‹ Le lauréat; critique des œuvres de Louis FréchetteChapitre 32 sur 83 · VICTOR HL'GO LE PETIT · texte numérisé non relu

VICTOR HL'GO LE PETIT

Nos luths comme nos cœurs vibraient à l'unisson ; Poètes de vinj;t ans, c'étaient luttes sans trêve, C'était à qui de nous ferait le plus l)çau rêve ; C'était ù qui de nous ferait l:i plus belle chanson.

Tandis que la foudre sublime Planait tout en feu sur l'abîme, Nous chantions, hardis matelots.

FRECHETTE

Nous rêvions, nous chantion», c'était là notre vie.

Tu cliarmais les zéphirs, je narguais la bourra.sque.

VICTOR HUGO

Bientôt la nuit toujours croissante.

Ou (|uel()ue vent qui Vemportoit M'a dérobé ta /*<'/ puissante Dont l'ondjrc auprès de moi Hottait.

C'est mon tourbillon, c'est ma voile!

C'est Voiiragan qui, furieux, A mesure éteint chatiue étoile Qui se liasarde dans mes cieux ; C'est la tourmente qui m'emjwrte

FRECHETTE

L'orage m'emporta loin de la blonde rive

Où ton esquif flottait toujours à la dérive,

Bercé par des flots bleus pleins d'ombrages mouvants.

Et depui», balloté par la mer écumante,

Hochet de Vouragan, jouet do la tourmente,

J'erre de vague en vague, à la merci des vents.

VICTOR HUGO

Seul je suis resté srus la nue.

Depuis l'orage continue,

GS I.E LAUKÉAT

Lo tonii s rst noir, le vciU miuivnis, L"oinl»ri' m'onvi'loppc et nrisolo, P^t ?i je n'avais ma boussole, Je ne saurais pas où j(.' vais.

FKECHEÏTE

J'aimais, n jtM rayais à l'anutii' fulèlc ;

Tout me parlait d'espoir, (luand le sort, d' un antp (Vaik,

Brisâmes rOves d'or, ma honssolc et mon canir.

Comme vous voyez, j'ai fait une légère erreur au moment de faire mes eitation.-^.

Oui, il y a une différeuee ici ; c'est que Victor Hugo a gardé sa boussole et que M. Fréchette, lui, a perdu la sienne avec autre chose.

Il est facile aussi de voir qu'il n'a plus, depuii» quelque temps, rien pour s'orienter.

Mais continuons à coni[)aror :

VICIDIÎ lir(U)

Mille aeelamations sur l'onde Suivront toujours ta voile Monde Brillante en mer eomm** un lanal, Salueront le vent <[ui l'enlève», l'uis summeill('n»nt sur la grève Jusiiu'àton retour triouiplial.

FHKCllK'iri-:

Oui, .)<' suis l(»in.amil mais souvent le-i ral'aics M'ajtporlent di-.s Inuilienux de elameurs triomphah's, Va j'éoitute, orgueilleux, ton nom (pie l'on redit.

VICTOR iirco

Ahrn d'ini cieur tcn(Ii(> et lidèle, Ami, Houvifiis-toi i\v l'ami

Page 1