‹ Le lauréat; critique des œuvres de Louis FréchetteChapitre 12 sur 83 · UN DÉFENSEUR · texte numérisé non relu

UN DÉFENSEUR

qu'il avait partagées ave; l.i iVmino aiin'c ùuu^ un paysage bucoliiiue, tcrinino aiusi :

.f'jj letuui'iiaiqi i i:.€ a if fili s ta <l. La J >l'e woiiie J)e lonufade'^ aniit Jaitni le clianip tenueil, Et »((/• la roche, liéhi'i .' >oinineiUaleiit ac sokil J)eu:c coti>j)0(j)Vjiis lie saint Antoine.

N'est-ce pas la paraphrase, le «léveloppcni.'iit «!<' «'itte pousée: Tenipus edax reruin, la constatation <Ie ia<lestruetion par le temps de tout ce «lui nous est elier ?

Mais il y a une pensée là dedans! Le seul délaut <jue j'y trouve, c'est de n'être j as exprimée nfsez rnergi<iu<'ment.

C^ue M. W. Cliapman lise «lonc la CV«a/"o////« «le Baudelaire : il nous en dohnera d»'s nouvelles dans le prochain numéro (lu lion Conilat"

J'ai fait oc que M. Fréchettc m'a eonseillc ; j'ai lu la fameuse pitce des Fleurs du Mal, et j'ai couktaté qu' Une Charogne est — eomme son nom l'indique— la plus abominable chose (pii soit tombée d'une plume réaliste.

Je li'ai, cependant, remarqué dans cette i>ornographie — dont M. Fréchette s'est autorisé pour se faire remplacer avec la femme aimée par deux pourceaux— rien «[ui puisse égaler la platitude et la niaiserie de la dernière strophe de ce <|u'il appelle ses Souvenirs de Jeunesse.

Même, je n'ai pu me défendre d'admirer dans la pièce du Baudelaire les vers ci-dessous qui, malgré la pénible sensation qu'ils vous font éprouver, peignent si bien le néant de la nature humaine :

24 i.;-: I..VIKÉ.VT

Et pourtant vous serez ueniMahle à cette onluro,

A cette horrible infection.

Etoile de mes yeux, soleil de ma nature.

Vous, mc>n ange, et ma passion. ^

Ta puis, que dites-vous, mes amis, de M. Frécliettc qui propose Charles Baudelaire, le fondateur de l'école <les décadents, eonune modèle aux écrivains canadiens {

Ça, c'est du }»r(»pre. i»ar exemple.

Au reste, la meilleure ^irenve que ^L Frécliette s'eftbrce bien vainement de faire excuser la stropLe où ficçnrent des iiourceaux. c'est que des amis la lui ont fait remplacer dans Pr'/f-J7<'/tparlcs veis ci dessous :

Et là, du souvenir rn évoquant l'ivrisse.

Qui clicrchions-nous des yeux? (pii uoinniion*-nous tout

|l.as?

L'un l'autre, direz-vous ? — Oh ! nou, c'était, hclas ! Le doiix lautôme hlanc (pii lut notre jeunesse. -

^[algré l'inversion un i»eu boiteuse du itremier alexandrin, je féliciterais M. Fréchette d'avoir remplacé ses jircniicrs vers par ceux que l'on vient de lire; mais Je suis oblii>:é de mettre une sourdine à mes conirratulations, l'idée de la strophe qui succède à la stropiic détrônée ayant éti' prise dans les Cnuionpldtiovs de Victor Hugo :

I l.c» /'/i-itn (lu Mol, paçe I23, «îditioii Caïman l.évy. 2. / 'irillf llh!i>'.te, pngr 37.

IK DKlKX.shll:

.Vn fdiitÔDtc hhiiif se «IrcssM devant moi.

Il rc*ssemljlait au Jys que la Maiielicur délViul ;

Ses mains en se joignant laisaicnt de la lumière, etc.

Eu tout cas, M. Fréchetlc était loiu, bieu loin »K' sou[>çouuer qu'eu essayaut de pallier l'abomluatiou où s'étaleut, daus XafnUc avoine^ deux compagucus de sfàiif Anfoine,\\ allait eueorc me tVturuirroocasiou de prouver qu'il u'est qu'uu ridicide plagiaire.

J'ai été, pourtaut, servi ;i soies, — pardou, ii souhait — puisque daus le Chasseur noir de Victor Hugo, ù la page 302 des Cltdlùnents, éditiou Iletzel, ou lit :

Tous les démons de fuiiit .[utoiiu- Bondissent dans li fullc arnint'.

Oh : la la :

Eueore pris, M. Fréehette, eueore pris !

l'as veiuard avee uu)i, le laaréut.

Kieu d'étouiuiut, uou plus: parmi toutes les [»ages qu'il a publiées il n'y eu a pas dix qui soieut sicuue».

Cuuime ou Ta vu par les précédeuts articles, M. Fréehette a plusieurs laeous de plagier, et il sembU' les aiuier, ces t'açous, d'uu égal amour.

Parfois il vole les idées des autres, saus se ilouuer la peiue de les déguiser, les cxprimaut avec les mêmes uiots, les mêmes rimes.

J'arfois il ouvre — couiiue dit Kruest Dupuy — les jointures de Valexaïulrin de l'auteur qu'il pille, y

change, ù ilroite ou à gauche, un mot ou deux, et.... crac, ça y est.

Le phis souvent il se contente, jtour le vers «iu'il veut tounier, de pren(ire un héraisticlie à Victor Hugo et un autre à «^^uelque poète moins connu.

A propos, Je ne crains pas de dire que, si quelcpi'un avait la patience de chercher dans les ouvrages des poètes modernes tous les hémistiches de droite et de gauche qui peuvent être reconnus dans les vers de M. Fréchette, il pourrait reconstruire presque eu entier ses FUurs boréales^ ses Oiseaux de Nei(je, sa Légende d'an Peuple et ses Feuilles volantes.

Mais M. Fréchette ne s'est pas borné à rendre les idées <les autres avec les mêmes expressions, les mêmes rimes, à changer quelques mots dans les vers qu'il convoitait ; il a poussé le sans-gêne — il fallait qu'il tut bien sûr de son public— jusqu'à glisser parmi ses bouts-rimés des vers pris tout ronds à Pierre et à Jacques.

Pour ceux (pii seraient tentés «le croire «pie je

plaisante — mes affirmations «loivent paraître si

incro^'ables — je vais faire inc<:)ntinent des citations.

qui ne rateront pas, je ne vous dis que ça :

VICTOR Hr(î()

I/<5t«', «niaïul il it phi, le cbainj) i^st plus irniieil, Kt le ciel lait IhmIIci" plitx fntin au Itcau soleil S«Jii iiziir lavé piir la iduic. ^

I. Les /''eiéiltes d Aiilomiit, 6imc strophe de la poésie XVII.

UN 1>ÉKEN.SELR 27

FIIECHETTE

Jjti tonipêlo a toujours son leiuloniain vernieil. Ij& pelouse a des tons plus verts aprîs l'ave rsc, Et Vatur vif où nul nuage no se berce Ne sait pas refléter les rayors du sokil.

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