TURQUIE
Larousse poi k tous
TUR
Armoiries de la Turquie.
vizir, premier ministre, et le chef (le la religion est le cheik-ul-islam. Le sultan porte le titre de padischah et de commandeur des croyants.
I.a Turquie d'Europe est limitée par la Bulgarie, le Monténégro et la Grèce, et baignée par la mer Noire, la mer de Marmara et la mer Egée. Sol montagneux (massif du Char-Dagh et du Rhodope).
Vallées fertiles de la Maritza et "lu Vardar. Grandes richesses minérales : 1er, houille, sel, eaux minérales. Les productions végétales sont riches et très variées, mais l'agriculture est souvent réduite à des procédés rudimentaires. A Saloniquc existent une industrie développée et un commerce des plus actifs. V. pr. Andrinople, Salonlque et Monastir.
La Turquie d'Asie, qui confine à la Russie, à la Perse et à l'Arabie, et s'étend jusqu'au golfe Persique par les vallées du Tigre et de l'Euphrate et jusqu'à l'Egypte par la Syrie, comprend essentiellement le plateau d'Anatulie, presqu ile baignée par la Méditerranée, la mer Egée, la mer de Marmara et la mer Noire. Les côtes de la mer Egée sont dentelées et bordées d'iles. Celles de la mer Noire et de la Méditerranée sont moins accidentées. Sol montagneux : chaînes Pontiques, Taurus, massif arménien. Lacs salés (Touz-Gheul, lac de Van. etc.) dans l'intérieur du plateau, qui est sec, peu fertile et faiblement habité. Richesses minérales considérables, mais peu exploitées. Tapis, cuirs. V. pr. : Smyrne, Anijora, Diarbékir, Erzeroum, Van, Bagdad, Beyrouth, Adana, liamus.
II. Uistoike. Les Turcs, dont la domination s'établit d'abord en Asie sur les ruines du gouvernement des Abbassides. pénétrèrent en Europe au xtve siècle et y fondèrent au xv siècle un puissant Etat sur les ruines de l'empire byzantin. Cette œuvre de conquête progressive, commencée par Mourad Ier, Bajazet 1er, Mahomet I" et Mourad II, reçut son couronnement de Mahomet II, qui prit Constantinople en 1453, Cinquante ans plus tard, l'Etat ottoman exerçait son autorité sur la péninsule balkanique, l'Asie occidentale, l'Egypte, et atteignait son apogée sous Soliman I", qui intervenait dans la politique ettro-
Soldats turc : 1. Marin ; 2. Infanterie ; 3. Gendarme ; 4. Uhlan ; 5. Cavalerie légère ; 6. Artilleur.
péenne en s'alliant avec François I". Pendant le xvii« et le xvme siècle, les sultans luttèrent avec des fortunes diverses contre l'Autriche, assiégeant même Vienne à plusieurs reprises, notamment en 1G82. Mais l'Autriche reprend le dessus avec les campagnes du prince Eugène, la victoire de Zenta et le traité de Carlowitz. En même temps commence à se faire sentir la décadence administrative et militaire delà Turquie, dont les progrès s'arrêtent définitivement au xviii» siècle devant les efforts de la Russie et de l'Autriche (traités de Passarowitz, Belgrade, Kaînardji). La Russie occupe peu à peu le littoral de la mer Noire (prise d'Azof) et, par le traité de Jassy (1792), le sultan Sélim doit sanctionner tous les progrès accomplis par les Russes. Dès lors, l'empire ottoman, affaibli par le despotisme des sultans (suppression des janissaires par Mahmoud), doit surtout se défendre contre les convoitises de ses voisins (question d'Orient) et les aspirations nationales des peuples chrétiens des Balkans, protégés par la Russie ou par l'Autriche.
L'indépendance de la Grèce fut reconnue en 1829, grâce a l'intervention de l'Europe. Il en a été de même à diverses époques de la Roumanie, après la guerre de Crimée, de la Serbie et de la Bulgarie, après le traité de Berlin '1878), qui a placé le statut politique de la Turquie sous le contrôle et la garantie des grandes puissances. En même temps, de sérieux efforts étaient faits pour doter la Turquie d'un gouvernement constitutionnel. Celui-ci, promis à deux reprises parles sultans (tanzimat et hatticherif île 1856), un moment réalisé en 187(1. a été de nouveau mis en vigueur par la révolution militaire des Jeunes-Turcs le 24 juillet 1908 i. Le sultan Abdul-Hamid. pour avoir essayé au mois d'avril 1909, un mouvement réactionnaire, a été déposé par l'armée et remplacé par son frère Rechad, élu sou? le nom de Mahomet (Méhemed) V.
III. Lanoue. Le nombre des idiomes parlés dans l'empire ottoman est considérable : grec, bulgare, albanais, arménien, arabe, kourde. berbère. Le turc osmanli, langue officielle, est parlé en Thessalie. en Thrace. en Bulgarie: il appartient à la famille des langues ouralo-altaîques (groupe turc ou tatar). Le turc s'écrit à l'aide de l'alphabet arabe, qui ne convient d'ailleurs nullement à une langue ouralo-altaïque. La morphologie est essentiellement agglutinante. Il y a en turc deux nombres, trois personnes, huit modes, neuf temps, et un grand nombre de voix.
IV, Littérature. La littérature turque manque d'originalité et offre d'ailleurs un intérêt médiocre. Les Turcs ont surtout traduit des ouvrages persans et arabes. La seule partie de la littérature turque qui soit réellement indépendante est sa partie historique ; d'ailleurs les historiens et les chronologistes
qui ont composé ce* ouvrais d'histoire se sont évidemment inspirés l<-s mis des chroniques arabe». tes autres des histoires persanes : citons !<•>> noms
'ic Mohammed -X.'i'Mi, A li- M lisiai'a, Mohammed-el- Bdirnevi. Iladji-Khalifa, Saa«l-»Ti-l>in Khodja Efendi, Petchevi, Soubhi. '-te. Les sciences mathématiques - 1 L'astronomie ont été plus cultivées chez les i urcs qu'en Perse et qu" dans tous les autres pays de langue arabe. La poésie turque, sans ollïir autant de variété que la poésie persane . présente un nombre très considérable d'ouvrages, dont la lecture est rendue difficile par une recherche ex i <ir l'expression et l'abus des jeux de mots. Citons le Ghariu-Nameh d'Ashik (1329 , le monument le plus ancien de la littérature osmanlie et les divans de lîaki. le plus grand poète lyrique turc (1599 . I.a littérature osmanlie. depuis le milieu du xix* siècle, est i-ntree dans une voie toute nouvelle, et a rompu presque complètement avec la tradition ; on traduit un on imite aujourd'hui les ouvrages français, allemands et anglais,
V. Beaux-arts. Les édifiées turcs sont sans caractère ; toutefois, la hardiesse et la légèreté des minarets témoignent de l'habileté des architectes turcs. La sculpture consiste presque exclusivement dans des ornements en bois à la moresque pour les salles du divan ou du harem. La gravure sur pierre est représentée par des cachets à sentences vendus à Cunstantinople ; la gravure en taille-douce n'existe pas et la lithographie est à peine connue. La peinture (paysages), comme la sculpture, est entièrement entre les mains des Grecs et des Arméniens.
— Musique. La musique est fort goûtée dans l'empire ottoman; mais léchant turc n'a rien de commun avec la musique occidentale; c'est une espèce de récitatif cadencé, monotone et nasillard. Les instruments de musique sont tout à l'ait primitifs. L'antique cornemuse se trouve partout. La ijuzla n'est en usage que parmi la race serbe, tant chrétienne que musulmane. Citons encore le temhourn. sorte de luth <>u de mandoline, ainsi que diverses espèces de fifres, flageolets et flûtes.
— Hymne tuitional. Il y a plusieurs hymnes nationaux turcs; le seul officiel actuellement est une
•sha La Grand Mê-îïe-meû cinq Ca-life et Pa -di- Hymne national turc.
sorte de marseillaise écrite pour les Jeunes-Turcs, auteurs de la révolution de 190S, par le compositeur Wadia-Sabra-effcndi, sur des paroles dues au cheikh Abou Nadara.
Turquie (blé pe, n. m. Nom vulgaire du mais.
turquin [kiti] adj. m. Bleu turquin. Se dit d'un bleu foncé et mat. Marbre turquin, ou substantiv. turquin, marbre bleu, veiné de blanc, que l'on trouve en Italie.
turquilie [ki-né] n. f. Sorte de turquoise peu estimée.
turquois [koi] n. m. Moulin à vent, en Normandie.
turquoise [koi-ze] n f. Pierre précieuse de couleur bleue, non transparente (variété de phosphate d'alumine). Bot. Espèce d'agaric à chapeau bleu. Entom. Nom vulgaire d'une variété bleue du genre procris.