Les Feuilles d'Automne, 7ième strophe de la pot-»ii? XIX
5. Les {):i.tlre vents de l'esprit. I4ième vers des C 'ariiitides.
08 I.i; I.AUKKAT
trouvent dans les vers que j'ai signalés, l'autre jour, à la vindicte des travailleurs consciencieux, pas plus que j'accuse Victor Hugo — ce qui serait encore un très arehi-comble — de vous avoir subtilisé, dans la dernière série de Toute la Lijrr, qui vient de paraître, cet hémistiche que vous avez dans vos ^îein's boréales :
Vois lo soir f;ui descend culnie et sileurieux.
Aussi, malgré tous les efforts que vous avez faits avec votre Koullaud pour me faire trouver aussi coupable que vous, — ce qui d'ailleurs ne vous aurait [»as disculpé,- vous n'avez réussi à rien prouver.
Autre chose aurait été si vous aviez pu faire des comparaisons comme celles-ci, par exemple :
LKCONTE DE LISLE
(l'iMMils aiuN'.s lut isiiit'.s (le planer dans les nues.
FRECHEITE (Hiniitl l'ait:'*' est latiuiir de ])laiu'r dans Im luu'.
(HAPMAX Nous soninirs sur les Ixirds du Sagu(>nay sauvage.
FKECIIETTE Nous suiniiKs >ui le Itord du Saint-Laurent saiixage.
CHEMAZIE Il 08t »OU« le soleil une terre Urnie,
FllEClIETÏE Il (Ht Hoii» le soleil nue terre Iténil'.
Auc.vi)i;s AMiîo 59
riiOSPER BLANCHEMAIN
Ningams j;r(jii(laiits, blondos Californics.
FRECIIETTE Niagara.s grondants, blondes Californics.
CREMAZIE IV'ui'lf s, inclincr.-von.s, c'( st la France t[ui i:iassc.
. FHECJIETTE A genonx, o) ] rijui's ! c't st la France (ir.i j assc.
VICTOR HICO (^ui dit : il iaut monter ] onr venir jus<juà nu-i.
FRECIIEITE Kt ] nis il l'aut monter jour aller jus«|n'à toi.
Avant cF aller i»lus loin, je vous dirai, M. Fréelietto, qu'il n'y Jiurait ou rien «le surprenant si vous aviez trouvé bien des réminiscences dans mes Québecfjuoîscs, — un volume que j'ai écrit de vingt à vingtquatre ans, alors que, sans études classiques, je n'avais lu, en fait de poésie, que vos productions dont je savais les trois quarts par cd'ur.
Au reste, je vous prie de croire que je considère mes Québecquolses comme le plus faible volume de vers qui ait été publié au Canada.
Seulement, j'ai la présomption de vous faire reniar- (|uer, M. Fréchette, que mes Feuilles d'Erable accusent, à côté de mes Québecquoises, un progrès beaucoup plus sensible que vous n'en ave/, montré
<V) i.K i.ArnK.VT
entre lu publication île votre premier recueil et celle de Pêle-Mêle.
A propos de mes Quéiecquoiscs, je me rappelle toujours ce cpie M. l'abbé G ingras — un poète de grand talent, que personue n'accusera jamais de plagiat, lui, — écrivait un jour à mon adresse :
Cluipnian a fait lc8 Quéfiecqvoinex.
J'ai dit cela tout liant : sais-tu Ce que l'écho m'a répondu :
Cliajman a fait (1rs Iroquois^a^. ^
Oui, M. Frécliette, j'avais réellement fait des Iroquoises, et sitôt <jue j'ai eu compris cela, je me suis mis à travailler, j"ai lu les grands maîtres, je me suis aperçu, en les lisant, que vous n'étiez qu'un fabricant de grossiers et fades pastiches, et je vous ai envoyé*, comme ou dit, vous.... promener.
Mais revenons, s'il vous i)laît, à votre Roullaud.
Pour montrer la faiblesse des accusations que vous lui fuites porter contre moi, je vais comparer avec les liémisticlies que je ne vous reproche pas i^uelques-uns de ceu.v (pie votre défenseur m'accuse de vous uvoir pris :
CIIAPMAN / ';/ ihxix lirniKsf.iiieiit tl'iiilis larfoi-s CDUtait.
VWVS'WVXVV.
^fuis i>ù l'on «Tiiit oHÏf, iliiiix In'iiissi iiifiilx ii'iiilt's.
t Au foytr île $iii»i preshvlhv ^\\bnv: 8tro|)lic ûc ImperUnfiuc ,) l'f.tn dt roff.
-VlîfADi:?! AMIÎU ni
CHAPMAX
Ils <'iitoiii-tnt ];i i\<>lt(; et nen lourds fnilnUlims.
FKECHETTE ('onniic uno rsclavo ati flanc do xf» lourds bataillon.*.
ClIArMAX Le fiLsil à rijutitlr, et réciiinc à la Ikiuc1h\
FRECIIETTK Le nioiisqiirt à l'/paide, ou la pagaio au ixiiiiy,
CHAl'MAN (I l'en ter de lu jeunre à la voix iiiaj;iiifi([U<'.
FREClIErrE l'iut rrt<'n!< i]f 11. « (Jruits, f/ueniet's de lu jiejixf'e.
(IIAI'MAX Et le vent ] arlunu' den xolitiides vierr/es.
rKECIlETlE Oui, tl'ux sir'.lis ont lui ; la soliti'de rien/i.
Knooro uno ibis, M. Frécliotto, vous aure/ beau faire, vous lu^ réussirez point ù intervertir les rôles, à me faire jiasser pour un plagiaire ; surtout vous ne pourrez pas plus vous diseulpcr des accusations dont vous êtes écrasé, (pic votre Roullaud n'a pu le l'aire après la dénonciation du poète parisien. Vous liouvez en l'aire tous les deux votre deuil.
Quant au pain (pie j'ai mangé au service de M. Beaugrand et ([ue vous me reprochez, vous faites erreur, M. Fréchette.
G'2 m: i.auijéat
Ce pain, je le dois à M. Thomas Fortin, professeur (le droit à l'université McGill, un compagnon d'enfance ; le premier il est allé avec moi voir ^f . le propriétaire de la Patrie^ qui m'a donné tout de suite <lu travail, et cela avec si peu de répugnance, qu'au bout d'un mois il m'accordait le double du traitement convenu.
C'est encore \1 . Fortin qui m'a mis en rapports constants avec l'honorable M. Robidoux, un vrai littérateur, celui-là, un humble, qui ne sera pas plus accusé de plagiat que M. l'abbé Gingras, et qui m'a donné le i)ain que je romps aujourd'hui.
Oui, c'est à ces deux nobles cœur que je dois la position que j'occupe aujourd'hui, et je suis heureux, M. Fréchette, que vous m'ayez fourni par votre Roullaud l'occasion de faire savoir la gratitude que je leur garde, de les remercier publiquement de m'avoir tendu tous deux la main dans des circonstances où j'avais tant besoin de protection.
En attendant la publication de mon prochain article, M. Fréchette, je vous conseille de changer de Roullaud, surtout d'en prendre un qui ne soit pas dans les cas réservés, et dont on ne puisse dire en le voyant avec vous : Arcades ambn. '
I Apres la puhlcation de l'nrfide qu'on vient de lire, ni M. RouUiuid ni M. Fréchette n'ont donné siyiie de vie.