‹ Le Larousse pour tousChapitre 78 sur 979 · S0 h. Bois, et 8.120 h · texte numérisé non relu

S0 h. Bois, et 8.120 h

Loudun, ch.-l. d'arr. (Vienne) ; ch. de f. à 52 kil. de Poitiers ; 4.650 h.

(Dunois ou Loudunois). Truffes, vins blancs. Patrie de Théophraste Renaudot, des frères Sainte-Marthe. Urbain Grandier y fut brûlé vif. En 1616, paix entre Marie de Médicis d'une part et d'autre part entre les princes rebelles et les protestants. — L'arr. a 4 cant., 57 comm., 34.600 h. ; le cant. a 14 comm., et 11.510 h.

loue [loù] n. f. Pop. et dialect.

Action de louer, de mettre en location d'une maison.

Loue (la), riv. de France, née dans le Jura, près de Pontarlier, par une belle source. Elle arrose Ornans et se jette dans le Doubs (r. g.); cours 125 kil.

Loué, ch.-l. de c. (Sarthe), arr. et à 30 kil. du Mans; 1.730 h. Ch. de f. O. Patrie de Germain Pilon. Chaux. — Le cant. a 14 comm. et 10.700 h.

Louèche-les-Bains. Géogr. v Loèche.

louer [lou-é] v. a. (lat. laudare). Donner des louanges à : louer un poète. Glorifier avec reconnaissance : louer Dieu. Se louer v. pr. Se louer de, se montrer satisfait de : avoir à se louer de quelqu'un. Ant. Blâmer. Loc. prov. : Il se loue et se remercie, il est en admiration devant lui-même. Allus. hist. : O Athéniens, combien il en coûte pour être loué de vous ! exclamation d'Alexandre, au moment où il traversait à grand'peine l'Hydaspe pour aller combattre Porus. (Plutarque, Alex., ch.80.)

louer [lou-é] v. a. (lat. locare). Donnera louage: louer sa maison. Prendre à louage : louer une logeà l'Opéra. Prendre à son service pour un salaire convenu : louer un domestique.

loueur, euse [eu-ze] n. Qui donne à louage :

loueur de voitures

loueur, euse [eu-ze] n. Syn.

de LOUANGEUR.

louffiat [loufi-a] n. m. Pop.

Goujat, grossier personnage.

lough n. m.

Mot qui, dans la terminologie géographique irlandaise, correspond au loch écossais.

lougre n. m.

(angl. lugger). Petit 'bâtiment de cabotage, importé par les pirates normands.

Lougri

Armes de Louh&ns.

LOU

Louhans [an], ch.-l. d'arr. (Saône-et-Loire), sur la Seille, afft. de la Saône; ch. de f. P.-L.-M. ; à 46 kil. de Màcon ; 4.500 h. (Lo«- ______

hannais). Tanneries, machines, m commerce de volailles réputées.

— L'arrond. a 8 cant.,82 comm., ii™», \juiif 85.000 h.; le cant. a 10 comm.. f^ ^iN/' XÂ> ,^y et 15.700 h.

louis [lou-i] n. m. Ane.

monnaie d'or, valant 24 livres, dont la fabrication commença sous Louis XIII. Abusivcm., la pièce de 20 francs.

Louis I", le Grand, roi de Hongrie et de Pologne de 13*2 à 1382, prince guerrier et administrateur habile; — Louis II, roi de Hongrie et de Bohême de 1515 à ISitx

.Louis Ier, comte d'Anjou, second fils du roi de France Jean II, m. en 1384. Institué héritier du trône de Naples par la reine Jeanne en 1380, il se fit couronner par le pape en 1382, mais il ne put chasser du trône son compétiteur Charles de Duras ; — Louis II, comte d'Anjou, roi de Naples. Couronné par le pape en 1389, il ne régna quà des intervalles plus ou moins éloignés, par suite de ses démêlés avec son compétiteur Ladislas.

Louis Ier, roi de Portugal, né à Lisbonne en 1838, monté sur le trône en 1861, m. au château de Cascaès en 1889. Il abolit l'esclavage dans les colonies portugaises (1868), refusa la couronne d'Espagne après la révolution qui détrôna Isabelle, et remplit consciencieusement son rôle de souverain constitutionnel.

Louis I", empereur d'Allemagne de 814 à 840, le même que Louis le Débonnaire, roi de France;

— Louis II, le Jeune, empereur d'Allemagne de 855 à 875, fils de Lothaire Ier; m. à Brescia. 11 combattit avec succès, en Italie, les Sarrasins, auxquels il enleva Bari; — Louis III, l'Aveugle, empereur d'Allemagne de 900 à 905, petit-fils du précédent, m. it Arles. H lutta en Italie contre le roi Béranger, mais se fit prendre à Vérone, et eut les yeux crevés par ordre de son rival ; — Louis IV, l'Enfant, dernier empereur carolingien d'Allemagne, né à Œttingen, couronné en 899 (h93-9Il) ; — Louis V de Bavière, empereur d'Allemagne, né en 1286; il régna de 131V à 1347. Il fit voter par les électeurs la Pragmatique tanction de Francfort, qui proclamait l'indépendance absolue de l'Empire à l'égard de la papauté.

Louis I", roi de Germanie, le même que Louis le Débonnaire iv. plus loin); — Louis II, le Germanique, troisième fils du précédent, et de Ermengarde, né en 804, roi de Germanie de 817 à 876. Il se révolta, avec ses frères Lothaire et Pépin, contre son père Louis le Débonnaire en 829, puis lutta contre Lothaire, de concert avec Charles le Chauve, et signa avec ce dernier, après leur commune victoire à Fontanet, le fameux Serment de Strasbourg (842), enfin le traité de Verdun (843) ; — Louis III, le Saxon, roi de Germanie de 876 à 882, fils du précédent. 11 fut battu par les Normands à Ebersdorf.

Louis Ier, roi de Bavière , né à Strasbourg en 1786, m. en 1868; il régna de 1825 à 1848, et abdiqua en faveur de son fils Maximilien II. Esprit très artistique, il fit construire la glyptothèque de Munich, mais son administration fut déplorable. — Louis II, roi de Bavière, fils de Maximilien II, né à Nymphenbourg en 1845, roi de Bavière de 1864 à 1886. En 1870, il se rangea du côté de la Prusse contre la France, mais il s'attacha ensuite à maintenir l'autonomie de la Bavière en face de la Prusse. Il fit faire de grandes constructions, endetta la liste civile, et, atteint de folie, il fut transporté au château de Berg; mais, dès le lendemain, et, par suite de circonstances restées mystérieuses, on le trouva noyé dans le lac de Starnberg, avec son médecin Gudden. Louis II fut le protecteur de Richard Wagner ; — Son frère, Otiion, atteint également de folie, lui succéda; le prince Luitpold, leur oncle, fut régent.

Louis 'ordre royal de), ordre bavarois institué en 1827 par le roi Louis Ier pour récompenser les services rendus à l'Etat . Deux classes ; ruban rouge foncé , à lisérés bleus.

Louis Ier, le Débonnaire, fils de Charlemagne et de Hildegarde, né à Chasseneuil (Lot-et-Garonne), en 778, empereur d'Occident et roi des Francs de 814 à 840. Il réprima une révolte de son neveu Bernard, roi d'Ita- Scca„ de UuU lie, dont la mort cruelle (818) provoqua ses remords, et au sujet de laquelle il fit pénitence publique dans l'église d'Attigny (822). Il avait épousé d'abord Ermengarde, qui lui donna trois fils: Lothaire, Pépin et Louis; en secondes noces il épousa la belle et ambitieuse Judith de Bavière (819,, dont il eut un fils. Charles, plus tard Charles le Chauve. Ayant voulu attribuer a ce dernier une part trop considérable de ses Etats, il dut combattre les révoltes de ses fils du premier lit et, trahi par ses lieutenants au Champ du mentonge, près de Colmar, il dut un moment abdiquer. Il mourut dans une ile du Rhin, en face d'Ingelheim, tandis qu'il marchait contre son fils Louis le Germanique. Son autre fils, Charles le Chauve, lui succéda sur le trône de France.

Louis II, le Bègue, fils de Charles le Chauve et d'Ermcntrude, né à Compiègne en 846, roi de France de 877 à 879. Il épousa Ansgarde, sœur d'Eudes, comte de Bourgogne, puis Adélaïde, qui lui Jonna un fils posthume, Charles le Simple. Il mourut au moment où il se mettait en route pour réprimer une révolte de Bernard, duc de Septimanie. Sans domaines, sans finances, sans armée, il fut ré-

LAR. P. TOUS. — 11

Louis II de Bavière.

Ordre royal de Louis de Bavi

Sceau de Louis VI.

duit à la plus complète impuissance- Il eut pour successeurs ses fils Louis 111 et Carloman, nés de son mariage avec Ansgarde.

Louis III, fils de Louis II et d'Ansgarde, né vers 863, roi de France de 879 à 882, m. à Saint- Denis. Il dut abandonner une partie de la Lorraine à son compétiteur Louis de Germanie, partagea ses Etats avec son frère Carloman, à qui il donna l'Aquitaine et la Bourgogne, vainquit les Normands à Saucourt-en-Vimeu (Somme) en 881, et donna à Hastings le comté de Chartres. A sa mort, son frère Carloman resta seul roi pendant deux ans, eteut pour successeur Charles le Gros, en lieu et place de son frère Charles le Simple, âgé seulement de cinq ans.

Louis IV, d'Outremer, fils de Charles III le Simple, et d'Odgiwe, né en 921, roi de France de 936 à 954, m. à Reims. Il arriva au trône grâce à l'appui de Hugues, comte de Paris, qui, à la mort de Raoul, le rappela en France. Il lutta contre les Normands, auxquels il voulait reprendre la Normandie. Ces derniers le firent prisonnier. Il ne recouvra la liberté que pour tomber entre les mains de Hugues le Grand, qui le retint captif un an. Louis IV avait épousé Gerberge, sœur de l'empereur d'Allemagne Othon le Grand, dont il eut un fils, Lothaire, qui le remplaça sur le trône. Il mourut d'une chute de cheval.

Louis V, surnommé, sans raison, te Fainéant, fils de Lothaire et d'Emma, né en 967, roi de France de 986 à 987. Il mourut d'un accident de chasse, sans laisser d'enfants. Il fut remplacé sur le trône par Hugues Capet. Avec lui finit la dynastie carolingienne.

Louis VI, le Gros, l'Eveillé ou le Batailleur, fils de Philippe I" et de Berthe de Hollande, né en 1081, associé au trône de 1098 à 1108, roi de France de 1108 à 1137, m. à Paris. Sous ce monarque, la royauté entreprit contre les grands vassaux, avec l'appui du clergé et des villes, une lutte sans merci, qui devait aboutir à la centralisation administrative et monarchique. Guerrier habile, il réussit, au moyen d'un grand nombre de petites expéditions, à rétablir l'ordre dans le domaine royal ; c'est ainsi qu'il détruisit le château de Puiset, soumit les seigneurs de Montlhéry et emprisonna Thomas de Marie. Il combattit pendant de longues années Thibaut IV, comte de Champagne, et Henri 1er, roi d'Angleterre, qui possédait la Normandie ; battu par ce dernier à Brenneville en 1119, il sut se maintenir. L'empereur d'Allemagne Henri V menaça la France d'une invasion. Louis VI prit à Saint-Denis l'oriflamme, bannière du saint qui protégeait la France, et les milices qui avaient adopté comme signe de ralliement le cri de Montjoie Saint-Denis, ayant répondu à son appel, il tint en échec Henri V, gendre du roi d'Angleterre. Sous son règne commença l'émancipation de la bourgeoisie, dont il ne prit pas l'initiative, mais qu'il mit à profit pour fortifier le pouvoir royal. Louis le Gros favorisa cette émancipation surtout hors de ses domaines ; il donna lui-même des chartes à des villes du domaine royal, mais il ne mérite pas d'être appelé le Père des Communes. Suger, abbé de Saint-Denis, qui fut le principal ministre de Louis VI, a écrit sa Vie. Louis le Gros épousa en premières noces Lucienne de Rochefort, qu'il répudia en 1107 pour épouser Alix de Savoie, dont il eut notamment Louis VII, son successeur et Constance. Celle-ci épousa Eustache de Boulogne, dont le père, Etienne de Blois, était roi d'Angleterre, puis Raymond V, comte de Toulouse.

Louis VII, le Jeune, fils de Louis VI et d'Alix de Savoie, né en 1119, roi de France de 1137 à 1180, m. à Paris. Il continua d'abord la politique de son père contre la féodalité de l'Ile-de-France, mais il la compromit par sa faiblesse et par sa dévotion exagérée. Il avait épousé Eléonore d'Aquitaine et chercha inutilement à prendre le comté de Toulouse. En guerre contre Thibaut, comte de Champagne, il fit brûler dans l'église de Vitry 1.300 personnes. L'interdit prononcé à cette occasion par le saintsiège ayant été levé par Célestin II, Louis VII, en manière d'expiation, entreprit la seconde croisade en même temps que l'empereur d'Allemagne Conrad, commettant ainsi la faute d'abandonner le royaume aux entreprises des grands. A son retour, erreur plus grave encore, il divorça d'avec Eléonore (1152), qui épousa Henri II Plantagenet, plus tard roi d'Angleterre, à qui elle apporta en dot les plus riches provinces du sud-ouest de la France. Telle est la cause première des luttes qui, un moment interrompues par le traité de Paris, sous saint Louis, aboutirent à la guerre de Cent ans. A l'intérieur, Louis VII fut puissamment secondé par le ministre Suger, qu'il avait conservé comme conseiller. En 1154, Louis VIII avait épousé en secondes noces Constance de Castille et en troisième noces, Alix de Champagne, mère de son fils et successeur Philippe Auguste.

Louis VIII, le Lion, fils de Philippe Auguste et d'Isabelle de Hainaut, né à Paris en 1187, roi de France de 1223 à 1226, m. à Montpensier (Auvergne). Appelé en Angleterre par les barons soulevés contre Jean sans Terre, il fut couronné roi d'Angleterre à Londres (1216); mais, vaincu à Lincoln (1217), il dut repasser le détroit. Devenu roi de France, ilenkvaaux Anglais plusicur. villes dans le centre et le midi de la France, et participa à la grande croisade contre les albigeois, qui aboutit à la soumission de tout le Languedoc moins Toulouse. C'est Louis VIII qui inaugura pour ses fils le système des apanages. Il avait épousé Blanche de Castille, dont il eut orne enfants, no-

Sceau de Louis VII.

Sceau de Louis VIII.

Buste de saint Louis à la Sainte-Chapelle (Paris).

LOU

tamment Louis IX, son successeur, Robert d'Artois, Alphonse de Poitiers, Charles d'Anjou, etc.

Louis IX ou saint Louis, fils de Louis vin

et de Blanche de Castille, né à Poissy en 1215, roi de France de 1226 à 1270, m. devant Tunis. 11 n'avait que onze ans quand il monta sur le trône, et il régna d'abord sous la tutelle de sa mère, qui eut à réprimer une révolte des grands vassaux et notamment de Thibaut de Champagne, termina la guerre des albigeois par le traité de Paris ou de Mcaux (1229) et lui lit épouser Marguerite de Provence (1234). Lors de sa majorité, le comte de la Marche, aidé des Anglais, dirigea contre lui une nouvelle ligue, qu'il défit à Taillebourg et a Saintes (1242). Henri III d'Angleterre, obligé de faire face à une révolte des barons , signa le traité de Paris, par lequel il abandonna la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou.

En apprenant que la Palestine était tombée au pouvoir du sulian d'Egypte, et que l'empire latin périclitait, il prit la croix, débarqua a Damiette en 1249, d.ut battre en retraite après la bataille de Mansourah (1250) et fut fait prisonnier. Ayant racheté sa liberté, il resta en Palestine de 1250 à 1252, et revint en France en apprenant la mort de Blanche de Castille, qui, pendant son absence, avait réprimé larévolte des Pastoureaux. Il pourvut alors à l'organisation de ses Etats, fortifia considérablement l'autorité royale, rendit une ordonnance qui déterminait les devoirs des agents royaux, baillis du Nord et sénéchaux du Midi, nomma des enquesteurs pour visiter les provinces, institua la quarantainele-roi pour diminuer le nombre des guerres privées, abolit le duel judiciaire, multiplia les cas royaux (cas ne devant être jugés que par le roi), appela a siéger dans les tribunaux les légistes pour conseiller les juges, créa une commission'judiciaire, qui fut l'origine du parlement, fit des efforts en vue de réaliser l'unité monétaire, assura les privilèges en même temps que l'indépendance du clergé, mais se montra intolérant à l'égard des blasphémateurs et des hérétiques ; enfin, il fonda la Sainte-Chapelle, la Sorbonne et les Quinze-Vingts. En 1270, encouragé par Charles d'Anjou, son frère, il entreprit la huitième et dernière croisade, et fit voile vers Tunis, dans l'espoir de convertir le roi de ce pays au christianisme, mais il mourut de la peste à peine débarqué devant cette ville. Saint Louis fut un monarque d'une grande piété. La religion fut la règle même de sa conduite. Sa réputation d'intégrité et de vertu lui valut l'estime universelle, et tout le monde se le représente rendant la justice sous le chêne de Vincennes. De son mariage avec Marguerite de Provence, saint Louis eut onze enfants, notamment Isabelle, qui épousa Thibaut II, roi de Navarre; Philippe III, son successeur; Robert de Clermont, tige de la maison de Bourbon. — Joinville a écrit son Histoire, qui est, avec la chronique de Villehardouin, l'un des premiers monuments de la langue française. Saint Louis fut canonisé en 1297. Fête le 25 août.

Louis X, le Hutin (c.-à-d. le Querelleur), fils aine de Philippe le Bel et de Jeanne de Navarre, né à Paris en 1289, roi de France de 1314 à 1316, m- à Vincennes. Il fit étrangler sa femme, Marguerite de Bourgogne, l'héroïne de la légende de la Tour de Nesle, suspecte d'inconduite, envoya au supplice Enguerrand de Marigny, affranchit ses serfs pour se procurer de l'argent et entreprit contre les Flamands une expédition inutile. Son règne fut surtout une période de réaction féodale contre l'œuvre de Philippe le Bel. Louis X, qui avait épousé en secondes noces Clémence de Hongrie, dont le fils, Jean 1er, ne vécut que quelques jours, eut pour successeur son frère Philippe V.

Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, né à Bourges en 1423, roi de France de 1461 à 1483, m. à Plessis-les-Tours. Il avait 38 ans quand il monta sur le trône, après avoir épousé Marguerite d'Ecosse, fille du roi Jacques 1er. Dévoré de bonne heure par la soif du pouvoir, il s'était laissé entraîner à dix-sept ans contre son père dans la révolte féodale de la Praguerie , à la suite de laquelle Charles VII l'avait mis en possession du Dauphiné. Mais la réconciliation dura peu entre le père et le fils, qui dut se réfugier à la cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne (14!6). A la mort de Charles VII, il renvoya les conseillers de son père, et signala sa prise de possession du pouvoir par diverses mesures inopportunes, dont la conséquence fut de soulever les seigneurs contre lui (ligue du Bien public) et de l'obliger, après l'indécise bataille de Montlhéry, à signer les traités de Conflans et de Saint-Maur ; mais Louis XI ne tarda p:is à reprendre ce qu'il avait dû céder. Le duc de Bourgogne.

Charles le Téméraire, ayant alors formé une coalition nouvelle, dans laquelle entrait le ""''" **■ roi d'Angleterre, Louis XI, redoutant une invasion, se rendit à Péronne pour y régler ses différends avec Charles le Téméraire. Celui-ci, apprenant à ce moment l'appui donné aux Liégeois, révoltés contre lui, par Louis XI, retint ce dernier prisonnier et lui imposa un traité humiliant, qui d'ailleurs ne fut pas mieux exécuté que les précédents (1468). Le duc de Guyenne, frère du roi, étant mort empoisonne en 1472, Charles le Téméraire prit prétexte de cette mort tragique pour envahir la Picardie : il échoua sous les murs de Beauvais (1472). Charles avait signé contre la France un traité avec le roi d'Angleterre Edouard IV, qui vint à Calais, mais trait Louis XI à Picquigny (1475). La mort de Charles le Téméraire devant Nancy (1477) ayant débarrassé Louis XI de son plus redoutable adversaire, le roi de France put alors songer a abattre ses ennemis

Styles LOUIS XIII-XIV

Styles : Louis XIII : 1. Panneau de porte, église Saint-Maclou, à Rouen. — 2. Pendule en marqueterie détain (musée de Cluny). — 3. Lanterne de vestibule (hôtel de Vogué, à Dijon). — t. Montre du xvne siècle. — 5. Pavillon du Roi, place des Vosges, à Paris. — Louis XIV : 6. Buste de Louis XIV en bronze dore, par Cucci et Golle (palais de Versailles). — 7. Chocolatière en argent ciselé. — 8. Vase en marbre blanc par Coysevox (parc de Versailles). — 9. Ecran en tapisserie (musée des Arts décoratifs). — 10. Cabinet en ébène (musée de Fontainebleau). — 11 Meuble en marqueterie de cuivre et écaille, par Boulle (musée du Mobilier National). — 12. Console en bois sculpté et doré (palais de Versailles). — 13. Fauteuil recouvert de tapisserie au petit point. — 14. Colonnade du Louvre, à Paris. — 15. Pendule en marqueterie et bronze doré.

Styles LOUIS XV-XVI

Stti.es : Louis XV : I. Commode avec bronzes ciselés. — 2. Bras de lumière (palais de Fontainebleau). — 3. Canapé recouvert de tapisseries de Beauvais. — 4. Eventail peint par Watteau. — S. Armoire à deux corps, décorée de sujets en vernis Martin. — G. Pot à anse à décor bleu en porcelaine tendre de Saint Cloud (musée des Arts décoratifs). — 7. Cartel style rocaille. — 9. Assiette au chiffre de M"" du Barry, porcelaine tendre de Sèvres (musée des Arts dé ratl Louis XVI : 8. Tête-à-téte. — 10. Pendule à saine (musée du Louvre,. — 11. Commode en laque avec cuivrei ieeli et don n isée du Louvre . — !-'■ Choisi teurs (musée de Cluny). — 13. Bras de lumière en bronze cisplé et doré ipalais de Fontainebleau . — 14. Pendule en bronze ciselé et doré (palais de Triai.

li. Flambeau en forme de colonne. — 1G. Trépied en bronze ciselé, par tlouthiére.

LOU

LOU

intérieurs ; dans sa lutte contre la haute noblesse, contre laquelle il montra une implacable rigueur (exécution du connétable de Saint-Pol, mise en cages de fer de féodaux rebelles), il prit son point d'appui dans les classes bourgeoises, bien qu'il ne se gênât point pour tripler les charges publiques. Charles ne laissait qu'une fille, Marie de Bourgogne. Louis XI songea un moment à la fiancer avec le dauphin, mais, pressé de tirer parti des événements, il reprit les villes de la Somme et de la Bourgogne, qui furent définitivement réunies à la couronne, malgré les efforts de Maximilien d'Autriche, devenu l'époux de Marie, et qui avait livré aux troupes royales, a Guinegatte, une bataille indécise ; le traité d'Àrras (1482) mit fin à cette lutte. Diverses mesures, notamment la création de la poste aux chevaux, l'accroissement de la milice, un essai d'organisation de la marine, l'inamovibilité des fonctions judiciaires, l'introduction de l'imprimerie à Paris signalèrent l'administration de Louis XI, qui mourut en 1483 dans son château de Plessis les-Tours, livré aux" terreurs du remords et de la superstition. Il avait fait venir d'Italie François de Paule, dont la réputation de sainteté était arrivée jusqu'à lui. Louis XI n'eut pas d'enfants de Marguerite d'Ecosse, fille ilu roi Jacques I", mais de son mariage avec Charlotte de Savoie, il eut, notamment, Anne de Beaujeu, Jeanne de Berry. laqut lie épousa le duc d'Orléans (Louis XII), et Charles VIII, qui lui succéda

Louis XI est une des figures les plus considérables de l'histoire. Aucun prince de son temps ne connut et n'utilisa mieux les ruses de la politique et les moyens de dominer les hommes en caressant leurs appétits. Despote cruel, gouvernant sans scrupule, il s'entoura uniquement d'hommes capables de toutes les servilités : Tristan l'Ermite, Olivier le Daim, etc. Mais il sut forcer à l'obéissance tous les princes entre lesquels la France était partagée ; il réussit même à leur enlever une partie de leur pouvoir, à les déposséder, à accroître le territoire de la couronne, et à ce titre il doit figurer parmi les fondateurs de l'unité nationale. Son règne, en dépit des critiques qu'il appelle, fut parmi les plus profitables à la France. « La condamnation qu'il mérite et dont il restera chargé, c'est le blâme que la conscience humaine inflige à la mémoire de ceux qui ont cru que tous les moyens sont bons pour imposer aux faits le joug des idées. » (Aug. Thierry.)

Louis XI, tragédie en cinq actes et en vers, de Casimir Delavigne (1832). L'auteur a rendu en traits saisissants le caractère de ce prince aux approches de la mort. On remarque dans cette pièce, contemporaine des premiers drames romantiques, un certain effort pour atteindre la couleur locale et varier les impressions par le mélange du tragique et du familier.

Louis XII, le Père du peuple, fils de Charles, duc d'Orléans et de Marie de Clèves, etarrière-petitfils de Charles V, né à Blois en 1462. Louis XI lui avait fait épouser de force Jeanne de Berry, sa seconde fille, qui était contrefaite et maladive. Révolté contre la régence d'Anne de Beaujeu (Guerre folle) et fait prisonnier à Saint-Aubin-du-Cormier (1488), il fui bientôt remis en liberté, se rallia à Charles VIII, combattit glorieusement en Italie (1494-1495), et, son cousin et beau-frère, Charles VIII, étant mort sans enfant, il monta sur le trône en 1498. Ayant fait annu» 1er son mariage avec Jeanne de Berry, il épousa Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII, pour conserver la Bretagne à la France. Il garda les anciens ministres de Charles VIII, même ceux, comme La Trémoille, dont il avait eu à se plaindre autrefois : « Le roi de France, dit-il. a oublié les injures du ducd'Orléans.» Comme petit-fils de Valentine Visconti, il revendiqua le duché de Milan et le conquit ; mais les Français furent expulsés du royaume de Naples par leurs propres alliés, les Espagnols de Ferdinand le Catholique, à la suite des combats de Seminara et de Cerignoles et de la capitulation de Gaète (1503). Le traité de Blois, signé a la suite de ces revers, fut désavoué par les états généraux de 1506, et le roi, qui avait promis à l'archiduc Charles d'Autriche sa fille, Claude, la fiança Louis XII. à l'héritier présomptif de la

couronne de France, son cousin François d'Angouléme. L'année suivante, Louis XII intervenait de nouveau en Italie, en entrant dans la ligue de Cambrai contre Venise, et remportait la victoire d'Agnadel;abandonné par ses alliés, il put résister victorieusement à la Sainte ligue grâce à Gaston de Foix, mais, à la mort de ce héros, tué à Ravenne (1512), les Français, vaincus à Novare, furent chassés de la vallée du Pô. A son tour, la France eut à soutenir l'invasion des Espagnols, des Suisses, de Henri VIII et de Maximilien, et ces derniers remportèrent la victoire de Guinegatte. L'avènement du pape Léon X, succédant au bouillant Jules II, permit à Louis XII de faire la paix. Il mourut peu de temps après (1515) ; il y avait trois mois qu'il avait épousé (Anne de Bretagne étant morte) Marie d'Angleterre, soeur de Henri VIII. Louis XII, prince bon et humain, réduisit les tailles, administra l'Etat avec sagesse et économie, pratiqua d'utiles réformes judiciaires, protégea les humbles, et encouragea l'industrie, le commerce et les arts. Louis XII est le seul représentant de la branche des Valois- Orléans, à laquelle succédèrent avec François I" les Valois-Angoulême. De son mariage avec Jeanne de Berry, il avait eu Claude de France, mariée au duc d'Angoulème (François I"), qui lui succéda, et Renée, duchesse de Chartres et de Montargis, femme du duc de Toscane, Hercule d'Esté.

Louis XII et Anne de Bretagne (tombeau de), chef-d'œuvre de Jean Juste, dans l'église de Saint- Denis, l'une de; plus admirables productions de la Renaissance française. Le soubassement est décoré de remarquables bas-reliefs.

LOUiS XDT, fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né à Fontainebleau au mois de septembre 1601, sous le signe de la Balance, ce qui le fit surnommer le Juste; roi de France de 1610 à 1643, m. à Saint- Germain. Il régna d'abord sous la régence de sa mère, qui, dirigée par Léonora Galigaî, donna toute

sa confiance à l'incapable et avide Concini, lequel fut assassiné en 1 617 à l'instigation du roi, et remplacé par Albert de Luynes. Celui-ci dirigea contre les protestants du Midi une expédition malheureuse (siège de Montauban), terminée par la paix de Montpellier (1622). Jusqu'en 1624, les hommes qui se succédèrent au pouvoir ne firent rien pour la France ; mais il n'en fut plus de même lorsque Richelieu devint premier ministre. Le cardinal poursuivit et réussit à atteindre un triple but : 1» abaisser la noblesse ; 2U ruiner les protestants en tant que parti politique ; 3° abaisser la maison d'Autriche. (V. Richelieu.) La plupart des historiens admettent que Louis XIII, prince sans volonté, n'a fait que subir l'ascendant du grand ministre, et ne lui a jamais témoigné la moindre sympathie. C'est là, sans doute, une opinion exagérée. Si Louis XIII n'avait pas approuvé la politique de Richelieu, il n'aurait pas si longtemps résisté (notamment dans l'affaire de la Journée des dupes, en 1630) à la pression de sa mère, de sa femme Anne d'Autriche, de son frère Gaston d'Orléans et de la noblesse, qui ne cessaient de lui demander le renvoi du ministre. Il eut au contraire le grand mérite de comprendre et de suivre les conseils du grand cardinal. D'intelligence ordinaire, d'abord timide, de moeurs réservées, il commanda plusieurs fois les armées et fit preuve, notamment à la journée du Pas de Suse, en 1630, de la plus brillante valeur. Louis XIII eut d'Anne d'Autriche Louis XIV, son successeur, et Philippe d'Orléans, tige de la maison d Orléans.

Louis XIII (style). Le style Louis XIII marque une réaction contre l'afféterie dans laquelle était tombé, à la fin du xvie siècle, l'art de la Renaissance. Pour répondre à un souci nouveau de correction et de gravité, les grands architectes comme Androuet du Cerceau, Salomon de Brosse, etc., s'inspirèrent de l'art flamand et de l'art italien pour créer un style un peu lourd, mais original et parfois grandiose, où les refends et les pilastres de pierre blanche rehaussent la nudité des surfaces. Des combles d'ardoises très élevés, de hautes cheminées quadrangulaires terminées par un fronton, donnent à la masse une physionomie plus légère. Dans l'art industriel, les dessins des fauteuils, des sièges, des tables sont carrés et anguleux; les panneaux, quoique couverts de sculptures, restent sombres et graves.

LOUiS XIV, le Grand, fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, né à Saint-Germain-en-Laye en 1638, roi de France de 1643 à 1715, m. à Versailles. 11 n'avait pas cinq ans lorsqu'il succéda à son père sous la régence de sa mère. Mazarin. devenu premier ministre (v. Mazarin), continua la politique extérieure de Richelieu, et, si la minorité de Louis XIV fut agitée par les luttes du parlement contre la régence et par les troubles de la Fronde (v. ce mot), elle fut aussi signalée par les victoires de Rocroi, de Fribourg, de Nordlingen, de Lens, couronnées en 1648 par les traités de Westphalie. Deux ans avant sa mort, Mazarin signa avec l'Espagne la paix des Pyrénées, dont l'une des clauses, grosse de conséquences, était le mariage de l'infante Marie-Thérèse avec le roi de France (1659). A partir de 1661, Mazarin étant mort, Louis XIV annonça au conseil des ministres son intention de régner désormais par luimême, et il soutint en effet pendant cinquante-quatre ans un effort exceptionnel de volonté et de travail. Le mot célèbre qu'on lui prête à tort : l'Etat c'est moi! a le mérite de résumer le principe dirigeant de sa politique. Un de ses premiers actes fut de disgracier Fouquet, dont les dilapidations étaient un scandale public. Colbert, appelé à ta surintendance des finances (1661) et chargé plus tard de la gestion de plusieurs autres ministères, appliqua son activité et sa puissance de travail au rétablissement de l'ordre dans l'administration des deniers publics ; il prit des mesures protectrices en faveur de l'agriculture, encouragea l'indus trio, le commerce, les travaux publics, organisa la marine inscription maritime), pendant qu'une commission de jurisconsultes, nommée suivant ses conseils, élaborait d'utiles ordonnances, que Le Tellier et Louvois réorganisaient l'armée, et que Vauban fortifiait nos frontières. Louis XIV voulut être aussi puissant et respecté à l'extérieur que dans son propre royaume : de là cette longue suite de guerres, qui rapportèrent beaucoup de gloire à la France, mais finirent par l'épuiser. Le plus grand nombre de ces guerres eut pour objet d'assurer à la France l'éventualité de la succession espagnole, qui fut, selon le mot de Mignet, le « pivot de la politique extérieure » de Louis XIV. C'est ainsi que, dans la guerre de dévolution, terminée par le traité d'Aixla-Chapelle (1668), il revendiqua une partie de la succession de Philippe IV ; par la guerre de Hollande, que termina la paix de Nimègue (1678), il essaya d'abattre la puissance des Provinces-Unies, qui s'étaient opposées à ses visées sur les Pays-Bas espagnols. Dans la guerre de la ligue d'Augsbourg, terminée par la paix de Ryswick (1697), il eut encore à lutter contre la Hollande, dont le stathouder Guillaume d'Orange était devenu roi d'Angleterre et avait pris l'initiative d'une coalition nouvelle contre la France. Mais, quand commença la guerre de la succession d'Espagne, où était en question la totalité de l'héritage de Charles II, la France était malheureusement épuisée par tant d'efforts. Les dernières années de cette guerre furent marquées par la misère lamentable du royaume, qui accueillit avec soulagement les traités pourtant bien désavantageux d'Utrecht (1713), de Rastadt et de Bade (1714).

Louis XIV.

Le règne de Louis XIV prit fin en 1715. Après la mort de Marie-Thérèse (1683), Louis XIV avait épousé secrètement Mme de Maintenon, veuve du poète Scarron, qui avait supplanté madame de Montespan dans la faveur royale.

Louis XIV, jusqu'à son dernier jour, se considéra comme le représentant de Dieu sur la terre, comme ° participant de sa connaissance aussi bien que de son autorité », et, après avoir réduit les grands à une sorte de domesticité brillante, il en vint à s'attribuer le mérite des ministres qui le servaient. 11 fut vraiment tout l'Etat, et tout ploya devant lui, noblesse, parlement, tiers état, clergé même. La centralisation à outrance, l'obéissance passive, le culte de la personne royale élevé à l'état de dogme complétèrent l'absorption de la nation, l'incarnation du peuple dans un seul homme. Son despotisme intolérant le conduisit à ne plus souffrir dans l'étendue de son royaume quelqu'un qui, en matière religieuse, put penser autrement que lui : il révoqua l'édit de Nantes, obligeant ainsi à s'expatrier, pour le plus grand dommage de l'industrie française, de nombreuses familles protestantes, permit les dragonnades (dont d'ailleurs il ignora les excès), et, pour extirper l'hérésie, encouragea toutes les cruautés. Le jansénisme fut également persécuté et labbaye de Port-Royal détruite. Ce règne, qui aurait pu être si utile au bien public grâce aux hommes de génie qui l'illustrèrent, ne fit que précipiter la ruine de la monarchie par une tension trop grande de tous les ressorts du pouvoir. L'ambition conquérante de Louis XIV aliéna à la France les sympathies de l'Europe, rendit inutiles les efforts économiques de Colbert, poussa notre diplomatie dans des voies injustes et accrut finalement la misère du peuple, dont Vauban plaida vainement la cause auprès du roi. Aussi, lorsque mourut celui qui avait été naguère entouré d'une auréole de gloire et de l'idolâtrie nationale, on vit la foule accompagner de ses malédictions la dépouille mortelle de Louis le Grand.

Le fils de Louis XIV, le Grand Dauphin, deux de ses petits-fils, le duc de Bourgogne et le duc de Berry, moururent avant lui en 1711, 1712 et 1713, et ce fut son arrière-petit-fils, le duc d'Anjou, qui lui succéda sous le nom de Louis XV. Il eut de nombreux enfants naturels. La Vallière lui donna Marie- Anne (Mademoiselle de Blois), femme du prince deConti; Louis de Vermandois, etc.; Madame de Montespan fut la mère de : Louis, duc du Maine ; Louis-César, comte de Vexin ; Louise-Françoise, femme de Louis III de Bourbon ; Françoise-Marie, femme du duc d'Orléans Philippe (le Régent), Louis- Alexandre, comte de Toulouse. — Il n'eut pas d enfant de madame de Maintenon.

On sait que, sous Louis XIV, les lettres et les arts furent portés à un haut degré de perfection par une pléiade brillante de prosateurs, de poètes et d'artistes : Corneille, Racine, Molière dans le théâtre; La Fontaine et Boileau dans la poésie ; Bossuet, Fénelon, Fléchier dans l'éloquence ; La Bruyère et La Rochefoucauld dans la critique morale; Pascal dans la philosophie ; Saint-Simon et Retz dans l'histoire ; Poussin, Le Lorrain, Lebrun, Perrault, Mansart, Girardon, Puget dans les arts, furent les principaux représentants du siècle de Louis XI V.

Louis XIV (Siècle de), par Voltaire (1751). C'est, avec Charles XII, le principal titre de Voltaire comme historien. Cet ouvrage est une admirable protestation en faveur du siècle de Louis XIV, alors en défaveur auprès des esprits. La narration est un modèle de concision et d'élégance, et l'ouvrage, solidement construit et documenté, est un tableau achevé, parfois un peu trop complaisant, du grand siècle.

Louis XIV (portrait de), tableau d'Hyacinthe

Louis XIV, d'après Hyacinthe Rigaud.

Rigaud, au Louvre (1701) ; le monarque est représenté debout, couvert de son manteau royal; c'est une des meilleures toiles du peintre.

Louis XIV (statue de), statue équestre en bronze, par Bosio, érigée sous la Restauration, place des Victoires, à Paris.

Louis XIV (style). Il conserve le caractère grandiose du style Louis XIII, mais avec une régularité un peu froide, qu'il tire de l'imitation très stricte de l'architecture antique. L'ornementation extérieure est d'une grande richesse : frises sculptées, statues,, panneaux somptueux décorent les moindres motifs. A l'intérieur, des salles de vastes dimensions réclament des lambris d'or chargés de sculptures, des-

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Louis XV.

plafonds aux lourds cartouches, de grandes figures allégoriques. Le mobilier, un peu lourd, est rehaussé d'or, de larges marqueteries de cuivre et d'écaillé, etc. Lu céramique et la tapisserie, formant de flamboyants tableaux, ajoutent au luxe de ce cadre, dont la splendeur n'a jamais été égalée.

Louis, grand dauphin de France, fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse, né à Fontainebleau, m. à Meudon (1661-1711). Il eut pour fils Louis, duc de Bourgogne; Philippe d'Anjou, depuis roi d'Espagne, et Charles, duc de Berry.

Louis XV, le Bien-Aimé, troisième fils de Louis, duc de Bourgogne et de Marie-Adélaïde de Savoie, et arrière-petit-fils de Louis XIV, né à Versailles en 1710, roi de Fiance de 1715 à 1774, m. à Versailles. Il régna d'abord sous la régence de Philippe d'Orléans, personnage intelligent, mais corrompu, qui subit la désastreuse influence du cardinal Dubois. Celui-ci, tout dévoué à l'Angleterre, qui, a-t-on dit, le pensionnait, modifia complètement la politique extérieure de la France, qu'il dirigea contre l'Espagne. A la suite des efforts d'Alberoni pour abolir les traités d'Utrecht, une courte guerre eut lieu entre les deux pays. La régence fut encore signalée par la banqueroute de Law et le mariage de Louis XV avec Marie Leczinska, fille de Stanislas Leczinski. ancien roi de Pologne. A la mort du régent Philippe (1723), le duc de Bourbon devint ministre ; mais son impopularité l'éloigna bientôt des affaires (1726). Sous le ministère de l'honnête et habile, niais timide cardinal Fleury ^ 1 720-1743), eurent lieu, non sans quelques succès, la guerre de la succession de Pologne (1733-1735), que termina le traitédeVienne( 1738), et la guerre de la succession d'Autriche, à laquelle mit fin la paix d'Aix-la-Chapelle ( 1748 | . C'est pendant cette campagne dont il suivit les débuts, sur les instances de sa maîtresse, la duchesse de Chàteauroux, que Louis XV tomba gravement malade à Metz. La monarchie était encore si populaire que, dans la France entière, on fit dire des messes pour le salut du roi, surnommé dés lors le Bien-aimé. Après la mort de Fleury, Louis XV glissa sur la pente qui devait le conduire au déshonneur et se laissa mener par ses favorites, dont les plus connues sontM""dePompadouret Mme Du Barry. Cependant, par une lourde maladresse politique, la France négligeait l'avenir de ses colonies, de l'Inde et du Canada, pour se lancer dans d'inutiles conflits en Europe. La guerre de Sept ans, dans laquelle nous engagea l'alliance autrichienne (1756- 1763), aboutit à la perte de nos colonies, bien que Choiseul eût réuni en 1761, par le pacte de famille, les quatre branches régnantes de la maison de Bourbon. A ce moment, le trône tombe dans la boue; les favorites régnent, Louis XV frappe les jésuites et les parlements, et Choiseul fait place (1770) au honteux triumvirat Maupeou, Terray et d'Aiguillon ; c'est le temps où Louis XV dit : « Cela durera bien autant que moi. » Lorsque le Bien-Aimé mourut, en 1774, la joie de la foule déborda. Outrés de la corruption qui s'étalait jusque sur les marches du trône, les philosophes du xvni« siècle réagirent par leurs écrits contre les abus, mais aussi contre tous les principes d'autorité, qu'avait respectés le xvne siècle. Voltaire, Montesquieu, Rousseau, les encyclopédistes et les physiocrates créèrent un puissantcourantd'opinion, réclamant des libertés politiques et économiques, pendant que Franklin, Galvani, Lavoisier, Linné, Buffon. Jussieu dirigeaient la science dans des voies nouvelles. C'est pendant le règne de Louis XV que se prépare véritablement la Révolution française.

Les enfants de Louis XV sont : Marie-Louise-Elisabeth, femme de Philippe de Bourbon et bru du roi d'Espagne Philippe V; Anne-Henriette; Louise- Marie ; Louis, gendre de Philippe V, puis de Frédéric-Auguste III, électeur de Saxe; Philippe d'Anjou; Marie-Adélaïde ^Victoire ; Sophie; Thérèse; Louise-Marie. Louis XV eut pour successeur son petit-fils Louis XVI.

Louis XV (style). Il est moins sévère, moins ample, mais plus coquet que le style Louis XIV. A l'intérieur, les grandes salles d'apparat sont remplacées par des salons plus petits, plus intimes. La spirale, les courbes irrégulières remplacent dans l'ornementation les sévères lignes droites. Coquilles, palmes, moulures gondolées sont les motifs fondamentaux du décor; des marqueteries multicolores, d'aspect riant et joyeux, couvrent les meubles en bois des îles. Les panneaux sont peints de scènes pastorales et laqués de vernis.

Louis, dauphin de France, fils de Louis XV et de Marie Leczinska, père de Louis XVI, de Louis XVIII et de Charles X, né à Versailles, m. à Fontainebleau (1729-1765).

Louis XVI, fils du dauphin Louis [fils de Louis XV) et de la princesse Marie-Josèphe de Saxe, né à Versailles en 1754. roi d-; France en 1774, décapité à Paris en 1793 Marié déjà à Marie-Antoinette d'Autriche, jouissant à juste titre d'une grande réputation de vertu, il fut salué à son avènement par des cris d'enthousiasme, qui étaient en môme temps des cris de protestation contre les turpitudes du règne précédent. A Texte rieur, la guerre d'Amérique rendit quelque lustre à la monarchie, et permit à la France, par le traité de Versailles (1783) de recouvrer quelques - unes des colonies que le traité de Paris lui avait fait perdre. A l'intérieur, Louis XVI montra d'abord un réel souci du bien public, et appela au pouvoir Malesherbes et Turgot; mais les conceptions économiques et politiques de ce dernier soulevèrent une telle opposition que le roi dut s'en séparer. Necker, bien

qu'excellent financier, ne réussit pas davantage : sa disgrâce suivit de près la publication du ('viuplc remlu de l'état des finances. Alors, commença le règne des ministres courtisans, comme Calonne et Brienne, qui laissèrent croître le déficit et le désordre, tandis que l'influence de la reine devenait toute-puissante. En 1788, il se produisit un mouvement d'opinion qui obligea Louis XVI à rappeler Necker. Celui-ci, devant la résistance des notables et le mauvais état du Trésor public, décida le roi à convoquer les états généraux, qui se réunirent à Versailles en 1789. Louis XVI, plein de bonnes intentions, mais faible et subissant l'influence dis courtisans et de la reine, perdit sa popularité par ses hésitations, par l'appui secret qu'il donna aux émigrés, par ses négociations avec l'étranger. Il se décide à quitter Paris secrètement avec sa famille (1791). mais il est arrêté à Varennes et ramené dans la capitale, où il prêta serment de fidélité à la Constitution. Cependant la scission entre le roi et la nation ne fait que s'accentuer. Affolé, Louis XVI fait appel aux souverains étrangers et la guerre éclate (1792). Suspendu de ses fonctions après le 10-Aoùt, enfermé au Temple, il fut accusé de trahison, parut devant la Convention, fut défendu par Tronehet, Malesherbes et De Sèze, enfin, condamne à mort comme « coupable de conspiration contre la liberté de la nation et d'attentat contre la sûreté générale de l'Etat ». L'exécution eut lieu le 21 janvier 1793. Le roi montra devant ses juges et devant la mort la fermeté d'âme qui lui avait manqué dans son gouvernement.

Louis XVI eut de Marie-Antoinette : Marie- Thérèse-Charlotte, femme du duc d'Angoulême ; Louis XVII, et deux autres fils morts jeunes.

Louis XVI (style). Il abandonne les dessins contournés du style Louis XV. pour revenir à la ligne droite, mais avec une légèreté remarquable dans l'ornementation. A l'intérieur, l'influence des fresques antiques de Pompéi et d'Herculanum, récemment découvertes, se fait sentir. Au lieu d'ors et de peintures éclatantes, les roses passés, les gris pales, les verts d'eau rehaussés d'un mince filet d'or, prédominent. La marqueterie en bois précieux orne tous les meubles. Scènes champêtres et sentimentales forment le fond des tapisseries. L'ensemble est discret, sobre et riant tout à la fois.

Louis XVII, second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, né à Versailles en 1785. Enfermé au Temple, sous la garde du cordonnier Simon, il fut, après l'exécution de son père, proclamé roi de France parles princes émigrés. Il mourut à Paris, dans sa prison, en 1795. Certains auteurs prétendent qu'on le fit évader et qu'on lui substitua un enfant malade. A la faveur de cette opinion, certains intrigants, dont les plus connus sont Naundorf et Mathurin Bruneau, cherchèrent, depuis la chute de Napoléon Ier, à se faire passer pour le dauphin. Mais aucune preuve sérieuse n'est venue ébranler la conviction générale que le dauphin est réellement mort dans sa prison.

Louis XVIII (Louis-Stanislas-Xavier), petitfils de Louis XV, fils du dauphin Louis et de Marie- Josèphe de Saxe, frère puiné de Louis XVI, comte de Provence, né à Versailles en 1755, roi de France de 1814 à 1824. Pendant la Révolution, il fut l'un des chefs actifs de l'émigration, contribua largement a amener l'étranger en France, vécut des subsides que lui fournirent les cours ennemies du nouvel ordre de choses établi en France, et ne put rentrer à Paris que derrière les Alliés, après la chute de l'Empire. Le nouveau roi était personnellement intelligent et libéral ; mais son entourage, notamment la duchesse d'Angoulême, n'avait, dans l'émigration, rien oublié ni rien appris. Les premiers actes du gouvernement furent la signature du traité de Paris, qui réduisait la France aux limites de 1792, et des mesures de réaction bien propres à rendre les Bourbons de plus en plus impopulaires.

Napoléon crut le moment opportun pour débarquer sur la côte de Provence et marcher sur Paris. Louis XVIII s'enfuit et sous le nom de cumte de Lille, se réfugia à Gand, d'où il revint après les Cents-Juurs. La situation de la France fut réglée au congrès de Vienne, où Talleyrand rendit de grands services à la cause nationale. A l'intérieur, à son retour, la terreur blanche désola le Midi, et la chambre introuvable, où dominait le parti ultra-royaliste, vota la suspension de la liberté individuelle, l'établissement des cours prévotales et autres mesures si violentes que Louis XVIII, de concertavec Decazes, prononça la dissolution de ce parlement ■■ plus royaliste que le roi » (1816). L'assassinat du duc de Berry, en 1820, entraîna la chute du ministère Decazes, mit fin aux velléités libérales du gouvernement et donna le signal de nouvelles mesures réactionnaires, auxquelles répondirent plusieurs conspirations, œuvre nu carbonarisme. La guerre d'Espagne (1823), par laquelle la France se faisait le champion de la Sainte-Alliance en faveur de l'absolutisme, fut le dernier événement important du règne. Louis XVIII mourut en 1824, en recommandant à son frère et successeur le comte d'Artois (Charles X) de gouverner avec prudence et modération. Il avait épousé Marie-Joséphine-Louise de Savoie, et il mourut sans postérité.

Louis Bonaparte. V. Bonaparte.

Louis de Gonzague (saint), jésuite, né à Castiglione, m. a Rome (1568-1591). Fête le 21 juin. Il est le patron de la jeunesse chrétienne.

Louis (Antoine), chirurgien français, né à Metz, m. à Paris (1723-1792). Il expérimenta la guillotine qui fut quelque temps appelée louisette.

Louis de Grenade, v. Qrenadb 'Louis de).

LOUiS (Louis-Nicolas, dit Victor), architecte français, né et m. à Paris (1731-1802); il construisit les galeries du Palais-Royal, et fut désigne pour doter Bordeaux d'un grand théâtre, qui est resté son chef-d'œuvre.

Louis ( Joseph -Dominique, baron , ministre des finances sous la Restauration et sous Louis- Philippe, né àToul, m. a Bry-sur-Marne (1755-1837).

Louis XVIII.

Ordre Louis de Hessi

Louis (ordre de), ordre hessois institué en 1807 par Louis I", grand-duc de Hesse-Darinstadt, pour récompenser le mérite civil et les actions d'éclat. Cinq classes j r^ban noir bordé de rouge.

Louise de Savoie, née

à Pont-d'Ain, m. à Grès [Gâtinais] (1476-1531), fille de Philippe, duc de Savoie et de Marguerite de Bourbon, épouse de Charles de Valois, comte d'Angoulême, mère de François I°r.

Elle fut régente de France, pendant que son fils guerroyait en Italie et pendant sa captivité en Espagne. Elle fit disgracier le connétable de Bourbon, qu'elle aurait voulu, dit-on, épouser, et négocia en 1529, avec Marguerite d'Autriche, la paix de Cambrai, appelée l'ai.r des dames. Elle fit souvent preuve d une grande habileté politique.

Louise de Lorraine,

reine de France, née à Nomeny, m. à Moulins (1653- 1601), fille de Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont, et de Marguerite d'Egmont.

En 1575, elle épousa Henri III, qui bientôt la délaissa, et dont elle n'eut pas d'enfants.

Louise-Marie de

France, fille de Louis XV et de Marie Leczinska, née à Versailles (1737-1787). Elle était chétive, contrefaite, très laide, mais très intelligente.

,.,, ' ,. © Louise de Savoie.

Elle se retira au couvent

des carmélites, de Saint-Denis, où elle mourut.

Louise de Mecklembourg-Strélitz,

reine de Prusse, née à Hanovre, m. à Hcenzieritz (1776-1810), fille du duc Charles de Mecklembourg et de la princesse de Hesse-Darmstadt. Elle épousa, en 1793, le prince royal de Prusse, qui devint roi sous le nom de Frédéric-Guillaume III. Sa beauté, ses vertus domestiques et son ^iatriotisme la rendirent très populaire. Elle poussa son mari à faire la guerre à Napoléon, qu'elle essaya d'attendrir à Tilsit après les défaites d'Iéna et de Friedland.

Louise d'Orléans,

reine des Belges , tille de Louis-Philippe et de Marie- Amélie, née à Palerme, m.

à Ostende (1812-1850). Elle épousa, en 1832, Léopold I", roi des Belges, et se fit aimer de ses sujets par sa bonté et sa douceur. Elle mourut d'une maladie de poitrine. De son mariage avec Léopold elle eut quatre enfants : Léopold, né en 1833, m. en 1834 ; Léopold, duc de Brabant (v.

Léopolu II); Philippe, comte de Flandre, né en 1837, marié en 1867 à Marie de Hohenzollern ; Charlotte, née en 1840, mariée en 1857 à Maximilien d'Autriche, empereur du Mexique, fusillé en 1867.

Louise, reine de Danemark, née en 1817. m. en 1898. Fille du landgrave Guillaume de Hesse-Cassel. elle épousa en 1842 le prince Christian de Slesvig-Holstein, qui monta sur le trône de Danemark en 1863 sous le nom de Christian IX. Elle lui a donné six enfants : Frédéric, roi de Danemark en 1906; Alexandra, mariée au prince de Galles (depuis Edouard VII); Guillaume, roi de Grèce sous le nom de Georges I«r; Dagmar, mariée au grand-duc héritier de Russie (Alexandre III); Thyrra, mariée à Ernest-Auguste duc de Cumberland ; Valdemar, époux de Marie d'Orléans, tille du duc de Chartres.

Louise, reine de Danemark, née à Stockholm en 1851; fille de Charles XV, roi de Suède. Elle épousa en 1869 le prince héritier de Danemark, devenu roi en 1906 sous le nom de Frédéric VIII. Elle lui a donné huit enfants.

Louise (ordre de), ordre prussien, fondé en 1814 par Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, en faveur des dames qui avaient porté secours aux blessés durant les guerres de 1813 et 1814. Réorganisé en 1865, il comprend deux classes et il est réservé aux dames, qui portent la décoration sur le sein gauche, suspendue à un ruban blanc moiré, à liséré noir.

Louise, roman musical en quatre actes et cinq tableaux, livret en prose et musique de Gustave Charpentier (1900) ; drame du faubourg parisien, coupé d'épisodes pittoresques; partition intéressante, souvent dramatique

louise-bonne n. f. Variété de poire douce et fondante. PI. des louises-bonnes.

louiset [zï] n m. Nom donné aux catholiques français qui s'étaient séparés du Saint-Siège après le Concordat.

— Encycl. Les louisets, ainsi appelés du nom de Louis, comte de Provence, plus lard Louis XVIII, qu'ils reconnaissaient comme roi depuis la mort de Louis XVI, prétendaient représenter l'ancienne Eglise de France, dont ils excluaient les prêtres assermentés à la constitution civile de 1791 et ceux qui reconnaissaient le Concordat de 1801. On n'entendit plus parler d'eux après 1840.

louisette [zc-te] n. f. Nom qui fut quelquefois donné à la guillotine, à cause du chirurgien Louis, qui en fit expérimenter le modèle.

Louisiane, un des Etals unis de l'Amérique du Nord; 1.540.000 h. (Louisianais). Sur le golfû du Mexique; capit. La Nouvelle-Orléans. Le delta du Mississipi se trouve dans la Louisiane Ci fut découverte par les Français an xvu» si, el ainsi appelée en l'honneur de Louis XIV. Le tabac et la canne à sucre sont ses principales productions.

Louise d'Orléans

de Louée de Prusse.

LOU

louisme [zi-ne] n. f. Sorte de taffetas, dont In trame est généralement en soie cuite, et qui est presque exclusivement employée pour articles de modes.

LOUiS-Noël (Hubert), sculpteur français, né à Saint-Omer en 1839; auteur des statues du Général Faidherbc, du Curé d'Ars, de David d'Angers, etc.

Louis-Philippe I", fils de Philippe-Egalité

et de Louise de Bourbon, né à Paris en 1773, m. ;i Claremont (Angleterre) en 1850, roi des Français de 1830 à 1848. Il prit, sous le nom de duc d'Orléans, une part glorieuse aux combats de Valmy et de Jemmapcs (1792), mena à l'étranger une vie obscure et longtemps précaire, fut même un moment professeur de mathématiques au collège de Reichenau, épousa, pendant son séjour en Italie, Marie-Amélie de Bourbon, rentra en France sous Louis XVIII, fit eous Charles X^ des avlances très remarquées au parti libéral, et pour ce motif, fut désigné, sur l'initiative de Thiers et de Laffitte, comme lieutenant général du royaume au lendemain des journées de juillet 1830. Bientôt proclamé roi, il fit rédiger une nouvelle constitution (Charte de 1830), qu'il jura d'observer.

Louis-Philippe prit d'abord pour principal ministre Laffilte, riche banquier, chef du parti libéral. Mais bientôt des insur- Louis-Philippe, rections démocratiques éclatèrent ; l'église Saint-Germain-l'Auxerrois fut saccagée, l'archevêché démoli. Laffitte fut remplacé par Casimir Perier, plus autoritaire et conservateur. En Pologne, le nouveau ministre essaya de modérer les rigueurs du gouvernement russe. En Italie, il défendit l'indépendance du saint-siège contre l'Autriche. A l'intérieur, il réprima les insurrections républicaines de Paris et de Lyon, et les complots légitimistes. C'est au milieu de ces luttes qu'il fut emporté par le choléra (1832). Sous le ministère du 11 octobre (Soult, Guizot, Thiers), Guizot présenta en 1833 une loi accordant l'instruction gratuite pour tous les enfants pauvres et établissant une école normale primaire dans chaque département. Cette époque fut troublée par de nouvelles insurrections à Paris et à Lyon. L'agitation des esprits, partout, était extrême. Louis- Napoléon crut pouvoir profiter de cet affaiblissement de l'autorité pour tenter, d'ailleurs sans succès, un premier coup de main à Strasbourg (1830), puis un autre à Boulogne (1840).

Louis-Philippe, souverain intelligent, d'une réelle bonté, mais d un caractère souvent faible, perdit la plus grande partie de sa popularité par l'incertitude et la timidité de sa politique étrangère. A partir de 1832, les conflits en Orient, amenés par la rivalité du sultan Mahmoud et du puissant pacha d'Egypte, Méhémet-Ali, faillirent faire éclater une guerre dans laquelle la France, très favorable à l'Egypte, aurait eu à lutter contre l'Europe coalisée par le traité de Londres du 15 juillet 1840. Thiers fit voter par les Chambres un crédit pour les fortifications de Paris et mit l'armée sur pied de guerre. Mais le roi voulait la paix à tout prix ; il abandonna son ministère, et Thiers céda la place à Guizot, qui, après s'être rallié au concert européen et avoir inauguré avec l'Angleterre une politique d'entente cordiale, dont l'affaire Pritchard (v. ce nom) souligna la timidité, conserva la direction des affaires de 1840 à 1848. Guizot maintint l'ordre matériel à l'intérieur, mais refusa avec obstination toute amélioration dans nos institutions politiques et notamment dans le régime électoral, jusque-là censitaire. A Paris, le gouvernement ayant refusé d'autoriser un banquet réformiste, une insurrection éclata le 24 février 1848. Louis-Philippe abdiqua en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, dont le père, le duc d'Orléans, était mort en 1842. Mais la foule envahit la Chambre des députés, au moment où la duchesse d'Orléans, nommée régente, venait faire reconnaître son fils. Toute la famille royale dut prendre la fuite, et Louis-Philippe se réfugia en Angleterre, tandis qu'un gouvernement provisoire, imposé à la Chambre, proclamait la République à l'Hôtel de Ville (1848). — Louis-Philippe eut de nombreux enfants : Ferdinand, duc d'Orléans, mort par accident en 1842, père du comte de Paris Philippe ; Louise, femme de Léopold I", roi des Belges; Marie, femme du duc de Wurtemberg, Frédéric-Guillaume; Louis, duc de Nemours; Marie-Clémentine; François, prince de Joinville; Henri, duc d'Aumale; Antoine, duc de Montpensier. V. Orléans.

LouiSVille, v. des Etats-Unis (Kentucky), sur l'Ohio; 226.000 h. Université, métallurgie, tanneries.

Loulay [lé], ch.-l. de c. (Charente-Inférieure), arr. et à 12 kil. de Saint-Jean-d'Angély, non loin de la Boutonne ; 640 h. Ch. de f. Et. — Le canton a 17 c o m m . , et 7.460 h.

loulou,

OUtte [ou-te] n. Petit nom tendre donné aux enfants ou aux femmes.

loulOU n.

m. Petit chien , „„,„„

, ., Loulou.

a long poil.

loup [Imt] n. m. (lat. lupus). Genre de mammifères carnivores, de la famille des canidés. Demi-masque de velours ou de satin noir que mettaient autrefois les dames lorsqu'elles sortaient, et qu'on met encore aujourd'hui au bal masqué, en temps de carnaval. Faute, erreur dans un travail : une lacune dans un manuscrit, une pièce de vêtement mal montée, etc., voilà autant de loups Agglomération de matière mal fondue qui se forme dans le minerai en fusion. Jeu d'enfants dans lequel l'un d'eux fait le loup, un second le berger, et, — ■"

derrière lui, les autres, qui se tiennent à la queue leu leu, sont les moutons. (Le loup cherche à pren-

dre le dernier mouton et le berger fait ses efforts pour l'empêcher de passer.) Appareil servant à préparer le cardage des laines. Forte pince courbée pour arracher les clous. Fig, Personne mécbante sous des dehors de bonté ; l'Evangile appelle

Le loup (jeuj.

loups 1rs jiharisiens. Marcher à pas de loup, sans bruit et dans le dessein de surprendre. Hurler avec les loups, (aire comme les autres. Froid de loup, très rigoureux. Loup de mer, espèce de hoque ; vieux marin. Fig. Se mettre dans la gueule du loup, s'exposer soimême à un danger qu'on aurait pu éviter. Tenir le loup par les oreilles, être dans une situation pénible dont on ne peut sortir sans courir de grands dangers ; être au cœur d'une difficulté. Avoir vu le loup, en parlant d'une jeune fille, avoir eu commerce avec un homme. Enfermer le loup dans la bergerie, mettre quelqu'un dans une situation dont il peut abuser. (Se dit aussi d'une dent que l'on obture avant d'en avoir guéri la ca- e p'

rie etc.) En fuyant le loup, rencontrer la louve, pour éviter un danger, tomber dans un autre. Etre connu comme le loup gris, comme le loup blanc, être connu de tout le monde. Entre chien et loup, à la nuit tombante. Tète de loup, brosse ronde portée par un long manche et servant à nettoyer les plafonds. Saut de loup, large fossé que l'on creuse souvent à l'extérieur d'un parc pour servir de clôture sans boucher la vue. Dents de loup, découpure à angle aigu dans un ouvrage de lingerie. Prov. : Les

1 de loup.

loups ne se mangent pas entre eux, les méchants ne cherchent pas à se nuire les uns aux autres. Le loup mourra dans sa peau, les méchants ne s'amendent pas. Quand on parle du loup, on en voit la queue, il arrive souvent qu'une personne survient au moment où l'on parle d elle.

— Encycl. Zool. Le loup, plus haut, plus robuste que le chien, habite surtout l'Europe, le nord de l'Asie et de l'Amérique. Son pelage varie suivant le climat et l'âge : il est gris, roussatre ou blanchâtre. Le loup fréquente les lieux solitaires, les fourrés les ravins, les steppes ; il se cache le jour, et, la nuit, rôde pour chercher sa proie.

En hiver, les loups se réunissent en bandes; chasseurs infatigables, ils attaquent les

boeufs, les '"•"

moutons, les chevaux, etc., le gibier, et même l'homme quand la faim les presse. La louve allaite quatre ou cinq louveteaux durant cinq ou six semaines. Pris jeune, le loup peut s'apprivoiser, mais il ne reste docile que dans la première et dans la seconde année.

Loup (le), constellation australe.

Loup [lou] (saint), évêque de Troyes, né à Toul vers 400, m. en 479. Il sauva Troyes des fureurs d'Attila en 481. Fête le 29 juillet.

Loup de Ferrières (Lupus Servatus),

abbé bénédictin, né dans le diocèse de Sens vers 805, m. après 862 ; un des lettrés les plus délicats de son temps. Il a laissé un recueil de Lettres latines et un traité dans la même langue Sur les trois questions agitées de son temps : la prédestination, la grâce et le libre arbitre.

lOUp-foérOU n. m. Loup-garou. (Vx.)

loup-cerve n. f. Femelle du loup-cervier.

loup-cervier [lousir-vi-é] n. m. (du lat cervarius, qui attaque les cerfs). Espèce de lynx de l'Europe septentrionale et centrale. Fig. et fam. Capitaliste avide. PI. des loups-cerviers .

loupe n. f. Tumeur qui vient sous la peau et qui est quelquefois d'un volume très considérable. Excroissance ligneuse qui vient sur le tronc et sur les branches de certains arbres. Masse de matière nacrée dans la coquille de l'huître perlière. Brique ou carreau ayant servi à la fonte de l'or ou de l'argent. Lentille de verre biconvexe, qui grossit les objets.

Masse de fer fondue et cinglée sous le marteau. Sorte de banc

Loupes.

employé par les doreurs. Arg. Fainéantise, flânerie. — Encycl. Pathol. Les loupes sont dues à la distension d'une ou de plusieurs glandes sébacées, dont le canal excréteur s'est obstrué. Récentes, elles renferment donc une matière grasse, blanchâtre. La

LOU

loupe peut s'ulcérer; elle se vide alors pour se reformer ensuite. Souvent elle dégénère en épithélioma. Il est préférable de l'opérer.

— Bot. Les loupes sont formées d'un bois très dur, dont les fibres ont des directions flexueuscs souvent très bizarres. Elles proviennent d'une réaction des tissus de l'arbre contre quelque blessure ou contusion. En général, elles nuisent peu aux arbres ; souvent même, elles améliorent la qualité du bois.

Loupe (La), ch.-l. de c. (Eure-et-Loir), arr. et à 23 kil. de Nogent-le-Rotrou ; 1.860 h. {Loupiots). Ch. de f. O. Imprimerie. — Le cant. a 17 cuurni., et 9.000 h.

louper [pé] v. n. Arg. Fainéanter, travailler paresseusement.

loupeur, euse [eu-ze] n. Arg. Paresseux. Rôdeur.

loupeux, euse [peu, eu-ze) adj. Qui a des

loupes : front loupeux.

loup-garou n. m. (de loup, et de garou, emprunté à l'anglo-saxon verewolf, homme-loup). Sorte de lutin ou de sorcier qui, suivant les gens superstitieux, erre la nuit, transformé en loup. Fig. Homme d'humeur farouche, qui n'a de société avec personne. Adjectiv. : caractère, accueil loup-garou. PI. des loups-garous.

— Encycl. Le peuple des campagnes appelait loup-garou ou lycanthrope un sorcier qui, travesti en loup, courait les champs pendant la nuit. Sa peau était à l'épreuve de la balle, à moins que celleci n'eût été bénite dans la chapelle de Saint-Hubert, patron des chasseurs, que le tireur ne portât sur lui du trèfle à quatre feuilles, etc. Cette superstition ridicule disparait aujourd'hui de plus en plus.

loupiau ou loupiot [pi-o] n. et adj. Arg. Se dit d'un enfant, d'une personne très jeune.

loupioiï n. m. Pop. Chapeau d'homme.

Loupoigne, comm. de Belgique (Brabant, arr. de Nivelle); 1.600 h.

Louqsor ou Louxor, un des quatre villages construits sur l'emplacement de l'ancienne Thèbes. L'obélisque de la place de la Concorde (Paris) a été apporté de Louqsor. V. obélisque.

LourcheS, comm. du Nord, arr. et à 5 kil. de Valenciennes, sur l'Escaut; 5.440 h. Ch. def. Houille; construction de bateaux.

lourd [lour], e adj. (du lat. luridus, sombre). Pesant, difficile à porter, à remuer : lourd fardeau. Dont les mouvements sont lents et pénibles : un cheval lourd. Fig. Où l'on respire difficilement : temps lourd. Lourde faute, grossière. Lourde besogne, rude, difficile. Formes lourdes, courtes et ramassées. Esprit, style lourd, qui manque de facilité, d'élégance. Aliment lourd, difficile à digérer. Lourde charge, pénible à supporter. Avoir la main lourde, frapper rudement ; peser plus de marchandises qu'on ne vous en a demandé. Ant. Léger.

lourdaud [dô], e adj. et n. Personne lente et maladroite, ou d'un esprit grossier et lourd.

lourdauderie [dô-de-ri] n. f. Grossièreté

d'esprit. Action de lourdaud.

lourdee [dé] n. f. Nom vulgaire du tournis du mouton. (On dit aussi lourdie, lourderie, lour-

DINERIE.)

lourdement [man] adv. Pesamment : tomber lourdement sur le sol. Fig. Grossièrement : se tromper lourdement. Sans finesse, sans grâce : peindre, écrire lourdement. Ant. Légèrement.

lourderie [ri] ou lourdise [di-ze] n. f.

Faute grossière contre le bon sens, la bienséance.

Lourdes [de], ch.-l. de c. (Hautes-Pyrénées), arr. et à 12 kil. d'Argelès, sur le gave de Pau ; 8.360 h. (Lourdois ou Lourdais). Ch. de f. M. Château fort du

Basilique de Lourdes.

xne siècle. Célèbre lieu de pèlerinage à la Vierge, qu'une enfant, Bernadette Soubirous, déclara lui être apparue, le 11 février 1858. Belle basilique construite dans un superbe site. Commerce d'objets de piété. — Le cant. a 37 comm., et 16.310 h.

lourdeur n. f Caractère de ce qui est lourd :

la lourdeur d'un fardeau, du temps, du style, etc. Ant. Légèreté

lourdise [di-ze] n. f. V. lourderie.

lourdois, e [doi, oi-ze] adj. Sot, imbécile. N. m. Patois, langage populaire. (Vx.)

Lourdoueix-Saint-Pierre, comm. de la

Creuse, arr. et à 32 kil. de Guéret; 2.220 h.

loure n. f. Musette. Danse dont l'air, qui se jouait sur cet instrument, était assez lent et écrit en mesure ternaire, avec premier temps sensiblement accentué.

Lourenço-Marquès,v. de la colonie portugaise de Mozambique, près de la baie de Delagoa ; 6.000 h. Port naturel des plateaux du Transvaal. Un chemin de fer réunit Lourenço-Marquès à Pretoria.

lOUTer [ré] v. a. (de loure). Musiq. Lier les notes en appuyant sur le premier temps de chaque mesure ou sur la première note de chaque temps : lourer un passage.

loureur n. m. Joueur de loure, de cornemuse.

LOU

LOV

LouriStan, prov. de la Perse; 300.000 h. Capit. Bourouiljird. Sol montagneux.

Lourmel (Frédéric-Henri de), général français, né à Pontivy, mortellement blesse à la bataille d'Inkermann (1811-1854).

Louroux-Béconnais [rou, ne] (Le), ch.-l.

de c. (Maine-et-Loire), air. et à 27 kil. d'Angers ; 2.720 h. Carrières. — Le cant. a 7 connu., et 9.6S0 h.

Loury, comm, du Loiret, air. et à 19 kil. d'Orléans, près de la source de la Bionne ; 1.240 h. Ch. de f. O.

lousseau [/<n<-sd], lousset [lou-sè], lous-

S6C [lou-sék] n. m. ou lOUSSe [lou-se] n. f. Petite cavité ménagée dans le fond d'une embarcation dépourvue de pompe, pour recevoir les eaux.

LoUStalOt [lo] (Elysée), journaliste révolutionnaire, ami de C. Desmoulins, né à Saint-Jean-d'Angély, m.àParis(17G2-1790). Très équitable et libéral, il mourut du chagrin que lui causa la répression sanglante de la sédition militaire de Nancy.

lOUStiC [lous-tik] n. m. (de l'ail, luslig, jovial). Bouffon qui était attaché aux compagnies suisses, pour préserver les soldats de la nostalgie, en les égayant. Par ext. Militaire qui cherche à faire rire ses compagnons. Farceur en général; homme qui amuse par ses facéties.

Louta-N'zighé ou Albert -Edouard.

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