‹ Le lauréat; critique des œuvres de Louis FréchetteChapitre 46 sur 83 · LOUIS-HONORE FRECII ETTE · texte numérisé non relu

LOUIS-HONORE FRECII ETTE

Mais son œil brille onoor ihnii^ les brinnes (tu soir

LOUIS FEECHETTE

Glissant dans leslrr unies du soir

LOUIS-IÏOXOEE FEECHETTE

Heurtant sur les rochers sa eonrse vagabonde

LOUIS FEECHETTE Où l'avait i ramené sa course vatjahonde

LOUIS-HONOEE FEECH ETTE Le dé8esj)oir an ca'ur, avait eapitulo

LOUIS FEECHETTE Le désespoir an cœur, et l'Ame ù la torture

LOUIS-HOXOEE FEECHETTE Le» roc8 ont tressailli jiis<]i;e dans lenrs rertiJircs

LOUIS FEECHEITE J>e vieux monde rr('niit./"."«//'r dans ses rrrtNircs

LOllS-HONOHE FEECHETTE (■(•s drapeaux dont cliaeun des sidtlinics hoilltins

LOUIS FEECHETTE Non j)»*rcs, secouant ces sublimes haillons OCi flottaient les haillouH troués dw drnp(>au l»lan • Oui, ce hiillon troué, mais que la<,'Ioir(^ in( ndo

LES RABACHAGES 13c

LOUIS-IIONORE FltECHETTE

Ali 1 mont ri' «iircn tlL'pit de tant d'ajtostaifie, Le courage des preux chantèis par Crémazie

LOUIS FRECHETTE

Ce drapeau {glorieux i\\\i} cliatita Ci'éniazie, Drapeau cjui n'a jamais connu A'apostasle

LOULS-IIOXl )RE FHECHEÏTE

SiMiiltlc veiller, debout comme une sentinelle

LOIES FHECUETTE On le voyait debout comme une sentinelle

Il me faudrait vingt pages pour citer tous les rabâchages et les rengaines du lauréat.

J'en prendrais une rien (jue pour loger les épitliètes ^ûui'd, vague, fiirn'i--h,' et féerique (pii jtullulent dans ses livres.

Mais ce ([ui est plus étonnant que tout cela, c'est que M. Frécliette, qui connaît pourtant les modernes sur le bout de son doigt, qui sait leur religion de l'extrôme diversité des désinences, se sert constamment des mômes rimes, et encore de colles qui étaient déjà vieilles du temps de Ar:ind.

Il y a surtout saucat/c, rlva/je et servage qu'il ne hlclie jamais, probablement parce que ces mots riment richement ensemble.

Aussi je parierais qu'il n'y a pas une seule pièce des Fleurs boréales, de la Légende d'un Peuple et •des Feuilles volantes (.[in ne contienne des sauvages.

134 I.E L-VURÉAT

Bien que les citations de ces rab/ichages soient fastidieuses, je ne puis résistera l'envie de vous faire les suivantes, qui pourraient otre vingt fois plus nombreuses, si je ne prenais en pitié ceux qui vont les lire :

Nous soninios sur le bord du Saint-Laurent «Tnra^e. Le fleuve, déployant l'orbe tle son rivage

Tout retombe en oubli, tout riHlcvient mamne, Nul pas civilisé ne foule le nva</e

Hémisphère aux rives sauvages Libre des antiques servages

Le grand fleuve revêt un aspect moins sauvage ; Son courant roule un flot plus ealme; le rivage

Pour arracher ces bords aux primitifs servages, Pour la première fois sur ces fauves rivages

O fleuve, qu'ils sont loin les jours où nul servage N'avait encor dompté ton orgueil éclatant ; Où de pauvres wigwains ornaient seuls ton rivage, Où tu n'avais bcreé sur ta boule sauvage

Quelle joie M. Fréclictte a dû avoir le jour où il a^ réussi à mettre les trois fameuses rimes dans la même strophe !

Prenez patience, et voyez jusqu'à quel point il aime les sauvages

Qu'elle ebnnte nos lac», notre climat sauvage

Sans <iue son blanc drapeau (jue gardent nos livagts

(iue Viriathe, il lui seul, reltelle îl tout servage, Acculé connue un loup dans la sierra sauvage

Do temps en tcmi s sur le rivage.

Au cri (b' (jU('I(ni(> oiseau sauvage

LES BARAf HAGES 135

Sur un îlot désert de l'Ottawa sauvage,

Le voyageur remarque, à deux pas du rica'je

Le voyageur découvre, à deux pas du ricaf/e. Les restes d'un rieiix/ort nommé le fort mnvafje

Par un dernier efl'ort cramponnés au rii'aije,

Les vieux troncs rabougris penchent leur front x'i tirage

Et pourtant qu'allaient-ils eliercher sur n<.s rivagen, Sinon, apr^8 la vie errante des .mui\if/eit

Si souvent harassés par les hordes satimge.", t^ue, voulant couronner leurs incessants ravage»

Puis, sanglants et repus, lourds de butin, suuvofje», ILirassés d'une nuit de meurtre et de ravages

C'était bien avant nous, au temps où les taucages Faisaient dans le pays tant de sanglants ravages

(^uaïul 01). pense que les rivages et les servages ont bien échappé à M. Fréehette.

Il a dû en éprouver un grand chagrin.

Néanmoins, comme ravage rime richement avec sauvage, il s'en est peut-être consolé assez vite, après tout.

Mais continuons à nous occuper des sauvages :

Elle se retira dans un antre sauvage,

Tour pleurer sa grandeur et mourir au nfa;/''

Aussi raconte-t-on qu'une femme sauvage.

Pendant que les canots s'éloignaient du rivage

Il brille sur tous les ri.'ages,

Au bout des mers les plus sauvages

Il part. De noira boyous côtoyant les rivages, A travers les grands bois ou les pampas sxuvages

136 LE I..VUUÉAT

Son onilire avait cf uvtit bien des l>ivcuaes sanr(i(;es

Tandis <ino legnind Hi-uvoù ses mornes rivof/cx

L:s échos 80 taisaient au fond du bois anii.vaj/e. Et sur lo sable du riva(,e

TrJlo encore, ^m jour de tempête et d'ora,2,e, La foudre sur ini roc mnvanc

O fleuve! sur ton beau licaffe X'as-tu pas gardé son image?

Le gnome du rirat/e Fuit sauvage,

Savez-vous que la déclamation des vers qui précèdent, dans les fotcs de charité, remplacerait avantageusement les monologues et les chansons ooraiques î

Quelqu'un ù qui je les ai communiqués et qui les a déclamés, Tautro soir, dans un salon de la rue St- Louis, me dit que l'effet a été irrésistible.

Après les sauvages, ce que M. Fréchette aime le

mieux, ce sont les oranges les mésanges. . . les

ançef.

si beaux sous vos robes onuiifrK, (^ue l'on dirait un gr(>uj)e d'«»/,t'(

Après avoir au front l)aisé vos petits (tiii/rs

Fniis conimedes lilas, doux comme di's in/nnii/fn,

Kl le a l<s accents des m/xanifcit,

Kt son souris Nous fait toujours rêver des oiii/en

Tu ne dois, douce mhauije, MOmc ellleurer notre /uw/yf;

LES iiAiaciiA(;i:s 137

iSous tes frais l)0.s<iUot8 qu'^nihatiiiie Vnrauge Il t'atloiul au l)anqiiot tirs conjes

Les enfants, les tloiirs, lis mémvfjex

Voix de mémnfje, Sourire iVanije

Dans les nids lis ménanf/ra Aux voix &uvf/eis

Avec toi j'admirai les bords sacrés <ln (îaujïc Et les riants pays où se cueille Vnran-ye

Blanche coinnie une Heur d'uraut/e

Souflle divin des amie», Voix des douces méacnufes

Madame, au Dieu d'amour qui féconde le nid. Le doux nid d( s mînant/ex

Ton épouse t'attend ; cueille les Henrs d'nraniff

Baignfmt la stepp(> aride et les iiosquets d'o^vn/r/e

La iteauté siu- ta joue a posé sa main {Vtoitfr

Dors, mon doux anije

(îarde tout pour ton hou aiiifr

Où iU>nc étaient les doux atit/rn

Dont la voix Ici charmaient les mtmiujes

Et c'est ça qui est la fécondité du poète national : la fécondité de l'orgue de Barbarie qui dévide, «lu matin au ^!oir, les mêmes ritournelles.

Page 1