LOUIS-HONORE FRECII ETTE
Mais son œil brille onoor ihnii^ les brinnes (tu soir
LOUIS FEECHETTE
Glissant dans leslrr unies du soir
LOUIS-IÏOXOEE FEECHETTE
Heurtant sur les rochers sa eonrse vagabonde
LOUIS FEECHETTE Où l'avait i ramené sa course vatjahonde
LOUIS-HONOEE FEECH ETTE Le dé8esj)oir an ca'ur, avait eapitulo
LOUIS FEECHETTE Le désespoir an cœur, et l'Ame ù la torture
LOUIS-HOXOEE FEECHETTE Le» roc8 ont tressailli jiis<]i;e dans lenrs rertiJircs
LOUIS FEECHEITE J>e vieux monde rr('niit./"."«//'r dans ses rrrtNircs
LOllS-HONOHE FEECHETTE (■(•s drapeaux dont cliaeun des sidtlinics hoilltins
LOUIS FEECHETTE Non j)»*rcs, secouant ces sublimes haillons OCi flottaient les haillouH troués dw drnp(>au l»lan • Oui, ce hiillon troué, mais que la<,'Ioir(^ in( ndo
LES RABACHAGES 13c
LOUIS-IIONORE FltECHETTE
Ali 1 mont ri' «iircn tlL'pit de tant d'ajtostaifie, Le courage des preux chantèis par Crémazie
LOUIS FRECHETTE
Ce drapeau {glorieux i\\\i} cliatita Ci'éniazie, Drapeau cjui n'a jamais connu A'apostasle
LOULS-IIOXl )RE FHECHEÏTE
SiMiiltlc veiller, debout comme une sentinelle
LOIES FHECUETTE On le voyait debout comme une sentinelle
Il me faudrait vingt pages pour citer tous les rabâchages et les rengaines du lauréat.
J'en prendrais une rien (jue pour loger les épitliètes ^ûui'd, vague, fiirn'i--h,' et féerique (pii jtullulent dans ses livres.
Mais ce ([ui est plus étonnant que tout cela, c'est que M. Frécliette, qui connaît pourtant les modernes sur le bout de son doigt, qui sait leur religion de l'extrôme diversité des désinences, se sert constamment des mômes rimes, et encore de colles qui étaient déjà vieilles du temps de Ar:ind.
Il y a surtout saucat/c, rlva/je et servage qu'il ne hlclie jamais, probablement parce que ces mots riment richement ensemble.
Aussi je parierais qu'il n'y a pas une seule pièce des Fleurs boréales, de la Légende d'un Peuple et •des Feuilles volantes (.[in ne contienne des sauvages.
134 I.E L-VURÉAT
Bien que les citations de ces rab/ichages soient fastidieuses, je ne puis résistera l'envie de vous faire les suivantes, qui pourraient otre vingt fois plus nombreuses, si je ne prenais en pitié ceux qui vont les lire :
Nous soninios sur le bord du Saint-Laurent «Tnra^e. Le fleuve, déployant l'orbe tle son rivage
Tout retombe en oubli, tout riHlcvient mamne, Nul pas civilisé ne foule le nva</e
Hémisphère aux rives sauvages Libre des antiques servages
Le grand fleuve revêt un aspect moins sauvage ; Son courant roule un flot plus ealme; le rivage
Pour arracher ces bords aux primitifs servages, Pour la première fois sur ces fauves rivages
O fleuve, qu'ils sont loin les jours où nul servage N'avait encor dompté ton orgueil éclatant ; Où de pauvres wigwains ornaient seuls ton rivage, Où tu n'avais bcreé sur ta boule sauvage
Quelle joie M. Fréclictte a dû avoir le jour où il a^ réussi à mettre les trois fameuses rimes dans la même strophe !
Prenez patience, et voyez jusqu'à quel point il aime les sauvages
Qu'elle ebnnte nos lac», notre climat sauvage
Sans <iue son blanc drapeau (jue gardent nos livagts
(iue Viriathe, il lui seul, reltelle îl tout servage, Acculé connue un loup dans la sierra sauvage
Do temps en tcmi s sur le rivage.
Au cri (b' (jU('I(ni(> oiseau sauvage
LES BARAf HAGES 135
Sur un îlot désert de l'Ottawa sauvage,
Le voyageur remarque, à deux pas du rica'je
Le voyageur découvre, à deux pas du ricaf/e. Les restes d'un rieiix/ort nommé le fort mnvafje
Par un dernier efl'ort cramponnés au rii'aije,
Les vieux troncs rabougris penchent leur front x'i tirage
Et pourtant qu'allaient-ils eliercher sur n<.s rivagen, Sinon, apr^8 la vie errante des .mui\if/eit
Si souvent harassés par les hordes satimge.", t^ue, voulant couronner leurs incessants ravage»
Puis, sanglants et repus, lourds de butin, suuvofje», ILirassés d'une nuit de meurtre et de ravages
C'était bien avant nous, au temps où les taucages Faisaient dans le pays tant de sanglants ravages
(^uaïul 01). pense que les rivages et les servages ont bien échappé à M. Fréehette.
Il a dû en éprouver un grand chagrin.
Néanmoins, comme ravage rime richement avec sauvage, il s'en est peut-être consolé assez vite, après tout.
Mais continuons à nous occuper des sauvages :
Elle se retira dans un antre sauvage,
Tour pleurer sa grandeur et mourir au nfa;/''
Aussi raconte-t-on qu'une femme sauvage.
Pendant que les canots s'éloignaient du rivage
Il brille sur tous les ri.'ages,
Au bout des mers les plus sauvages
Il part. De noira boyous côtoyant les rivages, A travers les grands bois ou les pampas sxuvages
136 LE I..VUUÉAT
Son onilire avait cf uvtit bien des l>ivcuaes sanr(i(;es
Tandis <ino legnind Hi-uvoù ses mornes rivof/cx
L:s échos 80 taisaient au fond du bois anii.vaj/e. Et sur lo sable du riva(,e
TrJlo encore, ^m jour de tempête et d'ora,2,e, La foudre sur ini roc mnvanc
O fleuve! sur ton beau licaffe X'as-tu pas gardé son image?
Le gnome du rirat/e Fuit sauvage,
Savez-vous que la déclamation des vers qui précèdent, dans les fotcs de charité, remplacerait avantageusement les monologues et les chansons ooraiques î
Quelqu'un ù qui je les ai communiqués et qui les a déclamés, Tautro soir, dans un salon de la rue St- Louis, me dit que l'effet a été irrésistible.
Après les sauvages, ce que M. Fréchette aime le
mieux, ce sont les oranges les mésanges. . . les
ançef.
si beaux sous vos robes onuiifrK, (^ue l'on dirait un gr(>uj)e d'«»/,t'(
Après avoir au front l)aisé vos petits (tiii/rs
Fniis conimedes lilas, doux comme di's in/nnii/fn,
Kl le a l<s accents des m/xanifcit,
Kt son souris Nous fait toujours rêver des oiii/en
Tu ne dois, douce mhauije, MOmc ellleurer notre /uw/yf;
LES iiAiaciiA(;i:s 137
iSous tes frais l)0.s<iUot8 qu'^nihatiiiie Vnrauge Il t'atloiul au l)anqiiot tirs conjes
Les enfants, les tloiirs, lis mémvfjex
Voix de mémnfje, Sourire iVanije
Dans les nids lis ménanf/ra Aux voix &uvf/eis
Avec toi j'admirai les bords sacrés <ln (îaujïc Et les riants pays où se cueille Vnran-ye
Blanche coinnie une Heur d'uraut/e
Souflle divin des amie», Voix des douces méacnufes
Madame, au Dieu d'amour qui féconde le nid. Le doux nid d( s mînant/ex
Ton épouse t'attend ; cueille les Henrs d'nraniff
Baignfmt la stepp(> aride et les iiosquets d'o^vn/r/e
La iteauté siu- ta joue a posé sa main {Vtoitfr
Dors, mon doux anije
(îarde tout pour ton hou aiiifr
Où iU>nc étaient les doux atit/rn
Dont la voix Ici charmaient les mtmiujes
Et c'est ça qui est la fécondité du poète national : la fécondité de l'orgue de Barbarie qui dévide, «lu matin au ^!oir, les mêmes ritournelles.