater. Substance frelatée.
sophistique [fis-ti-ke] adj. (gr. sophistikos). De la nature du sophisme : raisonnement sophistique. N. f. Mouvement de pensée qui, dans les cités grecques et particulièrement à Athènes, a été représenté par les sophistes.
— Encycl. La sophistique naquit, en morale, des contradictions des écoles antérieures : ionienne, éléatique, pythagoricienne, etc. La critique des sophistes provient soit du scepticisme philosophique, soit de l'ébranlement des vieilles croyances au milieu des révolutions politiques. La sophistique revêt les aspects les plus variés, depuis l'enseignement philosophique du scepticisme relatif ou absolu, jusqu'à l'enseignement onéreux de telle ou telle doctrine philosophique ou morale. C'est dans ce dernier sens que le mot est employé fréquemment. Remarquons l'analogie des deux termes de sophisme et de rhéteur. Comme l'un étaie sur des arguments sérieux une croyance philosophique que le lendemain il niera aussi sérieusement, l'autre soutient, avec tous les artifices de l'éloquence, une cause qu'il combattra plus tard avec la même chaleur.
sophistiquement \fi»-ti-ke-mari] adv. D'une
manière sophistique.
sophistiquer [fis-ti-ké] v. n. Faire des raisonnements sophistiques. (Peu us.) V. a. Falsifier, frelater une liqueur, une drogue, etc.
sophistiquerie [fis-ti-ke-rt] n. f. Excessive subtilité dans le discours, dans le raisonnement.
SOphistiqueur, euse [fis-li-keur, cu-ze] n. Personne qui subtilise avec excès.
Personne qui falsifie les substances.
Sophocle, célèbre poète tragique grec, né à Colone, m. à Athènes (497 ou 495-405 av. J.-C).
11 conduisit en 480 le chœur des jeunes gens qui célébraient la victoire de Salamine. et il fut par.
la suite très souvent vainqueur aux concours tragiques. Sa vieillesse fut attristée par de pénibles démêlés avec ses fils. 11 ne reste de lui que sept pièces sur 113 ou 123 qu'il avait composées : Ajax, Antigone, Electre, Œdipe roi, les Trachiniennes, Philoctèle et Œdipe à Colone, toutes considérées comme des chefs-d'œuvre.
Sophocle fit faire de grands progrès à la tragédie grecque ; renonçant à la tétralogie , diminuant le rôle du chœur, cherchant le principe de l'action dans la volonté humaine, et donnant au langage tragique plus de naturel, de variété et de souplesse.
SOphOCléen, enne [klê-in, è-ne] adj. Qui appartient à Sophocle.
Sophonie, le neuvième des petits prophètesbibliques.
Sophonisbe, fille dAsdrubal et épouse de Syphax. Etant tombée aux mains des Romains à la prise de Cirta, elle fut épousée par Masinissa, roi de Numidie (225-203 av. J.-C); mais, Scipion ayant exigé qu'elle figurât dans la cérémonie du triomphe, Masinissa lui envoya, comme présent nuptial, une coupe de poison,
Sophonisbe, titre de plusieurs tragédies, par Trissino (1524), par Mairet (1604), auteur de la plus célèbre, dans laquelle fut appliquée pour la première fois la règle des trois unités, par P. Corneille (1663), par Voltaire (1770) et par Alfieri.
sophora n. m.
( de l'ar. sophera) .
Genre de légumineuses papilionacées, renfermant des arbres des régions chaudes, dont une espèce, le sophora du Japon, donne des fleurs jaunes et des fruits q'u'on utilise pour la teinture en jaune : le sophora est un bel Sophora : a, fruit.
arbre, qui atteint une dizaine de mètres de haut.
SOphoré, e adj. Qui se rapporte au genre sophora.
Sophron, poète comique grec, né à Syracuse ffin du v» s. av. J.-C)., créateur du genre littéraire appelé mime.
SOphroniste [nis-te] n. m. Magistrat chargé de la surveillance des éphebes, dans les gymnases grecs.
SOpor ou SOpeur n.m. Pathol. tiommeil lourd, pesant. (Peu us.)
SOporatif, ive adj. (du lat. soporare, endormir). Qui a la propriété d'endormir : potion soporative. Fig. Endormant, ennuyeux: lecture sopor at ive. N. m. Substance qui endort : le laudanum est un SOporatif. Fig. Chose endormante, ennuyeuse.
SoporeUX, euse [reu, eu-ze) adj. même étymol. qu'à l'art, préeéd.). Qui cause un assoupissement dangereux : affection soporeuse.
soporifique ou soporifère adj. (du lat.
supor, sommeil, et ferre, porter). Qui a la vertu d'endormir : potion, plante suporifique. Fig. Hnnuyeux: livre soporifique. N. m. : l'opium est un soporifique. SOpra adv. (m. ital. signif. sur). Mus. Corne sopra, comme la partie qui est ci-dessus.
Sophocle.
SOP